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lundi 4 mai 2026

LE COUVENT DES PASCALINES

              



    Le couvent des Pascalines    


   Auteur :    Alex SOL


Editions :  Belladone

Genre : Thriller/Horreur

Date de parution : 19  mars 2026

228 pages

ISBN :  978-2-488853-01-9

Prix : 8,90 



Quatrième de couverture : 

Elles étaient censées les sauver…

France, 1871. Depuis quatre mois, Louise est enfermée au couvent des Pascalines, loin des salons parisiens qu’elle aime tant. Tombée enceinte hors mariage à l’âge de 17 ans, elle a été envoyée ici, comme tant d’autres jeunes filles, pour dissimuler sa grossesse. Si ses journées sont tristes et monotones, ses nuits sont perturbées par des cris déchirants qui – elle en est persuadée – ne résultent pas que des douleurs de l’accouchement. Il arrive même que certaines pensionnaires disparaissent après avoir mis au monde leur enfant. Alors, quand surviennent ses premières contractions, Louise n’a plus qu’une idée en tête : s’enfuir. Mais lorsqu’elle découvre ce que cache la congrégation, elle comprend que les sœurs seront prêtes à tout pour la réduire au silence.



                                         


Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir un roman de Alex Sol ; voilà qui est chose faite, et sans aucun doute, une expérience à renouveler.

Nous sommes en 1871. Louise, jeune fille de 17 ans, intelligente et passionnée de médecine, est promise à un brillant avenir. Fiancée à un beau parti de la haute société, tout semble tracé pour elle… jusqu’au moment où elle tombe enceinte hors mariage. Pour éviter le scandale et préserver l’honneur de sa famille, elle est envoyée dans un couvent afin de mener sa grossesse à terme, avant que l’enfant ne soit confié à l’adoption.

Hautaine, capricieuse, habituée à une certaine liberté intellectuelle, Louise va devoir apprendre à composer avec un monde fermé, régi par des règles strictes, où sa volonté ne fait plus loi.

Celle que je pensais être la plus pauvre de nous deux était en réalité la plus riche. Eugénie possédait quelque chose que je n’avais fait qu’effleurer. Quelqu’un qui l’aimait plus que tout.

Louise bénéficie d’une éducation, d’un statut social élevé, d’un mariage d’amour (fait déjà rare à l’époque). Et pourtant, cela ne suffit pas à la protéger. Dès qu’elle transgresse une norme (la grossesse hors mariage) elle est immédiatement rappelée à l’ordre social.

Ce roman souligne ainsi un contraste fort : le poids de la réputation, le contrôle du corps des femmes et l’absence de véritable autonomie. Alors que Louise souhaite devenir médecin et soigner les corps, elle n’a même pas le droit de disposer du sien.

La religion est également très bien abordée à travers le couvent des Pascalines, qui occupe une place centrale dans le roman. Le couvent apparaît d’abord comme un lieu de refuge et de protection, proposant une solution « honorable » en toute discrétion… Mais c’est précisément là que naît l’ambiguïté : s’agit-il réellement d’un lieu de protection, ou plutôt d’un espace d’effacement ? En exerçant une autorité morale sur des femmes, pour la plupart brisées, la religion ne devient-elle pas, ici, un instrument de contrôle ?

Les soeurs, dans un acte de charité hypocrite, nous ont placées côte à côte. Ce que nous avons vécu cette nuit toutes les deux nous a liées à jamais. Il nous a abandonnées, Il nous a méprisées. Son ancien rival, Lucifer, lui, ne semble pas nous avoir oubliées.

Le mode narratif apporte beaucoup au roman. Le choix de faire de Louise la narratrice renforce l’impact du récit : on est au plus près de ses pensées, de ses contradictions et de ses émotions.

Le Couvent des Pascalines est un roman à la fois historique, social et profondément humain, qui interroge la place des femmes ainsi que celle de la religion dans la société.


