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mercredi 5 août 2026

LE CHEMIN IMPARFAIT

                



   Le chemin imparfait  


   Auteur :    José Luis Peixoto


Traduit du portugais par Patricia Houéfa Grange

Editions :  Gope (site)

Genre : Littérature portugaise

Date de parution : 2023

214 pages

ISBN :  979-10-91328-72-2

Prix : 18,85 





Quatrième de couverture

Entre Bangkok, Lisbonne et Las Vegas, José Luís Peixoto revient à la non-fiction avec un livre surprenant, riche en strates, en liens inattendus, passant du récit le plus intime aux descriptions hautes en couleur évoquant le lointain.

Le chemin imparfait est, en soi, le long voyage vers une Thaïlande au-delà des lieux communs du tourisme, qui explore des aspects moins connus de sa culture, de sa société, de son histoire, de ses religions, entre bien d’autres.

La sinistre découverte de plusieurs paquets contenant des bouts de corps humain dans un bureau de poste de Bangkok et ses conséquences imprévisibles transformeront la déambulation en quête.

Tous les épisodes de cette enquête excentrique, au rythme de thriller, composent Le chemin imparfait et constituent simultanément une recherche du sens du voyage lui-même, de l’écriture et de la vie.

Ouvrage publié grâce au soutien du Centre National du Livre, de la DGLAB/Culture et du Camões, IP – Portugal.



 

https://www.gope-editions.fr/livre/le-chemin-imparfait/
                                        

"Tout est définitif et rien n'est éternel"

C'est indiscutable, José Luis Peixoto a un style bien à lui. On ne lit pas son roman comme on lit un récit, une histoire dans son ensemble, loin de là. Lire cet auteur, c'est l'accompagner dans ses cheminements, ses voyages, entrer dans ses pensées et ses souvenirs. Le lecteur accompagne l'auteur à Las Vegas, à Bangkok et, bien sûr, au Portugal. Celui où il est né et qui l'a construit.

J. L. Peixoto raconte non pas une histoire, mais des histoires dans l'histoire, ou l'histoire dans les histoires. Cela peut paraître confus dit comme ça, mais il donne souvent l'impression de passer du coq à l'âne et de s'écarter de sa route. Pourtant, au lieu de déstabiliser, son style accroche, happe le lecteur, car il ne s'agit pas d'écrire une histoire inventée pour faire joli. Tout est issu du vécu. Les lieux existent. Les gens aussi. Les anecdotes, les faits divers, les traditions, les croyances... Dès le début, d'ailleurs, il est question d'un fait divers qui semble l'obséder tout au long de cette écriture.

L'auteur livre son récit et se livre lui-même. Il nous parle, nous raconte, s'adresse à nous, à un tel point qu'il finit par nous tutoyer. Le lecteur est totalement impliqué dans la lecture. On passe d'une réflexion sur la religion à une scène de rue, puis à une rencontre, à un récit historique, avant de revenir à une réflexion spirituelle, psychologique ou philosophique, puis personnelle...

"Un des moines rasait la tête aux autres. Il leur passait du savon à barbe sur la tête et faisait glisser la lame lentement - il avait beaucoup de temps. Là, non loin de la montagne Doi Sudep, la ville paraissait lointaine. A l'ombre d'arbres très hauts - ciels d'arbres -, les coqs flânaient sur des statues brisées de Bouddha et des racines grises, parmi les branches de jeunes plantes qui perçaient dans les intervalles entre les pierres - morceaux de Bouddha en position du lotus, sans tronc, ou sans bras, ou sans tête, recouverts de mousse.
La grande majorité des garçons thaïlandais sont ordonnés moines pendant un ou deux mois ou, plus rarement, pendant un ou deux ans. Encore enfants - moines novices - ou plus âgés, avant de se marier, ils passent par la rigueur monastique. C'est leur manière de faire montre de gratitude pour l'éducation qu'ils ont reçue et de faire des mérites pour leurs parents - surtout pour leurs mères, étant donné qu'il n'y a pas de nonnes bouddhistes en Thaïlande et qu'elles ne peuvent donc pas accumuler ces mérites par elles-mêmes."

C'est bien une conversation dont il s'agit. Entre l'auteur et le lecteur. Comme avec quelqu'un qui revient d'un long voyage et qui se souvient de détails auxquels personne d'autre n'aurait pensé. C'est aussi une forme d'héritage. José Luis Peixoto y tient. Il veut que ses enfants le connaissent, leur léguer ses souvenirs, ses pensées les plus profondes. Il y a quelque chose de très humain dans cette façon de raconter. Pas de démonstration. Pas de volonté d'impressionner. Juste un regard curieux sur le monde. Il observe beaucoup. Il écoute encore plus. Et finalement, on apprend autant sur les personnes qu'il rencontre que sur lui-même. Il dévoile aussi ses doutes face à l'écriture de ce livre, ses angoisses. C'est également une déclaration d'amour à sa famille, à ses fils.

"Pourquoi j'écris ?

J'écris parce que je veux que mes enfants sachent qui je suis. J'ai l'espoir que ces mots, mêlés à ce que je leur montre, soient suffisants, soient le maximum possible. Je veux qu'ils me connaissent parce que je veux qu'ils se connaissent eux-mêmes."

J'ai aussi aimé cette place accordée au Portugal. Il n'est jamais très loin. Même lorsqu'il est à des milliers de kilomètres, son pays semble continuer à l'accompagner. On sent l'attachement, sans nostalgie excessive. C'est une présence discrète, presque silencieuse.

