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mercredi 17 septembre 2025

LE LECTEUR DE CADAVRES

                    

      

 Le Lecteur de Cadavres

Antonio Garrido

 


Auteur : Antonio Garrido (voir ----> site Grasset)

traduit de l'espagnol par Nelly et Alex Lhermillier

Editeur : GrassetLe Livre de Poche

Genre : Littérature étrangère

Date de Sortie : 19mars 2014

Nombre de pages : 616

ISBN : 978-2-2468-1170-5   

Prix : 21€50 (Grasset) / 8€60 (Le Livre de Poche)







Il y a quelques années (au moins une dizaine) une amie facebookienne m'envoie un roman en me jurant qu'il allait me plaire... Je lis les premières pages et je n'arrive pas à rentrer dans le roman de 730 pages (à l'époque je ne manque pas d'occupation avec les enfants), je me dis que je vais mettre trop de temps à le lire, gênée, je ne dis rien et le mets de côté et n'en parle plus... Et donc, dix ans plus tard, je met de l'ordre dans mes bouquins et je retombe dessus ! 

Et là ! Je ne peux que dire merci Martine pour cet excellent roman !!!

Donc ! Nous voilà dans un roman littéraire  totalement étranger. L'auteur est espagnol et l'histoire nous plonge en pleine période médiévale de la dynastie Tang en Chine. On ne peut pas mieux faire comme dépaysement non ? ! 

Il faut savoir que le personnage principal, Ci Song, est inspiré d'un véritable personnage historique. En effet, l'auteur Antonio Garrido, en quête de sa prochaine histoire depuis plusieurs mois, reçoit une invitation pour un congrès sur la médecine  légale et sa technologie, et, ne pouvant y participer, reçoit tout un dossier résumant les principaux exposés. C'est là qu'il découvre Ci Song, le premier médecin légiste. 

L'auteur opère là un véritable travail de titan, un projet ambitieux qui lui demande plus d'un an, entre documentations sur la médecine légale, les procès d'époque et l'histoire de la Chine au XIIIè siècle. Il ne se contente pas de recréer un contexte historique, il restitue un univers complexe, pétri de hiérarchies rigides, de traditions confucéennes et de superstitions tenaces. Le roman parvient à faire ressentir à quel point la vérité scientifique se heurte aux structures de pouvoir et aux préjugés de l’époque. On peut dire que le lecteur rentre dans l'histoire sans avoir de mal à imaginer le contexte, car tout y est.

On peut ressentir des longueurs de la part de l'auteur mais c'est un bien pour un mal, car Antonio Garrido n'épargne aucun détail afin que le lecteur puisse "vivre" l'histoire.

Pour conclure, tout ce que j'aime dans un roman est réuni, à savoir, de l'histoire (XIIIè siècle), du dépaysement (Chine), de l'instruction (médecine légale entre autres). De plus le lecteur n’est pas noyé dans une avalanche de termes chinois imprononçables, mais il garde le dépaysement et la saveur d’une autre époque.



https://tcapdelire.blogspot.com




mercredi 15 janvier 2025

JACARANDA

   

      

     Jacaranda     

 


Auteur : Gaël Faye

Editeur : Grasset

Genre : Roman Littéraire

Date de Sortie : 14 août 2024

Nombre de pages : 288

ISBN : 978-2-246-83145-7

Prix : 20€90





Quatrième de couverture :

Quels secrets cache l’ombre du jacaranda, l’arbre fétiche de Stella  ? Il faudra à son ami Milan des années pour le découvrir. Des années pour percer les silences du Rwanda, dévasté après le génocide des Tutsi. En rendant leur parole aux disparus, les jeunes gens échapperont à la solitude. Et trouveront la paix près des rivages magnifiques du lac Kivu.
Sur quatre générations, avec sa douceur unique, Gaël Faye nous raconte l’histoire terrible d’un pays qui s’essaie malgré tout au dialogue et au pardon. Comme un arbre se dresse entre ténèbres et lumière, Jacaranda célèbre l’humanité, paradoxale, aimante, vivante.


L'Auteur : 

Auteur compositeur interprète franco-Rwandais, Gaël Faye est l’auteur du premier roman phénomène Petit pays (Grasset 2016, prix Goncourt des lycéens) ainsi que de plusieurs albums, de Pili pili sur un croissant au beurre (2013), à Mauve Jacaranda (2022). Il était la Révélation scène de l’année des Victoires de la musique 2018.

Le plus important à retenir, c'est que c'est un artiste complet, qu'il a une belle écriture et beaucoup de talent


Source https://www.grasset.fr/auteur/gael-faye/


Quelques uns de ses romans : 

  • Petit Pays, Grasset, 2016 
  • Jacaranda, Grasset, 2024


Mon avis : 

Jacaranda est une histoire à la fois puissante et terrible. Une plongée bouleversante dans les séquelles du génocide rwandais, à travers le regard d'un jeune homme en quête de ses racines.  Le jacaranda, arbre emblématique du Rwanda, joue un rôle central dans le roman, il symbolise à la fois la vie, la mort et la renaissance.

Il y a beaucoup de points abordés dans ce roman de Gaël Faye : La recherche identitaire, le génocide et ses conséquences, la transmission de la mémoire...