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vendredi 1 mai 2026

YOU DON'T KNOW ME

             


    YOU DON'T KNOW ME    

   Auteur :    Imran MAHMOOD

Traduit de l'anglais par : Iris le Guinio

Editions :  Mera

Genre : Thriller

Date de parution : 13  mars 2026

380 pages

ISBN :  978-2-487149-35-9

Prix : 19,99 



Quatrième de couverture : 

Et si l’amour vous poussait à franchir toutes les limites ? Quand elle a disparu, il a tout risqué pour la retrouver. Aujourd’hui, il se retrouve accusé de meurtre…

Il n’a pas de nom. Il pourrait être n’importe qui. Accusé de meurtre, il risque la prison à vie. Son avocat veut plaider la stratégie habituelle, mais lui veut qu’on entende sa vérité. Pendant des jours, il raconte son histoire au jury. Il parle d’un système qui ne comprend pas les hommes comme lui. Il parle de ce qu’on est prêt à faire par amour. Il parle de cette ligne floue entre coupable et innocent, entre héros et criminel. Vendeur de voitures, intelligent et sans passé criminel, il mène une vie modeste mais honnête dans un quartier ravagé par la drogue et la violence. Tout bascule lorsque Kira, sa petite amie, disparaît sans laisser de trace. Lorsqu’il découvre qu’elle est retenue prisonnière par un gang, il refuse de rester spectateur. Alors, il s’embarque dans une quête qui le dépasse. Il ment, il trahit, il prend des risques insensés. Et il demande l’aide de Curt, son meilleur ami et membre du gang des Glockz. Mais chaque pas qu’il fait pour sauver Kira l’entraîne un peu plus vers l’enfer…




Honnêtement, ce genre de roman n’est pas vraiment ma cam, mais la rencontre avec Imran Mahmood au festival du livre, ainsi que le concept de l’histoire, m’ont incitée à me lancer dans cette lecture.

Nous suivons un jeune homme noir, vendeur de voitures, vivant dans un quartier défavorisé où l’on côtoie des trafiquants de drogue au pied des immeubles… Un cadre qui pourrait sembler cliché si l’on parlait des États-Unis. Mais ici, nous sommes au Royaume-Uni. Accusé de meurtre, il renvoie son avocat et assure lui-même sa défense…

Voilà le concept dont je parlais plus haut. Il s’agit d’un roman basé sur un monologue unique, dans lequel l’accusé s’adresse directement au jury — et donc au lecteur — plaçant ce dernier dans une position à la fois de juge et de juré.

« J'ai alors commencé à me questionner sur le déroulement d'un procès où les personnes accusées de crimes seraient jugées par des personnes comme elles. Et si cela devait se produire, à quoi ressemblerait le discours d'une telle personne. Même si j'ai parfois été ému par les récits des accusés sur leur vie et par ce qui me semblait être l'inéluctabilité de leur situation, je n'étais pas capable de l'exprimer comme ils l'avaient fait. J'étais confronté à un dilemme : comment émouvoir la cour de la même manière qu'un accusé m'avait ému ? » Imran Mahmood

L’autre facette de ce dispositif, sans doute la plus intéressante, est de donner la parole à l’accusé en lui laissant l’opportunité de se défendre et de s’exprimer à sa manière, et non dans un langage d’avocat dans lequel il ne se reconnaît pas. Qui, de l’avocat ou de l’accusé, est le mieux placé pour défendre une cause ? Se pose alors la question essentielle de la crédibilité du témoignage : la vérité peut-elle passer par des mensonges ?

« Peu de temps après, l’idée d’un roman dans lequel un accusé prononce sa propre plaidoirie finale a germé dans mon esprit. Le véritable avantage était qu’en faisant cela, il pouvait être jugé non seulement par un jury de douze personnes présentes dans le tribunal, mais aussi par un jury de lecteurs. » — Imran Mahmood

L’avocat pénaliste qu’est l’auteur soulève de nombreuses questions sur la construction des dossiers, notamment autour de la notion de « preuve ». Malgré des éléments accablants, l’accusé les démonte un à un avec une certaine aisance, laissant entendre que la justice ne cherche pas toujours la vérité, mais parfois une version cohérente des faits.