Ce n'est pas un livre qui se dévore. Il demande qu'on ralentisse un peu. Certaines pages donnent envie de s'arrêter quelques minutes avant de reprendre. Non pas parce qu'elles sont compliquées, mais parce qu'elles ouvrent une réflexion. Sur les croyances, sur les cultures, sur ce qui rapproche des personnes qui vivent pourtant à l'autre bout du monde.

En refermant *Le chemin imparfait*, je n'ai pas eu l'impression d'avoir terminé un roman. J'avais plutôt le sentiment d'avoir voyagé. D'avoir écouté José Luis Peixoto raconter des fragments de vie, des souvenirs, des rencontres vraies. Ce sont ces petits morceaux de réalité qui restent le plus longtemps en mémoire. Pas parce qu'ils cherchent à être extraordinaires. Justement parce qu'ils ne le sont pas.




CITATIONS


"Je portais un écheveau en moi. L'ébauche de ce que je voulais écrire était de moins en moins définie. Ce projet de livre - de ce livre - s'enroulait autour de mes organes, m'étreignait l'estomac, le cœur, me pesait sur les poumons.
Pour des raisons médicales - la survie -, il me fallait avancer, même si cela voulait dire faire machine arrière, retourner au zéro absolu."


"Je m'en suis souvenu quand j'essayais, à grand-peine, de trouver les mots pour commencer à écrire ce livre. A ce moment-là, je n'avais pas encore réalisé que le problème ce n'étaient pas les mots, c'était le chemin."


"Je n'ai jamais vu autant d'auteurs soucieux d'affirmer la fidélité autobiographique de leurs textes que j'ai pu en voir d'autres, nerveux, la nier, garantir la pureté absolue de leur fiction. aujourd'hui, les auteurs de textes littéraires qui touchent à l'autobiographie reconnaissent toujours une certaine distance entre leurs écrits et la réalité - même un récit avec des heures précises et des valeurs mesurées n'est pas pleinement fidèle à la réalité. Il est plus courant de rencontrer des auteurs de textes fonctionnels qui jurent que ces personnages n'ont absolument pas le moindre lien avec leur vie que les épisodes qu'ils ont racontés ne sont qu'une construction intellectuelle de quelque chose dont ils n'ont jamais été témoins ni reçu le récit."


"Le narrateur n'est pas une personne, c'est une voix. L'auteur est une personne, il marche dans la rue, s'assoit aux tables des cafés, fait la queue au supermarché. L'auteur n'est pas immunisé contre les regards des autres, les mots des autres - personne ne l'est."


"La Thaïlande s'entremêlait à cela. Quand je ne parvenais pas à écrire ce livre, pendant que je le cherchais et que je commençais à craindre qu'il n'existe pas, j'étais l'un de ces auteurs apeurés, je me méfiais même d'ombres. Il me manquait quelque chose et je ne savais pas ce que c'était - la pire des choses qui puisse manquer à quelqu'un."


"Ecrire, c'est entendre des voix. J'ai écouté chacune de ces phrases avant de les écrire. Elles ont été choisies parmi d'autres que j'ai également écoutées. Parfois, bien que rarement, j'ai utilisé la première que j'ai entendue, celle qui était le plus près, que j'ai distinguée avec le plus de netteté ; d'autre fois, j'en ai utilisé une qui était au loin, camouflée par le bruit, avec peu de syllabes à découvert, qui demandait à être remontée en la tirant depuis le fond ; d'autres fois encore, presque toujours, j'ai sélectionné une phrase, proche ou lointaine, je l'ai immobilisée et j'ai commencé à la travailler - J'ai remplacé un mot par son synonyme, j'ai remplacé un mot par une expression qui me semblait plus précise, j'ai voyagé dans la syntaxe."


"Cela me dérange quand quelqu'un pense savoir qui je suis juste parce qu'il a lu un livre que j'ai écrit - comme celui-ci - ou, même parce qu'il a lu une citation déformée ou vu ma tête sur une photo. Je me sens agressé quand on tente de me réduire à des concepts fermés et intransigeants, construits par des regards qui ne s'interrogent pas eux-mêmes, qui n'admettent aucune hypothèse de faille dans leur idée préconçue.
Cette méprise me dérange parce que je veux qu'on sache qui je suis vraiment.
Moi-même, qui en sais plus que ce qui est écrit, j'ai des doutes immenses à propos de qui je suis. Plus j'essaie de me connaître, plus je me rend compte à quel point je suis loin de me connaître. Plus j'éclaire, plus j'ai conscience des distances énormes qu'il reste à éclairer."


"Au long de cette période, le terme "culture" a été un défi particulièrement problématique pour les anthropologues qui se sont consacrés à cette thématique. Bien qu'il s'agisse d'un concept central de l'activité touristique, il est utilisé avec peu de précision et avec des sens très différents."


"Toutes les décisions sont prises sur un coup de tête.
On peut réfléchir longuement sur un sujet, l'envisager sous différents angles, calculer de multiples résultats. Cette réflexion peut durer des heures, des jours, des semaines, des mois, des années, la moitié de la vie. Et cependant, si une décision doit exister, elle sera prise en un seul instant. Les décisions sont toujours le passage de l'incertitude à la certitude - non / oui.
Les réflexions préparent les décisions. Les réflexions peuvent être mesurées par des horloges et des calendriers.
Les décisions ont toujours la durée d'un coup de tête."


