Les Saules
Mathilde Beaussault
Auteur : Mathilde Beaussault
Editions : Seuil www.seuil.com
Genre : Roman policier / Roman littéraire
Date de parution : 10 janvier 2025
272 pages
ISBN : 978-2-02-157698-6
Prix : 19 € 90
Auteur : Mathilde Beaussault
Editions : Seuil www.seuil.com
Genre : Roman policier / Roman littéraire
Date de parution : 10 janvier 2025
272 pages
ISBN : 978-2-02-157698-6
Prix : 19 € 90
"Le dimanche n'est qu'un cafard qui se repaît du lundi"
"C ' est souvent dans la naïveté qu'on reconnait l'humanité."
" On ne croit pas vraiment en Dieu dans la famille mais on mettrait, s'il le fallait, un cierge à brûler les veilles de moissons pour que les machines ne lâchent pas les hommes."
"Victor, c'est un peu comme le soleil breton. Il n'est jamais là où on l'attend mais il réserve de belles surprises à qui sait le comprendre."
Auteur : Mathilde Beaussault
Editions : Seuil www.seuil.com
Genre : Roman policier / Roman littéraire
Date de parution : 06 mars 2026
336 pages
ISBN : 978-2-02-160230-2
Prix : 19 € 90
Quand on arrive aux urgences avec un petit vieux, il vaut mieux qu'il soit mort ou sur le point de mourir. Sinon ça gueule "où voulez-vous qu'on le mette ?" C'est simple, il n'y a plus d'endroit où mettre les vieux dans notre société.p 30
(...) Il faut toujours que ce soit la mère qui soit désignée coupable quand on ne sait rien. Et si c'et elle, on pourrait peut-être se demander comment c'est possible de se retrouver, toute seule, en plein centre-ville, un samedi matin, au XXIè siècle, en France, à accoucher puis à balancer le fruit de ses entrailles dans un bac à ordures sur un boulevard ? On croit toujours que les mères sont des louves qui sortent les griffes quand on approche de leur progéniture, qu'elles se font téter la mamelle sans problème et qu'elles lèchent leurs petites qu'elles reconnaissent tout de suite. Foutaises ! J'inviterais bien les flics à faire un tour dans le service pendant 24 heures, L'instinct maternel, c'est des conneries. Quand ça fonctionne, c'est merveilleux. Mais c'est pas toujours gagné. Y en a plus d'une à laisser le môme dans le berceau en le regardant comme si c'était un extraterrestre. Ca prend du temps parfois d'aimer ce qu'on ne connaît pas. Il faut les aider. C'est tout. Si on fabriquait des parents au même rythme que des enfants, il y aurait nettement moins d'emmerdes sur Terre. Je ne dis pas que les mères sont toures prêtes à balancer leur môme dans une poubelle, évidemment, je me dis juste qu'il faut essayer de se taire avant de se mettre à huiler la clé de prison qui les enfermera.
p 89
(...) J'ai mis presque quarante ans à pouvoir raconter ça. Tu te rends compte ? (Elle pose une main froide sur la cuisse de sa petite-fille.) Prends ton temps, Monroe. Tu raconteras ton histoire, toi aussi, un jour. Quand tu pourras. Tu as les mêmes yeux que moi. Mais tu es trop jeune pour avoir des paupières aussi lourdes. Alors il faudra raconter ton histoire pour y voir plus clair. Ça fait du bien. Faudra juste pas mettre autant de temps que moi.
p 139
La chambre 102 est occupée par une prof qui croit avoir un bout de cerveau dans chaque nichon. Résultat des courses, elle intellectualise chaque tétée comme si elle avait pondu non pas un affamé de 3 kilos mais une thèse pour défier Freud.
p 169
— Faut pas te laisser faire ! Je suis sûre que sa mère lui a même pas cisaillé la teub quand il pissait au lit. Il a pas d'excuses. Le mec doit se mirer dans sa pisse tellement il s'aime. Il pense que sa merde pourrait se vendre au marché noir ou quoi ? (Louvier est prostrée et c'est étrange de la voir mutique avec un visage sur lequel ruissellent les paroles de Samantha.) J'ai une pote, son mec, il la frappait. Elle s'est cassée sans laisser de post-it. Faut pas rester avec ce genre de type. Tu peux avoir tout le pognon du monde, si t'as pas le respect, c'est comme si t'étais assise sur des lingots d'or mais qu'on te les bourrait de force dans le cul.
