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vendredi 6 décembre 2024

CHIEN 51

      

  Chien 51  

 


Auteur : Laurent Gaudé

Editeur : Acte Sud

Genre : Littérature française

Date de Sortie : août 2022

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-330-16833-9

Prix : 22€







Quatrième de couverture : 

C’est dans une salle sombre, au troisième étage d’une boîte de nuit fréquentée du quartier RedQ, que Zem Sparak passe la plupart de ses nuits. Là, grâce aux visions que lui procure la technologie Okios, aussi addictive que l’opium, il peut enfin retrouver l’Athènes de sa jeunesse. Mais il y a bien longtemps que son pays n’existe plus. Désormais expatrié, Zem n’est plus qu’un vulgaire “chien”, un policier déclassé fouillant la zone 3 de Magnapole sous les pluies acides et la chaleur écrasante.

Un matin, dans ce quartier abandonné à sa misère, un corps retrouvé ouvert le long du sternum va rompre le renoncement dans lequel Zem s’est depuis longtemps retranché. Placé sous la tutelle d’une ambitieuse inspectrice de la zone 2, il se lance dans une longue investi­gation. Quelque part, il le sait, une vérité subsiste. Mais partout, chez GoldTex, puissant consortium qui assujettit les pays en faillite, règnent le cynisme et la violence. Pourtant, bien avant que tout ne meure, Zem a connu en Grèce l’urgence de la révolte et l’espérance d’un avenir sans compromis. Il a aimé. Et trahi.

Sous les ciels en furie d’une mégalopole privatisée, “Chien 51” se fait l’écho de notre monde inquiétant, à la fois menaçant et menacé. Mais ce roman abrite aussi le souvenir ardent de ce qui fut, à transmettre pour demain, comme un dernier rempart à notre postmodernité.

L'Auteur : 

Laurent Gaudé poursuit des études de lettres modernes avant de s’orienter vers le département d’études théâtrales de Paris III Sorbonne Nouvelle. Parallèlement à ses études, il commence à écrire. En 1994, âgé de 22 ans, il envoie un premier texte intitulé Une fille et trois garçons à Du théâtre, la revue qui le publie. Ce même texte, ajouté à deux autres, sera publié par Claude Lanzmann dans la revue Les Temps modernes.

En 1996, à l’âge de 24 ans, il écrit sa première pièce de théâtre, Onysos le Furieux. Puis une deuxième pièce en 1998, Pluie de cendres qui sera montée au Studio de la Comédie-Française en 2001.

Sa troisième pièce, intitulée Combat de possédés, paraît en 1999. Elle est traduite en allemand et créée à la Schauspiel de Essen puis au Landes Theater de Linz et lue au Royal National Theatre de Londres.

En 2001, il écrit son premier roman Cris, un récit choral sur la guerre de 14-18 qui est publié par Actes Sud. S’ensuivent des années où Laurent Gaudé écrit aussi bien des pièces de théâtre que des romans.

En 2002, La Mort du roi Tsongor, son deuxième roman, lui vaut d’être reconnu à la fois par le monde littéraire et par le grand public. Cité pour le prix Goncourt, il est récompensé par le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires. Deux ans plus tard, il remporte le prix Goncourt ainsi que le prix du jury Jean-Giono avec son roman Le Soleil des Scorta qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l'attribution du prix Goncourt en 20041).

Dans les années qui suivent, tout en poursuivant l’écriture de romans (Eldorado, La Porte des Enfers, Ouragan, Écoutez nos défaites) Laurent Gaudé continue son travail pour le théâtre et développe de nouvelles collaborations avec d’autres formes d'art : photographie, musique, poésie, films…

À partir de 2013, Laurent Gaudé entreprend une série de voyages (à Port-au-Prince, au Kurdistan irakien, dans la jungle de Calais, au Bangladesh…) qui donnent lieu à des reportages dans la presse, mais également à des poèmes qu’il publiera en 2017 sous la forme d’un recueil intitulé De sang et de lumière. Il écrit la voix off du film documentaire Nulle part en France, de Yolande Moreau, sur la jungle de Calais.