"On adresse les plus grands éloges aux personnes qui, tout au long de leur vie, ont fait preuve d'une constance inflexible dans leur principes. Autrement dit, face aux circonstances les plus diverses, elles n'ont pas changé de position. 
A cet égard, j'ai plusieurs questions. Ces personnes s'interrogent-elles suffisamment ? Parviennent-elles à se poser à elles-mêmes cette question ? Quelle est la frontière entre constance et entêtement ? Être intransigeant est-il une vertu ? Si l'individu se transforme - se rapproche de la mors, apprend, désapprend, etc, -, ne serait-il pas naturel que ses principes se transforment également ? En considérant que les principes ne souffrent pas la moindre altération, est-il raisonnable de défendre tout au long d'une vie, à tous les âges, dans tous les états d'esprit, une façon unique de les atteindre ?
Pardonnez-moi si j'ai posé trop de questions. Je ne cherche pas à provoquer l'embarras, je veux juste dire : attention à l'autojustification - cette peur de perdre ce que nous considérons avoir acquis. Nous sommes les principaux geôliers de notre liberté."


"Je ne suis pas mon corps, je ne suis pas mon nom, je ne suis pas cet âge, je ne suis pas ce que je possède, je ne suis pas ces mots, je ne suis pas ce qu'on dit que je suis, je ne suis pas ce que je pense que je suis."


"Je suis quelque chose qui vient d'avant, qui m'a été transmis par mon père. Lui aussi l'a reçu. Cela m'a été transmis en mots, dans le ton de la voix que je peux encore entendre, dans les fautes d'orthographes que mon père laissait sur de petits papiers ou dans des agendas - j'aime d'amour ces fautes d'orthographe -, dans le silence, dans le regard, dans la présence, dans le toucher, dans l'odeur, dans les attentions, dans la mémoire, dans l'exemple, dans tout ce que mon père a été pour moi - une force que je n'ai pas été capable de reconnaître complètement en son temps, mais qui s'imprégnait en tout ce que j'étais et apprenais à être."


"Quand on m'a parlé de la mort pour la première fois, j'y ai tout de suite accordé du crédit. A partir de ce jour-là, je n'ai plus jamais vécu comme si être ici - cet air, cette lumière - ne prendrait jamais fin. Au contraire, la plupart du temps, j'ai vécu avec une avidité exagérée de consommer au maximum, de connaître au maximum, d'être toujours le dernier à quitter la fête."

 



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mercredi 22 janvier 2025

TERRE SOMNAMBULE

   

      

     Terre Somnambule     

 

Auteur : Mia Couto

Traduit du portugais, par Elisabeth Monteiro Rodrigues

Editeur : Métailié 

Genre : Littérature portugaise (Mozambique)

Date de Sortie : 10 janvier 2025

Nombre de pages : 256

ISBN : 979-10-226-1416-0

Prix : 21€





Quatrième de couverture :

Sur une route déserte, un vieil homme et un enfant marchent, épuisés. Alentour, un Mozambique déchiré entre troupes régulières et bandes armées. Devant eux, un autobus, ou ce qu’il en reste : tôles incendiées, corps pêle-mêle ; un asile, pourtant, où le vieillard et l’enfant vont faire halte et découvrir, miraculeusement intacts, les cahiers d’un certain Kindzu. Le récit de cet homme parti vers l’inconnu et l’aventure pour renouer avec l’esprit des sorciers et des guerriers sacrés leur livrera peu à peu la clé de leur destin.
Épopée fascinante et douloureuse d’un peuple en proie à la guerre civile, qui survit enraciné dans ses traditions et ses mythes plus forts que toute réalité barbare, cette œuvre magique puise dans l’imaginaire africain et rejoint, par la beauté surprenante de son style, la grande tradition des romanciers de langue portugaise, de João Guimarães Rosa à José Saramago.


L'Auteur : 

António Emílio Leite Couto est né à Beira au Mozambique en 1955, son père étant Fernando Fils du poète portugais Fernando Couto, António Emílio Leite Couto est né au Mozambique en 1955. Défenseur de l’indépendance du pays, il s’engage aux côtés du Frelimo dans la lutte pour la libération du joug colonial portugais. Tour à tout directeur de l’agence d’information du Mozambique, de la revue Tempo, et du journal Noticias de Maputo, il se tourne vers l’écriture en 1983, en publiant le recueil de poèmes Raiz de Orvalho aux éditions de l’Association des Écrivains mozambicains en 1983. Celui qui se fait appeler dorénavant Mia Couto (en raison de son amour pour les chats), s’impose comme l’une des figures de proue de la littérature mozambicaine.

Ces activités conjuguées à celles de biologiste et d’enseignant traduisent une conscience politique et sociale et alimentent nombre de ses écrits ; notamment ses chroniques qui soulignent avec une ironie constante les contradictions de la société mozambicaine. En outre, l’univers intérieur de ses œuvres puise aux racines de l’imaginaire et de la tradition orale. Il se fait ainsi le passeur d’une culture multiforme où s’enchevêtrent l’homme, les dieux, et la nature. L’écrit prend tour à tour la forme du roman, de nouvelles, de chroniques et de poèmes déclinés dans une langue subtile, légère, novatrice, jamais dénuée d’humour, qui joue habilement avec les jeux de mots, les détournements de syntaxe, les faux et vrais proverbes et se fait l’écho de la mémoire contre l’oubli et l’acculturation. Comme Guimarães Rosa, Mia Couto invente une langue romanesque qui transforme le portugais en l’enrichissant de mots nouveaux, de néologismes qui empruntent tant aux idiomes africains qu’à la langue ibérique.

