Auteur : Sylvain Tesson
Participation de Vincent Munier
Editions : Gallimard
Paru le : 10 octobre 2019
162 pages
EAN : 9782-072822322
Prix : 18€
LA PANTHERE DES NEIGES
Quatrième de couverture :
"__ Tesson ! Je poursuis une bête depuis six ans, dit Munier. Elle se cache sur les plateaux du Tibet. J'y retourne cet hiver, je t'emmène.
__ Qui est-ce ?
__ La panthère des neiges. Une ombre magique !
__ Je pensais qu'elle avait disparu, dis-je.
__ C'est ce qu'elle fait croire."
Sylvain Tesson, invité par le photographe animalier Vincent Munier, parcourt le Tibet oriental. Il apprend l'art de l'affût dans l'hiver et le silence. L'espoir et la tension affleurent. Et si la bête ne se montrait pas ?
L'Auteur :
https://www.etonnants-voyageurs.com/
Écrivain voyageur et géographe de formation, Sylvain Tesson effectue en 1991 sa première expédition en Islande, suivi en 1993 d’un tour du monde à vélo avec Alexandre Poussin. Un périple qui annonce une vie d’aventurier ! Il traverse ensuite les steppes d’Asie centrale à cheval avec une autre aventurière Priscilla Telmon ; en 2004, il reprend l’itinéraire des évadés du goulag de Sibérie jusqu’en Inde à pied… autant de périples d’où il rapporte des récits, qui connaissent un succès certain. Rapidement, il finance également ses expéditions par la réalisation de documentaires et des cycles de conférence aux quatre coins de France et d’ailleurs.
Prix Médicis Essai en 2011 pour Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson se plonge à nouveau dans l’écriture de nouvelles, genre qu’il affectionne tout particulièrement, et publie en 2014 S’abandonner à vivre, recueil dont le titre évoque un « fatalisme - mais un fatalisme joyeux ». D’où qu’ils viennent, les personnages de ses dix-neuf histoires - marins, artistes, voyageurs, prostituées - partagent ainsi une philosophie : ils acceptent leur sort devant l’absurdité de la vie.
Avec Berezina en 2014, Sylvain Tesson part sur les traces de la Grande armée en side-car ; deux siècles après la retraite de Napoléon et de ses soldats de Moscou à Paris, il réalise le même périple. L’historien et l’explorateur se succèdent au fil des pages et le récit nous fait voyager dans l’espace et le temps avec une aisance hors du commun.
Après une chute du haut d’un toit qui manque de lui ôter la vie, Sylvain Tesson entreprend une rééducation à la fois physique et mentale, il décide de s’intéresser aux paysages ruraux et traverse la France à pieds, un temps de pause et de silence nécessaire à sa reconstruction. Avec Les chemins noirs, il nous livre un récit intime qui dit aussi les revers de ce que l’on appelle l’aménagement du territoire, et dévoile la nostalgie d’une France rurale qu’il n’a pas connu.
Sources : https://www.etonnants-voyageurs.com/TESSON-Sylvain.html
Ses œuvres :
Récits de Voyages
- L'énergie vagabonde - 2020 - Gallimard
- La panthère des neiges - 2019 - Gallimard
- Sur les chemins noirs - 2016 - Gallimard
- Berezina - 2015 - Guerin
- Dans les forêts de Sibérie - 2011 - Gallimard
- L'Axe du loup - 2004 - Robert Laffont
- La chevauchée des Steppes - 2001 - Robert Laffont
- La marche dans le ciel - 1998 - Robert Laffont
- On a roulé sur la terre - 1996 - Robert Laffont
Essais
2000 : Les Métiers de l'aventure et du risque - Hachette
2005 : Petit traité sur l'immensité du monde - Pocket
2009 : Éloge de l'énergie vagabonde - Pocket
2012 : Géographie de l'instant - éditions des Équateurs
2017 : Une très légère oscillation - éditions des Équateurs
2018 : Un été avec Homère - France Inter - éditions des Équateurs
2019 : Notre-Dame de Paris - Ô reine de douleur - éditions des Équateurs
2021 : Un été avec Rimbaud - éditions des Équateurs
2022 : Noir : textes et dessins - Albin Michel
Nouvelles
2000 : La Seconde Côte d’Adam, dans Histoires de montagnes, collectif - Sortilèges
2002 : Nouvelles de l'Est - Phébus
2004 : Chroniques des bords du Rhin - éditions du Verger
2004 : Les Jardins d'Allah - Phébus
2009 : Une vie à coucher dehors - Gallimard – prix Goncourt de la nouvelle et prix de la nouvelle de l'Académie française
2010 : Vérification de la porte opposée - Phébus
2014 : S'abandonner à vivre - Gallimard
Aphorismes et lexiques
2004 : Katastrôf ! Bréviaire de survie français-russe - Mots et Cie
2008 : Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages - éditions des Équateurs
2011 : Ciel mon moujik ! Manuel de survie franco-russe - Chiflet et Cie
2011 : Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit - éditions des Équateurs
L'Union de deux passionnés ! C'est magique !
Sylvain Tesson pose les mots sur le regard de Vincent Munier...
Le récit est captivant, passionnant et presque religieux.
L'auteur est avant tout un voyageur de l'extrême, ses récits en témoignent. C'est aussi un homme très cultivé et qui partage ses passions en toute simplicité, mais avec cette qualité qu'ont les enseignants de transmettre leurs savoirs.
Qui plus est ! C'est avec une plume poétique que s'exprime Sylvain Tesson, tout est sublimé, les mots nous transportent et nous font rêver avec des descriptions qui nous mènent sur les lieux au cœur des scènes.
La nature dans ses droits et dans sa splendeur, c'est ainsi qu'il nous la livre, à la fois forte, puissante et fragilisée par l'homme.
"Tout ce monde mourait et les corps déchirés par les charognards mouchetaient le plateau.
Bientôt les squelettes brûlés d'ultraviolets se réincorporaient à la valse biologique. Cela avait constitué la belle intuition de la Grèce antique : l'énergie du monde circulait en un cycle fermé, du ciel aux pierres, de l'herbe à la chair, de la chair à la terre, sous la houlette d'un soleil qui offrait ses photons aux échanges azotiques. Le Bardo Thödol, Livre des Morts tibétains, disait la même chose qu'Héraclite et les philosophes de la fluctuation. Tout passe, tout coule, tout s'écoule, les ânes galopent, les loups les pourchassent, les vautours planent : ordre, équilibre, plein soleil. Un silence écrasant. Une lumière sans filtre, peu d'hommes. Un rêve."
"Je comprenais le souhait des Mongols de laisser leurs morts se décomposer dans la steppe. Si ma mère l'avait dicté j'aurais aimé que nous allassions déposer son corps dans un repli des Kunlun. Les charognards l'auraient déchiqueté avant de se livrer, eux-mêmes, à d'autres mâchoires, et de se diffuser en d'autres corps - rat, gypaète, serpent -, offrant à un fils orphelin d'imaginer sa mère dans le battement d'une aile, l'ondulation d'une écaille, le frémissement d'une toison."