«Dans You Don't Know Me, il était important pour moi d'aborder les problèmes réels auxquels font face ceux qui se retrouvent confrontés au système pénal. D'après mon expérience, un nombre disproportionné de jeunes hommes issus de milieux défavorisés et appartenant à des minorités ethniques se retrouvent pris dans les rouages de ce système. Je sais que certains se plaindront des stéréotypes présents dans le livre, mais la vie de gang est malheureusement une réalité vécue par certains jeunes hommes dans certaines régions du pays. Souvent, ceux qui ne bénéficient pas du soutien social généralement apporté par l'école et la famille sont attirés par la culture des gangs dès leur plus jeune âge. Le gang offre à beaucoup d'entre eux un système parallèle d'ordre, de pouvoir, de sécurité et de statut social, là où il y aurait autrement souvent un vide. Une fois qu'on a créé les conditions propices à l'émergence de sous-cultures, et qu'on a exclu toute possibilité de progresser grâce à l'éducation, le gang criminel finit par s'imposer comme un moyen d'atteindre ses objectifs.» Imran Mahmood

Dans ce roman, l’auteur fait converger amour, société et justice dans un climat de tension, de méfiance, mais aussi de loyauté.

J’ai évidemment été curieuse de découvrir l’adaptation en série de You Don't Know Me, et, sans surprise, j’ai préféré la version papier. J’ai trouvé que la série prenait trop de libertés avec le scénario et je n’y ai pas retrouvé la même intensité, malgré de bons acteurs.

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mardi 21 avril 2026

VILLA BLANCA, LES RACINES DU MAL

            


    Villa Blanca, les racines du Mal    

   Auteur :    Ellen Guillemain

Editions :  French édition

Genre : Roman

Date de parution : 21  février 2025

150 pages

ISBN :  979-8-30-765391-3

Prix : 15 




Quatrième de couverture : 

Eté 1976, la canicule s'abat sur la France. Sébastien, dix-sept ans s'ennuie ferme dans la villa cossue d'Arcachon qu'il partage avec Inès sa mère, qu'il déteste et qui n'en n'a que pour Bébé son caniche nain. Tout s'illumine lorsqu'il rencontre Manuel, un jeune et beau marginal qui le fascine. Cette rencontre doit-elle tout au hasard ? Qui est vraiment Manuel ? Pourquoi cet été là va virer au cauchemar et se terminer dans un bain de sang ? Et si la Villa Blanca était maudite et que les racines du mal se trouvaient en Espagne en 1936 ?


Voilà un moment que j’attendais un nouveau roman d’Ellen Guillemain.
Après Un crime amoureux en 2012, puis Esprit de famille en 2014, et de nombreux écrits sur d’autres supports, l’autrice nous livre enfin son dernier roman : Villa Blanca, les racines du mal.

Un père de famille retourne dans le sud de son enfance, accompagné de ses enfants et petits-enfants. Il n’y avait plus remis les pieds depuis des décennies. Mais à mesure qu’il se rapproche de la villa où il passait ses vacances avec sa mère, les souvenirs refont surface, plus vifs que jamais…

Alors attention.
Si vous vous attendez à une construction classique : situation initiale, élément perturbateur, péripéties, résolution, situation finale... passez votre chemin. Ce serait mal connaître Ellen Guillemain.

Car l’autrice aime nous perdre.
Nous entraîner dans des chemins tortueux, où chaque détour révèle une nouvelle facette du récit. Ici, les histoires s’entrelacent, se superposent, nous entraînant dans différents passés, notamment au cœur de la guerre civile espagnole.

Depuis le mois de mars, on étouffait, on s'asséchait sur une bonne partie de l'Europe. Quelque chose se tramait dans le ciel, là-haut. Des forces telluriques et aériennes s'alliaient en ordre de guerre afin de répandre la sécheresse et la désolation. Les patronymes exotiques de ces guerriers invisibles n'avaient pourtant rien d'effrayant : l'anticyclone des Açores et celui du Groenland. Ils avaient copulé pour engendrer une météo consanguine baptisée «canicule».