Prix de la Francophonie en 2012, prix Camões en 2013 et prix Neustadt en 2014, Mia Couto est aujourd’hui l’un des plus grands écrivains de langue portugaise.

Mia Couto est également aux éditions Métailié L’accordeur de silences

Sources : https://editionschandeigne.fr/auteur/mia-couto/


Quelques uns de ses romans : 


  • Terre Somnambule, Albin Michel, 1994 (Terra sonâmbula)
  • Les baleines de Quissico, Albin Michel, 1996
  • La véranda au frangipanier, Albin Michel, 2000 (A Varanda do frangipani)
  • Chronique des jours de cendres, Albin Michel, 2003
  • Le chat et le Noir, Chandeigne, 2004 (O gato e o escuro)
  • Tombe, tombe au fond de l'eauChandeigne 2005 (Mar me quer)
  • Un fleuve appelé temps, une maison appelée Terre, Albin Michel, 2008
  • Le dernier vol du flamant, Chandeigne, 2009
  • Et si Obama était africain, Chandeigne, 2010
  • Le fil des missangas, Chandeigne, 2010
  • L'accordeur de silences, Métailié, 2011 (Jesusalem)
  • Murer la peur, Chandeigne, 2011 (Murar o medo)
  • Poisons de dieu, remèdes du diable, Métailié, 2013
  • La pluie ébahie, Chandeigne, 2014 (A Chuva Pasmada)
  • La confession de la lionne, Métailié, 2015 (A confissão da leoa)
  • Les sables de l'empereur, Métailié, 2020 (As areias do imperador)
  • Le Cartographe des absences, Métailié, 2023
  • Terre Somnambule (réédition), Métailié 2025 (Terra sonâmbula)


Mon avis : 

Tout d'abord un grand MERCI à Babelio et aux Editions Matailié pour l'envoi de ce roman en Masse Critique que j'attendais avec impatience. Mia Couto fait partie de ces auteurs que j'affectionne particulièrement. Ce n'est peut-être que moi, mais chaque fois que je lis Mia Couto, je pense à l'auteur Joseph Kessel. Ici j'y retrouve un peu aussi du José Peixoto.

Sous la domination coloniale du Portugal, le Mozambique obtient son indépendance en 1975 après une guerre d'indépendance qui a débuté en 1964 et suite à la révolution des œillets au Portugal. Cependant, deux ans plus tard, une guerre civile éclata entre le gouvernement et les rebelles anti-communistes de la Résistance Nationale du Mozambique et dura jusqu'en 1992, date à laquelle ce roman sorti (1994 en France).

De son écriture envoûtante, Mia Couto nous emmène au cœur du Mozambique, tandis que la guerre civile fait rage, à travers les yeux du jeune Muidinga et du vieux Tuahir. L'enfant puise ses forces dans la lecture des cahiers de Kindzu, un guérisseur.

A travers ces cahiers et la lecture de Muidinga, deux histoires s'entremêlent dans une recherche d'identité  et de mémoire. Mia Couto cherche un sens à cette guerre qui ravage le pays. Il s'exprime à sa manière sur la violence dans laquelle le pays est plongé, il en décrit les conséquences indélébiles. La nature est omniprésente et revêt une dimension symbolique. Elle est à la fois source de vie et de mort, sublimée et destructrice. Le surnaturel est le fil conducteur que l'auteur utilise pour explorer les croyances et les mythes africains. A la manière de José Saramago, l'histoire a un côté universel, il est bien question de  condition humaine, de la quête de sens et de la résilience. 

Un détail qui a son importance également, c'est que l'auteur utilise des expressions populaires mais aussi des néologismes qui donnent une dimension profonde et authentique à ce roman de qualité. 

Ce roman de Mia Couto, d'une écriture fabuleuse, qui nous charme, nous ensorcelle même est un mélange de mysticisme, de fantastique et de conte africain qui transporte le lecteur le tout dans une trame littéraire épatante et captivante.


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Citations : 

Et je ramai de longues journées, des nuits infinies. J'utilisais mes bras pour pousser le bateau. Si la fatigue est une vieillesse subite, je me comptais déjà parmi mes vieux jours. Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé. Je me souviens surtout des nuits. Je me souviens des étoiles, lointaines voisines qui ne dormaient pas. Je me souviens de la lune s'exhibant comme une médaille sur le décolleté de la nuit. Je regardais l'astre, ses éclats d'argent. Je maudissais mon sort : les cornes de la lune pointaient toujours vers le haut ! Mon père m'avait appris à lire les lunes. (p54)

La guerre est un serpent qui utilise nos propres dents pour nous mordre. Son venin circulait maintenant dans tous les vaisseaux de notre âme. Le jour désormais nous ne sortions plus, la nuit nous ne rêvions plus. Le rêve est l'oeil de l'existence. Nous devînmes aveugles. (p17)

 

