Stats

Affichage des articles dont le libellé est Folio. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Folio. Afficher tous les articles

samedi 27 juin 2026

TROUVER REFUGE

   


        

     Trouver refuge    

Christophe Ono-dit-Biot


     Auteur :    Christophe Ono-dit-Biot

Editions : Gallimard https://www.gallimard.fr

Genre : Roman littéraire et philosophique

Date de parution :  18 août 2022

416 pages

ISBN :  978-2-072885-69-3 

Prix : 20 




Quatrième de Couverture : 


Tout est allé très vite : d’abord des gestes d’intimidation, puis des menaces directes. Un soir, Sacha et Mina décident de fuir la France avec leur petite fille Irène. Ils laissent derrière eux un pays qui a plongé dans le nationalisme, l’ignorance et l’intolérance, dirigé par un nouveau président qui a lancé des hommes après eux. Quel secret explosif veut-il protéger ?
Pour se mettre à l’abri, ils ont le projet insensé de rejoindre le mont Athos, sanctuaire érigé de monastères fortifiés où l’on vit encore selon les règles byzantines. Il est interdit aux femmes depuis le XIᵉ siècle, mais il a toujours protégé ceux qui y cherchaient refuge.
Brutalement séparé de Mina, Sacha s’y retrouve avec sa fille, qui découvre, émerveillée, les rites et les récits de cet éden bordé par la Méditerranée ainsi que les joies prodiguées par une nature grandiose. Mais le danger les guette à tout instant.
Déterminée à tenter l’impossible, Mina parviendra-t-elle à sauver sa famille ?
Ode lumineuse à la transmission d’un père à sa fille, bouleversant portrait de femme, ce roman est une invitation à embrasser l’amour et les livres, la nature et la beauté. Il célèbre aussi magnifiquement l’Histoire et les histoires dont nous sommes faits.



Il y a des livres qui racontent une histoire. Et puis il y a ceux qui continuent de vous accompagner une fois la dernière page tournée. Trouver refuge fait partie de ceux-là. Et je remercie vivement Xavier "Aquilon62" de me l'avoir conseillé. 

Je ne savais pas vraiment où Christophe Ono-dit-Biot allait m'emmener. Je pensais partir vers le Mont Athos. En réalité, j'ai surtout eu l'impression de voyager à travers nos peurs, nos doutes et cette étrange époque dans laquelle nous vivons.

Le Mont Athos est décrit avec une telle beauté qu'on comprend immédiatement pourquoi tant d'hommes ont choisi de s'y retirer. Chaque monastère apparaît comme une révélation. Ils surgissent de la brume, immenses, silencieux, presque irréels. J'avais parfois l'impression d'être à la place de Sacha, sur la proue du bateau, incapable de détacher mon regard de ces forteresses suspendues entre la montagne et la mer.

Mais ce qui m'a le plus touchée, c'est que cette beauté n'est jamais présentée comme une fin en soi.

Le roman parle beaucoup de foi. Pas d'une foi qui cherche à convaincre ou à convertir. D'une foi qui interroge. Qui apaise parfois. Qui dérange aussi.

Christophe Ono-dit-Biot montre que la spiritualité peut être un refuge, mais il rappelle aussi qu'elle peut devenir dangereuse lorsqu'elle cesse d'être une quête pour devenir une certitude. À partir du moment où quelqu'un est persuadé de posséder la seule vérité, le risque apparaît. Ce n'est plus seulement valable pour la religion. Ça l'est aussi pour la politique, pour les idéologies, pour tous les discours qui refusent le doute.

Et c'est là que le roman m'a mise mal à l'aise. Parce que tout ce qu'il raconte paraît finalement très proche de nous.

La surveillance permanente. Les téléphones qui savent presque tout de nous. Les applications qui enregistrent nos déplacements, nos habitudes. Une intelligence artificielle capable d'analyser, de prévoir, de contrôler. Présenté comme un progrès. Comme quelque chose de pratique. Jusqu'au moment où l'on se demande qui possède réellement ces informations... et ce qu'il pourrait en faire.

