Le Lecteur de Cadavres
Antonio Garrido
Auteur : Antonio Garrido (voir ----> site Grasset)
traduit de l'espagnol par Nelly et Alex Lhermillier
Editeur : Grasset / Le Livre de Poche
Genre : Littérature étrangère
Date de Sortie : 19mars 2014
Nombre de pages : 616
ISBN : 978-2-2468-1170-5
Prix : 21€50 (Grasset) / 8€60 (Le Livre de Poche)
Il y a quelques années (au moins une dizaine) une amie facebookienne m'envoie un roman en me jurant qu'il allait me plaire... Je lis les premières pages et je n'arrive pas à rentrer dans le roman de 730 pages (à l'époque je ne manque pas d'occupation avec les enfants), je me dis que je vais mettre trop de temps à le lire, gênée, je ne dis rien et le mets de côté et n'en parle plus... Et donc, dix ans plus tard, je met de l'ordre dans mes bouquins et je retombe dessus !
Et là ! Je ne peux que dire merci Martine pour cet excellent roman !!!
Donc ! Nous voilà dans un roman littéraire totalement étranger. L'auteur est espagnol et l'histoire nous plonge en pleine période médiévale de la dynastie Tang en Chine. On ne peut pas mieux faire comme dépaysement non ? !
Il faut savoir que le personnage principal, Ci Song, est inspiré d'un véritable personnage historique. En effet, l'auteur Antonio Garrido, en quête de sa prochaine histoire depuis plusieurs mois, reçoit une invitation pour un congrès sur la médecine légale et sa technologie, et, ne pouvant y participer, reçoit tout un dossier résumant les principaux exposés. C'est là qu'il découvre Ci Song, le premier médecin légiste.
L'auteur opère là un véritable travail de titan, un projet ambitieux qui lui demande plus d'un an, entre documentations sur la médecine légale, les procès d'époque et l'histoire de la Chine au XIIIè siècle. Il ne se contente pas de recréer un contexte historique, il restitue un univers complexe, pétri de hiérarchies rigides, de traditions confucéennes et de superstitions tenaces. Le roman parvient à faire ressentir à quel point la vérité scientifique se heurte aux structures de pouvoir et aux préjugés de l’époque. On peut dire que le lecteur rentre dans l'histoire sans avoir de mal à imaginer le contexte, car tout y est.
On peut ressentir des longueurs de la part de l'auteur mais c'est un bien pour un mal, car Antonio Garrido n'épargne aucun détail afin que le lecteur puisse "vivre" l'histoire.
Pour conclure, tout ce que j'aime dans un roman est réuni, à savoir, de l'histoire (XIIIè siècle), du dépaysement (Chine), de l'instruction (médecine légale entre autres). De plus le lecteur n’est pas noyé dans une avalanche de termes chinois imprononçables, mais il garde le dépaysement et la saveur d’une autre époque.