 






jeudi 27 novembre 2014

O VENTO E A PEDRA - LE VENT ET LA PIERRE

Auteur : Antonio Brasileiro


Editions : Rafael de Surtis 
Genre : Poésie
104 pages
ISBN : 978-2-846672-370-1
Prix : 15€00
Dessin de la couverture : Nanja
Préface  : Rita Olivieri-Godet



Traduit du brésilien par




Quatrième de couverture :
La poésie d'Antonio Brasileiro oscille entre une expression intensément lyrique et un regard tourné vers le monde exrérieur où le poète cherche désespérément sa place. Face au mystère de l'existence et à l'inutilité des choses, face au temps qui passe, sa poésie devient métaphysique. Antonio Brasileiro fait souvent appel à l'ironie, seule capable de masquer son angoisse de savoir que sa voix poétique est autant inutile que nécessaire. La tragédie au quotidien réside dans le fait de comprendre que finalement rien n'est important et que le destin des poètes est de pousser leur rocher inexorablement vers le haut de la colline. La petite anthologie que nous proposons ici réunit des poèmes de différentes phases de la création poétique d'Antonio Brasileiro.







L'Auteur : 

Antonio Brasileiro, né à Ruy Barbosa (Etat de Bahia - Brésil), en 1944, vit actuellement à Fera de Santana où il enseigne la Littérature. Dans les années 60 il a crée les Éditions Cordel, publiant de nombreuses oeuvres d'écrivains  bahianais. Auteur lui-même d'une vingtaine de livrfes, il est, depuis juin 2009, membre de l'Académie des Lettres de Bahia.



Extrait :

CANTA DA AMIGA

Um pouco de mim est esta em eu olhar, amiga.
Bem sabes que é assim.
Gosto de pensar que sabes que é assim : 
em teu olhar reflete-se o que sou, 
o que em mim te quer perdidamente.

Um pouco de mim é teu olhar, amiga.
E mesmo tudo assim, pouco sabemos
desses imensos rios em nosso peito.
Pouco sabemos, quase nada mesmo,
dos rios que escuros correm em nosso peito.

Ps : Pardonnez pour les accents incompatible avec mon support.

***************************************************

CHANSON POUR MA BIEN-AIME

Un peu de moi est dans ton regard, ma douce.
tu sais bien que c'est ainsi.
J'aime à penser que tu sais qu'il en est ainsi : 
dans ton regard se reflète ce que je suis,
ce qui en moi te veut éperdument

Un peu de moi et ton regard, ma douce.
Tout est ainsi, nous savons peu de choses
de ces immenses fleuves dans nos coeurs.
Nous savons très peu de choses, presque rien,
de ces fleuves obscurs qui coulent dans nos coeurs.





mercredi 30 juillet 2014

LA FORMULE DE DIEU

Auteur : José Rodrigues Dos Santos
Editions : HC Editions et Pocket Editions
Genre : Roman
716 pages (pocket)
ISBN : 978-2-266-23656-0 (pocket)
Prix : 9€10 (pocket)

Traduit du portugais par Carlos Batista



Quatrième de couverture :
Le Caire, de nos jours. Le cryptologue portugais Tomas Noronha se voit Confier le décryptage d'un manuscrit original. Son nom ? Dis Gottesformel, La Formule de Dieu. Son auteur ? Albert Einstein lui-même. L'enjeu ? Le mode d'emploi d'une bombe nucléaire surpuissante. Précipité malgré lui au cœur d'une affaire d'espionnage international, Noronha plonge dans les secrets de l'atome... et dans un mystère bien plus grand encore.



L'Auteur : 

L'auteur est né le 1er avril 1964 à Beira, au Mozambique (encore colonie du Portugal jusqu'en 1975).
A la suite de la séparation de ses parents, José Rodrigues dos Santos parti vivre avec sa mère au Portugal (Lisbonne) puis ils rejoignent son père à Penafiel (au nord du Portugal) pour finalement le suivre dans une autre colonie portugaise, Macao.
C'est de là qu'il créé son premier journal, qui sera un journal étudiant assez intéressant pour le conduire à une interview dans une radio locale par la journaliste Judith de Sousa.
Ce qui l'amène à 17 ans à s'initier au journaliste sur la radio "Macau".
Titulaire d'un doctorat en science de la communication avec une thèse portant sur les reportages de guerre, il est également professeur d'Université Nouvelle de Lisbonne et journaliste pour RTP où il y a occupé à deux reprises le poste de directeur de l'information de la télévision publique portugaise.


Mon avis :

Aucun doute que l'histoire est passionnante ! On suit le héros avec plaisir tout comme ses découvertes... On s'angoisse avec lui, on se passionne avec lui, on découvre, on fait des recherches, on s'étonne, on perd son chemin et on se méfie avec lui... Ce qui était au départ une histoire d'espionnage devient un chemin de croix. Bien sûr on espère que sa confiance est bien placée, on a peur qu'il soit manipuler par les différents protagonistes .
Il y a des passages très longs qu'on a envie de passer, mais qu'on lit car, non seulement ils sont un élément essentiel à l'histoire, mais aussi parce qu'il remet en question des choses cruciales de la vie et avant tout... Il uni la religion, le divin, "la Formule de Dieu" à la Science et aux Mathématiques ! Un sacré pari ! Donc j'ai mis le temps qu'il fallait pour lire ce livre, mais aucun regret ! Je me réserve la suite pour plus tard !