En 2019, il publie un long poème Nous l'Europe, banquet des peuples qui remporte le prix du livre européen. La même année, le texte est créé au Festival In d'Avignon dans une mise en scène de Roland Auzet. En 2019 toujours, Salina, les trois exils, son dixième roman, remporte un triple prix à la Réunion : le grand prix du roman métis, le prix du roman métis des lecteurs et enfin le prix du roman métis des lycéens.

En 2023, il publie Même si le monde meurt ou le tout grand voyage, pièce de théâtre ayant pour thème la fin du monde.


Quelques uns de ses romans : 

Recueils, Nouvelles

  • Dans la nuit Mozambique, Actes Sud, 2007 – recueil de quatre nouvelles.
  • Voyages en terres inconnues. Deux récits sidérants, Magnard, 2008 – recueil de deux nouvelles, issues du précédent recueil. Publication scolaire qui reprend deux nouvelles du recueil Dans la nuit Mozambique : la nouvelle au titre homonyme et Sang négrier
  • Les Oliviers du Négus, Actes Sud, 2011 – recueil de quatre nouvelle

Romans

Cris, Actes Sud, 2001
La Mort du roi Tsongor, Actes Sud, 2002
Le Soleil des Scorta, Actes Sud, 2004
Eldorado, Actes Sud, 2006
La Porte des Enfers, Actes Sud, 2008
Ouragan, Actes Sud, 2010
Pour seul cortège, Actes Sud, 2012
Danser les ombres, Actes sud, 2015
Écoutez nos défaites, Actes Sud, 2016
Salina : les trois exils, Actes Sud, 2018
Paris, mille vies, Actes Sud, 2020
Chien 51, Actes Sud, 2022


Poésie

De sang et de lumièreActes Sud, 2017
Nous, l'Europe banquet des peuples
Actes Sud, 2018



Mon ressenti :

Un roman dystopique inattendu...


Laurent Gaudé nous dépeint un univers futuriste assez sombre, mais curieusement, l'accent n'est pas spécialement mis sur la robotisation comme on pourrait le voir dans beaucoup de romans ou films de ce genre.

En effet, l'auteur met l'accent sur le côté humain, économique, climatique, identitaire, sociétal...

Tout d'abord, on fait la connaissance de Zem. Il est grecque à l'origine, mais la Grèce n'existe plus, elle a disparu comme disparaîtrait une société en faillite, elle est "rachetée" et devient une privatisation de l'Etat. S'ensuit une exode de la population qui se retrouve rattachée à d'autres pays dans la même situation. La société est divisée en trois zones, chacune avec ses propres règles et ses propres habitants. Cette ségrégation est basée sur le statut social et économique, créant des inégalités extrêmes. Les citoyens sont surveillés en permanence, leurs mouvements sont tracés, et leur liberté est fortement restreinte. La technologie joue un rôle central dans ce système de surveillance. La violence est omniprésente, tant dans les rues que dans les institutions. La répression est utilisée pour maintenir l'ordre et intimider les opposants.  La technologie médicale permet des modifications corporelles, comme les transplantations d'organes modifiés. Cela soulève des questions sur l'identité et la nature humaine. Et bien sûr La justice est au service des puissants et ne protège pas les plus faibles.

Sur ce dernier point, on peut ressentir ce climat que l'on connaît, de magouilles politico-sociales où l'argent et le pouvoir corrompent les institutions et où la morale et la conscience n'ont plus ni sens ni valeur, un peu comme un "effet miroir" de notre société actuelle.

Je ne suis habituellement pas attirée par les romans dystopiques, mais il s'agit ici d'un roman d'un auteur que j'apprécie particulièrement depuis quelques années déjà, et de plus d'un cadeau de ma fille, je ne pouvais pas passer à côté. Mais je dois dire qu'il a su captiver mon attention, j'y ai retrouvé le profond esprit d'humanité de l'auteur.






