Mon musée imaginaire
Auteur : Paul Veyne
Editions : Albin Michel (site)
Genre : Beaux Livres, Art
Date de parution : 1er octobre 2010
496 pages
ISBN : 978-2-226-18187-9
Prix : 38€50
Quatrième de couverture :
Paul Veyne a une passion secrète : la peinture italienne. Il l’aime parce qu'elle est toujours élégante, même dans les tableaux religieux, où il arrive qu’il y ait du glamour ! Il l'aime aussi parce qu'elle est sans cesse inventive, inattendue, et qu’à chaque demi-siècle elle nous surprend par une nouveauté qui est un coup de génie.
Pour la première fois, Paul Veyne ouvre son jardin secret à ses lecteurs.
J’ai découvert ce beau livre grâce à Aquilon 62 ; aussi, je vous conseille plutôt de lire son billet, sans aucun doute plus abouti et plus complet au regard de ses connaissances.
Paul-Marie Veyne était un historien et universitaire français reconnu et très estimé dans son domaine, spécialiste de la Rome antique. Ceci explique peut-être cela ; quoi qu’il en soit, sa passion secrète était la peinture italienne.
Paru en 2010, son livre Mon musée imaginaire est l’aboutissement de son amour de l’histoire et de sa passion pour la peinture italienne, qu’il désigne lui-même comme un modeste hommage à ses maîtres…
« Ce livre est un modeste hommage à mes maîtres, André Piganiol (1883-1968), historien de Rome, et Pierre Boyancé (1900-1976), helléniste et latiniste, et à Claude Roy (1915-1997) et Michel Foucault (1926-1984), qui m'ont honoré de leur amitié. »
Par cette œuvre, Paul Veyne a créé son musée. Pas celui où l’on se promène dans une galerie garnie de tableaux. Non, pas ce musée-là. Pour entrer dans son musée, on tourne les pages, on ferme les yeux, et l’on observe les plus belles œuvres des plus grands peintres italiens… Puis on rouvre les yeux pour en découvrir les détails, les explications qui nous avaient échappé, les subtilités, les sens cachés… Il nous laisse pénétrer dans son intimité, en quelque sorte.
« L'art ne consiste pas à copier le réel, mais à en extraire une vérité qui, sans lui, resterait muette. »
Chaque tableau est une découverte à chaque regard. Il n’est pas question d’assommer le lecteur avec des discours ou des explications, mais plutôt de lui offrir des clés d’observation. Un peu comme s’il était près de nous, observant et partageant son ressenti.
Quoi de mieux, lors de la visite d’un musée, que d’être accompagné par un fin connaisseur qui vous livre tous les secrets à travers sa connaissance de l’histoire ?
« Un peintre italien du Quattrocento ne peint pas seulement des corps ; il peint l'idée que l'homme se fait alors de sa propre dignité. Chaque coup de pinceau est une affirmation métaphysique. »
On passe du Baiser de Judas dans L’Arrestation du Christ de Giotto, à Saint Georges et le Dragon de Paolo Uccello. On traverse La Pietà de Giovanni Bellini, La Naissance de Vénus, L’Abandonnée, Le Printemps de Botticelli. La célèbre Joconde, Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci. La Création de l’homme, Adam et Ève et le fruit défendu, La Sibylle de Delphes, Le Jugement dernier de Michel-Ange. La Madone Sixtine, L’École d’Athènes, La Femme voilée de Raphaël…
« Regarder un tableau de Piero della Francesca, ce n'est pas seulement voir une image, c'est entrer dans une géométrie du sacré où le temps semble suspendu. »
Je ne peux pas tous les citer tant ce livre regorge de trésors… Un véritable cadeau que nous a légué Paul Veyne.
Autres citations de Paul Veyne :
« L'histoire est un récit d'événements vrais qui ont l'homme pour acteur ; c'est un roman vrai, mais un roman dont on n'aurait pas inventé l'intrigue. »
« L'histoire ne va nulle part. Elle est un chaos de trajectoires qui s'entrecroisent sans but finaliste. Enseigner l'histoire, c'est apprendre à voir la contingence du monde. »
« L’historien est un dépayseur. Sa fonction est de nous montrer que ce qui nous semble naturel aujourd'hui était impensable hier, et que ce que nous trouvons étrange était autrefois l'évidence même. »
« On ne possède jamais la vérité, on n'en possède que des versions plus ou moins documentées, plus ou moins honnêtes. »
« Il n'y a pas de petits sujets. Une fresque de Pompéi nous en dit autant sur l'âme humaine que les grandes réformes politiques. »













