Editions : Pygmalion
Genre : Policier
311 pages
ISBN : 978-2756402710
Prix : 20€40
Infos et photos empruntés au site de l'auteur
Résumé :
Depuis plusieurs mois, la Brigade de répression du banditisme traque les auteurs d'une série de hold-up dirigés de main de maître dans Paris par une femme mystérieuse. Les exploits des malfaiteurs qui ne font pas verser de sang partagent l'opinion publique.
Chargé de l'enquête, le capitaine Sage Gardella se prend d'admiration pour l'ingénieux chef de la bande. Mais un jour, la bavure se produit : deux convoyeurs sont froidement tués pendant l'attaque d'un fourgon blindé. La « Casseuse du siècle » acquiert une réputation de monstre.
Profitant de ce revirement, le commissaire en chef met en jeu les grands moyens pour l'appréhender. Cependant, Gardella pense avoir découvert la véritable identité de la voleuse, dont il est tombé amoureux. Voulant la démasquer avant les autres, il décide de mener seul son enquête. L'amour et le devoir resteront-ils inconciliables ?
Passage choisi :
Gardella leva les bras, vira d'un demi-tour et recula. Durant dix minutes, il effectua les mêmes pas. Soudain, le temps s'arrêta, la plaine s'obscurcit. Atteint de catalepsie, Sage s'immobilisa, le corps figé dans une attitude penchée. Cette phase précédait toujours l'apparition des fantômes. Leurs silhouettes rayonnants se détachèrent sur le fond noir du paysage. Ils se tinrent par la main, tournèrent en rond en sautillant. La mère de Sage était parmi eux. Vêtue d'une robe ornée de perles de lumière, elle dansait joyeusement. Un sourire se posa sur ses lèvres quand elle aperçut son fils. Elle se sépara des autres pour le rejoindre, l'embrassa sur la joue et lui glissa à l'oreille :
- Elle n'est pas ici, mon fils. Tu dois repartir.
Déjà, elle s'éloignait, suivie des spectres. De nouveau libre de ses mouvements, Sage leur courut après, cherchant Isabelle du regard et criant son nom. Alors qu'il rattrapait sa mère, il heurta un mur invisible et chuta sur le sol. Il se releva, cogna à la paroi. Les morts demeurèrent sourds à ses appels. Bientôt, ils ne furent plus que des points à l'horizon.
Mon avis :
Difficile de ne pas se laisser transporter par le roman de Laurent Scalèse. Le récit est rythmé, soutenu... Comment en levé le nez une fois qu'on y est plongé, ça c'est encore une autre question ! D'ailleurs, certainement que son expérience de scénariste y est pour quelque chose. On pense voir un dénouement à l'histoire, mais sans cesse un retournement de situation vient nous perturber, d'ailleurs, ne vous attendez pas à deviner la suite car l'auteur prend un malin plaisir à vous contrer et vous casser la baraque ! Aoust ! l'idée de résoudre l'histoire car jusqu'au bout l'auteur vous le refusera ! La touche personnel et original, ce personnage amérindien qui nous fait découvrir une culture encore trop méconnue et que personnellement j'aime beaucoup ce qui rend mon avis très personnel. La conception de la vie et de la mort est très différente et surtout très intéressante. Ce livre est donc à lire absolument et je sais déjà qu'il va plaire et que je vais le partager avec beaucoup d'engouement en attendant le prochain avec impatience ! D'ici là, je vais certainement bientôt me choisir un des romans plus bas du même auteur !
L'originalité du sujet apporte aussi beaucoup à ce roman,
Quelques questions à Laurent Scalèse :
Comment vous présenteriez-vous, plus auteur, plus scénariste... ?