... Et le quartier doit être parsemé de caméras de vidéosurveillance, rebaptisées "de vidéoprotection". 80 % de la population du pays est pour. C'est ce que dit le poste de télévision installé au-dessus du bar. ...

p 360

Le livre parle aussi du pouvoir des mots. Des discours politiques qui paraissent rassurants au premier abord, puis qui glissent doucement vers autre chose. La peur devient un argument. Les libertés semblent négociables. Certains responsables politiques désignent des ennemis, simplifient des problèmes complexes et proposent des réponses qui paraissent évidentes parce qu'elles jouent sur l'émotion plus que sur la réflexion. Impossible de ne pas penser à certains débats qui traversent aujourd'hui nos démocraties.

... Interrogé sur ce point, Papa réfute l'idée selon l'idée selon laquelle les femmes seraient mieux à la maison mais annonce des mesures financières pour aider celles qui voudraient le faire. "La charge mentale qui pèse sur nos concitoyennes qui doivent travailler et élever des enfants est considérable et je veux pouvoir l'alléger en leur donnant le choix de leurs priorités. Chacune de nos concitoyennes doit pouvoir décider de la façon dont elle souhaite s'épanouir, et toutes, je le sais, ne voient pas dans le travail un accomplissement." ...

p 350-351

Même les médias ne sont pas épargnés. Pas parce que tout serait faux. Ce serait trop simple. Mais parce qu'à force de choisir ce que l'on montre, ce que l'on répète ou ce que l'on tait, on finit par construire une manière de voir le monde.

Ce que j'ai aimé, c'est que l'auteur ne cherche jamais à imposer une réponse. Il fait confiance à son lecteur. Il ouvre des portes. Libre à chacun d'y entrer... ou de passer son chemin.

Au fond, je crois que Trouver refuge ne parle pas seulement d'un père et d'un enfant. Ni même du Mont Athos.

Il parle de cette question que nous devrions peut-être tous nous poser.

Comment rester libre dans un monde où tout semble vouloir orienter nos pensées, nos choix et même nos peurs ?

C'est un roman magnifique par ses paysages. Profond par ses réflexions. Et, par moments, franchement inquiétant. Pas parce qu'il imagine un futur impossible.

Parce qu'il donne parfois l'impression de parler du présent.




https://pasionlivres.blogspot.com



... "Dans une époque de loups, il faut être un loup." Il leur parle de leurs professeurs, dont il a amélioré notablement les conditions de vie et de travail pour qu'ils puissent faire "le plus beau métier du monde". A condition qu'ils appliquent le programme, commente Mina. Le ministère de la Culture ? "Une dépense inutile. Un guichet à subventions. Avec vos impôts. Pour des pièces de théâtres sans public, des films qui n'intéressent personne, et qui montrent des êtres humains, parfois du même sexe - et je n'ai rien contre les gens du même sexe qui s'aiment, j'en ai connu -, en train de "copuler". le mot n'est pas une insulte , ça vient du latin, vérifiez donc."

p 407-408


Mina se sent salie par ces discours de haine dissimulée sous la bonne foi. Elle pourrait se lever, là, maintenant, et lui sortir dix affaires contrevenant à ses grands principes. Des foyers de migrants brûlés. Des professeurs destitués. Un journaliste disparu. Elle aimerait pouvoir se dresser et lire, à haute voix, quelques-unes de ses pages égyptiennes, pour faire savoir à tout le monde que celui qui plastronne sur la scène voulait se taper son mec sans oser se l'avouer...


p 408 


 











samedi 22 février 2014

PLONGER

Auteur : Christophe Ono-Dit-Biot
Editions : Gallimard
Collection : Blanche
Genre : Roman
448 pages
ISBN : 978-2070134274
Prix : 21€00



Résumé :

« Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau. »
Un homme enquête sur la femme qu’il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon.
Elle était artiste, elle s’appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe.
Pour son fils, a qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour _ leur rencontre, les débuts puis l’ascension de Paz dans le monde de l’art, la naissance de l’enfant _ et essaie d’élucider les raisons qui ont précipité sa fin.

Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l’on se lave de tout, Plonger est l’histoire d’un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d’une époque où il devient de plus en plus difficile d’aimer.


Mon avis

Houlà ! Au départ ce n'était pas gagné pour que j'achète ce livre ! Un histoire d'amour ect... Bof, pas tentée ! Et une amie m'a "bassiné" avec cet auteur et ce roman ! Bon ! C'est une éditrice, qui donc connait très bien le monde du livre et qui plus est elle a un goût excellent en matière de lecture... Et donc voilà ! A force de passer devant et d'entendre chaque fois la petite voix de mon amie dans ma tête, je n'ai pas résisté ! 
Certes c'est bien une histoire d'amour, à n'en pas douter ! Un amour par excellence ! Dans tout les sens du terme !
L'auteur Christophe Ono-Dit-Biot nous a tout livré ou presque de l'amour ! L'amour entre deux être, l'amour paternel, l'amour dans toute sa splendeur avec ses dons et ses sacrifices ! Une belle histoire qui laisse des questions, des pensées qui nous torturent : Jusqu'où peut-on ou est-on capable d'aller par amour ? Qu'est-on capable de supporter ? Quelles souffrances et quels sacrifices sommes nous capables d'endurer... 
L'amour attent-il au tournant de la rue, dans une épicerie... ? Doit-on forcer le destin ?

Me vient une autre question ! L'enfant qu'a engendré cet amour, quel distance, quel rapport retiendra-t-il de cette histoire ? Quel place lui donnera-t-il dans sa vie d'homme ?







lundi 25 février 2013

NOTRE-DAME DU NIL

  • Auteur : Scholastique Mukasonga
  • Editions : Gallimard

Résumé :

Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d'altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d'accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l'intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota «ethnique» limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.
Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un «vieux Blanc», peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé. Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d'insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d'autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu'il a bâti pour elle.
Le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines qui traversent ces vies en fleur, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, c'est, dans ce microcosme existentiel, un prélude exemplaire au génocide rwandais, fascinant de vérité, d'une écriture directe et sans faille.
Mon avis : C'est avec l'innocence qu'elle devait avoir à cet âge de la tragédie que l'auteure écrit son témoignage ! Dans un pays déchiré par ces fossés invisibles, son histoire, son désire d'identité... Un pays que j'admire par sa force mais que je n'arrive toujours pas à comprendre sa déchirance. Je pense en même temps que les européens n'ont fait que plus de mal en y apportant le catholicisme (mon avis personnel) comme en Amérique avec les Amérindiens durant les colonisations ! Mais je m'écarte du sujet ! Il n'a pas fallu beaucoup pour laisser une traînée de poudre et faire tout exploser, juste une étudiante ! Mais on y trouve aussi l'amitié qu'il peut encore exister malgrè les divergences culturelles. l'Afrique, le pays des sorciers, des guérisseurs, des sorts... Scholastique Mukasonga a écrit ce livre avec son coeur, avec son âme, ses souvenirs d'enfants, avec beaucoup de simplicité, humble... Une nouvelle histoire de femmes d'une autre partie de l'Afrique bouleversante que je lis en découvrant une partie d'un pays dans sa douleur...

vendredi 28 décembre 2012

LA DELICATESSE

  • Auteur : David Foenkinos
  • Editions Folio

Résumé :

Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir.
Maintenant, elle se demande si elle a bien fait.
C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme.
Réellement surprise.

L'auteur
David Foenkinos est l'auteur de huit romans dont Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations et La délicatesse. Ses romans sont traduits dans plus d’une vingtaine de pays.


Mon Avis : C'est bien de cela qu'il s'agit, de délicatesse... David Foenkinos aborde les sentiments avec une telle et délicieuse délicatesse. On s'attache à l'histoire, aux personnages. On s'attache tout simplement tant c'est écrit avec une grande sensibilité...


BABELIO

Mon profil sur Babelio.com