*

mardi 30 avril 2024

TERRASSES ou NOTRE LONG BAISER SI LONGTEMPS RETARDE

 

     Auteur :  Laurent Gaudé

Editions :  Actes Sud 

Genre : Littérature

Date de parution : avril 2024

144 pages

ISBN : 978-2-330-18914-3

Prix : 14€50



   Terrasses    

ou

     Le baiser si longtemps retardé    






Quatrième de couverture :

   Vendredi 13 novembre 2015, il fait exceptionnellement doux à Paris - on rêve alors à cette soirée qui pourrait avoir des airs de fête. Deux amoureuses savourent l'impatience de se retrouver ; des jumelles s'apprêtent à célébrer leur anniversaire ; une mère s'autorise à sortir sans sa fille ni son mari pour quelques heures de musique. Partout on va bavarder, rire, boire, danser, laisser le temps au temps. Rien n'annonce encore l'horreur imminente.

Laurent Gaudé signe, avec Terrasses, un chant polyphonique qui réinvente les gestes, restitue les regards échangés, les quelques mots partagés, essentiels - écrit l'humanité qui éclot au cœur d'une nuit déchirée par l'impensable. Et offre à tous un refuge, face à un impossible oubli.


L'Auteur : 

Laurent Gaudé poursuit des études de lettres modernes avant de s’orienter vers le département d’études théâtrales de Paris III Sorbonne Nouvelle. Parallèlement à ses études, il commence à écrire. En 1994, âgé de 22 ans, il envoie un premier texte intitulé Une fille et trois garçons à Du théâtre, la revue qui le publie. Ce même texte, ajouté à deux autres, sera publié par Claude Lanzmann dans la revue Les Temps modernes.

En 1996, à l’âge de 24 ans, il écrit sa première pièce de théâtre, Onysos le Furieux. Puis une deuxième pièce en 1998, Pluie de cendres qui sera montée au Studio de la Comédie-Française en 2001.

Sa troisième pièce, intitulée Combat de possédés, paraît en 1999. Elle est traduite en allemand et créée à la Schauspiel de Essen puis au Landes Theater de Linz et lue au Royal National Theatre de Londres.

En 2001, il écrit son premier roman Cris, un récit choral sur la guerre de 14-18 qui est publié par Actes Sud. S’ensuivent des années où Laurent Gaudé écrit aussi bien des pièces de théâtre que des romans.

En 2002, La Mort du roi Tsongor, son deuxième roman, lui vaut d’être reconnu à la fois par le monde littéraire et par le grand public. Cité pour le prix Goncourt, il est récompensé par le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires. Deux ans plus tard, il remporte le prix Goncourt ainsi que le prix du jury Jean-Giono avec son roman Le Soleil des Scorta qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l'attribution du prix Goncourt en 20041).

Dans les années qui suivent, tout en poursuivant l’écriture de romans (Eldorado, La Porte des Enfers, Ouragan, Écoutez nos défaites) Laurent Gaudé continue son travail pour le théâtre et développe de nouvelles collaborations avec d’autres formes d'art : photographie, musique, poésie, films…

À partir de 2013, Laurent Gaudé entreprend une série de voyages (à Port-au-Prince, au Kurdistan irakien, dans la jungle de Calais, au Bangladesh…) qui donnent lieu à des reportages dans la presse, mais également à des poèmes qu’il publiera en 2017 sous la forme d’un recueil intitulé De sang et de lumière. Il écrit la voix off du film documentaire Nulle part en France, de Yolande Moreau, sur la jungle de Calais.

En 2019, il publie un long poème Nous l'Europe, banquet des peuples qui remporte le prix du livre européen. La même année, le texte est créé au Festival In d'Avignon dans une mise en scène de Roland Auzet. En 2019 toujours, Salina, les trois exils, son dixième roman, remporte un triple prix à la Réunion : le grand prix du roman métis, le prix du roman métis des lecteurs et enfin le prix du roman métis des lycéens.

En 2023, il publie Même si le monde meurt ou le tout grand voyage, pièce de théâtre ayant pour thème la fin du monde.