Et pourtant, tout tient.
Tout s’emboîte avec une précision presque déroutante.

Les personnages sont d’une justesse troublante, profondément humains, souvent sombres. La plume d’Ellen Guillemain reste fidèle à elle-même : acérée, incisive. Elle explore sans détour le meilleur de l’homme… mais surtout le pire.

C’est brut.
Sans fard.
Et parfois dérangeant.

Un roman qui ne cherche pas à plaire, mais à révéler... et dont on ne sort pas tout à fait indemne.


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vendredi 17 avril 2026

LE CREUSET DES SORCIERS

           


    Le Creuset des Sorciers    

   Auteur :    Christophe Chabouté

Editions :  Gallimard https://www.gallimard.fr/

Genre : Roman Littéraire / Collection Blanche

Date de parution : 5  février 2026

176 pages

ISBN :  978-2-07-308500-9

Prix : 19 






Quatrième de couverture : 


La Louisiane vient d’être vendue aux États-Unis d’Amérique. Tout jeune esclave, Jean-Baptiste rejoint la plantation reculée des Beauregard. On y cultive la canne à sucre, le labeur est terrible, le climat très rude, mais l’esclave résiste. Il est fortifié par un secret sur le point d’être dévoilé : il connaît le sortilège de la musique.
Jean-Baptiste ignore que le langage qu’il est en train d’inventer va métisser le monde.
Au fil d’un récit écrit au rythme d’une musique entraînante et nerveuse, Paul Greveillac raconte la confrontation violente entre une caste de planteurs déclinante et des esclaves libres en puissance. Il imagine la plantation comme le berceau du jazz, offrant un aïeul de fiction au grand trompettiste Miles Davis.




Il y a parfois, dans la vie, des instants, des faits qui dépassent notre entendement. C'est ce qu'il s'est produit avec cet œuvre de Paul Greveillac. Ce roman s'est presque mis sur mon chemin, presque déposé dans mes mains et, tout en le lisant, j'avais le sentiment de connaître l'histoire, dans visualiser les scènes, comme un sentiment de déjà vue...

Ce roman n'est pas seulement une histoire, c'est une réflexion sur la manière dont on construit une vérité avec les bases de l'histoire elle-même. Une histoire inventée peut sembler plus vraie que l'Histoire elle-même. 

Nous sommes en Louisiane, que la France a vendu aux Etats-Unis en 1803. Sur le domaine des Beauregards, Une immense plantation, des esclaves, une dynastie.

"J'ai chaud. L'espace est gonflé. Veineux. Au bord de la rupture. Il me faut me défaire de la gaze d'ignorance. Me dépuceler dans le danger. C'est hypnotique et inquiétant. Maléfique et attirant. Je suis le jouet consentant du tellurique. Je progresse à tâtons vers l'épaisseur d'une révélation. Une épiphanie pure, qui n'est que sensation. Appelons cela, si nous le souhaitons, désignons cela comme du vaudou. Et je deviens la poupée qui aime les aiguilles, n'existe que par elles. Voilà. Un éclat jaillit au loin, répété, s'approche, parfois son écho comme une ombre même précède. Je revis. Je meurs. Touché au flanc par une griffe invisible. Transfiguré dans la nuit aux clartés aveuglantes. Je saigne d'extase. Sang ou larmes."

Au milieu de tout cela, un jeune esclave, dont Jacques Beauregard vient de faire l'acquisition. Un jeune enfant qui semble hagard et qui ressent l'envie de tapoter en tempo à longueur de temps. Il rêve d'approcher le piano de ses maîtres, d'effleurer les touches, de ressentir les notes vibrer dans tout son corps. Ce piano deviendra sa cage.

L'auteur nous transporte littéralement dans l'époque, nous fait revisiter la Louisiane en période coloniale. Alors que la terre porte encore les cicatrices de massacres des amérindiens, des hommes, des femmes et des enfants sont amenés d'Afrique pour être asservis comme des animaux afin de travailler dans les champs de coton par ci, de canne à sucre par là.