"Je suis venu à l'écriture en tant qu'écrivain. Mon premier roman, "Le Samouraï qui pleure", a été publié en 2000 aux éditions Pygmalion. D'autres livres ont suivi, et je me voyais très bien poursuivre dans cette voie car la littérature a toujours été la grande passion de ma vie. Une vie passée à lire et à écrire, ça m’allait très bien. À aucun moment, contrairement à certains confrères qui ont commencé par écrire des livres dans l’espoir d’écrire un jour des scénarios, je n’ai rêvé d’écrire pour la télé ou le cinéma. Je ne fantasmais pas sur l’image. Voir les films des autres me suffisait amplement. Et puis un jour, le directeur de la fiction de TF1 a contacté mon éditeur. Il venait de lire un de mes romans, « Le baiser de Jason », il avait aimé et souhaitait me rencontrer. Voilà comment un beau matin de février 2006 j’ai atterri dans la fameuse tour de TF1, quai du Point du Jour. Au terme de notre entretien, le directeur de la fiction m’a parlé d’un scénario qu’il trouvait mauvais. Il m’a demandé d’en réécrire quelques séquences, sans me donner la moindre indication ni le moindre conseil. Il m’a dit : « Soit tu sais faire et on traite ensemble, soit tu ne sais pas et on en reste là ». J’ai réécrit une quinzaine de séquences, je lui ai renvoyé le script. Le lendemain soir, il m’a appelé chez moi et m’a dit qu’il était satisfait de mon travail, qu’on allait pouvoir faire affaire ensemble. C’était le scénario de « La taupe », que j’ai fini par réécrire de A à Z. Voilà comment ma carrière de scénariste a commencé, sans que je le cherche vraiment. Les hasards et les rencontres de la vie vous conduisent parfois là où vous ne seriez jamais allé de votre propre chef. Et l'aventure continue de belle manière puisque la série "Cherif", que j'ai co-créée, est un franc succès sur France 2."Les personnages amérindiens sont plutôt plus présent dans les ouvrages (films, séries ou livres) américains, qu'est ce qui vous a donné envie de créer ce personnage "Sage" ? N'aviez-vous pas peur que ça ne fasse moins crédible ?
"J’ai toujours été attiré et fasciné par les Indiens d’Amérique. Choqué par la façon dont on les a dépossédés de leurs terres. Attristé par ce qu’ils sont devenus aujourd’hui, dans les réserves. Beaucoup sont au chômage et ont sombré dans l’alcool. Je voulais parler d’eux, leur rendre hommage, d’une façon ou d’une autre. Sage Gardella, le héros de mon roman « Des pas sous la cendre », policier français d’origine indienne, est né de cette envie, il est venu si naturellement que je ne me suis pas posé la question de savoir s’il aurait sa place ou pas dans un roman policier écrit par un auteur français. J’avais la certitude de tenir un personnage profond, touchant, singulier, je savais comment le faire vivre et évoluer au sein de l’intrigue que j’avais bâtie. D’une manière générale, si l’écrivain maîtrise bien son histoire et ses personnages, tout est possible, il peut rendre vraisemblable ce qui est a priori invraisemblable. Un peu comme un magicien. Si le tour est bien exécuté, le public marche à coup sûr."Au vue de vos dédicaces, la famille est très présente pour vous, vous êtes bien entouré, est-ce un élément essentiel dans votre carrière ?
"La famille est le ciment de l’existence. Sans elle, nous ne sommes rien, nous ne pouvons pas nous construire, apprendre, progresser. La famille nourrit l’artiste, l’inspire, le porte, l’amène à se transcender."Des projets officiels, ou des projet mais Chhhht ?
"Concernant mes projets, j’en ai plusieurs en cours, côté audiovisuel et côté édition. Mon prochain roman est bientôt terminé, et je peux vous dire que j’y ai mis mon cœur et mes tripes. Je suis tombé amoureux de cette histoire, et j’espère que les lecteurs l’aimeront autant que je l’aime. Ce livre est différent des autres car je déteste l’idée de me répéter, de stagner, ça m’angoisse."
Merci Laurent Scalèse d'avoir répondu à ces quelques questions avec autant de gentillesse, je sais que vous donnez beaucoup de vous dans ce que vous faites, j'attends donc ce roman avec impatience !
Laurent Scalèse est également scénariste,
notamment pour la récente série "CHERIF"