Quelques uns de ses romans : 

Recueils, Nouvelles

  • Dans la nuit Mozambique, Actes Sud, 2007 – recueil de quatre nouvelles.
  • Voyages en terres inconnues. Deux récits sidérants, Magnard, 2008 – recueil de deux nouvelles, issues du précédent recueil. Publication scolaire qui reprend deux nouvelles du recueil Dans la nuit Mozambique : la nouvelle au titre homonyme et Sang négrier
  • Les Oliviers du Négus, Actes Sud, 2011 – recueil de quatre nouvelle

Romans

Cris, Actes Sud, 2001
La Mort du roi Tsongor, Actes Sud, 2002
Le Soleil des Scorta, Actes Sud, 2004
Eldorado, Actes Sud, 2006
La Porte des Enfers, Actes Sud, 2008
Ouragan, Actes Sud, 2010
Pour seul cortège, Actes Sud, 2012
Danser les ombres, Actes sud, 2015
Écoutez nos défaites, Actes Sud, 2016
Salina : les trois exils, Actes Sud, 2018
Paris, mille vies, Actes Sud, 2020
Chien 51, Actes Sud, 2022


Poésie

De sang et de lumièreActes Sud, 2017
Nous, l'Europe banquet des peuples
Actes Sud, 2018


Mon avis : 

Laurent Gaudé a cette faculté de vous faire vivre des émotions au delà des mots. Il sait nous faire ressentir la détresse, la tristesse et tous ces sentiments qui étaient palpables lors de cette nuit du 13 novembre 2015. L'auteur n'a pas la prétention de savoir ce qu'ont ressenti les victimes, les secours, les représentants de l'ordre, mais il peut se targuer de nous faire vivre des émotions au delà des mots.

J'ai retrouvé cette écriture qui m'avait tant bouleversé dans "Danser les ombres" 

Pour la plupart des personnages, ils n'ont pas de noms, ou alors ils ont tout les noms. Ils n'ont pas de nom mais ils représentent des personnes : des jumelles qui se retrouvent après une longue séparation, un mère qui s'octroi une soirée après une dispute avec son compagnon, un couple qui se découvre... C'est aussi des représentants de l'ordre qui arrivent dans l'horreur indescriptible, des ambulanciers, des pompiers qui n'imagine même pas ce qui les attendre. C'est aussi le GIGN qui doit avancer en ignorant des appels déchirants, un médecin perdu au milieu de corps... Et puis les amis, la famille qui attend de savoir qui a survécu ou non...

Et dans toute cette horreur ! Le plus important protagoniste ! Celui qui décide, celui qui désigne... Le Hasard. 

130 morts, plus de 400 victimes, 6 attaques...  Bientôt 10 ans, un traumatisme toujours présent...


Citations : 


Je voudrais avoir le temps de dire adieu à ce que je suis, mais je ne l'ai pas. Je voudrais avoir le temps de penser à ceux que j'aime et que je laisse mais tout ce qui me vient à l'esprit, c'est la longue liste de ce que je ne ferai plus... Je ne danserai plus. Je ne rirai plus. Je ne serai plus jamais en sueur, en retard, en forme. Je n'aurai plus jamais envie de courir, de manger, de dormir. Je ne regarderai plus les garçons dans le métro, imaginant le goût de leur baiser ou la sensation de leurs bras autour de ma taille. Je ne boirai plus jamais d'eau, de champagne, de bière. Je n'aurai plus jamais envie de faire l'amour. Je ne me blesserai plus jamais. Je n'aurai plus peur. Je ne t'aimerai plus. Tu ne me caresseras plus. Je ne connaîtrai pas de nouvel été. Je n'aurai pas d'enfant. Je ne dépenserai jamais l'argent que j'ai économisé. Je ne verrai plus mes parents. Cette mouche qui se colle sur ma joue vivra plus longtemps que moi. Je ne parlerai plus, ne penserai plus, ne serai plus jamais traversée par un souvenir. Je ne vieillirai pas. Je ne mourrai pas de toutes ces morts que j'ai parfois imaginées et qui toutes me terrifiaient. Je ne me demanderai plus jamais si je suis vraiment heureuse. Je ne m'assiérai plus jamais à une terrasse. Je ne serai plus jamais terrassée... Je ne serai plus... Plus jamais elle que je fus... Jamais... Je ne deviendrai jamais... Plus rien d'autre... Que ce que je fus.