Chapel de Sao Miguel à Coimbra







suivent pour le moment...

et 

dimanche 17 novembre 2013

LES SONGES DE RAFAEL

Auteur : Alice Machado
Editions : Lanore (Alchimies Poétiques)
Genre : poésie
ISBN : 978-2-85157-581-4
Prix : 10 €
93 pages




Quatrième de couverture :

Alice Machado est auteur de quatre romans et trois recueils de poésie, traduits à l'étranger, ainsi que de deux essais littéraires, l'un sur Gérard de Nerval et l'autre sur Baudelaire. Elle a fait partie des écrivains invités d'honneur du Salon du Livre de Paris. Elle participe à de nombreux festivals internationaux de poésies et plusieurs de ses textes sont parus dans des revues dans des revues littéraires européennes.
Son poème "Les Géants" extrait de son recueil Éclats figure dans l'Anthologie Parlementaire de Poésies publiée par l'Assemblée Nationale.
Les songes de Rafael constituent son troisième recueil.



Passage choisi :

"Si j'étais un rocher
assis face aux épines de la solitude
face aux naufrages de l'océan
à l'abandon des fleurs
je pourrai peut-être
me promener dans le monde
jusqu'aux portes de l'infini
à la naissance du Temps
Je pourrais peut-être
porter l'éternité sur mes épaules
Mais me voici
à peine debout
sur mes pieds
Fragiles...
Au seuil du commencement...
Me voici face au départ incertain
Voici ma peau
suspendue à du linge flottant
entre deux rives
l'air saturé d'adieux...
Qui suis-je
Qui tient mes mains
mon corps désarticulé dans l'incendie
du néant ?
Où est ma demeure ?"
(Extrait du poème "Une main parfumée" du recueil "Les songes de Rafael)

Mon avis

Le quatrième recueil de Alice Machado et toujours ce même sentiment ! Celui de lire son cœur ! Car c'est ainsi qu'écrit l'auteur, avec son cœur, son âme, de la profondeur. Lire ses recueils, c'est ressentir une émotion intense, et s'exposer à ses propres sentiment, être ému... Ce n'est pas un hasard si ses poèmes ont été adaptés en chanson par le chanteur Dan Inger Dos Santos.




lundi 14 octobre 2013

EXCELLENCE D'UN IMMIGRE INTEGRE

Auteur : Antonio De Sousa
Editions Mers du Sud
Prix : 15 €
215 pages
ISBN : 979-10-90226-30-6



Résumé :

Emmanuel a consacré sa vie à s’intégrer jusqu'à couper les ponts avec sa famille d’immigrés. Arrogant, ayant réussi, il s’apprête à renaître, libéré par son récent divorce et ayant intégré une confrérie d’Excellence. Il a un accident de voiture le même jour où il apprend la mort de son père. Il ne se rendra pas à ses funérailles. A partir de ce jour-là, il lui arrive des phénomènes étranges. Il se met à être plongé épisodiquement dans des retours à son passé, des moments qu’il avait chassé de sa mémoire et qu’il revit comme réels. D'abord croyant à un traumatisme crânien suite à son accident, il finit par découvrir la cause exacte de ces phénomènes. Perturbé, il décide d’aller au Portugal, voir sa mère très malade depuis la disparition de son père. Il va alors découvrir un passé ignoré, qui va chambouler la vision de sa vie et remettre en cause ses certitudes. Cela va le conduire à compromettre sa place sociale et se risquer aux foudres de la confrérie.

Mon avis :

Le sujet n'est pas simple, mais l'auteur l'aborde avec beaucoup de tact et de pudeur, dénonçant par là même les conditions des immigrés en France dans les années 60, sans doute les pires années pour les immigrés ! Ce roman nous transporte en même temps dans une intrigue sur fond de confrérie !
Il dénonce également, les enfants d'immigrés d'aujourd'hui qui se donnent des airs de rebelles au lieu d'honorer leurs origines tandis qu'ils ne connaissent pas celles-ci. Car peu connaissent la dure vie sous la dictature Salazar, peu d'entre eux connaissent la dure réalité des "saltos", des passages dangereux entre les frontières... Ce roman dit tout sans l'air de rien et l'auteur dit tout avec des airs de rien, symboliques et subtils ! Un roman à lire sans aucun doute !!!

Un peu plus sur l'auteur :






dimanche 9 juin 2013

ECLATS

Auteur : Alice Machado
Editions Lanore
Collections : Alchimies Poétiques
2è édition 2002
60 pages



Extrait choisi du poème "Les Heures Bleues"

Nous avions pris un rêve ensemble
Un rêve sculpté d'heures bleues,
de fleurs d'oubli,
Où nos corps brûlés frisaient l'azur
repoussant les interdits
se déchaînaient dans la mer des Sargasses
entre le silence et le cri.

...Et longtemps nous avions glissé
au fil de la vague
cherchant ce lieu introuvable
où l'océan s'éternise...

