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mercredi 22 juin 2022

LES JUSTES

 Auteur : Albert Camus

Editions : Editions Pierre-Louis Rey

Genre : Pièce de théâtre
320 pages

Préface : Pierre-Louis Rey

LES JUSTES




Quatrième de couverture :

En février 1905, à Moscou, un groupe de terroristes, appartenant au parti socialiste révolutionnaire, organisait un attentat à la bombe contre le grand-duc Serge, oncle du Tsar. Cet attentat et les circonstances singulières qui l'ont précédé et suivi font le sujet des justes. Si extraordinaires que puissent paraître, en effet, certaines des situations de cette pièce, elles sont pourtant historiques. Ceci ne veut pas dire, on le verra d'ailleurs, que les justes soient une pièce historique. Mais tous les personnages ont réellement existé et se sont conduits comme je le dis. J'ai seulement tâché à rendre vraisemblable ce qui était déjà vrai...

La haine qui pesait sur ces âmes exceptionnelles comme une intolérable souffrance est devenue un système confortable. Raison de plus pour évoquer ces grandes ombres, leur juste révolte, leur fraternité difficile, les efforts démesurés qu'elles firent pour se mettre en accord avec le meurtre - et pour dire ainsi où est notre fidélité. (Albert Camus)

 

L'Auteur : 

Albert Camus est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et journaliste français, né en Algérie.

Son œuvre comprend des pièces de théâtre ("Caligula", "Les Justes", "Le Malentendu", ...), des romans ("L'Étranger", "La Peste", ...), des nouvelles ("L'Exil et le Royaume"), des films, des poèmes et également des essais ("Le Mythe de Sisyphe",...) dans lesquels il développe un humanisme fondé sur la prise de conscience de l'absurde de la condition humaine mais aussi sur la révolte comme réponse à l'absurde, révolte qui conduit à l'action et donne un sens au monde et à l'existence, et "alors naît la joie étrange qui aide à vivre et mourir".

Dans le journal "Combat", ses prises de position sont audacieuses, aussi bien sur la question de l'indépendance de l'Algérie que sur ses rapports avec le Parti communiste français, qu'il quitte après un court passage de deux ans.

Il ne se dérobe devant aucun combat, protestant successivement contre les inégalités qui frappent les musulmans d'Afrique du Nord, puis contre la caricature du pied-noir exploiteur, ou prenant la défense des Espagnols exilés antifascistes, des victimes du stalinisme et des objecteurs de conscience.

En marge des courants philosophiques, Camus est d'abord témoin de son temps, intransigeant, refusant toute compromission. Il n'a cessé de lutter contre toutes les idéologies et les abstractions qui détournent de l'humain. Il est ainsi amené à s'opposer à l'existentialisme et au marxisme et à se brouiller avec Sartre et d'anciens amis. En ce sens, il incarne une des plus hautes consciences morales du XXe siècle ; l'humanisme de ses écrits ayant été forgé dans l'expérience des pires moments de l'Histoire. Sa critique du totalitarisme soviétique lui vaut les anathèmes des communistes et coupe les ponts avec Jean-Paul Sartre. Dans un échange rapporté par Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur, après avoir écouté Albert Camus sans l'interrompre, François Varillon, prêtre et théologien jésuite, lui dit : « Vous n'avez pas la foi, vous n'avez pas le baptême, mais permettez-moi de vous dire que vous n'avez besoin ni de l'une ni de l'autre, puisque vous avez la grâce. »

Journaliste militant engagé dans la Résistance française et, proche des courants libertaires, dans les combats moraux de l'après-guerre, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1957.

Il meurt à 46 ans dans un accident de voiture avec Michel Gallimard
Sources : le site Babelio https://www.babelio.com/auteur/Albert-Camus/2615

Ses livres : 
  • Révolte dans les Asturies - 1936 - essai de création collective
  • L'Envers et l'Endroit - 1937 - essais
  • Noces - 1939 - recueil de quatre essais 
  • Le Mythe de Sisyphe - 1842 - essai sur l'absurde
  • L'étranger - 1942 - Roman
  • Lettres à un ami allemand - 1945 - chroniques
  • La Peste - 1947 - Roman 
  • Actuelles I - 1950 - Chroniques 1944-1948
  • L'Homme révolté - 1951 - essai
  • Actuelles II - 1954 - Chroniques 1948 - 1953
  • L'Été - 1954 - recueil de huit essais écrits entre 1939 et 1953
  • La Chute - 1956 - Roman
  • L'Exil et le Royaume - 1957 - Nouvelles
  • Réflexions sur la peine capitale  - 1957 - Essais en collaboration avec Arthur Koestler et Jean Bloch-Michel, Réflexions sur la guillotine de Camus 
  • Actuelles III - 1958 - Chroniques algériennes, 1939-1958 