 

dimanche 28 janvier 2024

CRIS

 

     Auteur :  Laurent Gaudé

Editions : Babel / Actes Sud (Babel n°613)

Genre : Littérature

Date de parution : 2001

128 pages

ISBN : 978-2-7427-45999-9 

Prix : 7€10



               CRIS               








Quatrième de couverture :

Ils se nomment Marius, Boris, Ripoli, Rénier, Barboni ou M'Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d'où ils s'élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l'insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l'horrible cri de ce soldat fou qu'ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : "l'homme-cochon". A l'arrière, Jules, le permissionnaire, s'éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d'armes le poursuivent avec acharnement. Elles s'élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l'immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes.


L'Auteur : 

Laurent Gaudé poursuit des études de lettres modernes avant de s’orienter vers le département d’études théâtrales de Paris III Sorbonne Nouvelle. Parallèlement à ses études, il commence à écrire. En 1994, âgé de 22 ans, il envoie un premier texte intitulé Une fille et trois garçons à Du théâtre, la revue qui le publie. Ce même texte, ajouté à deux autres, sera publié par Claude Lanzmann dans la revue Les Temps modernes.

En 1996, à l’âge de 24 ans, il écrit sa première pièce de théâtre, Onysos le Furieux. Puis une deuxième pièce en 1998, Pluie de cendres qui sera montée au Studio de la Comédie-Française en 2001.

Sa troisième pièce, intitulée Combat de possédés, paraît en 1999. Elle est traduite en allemand et créée à la Schauspiel de Essen puis au Landes Theater de Linz et lue au Royal National Theatre de Londres.

En 2001, il écrit son premier roman Cris, un récit choral sur la guerre de 14-18 qui est publié par Actes Sud. S’ensuivent des années où Laurent Gaudé écrit aussi bien des pièces de théâtre que des romans.

En 2002, La Mort du roi Tsongor, son deuxième roman, lui vaut d’être reconnu à la fois par le monde littéraire et par le grand public. Cité pour le prix Goncourt, il est récompensé par le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires. Deux ans plus tard, il remporte le prix Goncourt ainsi que le prix du jury Jean-Giono avec son roman Le Soleil des Scorta qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l'attribution du prix Goncourt en 20041).

Dans les années qui suivent, tout en poursuivant l’écriture de romans (Eldorado, La Porte des Enfers, Ouragan, Écoutez nos défaites) Laurent Gaudé continue son travail pour le théâtre et développe de nouvelles collaborations avec d’autres formes d'art : photographie, musique, poésie, films…

À partir de 2013, Laurent Gaudé entreprend une série de voyages (à Port-au-Prince, au Kurdistan irakien, dans la jungle de Calais, au Bangladesh…) qui donnent lieu à des reportages dans la presse, mais également à des poèmes qu’il publiera en 2017 sous la forme d’un recueil intitulé De sang et de lumière. Il écrit la voix off du film documentaire Nulle part en France, de Yolande Moreau, sur la jungle de Calais.

En 2019, il publie un long poème Nous l'Europe, banquet des peuples qui remporte le prix du livre européen. La même année, le texte est créé au Festival In d'Avignon dans une mise en scène de Roland Auzet. En 2019 toujours, Salina, les trois exils, son dixième roman, remporte un triple prix à la Réunion : le grand prix du roman métis, le prix du roman métis des lecteurs et enfin le prix du roman métis des lycéens.

En 2023, il publie Même si le monde meurt ou le tout grand voyage, pièce de théâtre ayant pour thème la fin du monde.