p 209
(...) T'es enceinte, tu crois que c'est la fin du monde. Mais tu vas de toute façon tout torcher toute seule, toi aussi. Tu fais juste semblant de pas le savoir encore. Lui, il prendra la pose sur les photos que tu accrocheras en cascade le long de ton escalier en chêne massif, comme dans les séries américaines. Jérémy, il fout rien mais il est gentil avec moi et il aime ses gosses. J'attends pas qu'il mouille la serpillière. Il pourrait vivre dans une auge que ça le dérangerait pas. Mais au moins, quand il me passe une main dans les cheveux, il tire pas sur les nœuds. Il dit pardon s'il croit qu'il m'a fait mal. T'as enquillé les études et moi les bières mais c'est moi qui vois clair.
p 211
(...) On s'arrête à un feu rouge. La pluie chassée siffle sur le pare-brise. Une famille traverse devant les phares. Le gamin saute dans une flaque et sa mère râle, le père s'en fout, il a le nez dans le portable. Je leur dirais bien de profiter, de batifoler dans la flotte avec leur gosse, qu'il y aura que les chaussettes à changer. Qu'il n'y a que les souvenirs des petits moments, qui restent à la toute fin. Comme l'odeur de leurs cheveux qu'on renifle au réveil. Comme leurs grands yeux quand ils vous cherchent parce qu'ils croient vous avoir perdu dans la rue. Mais le feu passe au vert. Il faut avancer.p 305
Editeur : Seuil
Genre : Roman
Date de Sortie : 19 août 2024
Nombre de pages : 160
ISBN : 978-2-02-154172-4
Prix : 18 €
« Bad-jens : mot à mot, mauvais genre. En persan de tous les jours: espiègle ou effrontée. »
Chiraz, automne 2022. Au cœur de la révolte « Femme, Vie, Liberté », une Iranienne de 16 ans escalade une benne à ordures, prête à brûler son foulard en public. Face aux encouragements de la foule, et tandis que la peur se dissipe peu à peu, le paysage intime de l’adolescente rebelle défile en flash-back : sa naissance indésirée, son père castrateur, son smartphone rempli de tubes frondeurs, ses copines, ses premières amours, son corps assoiffé de liberté, et ce code vestimentaire, fait d’un bout de tissu sur la tête, dont elle rêve de s’affranchir. Et si dans son surnom, Badjens, choisi dès sa naissance par sa mère, se trouvait le secret de son émancipation ? De cette transformation radicale, racontée sous forme de monologue intérieur, Delphine Minoui livre un bouleversant roman d’apprentissage où les mots claquent pour tisser un nouveau langage, à la fois tendre et irrévérencieux, à l’image de cette nouvelle génération en pleine ébullition.
D’origine iranienne, lauréate du prix Albert-Londres et grand reporter au Figaro, Delphine Minoui couvre depuis vingt-cinq ans l’actualité du Proche et Moyen-Orient. Publiés au Seuil, ses récits empreints de poésie, Je vous écris de Téhéran et Les Passeurs de livres de Daraya (Grand Prix des lectrices ELLE), ont connu un immense succès et ont été traduits dans une dizaine de langues.
source : Seuil : https://www.seuil.com/ouvrage/badjens-delphine-minoui/9782021541724
Delphine Minoui nous plonge dans l'Iran contemporaine à travers le récit de Zahra, une jeune fille de 16 ans. Une Iran marquée par des décennies de politique conservatrice et d'oppression sociale, où une fille ne vaut rien, où les jeunes vivent constamment entre tradition et modernité, entre règles strictes et soif de liberté et où la mort d'une jeune femme, qui n'a pas eut le temps d'avoir 23 ans, a changé le cours des choses et insuffler l'espoir aux iraniennes.
Zahra n'aurait pas dû naître car c'est une fille ! Une déception pour son père ! Et elle découvre vite qu'être une fille est une malédiction dans ce pays. Dés le plus jeune âge, les filles cherchent des moyens de contourner les restrictions et de revendiquer leur droit à l'expression personnelle dans ce pays où les répressions et les contrôles sont omniprésents, où les femmes doivent vivre couvertes de la tête au pieds sans laisser passer la moindre mèche de cheveux pour ne pas provoquer l'homme ! Pour ne pas lui susciter du désir (car l'homme ne peut pas se contrôler...) ce qui n'empêche pas ces mêmes hommes de réduire les femmes en état d'esclavage, de soumission sociale, culturelle, religieuse et sexuelle...
La plume immersive et évocatrice de Delphine Minoui rend ce récit à la fois poignant et instructif. Un roman qui ferait sortir les griffes de toutes femmes éprises de liberté, de justice et d'égalité... Après les grincements de dents viennent les larmes... Un roman nécessaire pour bien comprendre ce vent de rébellion qui souffle sur l'Iran...