Théâtre
Caligula (première version en 1938), pièce en 4 actes
Le Malentendu (1944), pièce en 3 actes
L'État de siège (1948), spectacle en 3 parties
Les Justes (1949), pièce en 5 actes


Mon avis : 

Comme l'indique la quatrième de couverture, Les Justes est une adaptation théâtrale d'un moment historique, avec un sujet sensible qui a fait, peut et doit faire débat  même encore aujourd'hui, car les sujets qui y sont abordés font réagir et sont toujours d'actualités. 

Le terrorisme : Albert Camus légitimise-t-il le terrorisme ? Non assurément, ou tout au moins pas celui que nous connaissons, celui qui tue aveuglément, qui fait le maximum de dégâts, sans humanité... 
Là ! Il est question d'un groupe de terrorisme qui se bat pour une justice, pour son peuple, pour leur offrir un avenir serein... Mais n'est-ce pas la base du terrorisme quand on y pense, frapper pour marquer les esprits pour servir une cause ? Sujet délicat non ? Peut-on accepter le terrorisme dans un cas et pas dans l'autre ? La différence se joue sur la limite ! 

"Kalayev, Voinarovski et les autres croient à l'équivalence des vies. C'est la preuve qu'ils ne mettent aucune idée au-dessus de la vie humaine, bien qu'ils tuent pour l'idée. Exactement, ils vivent à la hauteur de l'idée. Ils la justifient, pour finir, en l'incarnant jusqu'à la mort. Nous sommes donc ici en face d'une conception, sinon religieuse, du moins métaphysique de la révolte. D'autres hommes viendront, après ceux-là, qui, animés de la même foi dévorante, jugeront cependant ces méthodes sentimentales et refuseront l'opinion que n'importe quelle vie est équivalente à n'importe quelle autre. Ils mettront alors au-dessus de la vie humaine une idée à laquelle eux-mêmes, soumis d'avance, décideront, en plein arbitraire, de soumettre aussi les autres. Le problème de la révolte ne se résoudra plus en arithmétique, mais en calcul de probabilités. En face d'une futur réalisation de l'idée, la vie humaine peut être tout ou rien. Plus grande la foi que le calculateur met dans cette réalisation et moins vaut la vie humaine. A la limite, elle ne vaut plus rien. Et nous sommes aujourd'hui à la limite, c'est à dire au temps des bourreaux philosophes.
Mais les révoltes de 1905 nous renseignent, au milieu du fracas des bombes, que la révolte ne peut conduire à la consolation et au confort dogmatique..." (Albert Camus - 1948).

"Je voudrais préciser que la forme de cette pièce ne doit pas tromper le lecteur. J'ai essayé d'y obtenir une tension dramatique par les moyens classiques, c'est à dire l'affrontement de personnages égaux en force et en raison. Mais il serait faux d'en conclure que tout s'équilibre et qu'à l'égard du problème qui est posé ici, je recommande l'inaction. J'ai seulement voulu montrer que l'action elle-même avait des limites. Il n'est de bonne et juste action que celle qui reconnaît ces limites et qui, s'il lui faut les franchir, accepte au moins la mort. Notre monde nous montre aujourd'hui une face répugnante, justement parce qu'il est fabriqué par des hommes qui s'accordent le droit de franchir ces limites, et d'abord de tuer les autres, sans jamais payer de leur personne. C'est ainsi que la justice d'aujourd'hui sert d'alibi aux assassins de toute justice. (Albert Camus - 1955).

Il y a en effet de quoi débattre des pages et des pages...

Le suicide, le meurtre... : Ces termes sont souvent débattus également dans cette pièce par les personnages. Peut-on parler de suicide ? de sacrifice ? ou encore de don de soi ? d'acte d'héroïsme ?
Doit-on dire meurtre, attentat, justice ? Dans cette pièce, une très petite frontière s'immisce entre ces mots, et sont employés différemment selon les personnages...

C'est une pièce de théâtre qui ne peut pas être lu sans laisser son lecteur dans une réflexion profonde.













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