Quelques uns de ses romans : 

Recueils, Nouvelles

  • Dans la nuit Mozambique, Actes Sud, 2007 recueil de quatre nouvelles.
  • Voyages en terres inconnues. Deux récits sidérants, Magnard, 2008 – recueil de deux nouvelles, issues du précédent recueil. Publication scolaire qui reprend deux nouvelles du recueil Dans la nuit Mozambique : la nouvelle au titre homonyme et Sang négrier
  • Les Oliviers du Négus, Actes Sud, 2011 – recueil de quatre nouvelle

Romans

Cris, Actes Sud, 2001
La Mort du roi Tsongor, Actes Sud, 2002
Le Soleil des Scorta, Actes Sud, 2004
Eldorado, Actes Sud, 2006
La Porte des Enfers, Actes Sud, 2008
Ouragan, Actes Sud, 2010
Pour seul cortège, Actes Sud, 2012
Danser les ombres, Actes sud, 2015
Écoutez nos défaites, Actes Sud, 2016
Salina : les trois exils, Actes Sud, 2018
Paris, mille vies, Actes Sud, 2020
Chien 51, Actes Sud, 2022


Poésie

De sang et de lumière, Actes Sud, 2017
Nous, l'Europe banquet des peuples
, Actes Sud, 2018


Mon avis : 

Cris est le premier roman de Laurent Gaudé, et pourtant, déjà son style est avéré. 

Laurent Gaudé a cette forme d'empathie dans ses textes, cette façon de se mettre à la place de ses personnages et de faire ressortir leurs sentiments comme s'il vivait ou avait vécu lui même leur vie, un atout pour écrire des pièces de théâtre ou des scénarios sans aucun doute.

Dans ce roman, l'auteur nous plonge dans la première guerre mondiale, au cœur des combats et dans les tranchées. Il retranscrit toute l'horreur de cette guerre, de ces hommes qui ont été extirpés de leur vie quotidienne pour être jetés dans des trous de boues pour se protéger des ennemis d'en face, mais qui ne les protégera pas des visions d'horreur, des dangers, de la mort et de la folie.

Le roman est court, à peine 128 pages, mais les sentiments qui en ressortent sont très forts. 

Chaque personnage a la parole et nous mène en immersion dans leurs tranchées boueuses jonchées de cadavres et noyées dans l'horreur, et par là même, l'auteur retransmet leur humanité. Pas de soldats héroïques, pas de Rambo, pas de super-héros... juste des hommes confrontés à la guerre et tout ce qu'elle représente d'inhumain justement. Laurent Gaudé remet les choses à leur place en quelques sortes.

Danser les ombres reste pour le moment mon roman préféré de cet auteur, s'il en faut un.


Citations : 


Je n'avais jamais pensé voir cela. Que la guerre se fasse ainsi. Et personne jamais ne m'avait préparé à cela. Ni à l'école des officiers, ni ailleurs. Pourtant de la guerre, je sais bien des choses. Je connais le nom de toutes les armes, leur portée, leur puissance, leur défaut. Je sais la grande histoire des batailles. Et comme tous mes camarades, dans cette grande fresque de fureur et de poudre, j'ai choisi mes héros et mes ennemis. Je voulais faire la guerre et je le veux encore. Mais je regarde mes hommes s'affairer dans cette tranchée et je vois des soldats termites. Et creuser la terre, s'enfoncer le plus profond possible sous le niveau de la surface du sol n'est pas une manière de faire la guerre. Mais juste, peut-être, une façon de ne pas la perdre. Et je n'aime pas cela. Je le fais bien sûr. J'obéis. Mais je n'aime pas cela. L'ennemi est là, à trois cents mètres, dans les tranchées que les nôtres avaient aménagées quelques jours auparavant, l'ennemi est là, à portée de voix. Il creuse lui aussi. Pour se cacher, comme nous. Est-ce celui qui aura creusé le plus profond qui gagnera la guerre? Ce n'est pas cette guerre-là que j'ai apprise.


Je me demande bien quel visage a le monstre qui est là-haut qui se fait appeler Dieu, et combien de doigts il a à chaque main pour pouvoir compter autant de morts.

Ouvrir les chairs. Creuser les viscères. Pas un seul d'entre nous n'est prêt à faire cela. Pas un seul d'entres nous ne sait quelle bête il faut être pour saisir à bras-le-corps un ennemi et plonger entre ses côtes une lame épaisse. Il faudra faire face à la charge. Je voudrais hurler que l'on ne peut pas nous demander cela.