"Le Noir accueille le sacrement sans se défaire de son absence. Il découvre l'orgue, la mortifère musique d'église. Son regard toujours se cache derrière une sorte de taie. En vérité, il n'a attendu d'être catholique pour avoir la foi. La religion ne fait que mettre des mots - très imparfaits encore - sur ce qu'il peut parfois ressentir, sur l'élan intérieur qui l'habite et aussi les nuits opaques dont il est souvent la proie. Il n'est, lui semble-t-il, qu'une sorte de dépositaire invalide d'un mouvement de balancier précaire et incertain entre l'épiphanie et la désespérance. La foi aussi est révolte. C'est pour cela qu'il est musique. La religion au contraire sert à appartenir. À faire appartenir, et à justifier l'ordre établi. Dieu n'y a pas sa place ; ce n'est pas dans les églises qu'on le trouve le plus facilement. Mais nous ne pouvons pas prétendre être dans le secret de l'âme des maîtres."

A l'origine, le creuset est un récipient où l'on fait fondre et calciné des matières, des substances. Ce roman fait fondre l'histoire, la malaxe entre vérités et fiction. L'histoire de Jean-Baptiste est palpable et si l'auteur ne précisait pas qu'il ne s'agissait là que d'une fiction, on pourrait croire qu'elle est réelle car elle est immergée dans l'Histoire avec un grand H, avec des faits réels.

Oscar Wilde a dit : Les choses sont parce que nous les voyons, et ce que nous voyons, et comment nous le voyons, dépend des arts qui nous ont influencés.

Ce roman en est l'exemple même. Ce que nous croyons vrai dépend souvent moins des faits… que de la manière dont ils nous sont racontés. Le tout dans une belle et riche écriture.

"Le jazz a la fébrilité de l'incantation. Il barrit rit il rugit. Il effleure seulement. Catalyseur. Magma aux éléments indissociables.

Loupe sous le soleil qu'on ajuste pour mettre le feu au monde."


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lundi 13 avril 2026

MUSEE

         


     Musée  
  


   Auteur :    Christophe Chabouté

Editions : www.glenat.com

Genre BD  

Date de parution : 19  avril 2023

192 pages

ISBN :  978-2-749-30977-4

Prix : 23




Quatrième de couverture


Mais pourquoi il nous arrive tout ça ?
Arrive quoi ?

Ben, bouger, marcher, parler...

On n'en sait strictement rien.
Et on ne se pose même pas la question...
En fait, on s'en fiche... royalement.

Est-ce si important de savoir pourquoi ? 

On en profite, on savoure.

On vit.



Cette fois, c’est à Éric et Erik que je dois ma récente découverte. Je reste dans le domaine artistique, et même deux fois plutôt qu’une, puisqu’il s’agit d’une BD qui parle d’un musée d’art.

Dès la onzième page, les connaisseurs reconnaîtront immédiatement le Musée d’Orsay à Paris. Bon, d’accord, c’était aussi indiqué sur la couverture… mais je ne l’avais pas vu.

Combien de fois m’est-il arrivé d’imaginer les œuvres prendre vie ? Chabouté l’a fait pour moi, et en mieux.

Nous sommes donc au musée d’Orsay. Les visiteurs passent, regardent, s’attardent pour certains ; pour d’autres, il est difficile de lâcher leur téléphone. Chacun y va de son commentaire, pertinent ou non, personnel, aléatoire, en rapport avec l’œuvre… ou pas. Ils s’approchent, contournent, frôlent…

Puis le musée ferme. La nuit arrive, et tout un monde endormi se réveille…

Ce ne sont plus les visiteurs qui regardent ni qui commentent. Les observations sur notre monde deviennent alors particulièrement pertinentes : les visiteurs pressés, les passionnés, les timides, les audacieux, les rêveurs, les curieux…

On lit cette BD comme on marche dans un musée. On reconnaît des œuvres, mais surtout des attitudes, des caractères. Presque en immersion, on ressent l’ambiance, les silences ; on entend presque les chuchotements.