Aujourd'hui je te cherche
dans la solitude d'un frère
Dans des cercles où se referme le feu
d'une rose d'hiver


Alice Machado, auteur de trois romans qui viennent traduits à l'étranger, a fait partie des écrivains invités d'honneur du vingtième Salon du Livre de Paris. Elle a également participé à de nombreux  festivals internationnaux de poésie et certains de ses textes sont parus dans diverses revues littéraires européennes.
Son poème "Les Géants", figure dans l'Anthologie Parlementaire de Poésie publiée par l'Assemblée Nationale en 1999.
"Alice Machado façonne une - Patrie intérieure - qui emprunte davantage aux couleurs et aux rythmes des caravelles de Camões, aux épices des Indes qu'aux plages de l'Atlantique actuelles." Jacques Darras

Mon avis :
Lire les poèmes d'Alice Machado, c'est comme lire dans son coeur, car c'est avec celui-ci qu'elle écrit, nul doute là dessus ! Il y a une telle tendresse, un tel authentisme et ce quelque chose que je ne sais décrire qui font qu'on lit ses poèmes avec lenteur pour s'imprégner de chacun d'eux.
La poétesse livre dans ses poèmes une part d'elle-même, comme une offrande...
Alice Machado ne se contente pas d'être écrivaine et poétesse, elle est également auteur de texte de chansons, notamment pour Dan Inger Dos Santos ("Les géants ne meurent pas" poème de ce même receuil et "Un pull rayé blanc lilas" de son receuil "l'agitation des rêves).
Elle est aussi une grande représentante de la culture lusophone en France et dans le monde, et pour ceux qui ont le chance de la connaître, une personne d'une grande gentillesse avec une grande bonté de coeur...






dimanche 6 janvier 2013

LA VERITABLE HISTOIRE DE MARY PRINCE

  • Daniel Maragnès
  • Editions Albin Michel

Résumé :

« Premier témoignage d'une esclave sur sa condition, écrit avant l'abolition de l'esclavage et publié à Londres en 1831, ce récit est enfin traduit en français. Mary Prince raconte avec pudeur et retenue son incroyable odyssée. Née aux Bermudes, vendue à l'âge de douze ans, elle est "ballottée" de maître en maître, d'île en île, jusqu'à Antigua. Puis elle suit son dernier propriétaire en Angleterre où elle demande son affranchissement.
Restituant le parcours et le combat de Mary Prince dans le contexte de l'époque, Daniel Maragnès souligne l'audace de cette prise de parole qui va bien au-delà d'un simple texte autobiographique. En effet, ce témoignage présente un intérêt exceptionnel tant du point de vue politique qu'historique : politique, car le XIXe siècle voit aboutir la lutte pour la suppression de l'esclavage ; historique, parce qu'il nous oblige à entendre une voix que l'on condamnait au silence.
La bouleversante histoire de Mary Prince nous rappelle que l'esclavage est un crime contre l'humanité. »


Mon Avis :  Cette ouvrage a son importance car il s'agit du premier témoignage fait par une esclave sur l'esclavage...

Depuis tout petite, j'ai toujours été ulcérée par l'esclavagisme sous toutes ses formes ! J'ai vécu jusqu'à l'âge de 7-8 ans entouré d'étudiant en médecine (ma mère étant concierge dans un immeuble face à l'hopital de Lille), beaucoup d'africains sympatiques (du nord et du sud). Peut-être que sans ce passé à leur contacte, je n'aurait pas été intéressé par le sujet, peut-être que je n'aurai pas regarder des films tels que "Chaka Zulu", "Ragtime" ect... avec autant l'ulcération. Je ressentais une forme de honte ! Je ne peux pas la décrire mais elle était là ! C'est terrifiant, inconcevable, que des hommes, des femmes puissent se croirent dans leurs droits en exerçant leurs violences gratuites sur d'autres être humain, de se croirent supérieur par je ne sais qu'elle différence de culture, de religion, de couleur de peau ou de niveau social... (Je me souviens d'avoir lu un livre de Dominique Torrès sur l'esclavage moderne ! Comme quoi, il y a toujours dans ce monde des imbéciles qui n'ont toujours pas compris même encore aujourd'hui après plus de vingt de la parution de son livre).


TRAVERSEE D'OCEANS

  • Traductions de Dominique Stoenesco
Résumé :

Traversée d’océans, travessia de oceanos – édition bilingue (portugais)
Les poètes ne seraient-ils pas les géographes de l’intime ? Ceux qui, traversant un pays, fût-il petit, l’appréhendent du regard, en disent la réalité qui n’appartient qu’à eux ? Si vous ne connaissez pas la Bretagne, même si elle vous est familière, lisez ce qu’écrivent ces quinze poètes, observateurs de terres si différentes les unes des autres, voyagez en leur compagnie sans carte et, lentement, vous devinerez par le biais des mots, par celui de l’imagination, les paysages qui se dessinent et apparaissent au gré des poèmes. Car ce qu’ont en commun ces poètes, tous bretons bien entendu, c’est une parfaite connaissance de cette région, une terre à poèmes comme on l’a souvent mentionné, avec la volonté d’en célébrer la singularité, de rappeler leur attachement à leur petite patrie. Aussi, chacune des voix de ce chœur est singulière, chacune appréhende à sa manière tel ou tel aspect d’une Bretagne que ces poètes habitent, parcourent et célèbrent. Univers marin et terrestre, tel est donc ce pays et ces deux aspects n’échappent pas aux regards des poètes sensibles à tout mouvement, à toute variation de couleur d’où qu’elle émane.
Max Alhau, Poète, nouvelliste et critique littéraire.
Mon Avis : Dominique Stoenesco est un grand passionné ! Un passionné de poèsies, de musique, de littérature et de tout ce qui s'y attrait ! Et lire les livres où il est associé par ses traductions est un pure plaisir... Dans ce livre c'est la Bretagne et Bahia, autres de ses passions, qui sont en valeur ! On ne peut que aimer...