 

dimanche 6 mars 2016

DANSER LES OMBRES

Auteur : Laurent Gaudé
Editions : Actes Sud
Genre : Roman Drame
256 pages
ISBN : 978-2-330-03971-4
Prix : 19€80









Quatrième de couverture :

En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu'elle ne partira plus, qu'elle est revenue construire ici l'avenir qui l'attendait.

Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d'un groupe d'amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l'envie d'aimer et d'accomplir sa vie.

Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence...

pour rendre hommage à Haïti, l'île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l'instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D'une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l'oubli.








L'Auteur : 

Né en 1972 (c'est un très bon cru cette année là), ses études de lettres modernes et ses études théâtrales le conduisent forcément à l'écriture, il publie donc, pour la première fois, à 25 ans en 1997, sa première pièce "Onysos le furieux". Par la suite, ses pièces de théâtre seront montées jusqu'en Angleterre et en Allemagne...

Vient aussi en 2001, l'écriture romanesque. Le premier "Cris", puis suit "La mort du Roi Tsongo" qui obtenu le "Prix Goncourt des Lycéens" et le "Prix des libraires". "Le Soleil des Scorta" est lui, Lauréat du Pris Goncourt en 2004 et traduit dans 34 pays.

Il peut encore publier autant de livre qu'il veut, tant qu'ils sont tous aussi excellents, je ne m'en plaindrais pas...

Ses livres : 

Roman :- Danser les ombres - Éditions Actes Sud, 2015
- Pour seul cortège - Éditions Actes Sud, 2012
- Ouragan - Editions Actes Sud 2010
- La Porte des Enfers - Éditions Actes Sud, 2008
- Eldorado - Éditions Actes Sud, 2006

- Le Soleil des Scorta - Editions Actes Sud 2004
- La Mort du roi Tsongor - Éditions Actes Sud, 2002
- Cris - Éditions Actes Sud, 2001

Recueils de nouvelles : 
- Les Oliviers du Négus - Éditions Actes Sud, 2011
- Voyage en terres inconnues - Éditions Magnard, 2008

- Dans la nuit Mozambique -  2007


Mon avis : 
Il y a des livres qui vous touchent plus que d'autres, qui restent bien encrés dans un coin de votre tête... Les livres de Laurent Gaudé en sont, pour ce qui me concerne, et "Danser les ombres" ne déroge pas à cette règle... C'est un livre sur le bonheur qu'il faut attraper dès qu'il passe, un roman qui enferme autant d'ombres que de lumières.

Laurent Gaudé a cette humanité, dans l'écriture, qui fait qu'on se sent empathique aux personnages. Dans ce roman, notamment, il nous mène tout doucement vers les faits réels de Haïti, en commençant par narrer la vie des personnages, un cercle d'amis, une jeune fille malade, un ancien tortionnaire... Et ils les accompagnes de la joie de vivre à la douleur, qu'il dépeint avec tellement  de naturel, qu'il nous rend proche d'eux au point qu'on se demande si nous levions le nez de notre livre, ils ne vont pas être là autour de nous, attendant patiemment que l'on finisse leur histoire, jusqu'à fermer le livre en les renfermant dedans sans toutefois les oublier... Sa plume est si belle qu'on se sent transporté par ses écrits, que les âmes flottent autour du livre. Il adhère aux croyances locales et le amène dans son roman comme une danse fièvreuse... La danse des ombres... 







mercredi 2 janvier 2013

LA PORTE DES ENFERS

  • Auteur : Laurent Gaudé
  • Editions Actes Sud
Résumé :