On n'y coupe pas, le récit nous confronte sans détour à l'horreur qu'a été ce génocide du Rwanda, par des témoignages, par la transmission de l'histoire de différents personnages hommes et femmes, par les sentiments qu'en garde ce peuple qui cohabite fragilement. L'implication de l'Europe est évoquée, surtout celle de la Belgique. La France n'est pas beaucoup évoquée, pourtant elle est loin d'être innocente dans ce carnage Peut-être est-ce une manière d'épargner ou de ne pas vouloir contrarier le lecteur français, je ne sais pas, mais l'auteur reste évasif, sans en dire trop sur ce sujet.

J'ai eu le sentiment en lisant ce roman, que Gaël Faye rendait les femmes toutes puissantes, par leur volonté de transmettre, par leur ténacité à vivre et même survivre. Bien sûr, il est question d'hommes aussi, mais les femmes ont une place plus importante et cela n'était pas pour me déplaire.

La question de la mémoire est donc très importante dans ce roman, mais celle de l'oubli y prend une grande place. Les personnages du passé ont besoin de garder vivaces leurs souvenirs, ils veulent à juste titre que ce qu'il leur est arrivé ne soit pas oublié. Ils ont soif de justice et de réparation, ce qui entre parenthèses est loin d'être gagné même de nos jours. Mais il y a la génération plus récente qui se sent oubliée et délaissée au nom de cette mémoire, une jeunesse qui veut avancer. Cette nouvelle génération aspire à une vie plus légère, tout en respectant la mémoire de leurs aînés.

La nature joue un rôle central dans "Jacaranda". Le jacaranda, arbre emblématique du Rwanda, symbolise à la fois la beauté et la fragilité de la vie. Ses fleurs violettes éphémères rappellent la beauté fragile de l'existence, tout comme la vie des personnages qui sont marqués à jamais par les événements du passé. La forêt, quant à elle, est un lieu de refuge et de mystère, où les esprits des ancêtres semblent veiller. Elle représente à la fois la mémoire collective et la force de la nature qui continue de vivre malgré les épreuves.

Gaël Faye est un artiste complet avec un talent indéniable, que ce soit dans sa carrière de musicien-auteur-compositeur ou dans sa carrière d'auteur de roman. Il possède une richesse naturelle qu'il puise certainement dans ses racines et dans son identité. Ses personnages sont attachants, étoffés, intéressants, et l'histoire nous prend aux tripes, écrite avec une plume poétique et sensible empreinte de réalisme.



https://pasionlivres.blogspot.com


Citations : 

L’eau du lac, en cette fin de journée, était d’un bleu profond aux reflets argentés. Le vent du large ridait sa surface et soufflait agréablement dans mes cheveux. J’ai quitté le goudron pour m’engager sur un petit chemin de sable blanc constellé de cristaux de mica qui menait au bout de la presqu’île plantée d’arbres fruitiers, de palmiers, de ficus et de vieux grévilléas.
(page 246)



Rosalie se mit en tête de continuer coûte que coûte à parler du Rwanda à ses petits-enfants. Elle voulait planter en eux la graine de la patrie, l'amour du pays perdu. Elle mettait un point d'honneur à leur transmettre les contes et légendes, l'histoire et les traditions de ce Rwanda qui s'éloignait chaque jour un peu plus. Quand elle remarquait de leur kinyawanda se teintait un peu trop de français, de swahili et de kirundi, elle les reprenait, corrigeait leur accent. Son seul espoir de rentrer un jour au pays de ses ancêtres se trouvait entre les mains de ses petits-enfants.

 





mercredi 2 janvier 2013

UNE MAISON DANS LES TENEBRES

  • Auteur : José Luis Peixoto
  • Editions Grasset
Résumé :

«Un monde : lugubre, mécanique et brutal. Dans ce monde, une maison - plongée un mois par an dans l'obscurité la plus totale. Dans cette maison, un narrateur - un écrivain. Il vit là, dans ces limbes étranges et sombres, reclus avec sa mère (silencieuse, immergée dans une immense douleur dont on ne connaîtra pas la cause), une jeune esclave dévouée, et une foule de chats. Il vit aussi avec la femme qu'il aime - à ceci près que cette femme n'existe pas : elle est en réalité l'héroïne du roman qu'il est en train d'écrire tout en luttant contre l'obscurité qui, chaque jour, gagne du terrain sur cette maison hors du temps. Entre les ombres d'une violence indicible, la fièvre de l'écriture et les lumières de l'amour désincarné, la frontière entre la création et la réalité s'estompe. Survient un ami voyageur, innocent radieux mais aussi porteur de récits chargés d'effroi et d'horreur, annonciateurs de désastre : la barbarie, l'agonie du monde... Livre hors norme, objet littéraire non identifié, joyau ténébreux d'un véritable surdoué de la langue, Une maison dans l'obscurité est une fable onirique et fabuleuse, inquiétante et incantatoire - le roman inouï et hypnotique d'un « voyant » de la littérature. »

Mon Avis : On ne sort pas indemne d'une telle lecture ! On aime, on déteste, on adore de nouveau... On perd pied, on se sent toute chose, on devient dingue ! Cette lecture poignante, déchirante m'a littéralement épuisée ! M'a mise sur le tapis... L'auteur José Luis Peixoto, auteur portugais,  a un don incroyable de pénétrer l'âme de ses lecteurs, de la folie pure ! J'ai beaucoup de lecture en retard mais j'ai déjà sur ma liste : "Livro", "le cimetière des pianos", "Sans un regard"... Mais n'est-ce pas sans risque pour moi, je me le demande...



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