PETITE ANTHOLOGIE DU CAP VERT

Auteurs : Dominique Stonesco - Teofilo Chantre
Introduction et Traduction de Dominique Stoenesco

Résumé :

Si la grande Cesària Evora a immortalisé la musique capverdienne, le sens de ses chansons demeure souvent insaisissable.
Or, leurs textes sont empreints de poésie.
Car au Cap-Vert, la chanson est l'écho de la poésie, ces deux formes d'art se répondant pour ne former qu'une seule et même unité, tout comme les îles de l'archipel sont indissociables du vent qui souffle...
Cette petite anthologie offre pour la première fois une traduction française des principaux poètes capverdiens (avec un poème en version originale à chaque fois), avant de les mettre en correspondance, dans une seconde partie, avec les chansons de grands compositeurs et chanteurs comtemporains.
Ce voyage imaginaire permettra de parcourir les mêmes thèmes de prédilection : l'exil, l'amour, la sècheresse, la lutte pour l'indépendance, la vie quotidienne, ou encore l'indéfinissable saudade , cette nostalgie et cet insassouvissement métaphysique de l'existence qui façonne l'âme capverdienne...

Voilà un très beau livre pour les amoureux du Cap-Vert, archipel de poèmes et de chansons traduites par Dominique Stoenesco.


mercredi 2 janvier 2013

UNE MAISON DANS LES TENEBRES

  • Auteur : José Luis Peixoto
  • Editions Grasset
Résumé :

«Un monde : lugubre, mécanique et brutal. Dans ce monde, une maison - plongée un mois par an dans l'obscurité la plus totale. Dans cette maison, un narrateur - un écrivain. Il vit là, dans ces limbes étranges et sombres, reclus avec sa mère (silencieuse, immergée dans une immense douleur dont on ne connaîtra pas la cause), une jeune esclave dévouée, et une foule de chats. Il vit aussi avec la femme qu'il aime - à ceci près que cette femme n'existe pas : elle est en réalité l'héroïne du roman qu'il est en train d'écrire tout en luttant contre l'obscurité qui, chaque jour, gagne du terrain sur cette maison hors du temps. Entre les ombres d'une violence indicible, la fièvre de l'écriture et les lumières de l'amour désincarné, la frontière entre la création et la réalité s'estompe. Survient un ami voyageur, innocent radieux mais aussi porteur de récits chargés d'effroi et d'horreur, annonciateurs de désastre : la barbarie, l'agonie du monde... Livre hors norme, objet littéraire non identifié, joyau ténébreux d'un véritable surdoué de la langue, Une maison dans l'obscurité est une fable onirique et fabuleuse, inquiétante et incantatoire - le roman inouï et hypnotique d'un « voyant » de la littérature. »

Mon Avis : On ne sort pas indemne d'une telle lecture ! On aime, on déteste, on adore de nouveau... On perd pied, on se sent toute chose, on devient dingue ! Cette lecture poignante, déchirante m'a littéralement épuisée ! M'a mise sur le tapis... L'auteur José Luis Peixoto, auteur portugais,  a un don incroyable de pénétrer l'âme de ses lecteurs, de la folie pure ! J'ai beaucoup de lecture en retard mais j'ai déjà sur ma liste : "Livro", "le cimetière des pianos", "Sans un regard"... Mais n'est-ce pas sans risque pour moi, je me le demande...



vendredi 28 décembre 2012

LA COULEUR DE L'ABSENCE

  • Auteur : Alice Machado
  • Editions Lanore

Résumé :
« Katia, professeur de russe vient à Paris pour revoir Florence, son amie de toujours. Elle loue un studio dans le centre de la ville. Tout paraît normal et pourtant un climat particulier s’installe, de plus en plus troublant, indissociable d’un certain courrier bleu qui vient altérer l’équilibre de cette femme, faisant basculer son destin.
« La couleur de l’Absence », troisième roman d’Alice Machado, est une histoire singulière où l’on suit à la trace une âme inquiète que la passion va emmener au-delà de tout. »

Mon Avis :  Depuis le temps que je voulais relire un livre de Alice Machado... Toujours avec autant de plaisir ! Un roman bouleversant ou l'amour mène au bout de soit même, jusqu'à la déraison, la folie. Et Alice de sa plume douce et si sensible a attrape son lecteur en plein coeur et lui tire quelques larmes de compation pour son héroïne. Je ne le dirai jamais assez, j'aime cette auteur !



L'AGITATION DES RÊVES

  • Auteur : Alice Machado
  • Editions Lanore

Résumé :

"Alice Machado, auteur de trois romans qui viennent d'être traduits à l'étranger, a fait partie des écrivains invités d'honneur du vingtième Salon du Livre de Paris. Elle a également participé à de nombreux festivals internationaux de poésie et certains de ses textes sont parus dans diverses revues littéraires européennes.
Son poème "Les Géants", extrait de son recueil "Eclats", figure dans l'Anthologie Parlementaire de Poésies publiée par l'Assemblée Nationale en 1999."

Mon Avis : Alice Machado a une plume d'une sensibilité à fleur de peau, elle nous donne une partie d'elle même dans chaque poème comme si elle donnait un morceau de son coeur à chaques poèmes, nous faisant rentrer dans son intimité. Elle le fait avec humilité, bonté d'âme ! C'est une auteur lusophone extraordinaire que j'aime beaucoup. Ses écrits sont le reflet de sa personnalité...




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