"Au lendemain d'une fusillade à Naples, Matteo voit s'effondrer toute raison d'être : son petit garçon est mort. Nuit après nuit, à bord de son taxi vide, il s'enfonce dans la solitude et parcourt au hasard les rues de la ville. Un soir, dans un minuscule café, il fait la connaissance du patron, Garibaldo, de l'impénitent curé don Mazerotti, et surtout du professeur Provolone, personnage haut en couleur, aussi érudit que sulfureux, qui tient d'étranges discours sur la réalité des Enfers. Et qui prétend qu'on peut y descendre... Ceux qui meurent emmènent dans l'Au-Delà un peu de notre vie, et nous désespérons de la recouvrer, tant pour eux-mêmes que pour apaiser notre douleur. C'est dans la conscience de tous les deuils - les siens, les nôtres - que Laurent Gaudé oppose à la mort un des mythes les plus forts de l'histoire de l'humanité. Solaire et ténébreux, captivant et haletant, La Porte des Enfers nous emporte dans un "voyage" où le temps et le destin sont détournés par la volonté d'arracher un être au néant."

Mon Avis : Mon troisième "Laurent Gaudé" ! J'aime toujours autant son écriture. Dans ce livre, il m'a fait pensé un peu à l'écriture de José Luis Peixoto, dans sa vision des ténèbres entre autres... Pourtant cette fois, j'ai trouvé le début un peu longuet, j'ai failli décroché, mais heureusement je me suis accrochée. Ce début était utile à l'histoire et ensuite j'ai adoré cette vision de la mort qui tranche tout à fait avec la mienne, et qui m'a donné une vision différente. J'ai aimé, comme j'aime toujours Laurent Gaudé...



LES OLIVIERS DE NEGUS

  • Auteur : Laurent Gaudé
  • Editions Actes Sud

Résumé :

"Un vieil homme croit entendre chevaucher Frédéric II dans le royaume des Enfers.
Un centurion marche vers une Rome gangrénée dont il devance l'agonie. Un soldat des tranchées fuit le "golem" que la terre a façonné pour punir les hommes. Un juge anti-mafia tient le compte à rebours de sa propre exécution... Dans la proximité de la guerre ou de la mort surgissent ces quatre récits où les héros - certes vaincus, mais non déchus - prononcent d'ultimes paroles. Ils veulent témoigner, transmettre, ou sceller des adieux.
Minuscules fantassins de la légende des siècles, ils affrontent une Histoire lancée dans sa course aveugle. Et ils profèrent la loi tragique - celle de la finitude - qui, au-delà de toute conviction, donne force et vérité à leur message. D'où la dimension orale de ces textes qui revisitent la scène de l'oeuvre romanesque et, de Cris à La Porte des Enfers, réorchestrent des thèmes chers à Laurent Gaudé, auxquels la forme brève donne une singulière puissance
."

Mon Avis : Difficile pour moi de ne pas apprécier l'écriture de Laurent Gaudé ! Je me suis promise de tout ses livres après "Ouragan". Il a cette façon d'écrire avec sensibilité et force en même temps qui ne laisse pas indiférent ! J'ai dévoré le livre et j'ai adoré une fois encore ! Quatre histoires différentes, toutes écrites comme s'il vivait lui même les histoires ! Il s'imprègne de ses personnages et les rend tellement humain qu'on s'attend à les rencontrer au bout de la rue... Il a cette écriture magique qui me transporte hors du temps.





OURAGAN

  • Auteur : Laurent Gaudé
  • Editions Actes Sud

Résumé :

Au coeur de la tempête qui dévaste la Nouvelle-Orléans, dans un saisissant décor d'apocalypse, quelques personnages affrontent la fureur des éléments, mais aussi leur propre nuit intérieure. Un saisissant choral romanesque qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort, la plainte des sacrifiés, le chant des rescapés

Mon Avis : Un revue littéraire, un livre, une couverture qui m'a tout de suite attirée l'oeil, un nom qui m'était encore inconnu "Laurent Gaudé", une envie irrésistible de lire ce livre... Depuis, je me suis promis de lire tout les livres de cet auteur ! Une grande fragilité dans son écriture, et une dureté à la fois dans l'authenticité du récit... Je suis tombée sous le charme de son écriture... Dans ce roman nous sommes en pleine tempête, avec tout ce qu'elle peut comporter, toutes les histoires qui auraient pu s'y dérouler, le tout dans un roman ou toutes les histoires se retrouvent entremêlées... Un chef d'oeuvre pour ce qui me concerne...


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