J’ai trouvé cette œuvre percutante, intelligente, drôle et pleine de justesse. Tandis que dans son livre, Paul Veyne semble nous dire « apprends à voir », Christophe Chabouté nous dit « regarde comment les autres ne voient pas ». L’un est une invitation, l’autre est un miroir.






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dimanche 12 avril 2026

MON MUSEE IMAGINAIRE

         



     Mon musée imaginaire    





     Auteur :    Paul Veyne

Editions : Albin Michel (site

Genre : Beaux Livres, Art  

Date de parution : 1er  octobre 2010

496 pages

ISBN :  978-2-226-18187-9

Prix : 38€50


Quatrième de couverture : 


Une promenade dans les chefs-d’œuvre de la peinture italienne à la lumière de l’Histoire sainte et de l’Antiquité romaine.


Paul Veyne a une passion secrète : la peinture italienne. Il l’aime parce qu'elle est toujours élégante, même dans les tableaux religieux, où il arrive qu’il y ait du glamour ! Il l'aime aussi parce qu'elle est sans cesse inventive, inattendue, et qu’à chaque demi-siècle elle nous surprend par une nouveauté qui est un coup de génie.

Pour la première fois, Paul Veyne ouvre son jardin secret à ses lecteurs.



 



J’ai découvert ce beau livre grâce à Aquilon 62 ; aussi, je vous conseille plutôt de lire son billet, sans aucun doute plus abouti et plus complet au regard de ses connaissances.

Paul-Marie Veyne était un historien et universitaire français reconnu et très estimé dans son domaine, spécialiste de la Rome antique. Ceci explique peut-être cela ; quoi qu’il en soit, sa passion secrète était la peinture italienne.

Paru en 2010, son livre Mon musée imaginaire est l’aboutissement de son amour de l’histoire et de sa passion pour la peinture italienne, qu’il désigne lui-même comme un modeste hommage à ses maîtres…

« Ce livre est un modeste hommage à mes maîtres, André Piganiol (1883-1968), historien de Rome, et Pierre Boyancé (1900-1976), helléniste et latiniste, et à Claude Roy (1915-1997) et Michel Foucault (1926-1984), qui m'ont honoré de leur amitié. »

Par cette œuvre, Paul Veyne a créé son musée. Pas celui où l’on se promène dans une galerie garnie de tableaux. Non, pas ce musée-là. Pour entrer dans son musée, on tourne les pages, on ferme les yeux, et l’on observe les plus belles œuvres des plus grands peintres italiens… Puis on rouvre les yeux pour en découvrir les détails, les explications qui nous avaient échappé, les subtilités, les sens cachés… Il nous laisse pénétrer dans son intimité, en quelque sorte.

« L'art ne consiste pas à copier le réel, mais à en extraire une vérité qui, sans lui, resterait muette. »

Chaque tableau est une découverte à chaque regard. Il n’est pas question d’assommer le lecteur avec des discours ou des explications, mais plutôt de lui offrir des clés d’observation. Un peu comme s’il était près de nous, observant et partageant son ressenti.

Quoi de mieux, lors de la visite d’un musée, que d’être accompagné par un fin connaisseur qui vous livre tous les secrets à travers sa connaissance de l’histoire ?

« Un peintre italien du Quattrocento ne peint pas seulement des corps ; il peint l'idée que l'homme se fait alors de sa propre dignité. Chaque coup de pinceau est une affirmation métaphysique. »

On passe du Baiser de Judas dans L’Arrestation du Christ de Giotto, à Saint Georges et le Dragon de Paolo Uccello. On traverse La Pietà de Giovanni Bellini, La Naissance de Vénus, L’Abandonnée, Le Printemps de Botticelli. La célèbre Joconde, Saint Jean-Baptiste de Léonard de Vinci. La Création de l’homme, Adam et Ève et le fruit défendu, La Sibylle de Delphes, Le Jugement dernier de Michel-Ange. La Madone Sixtine, L’École d’Athènes, La Femme voilée de Raphaël…

« Regarder un tableau de Piero della Francesca, ce n'est pas seulement voir une image, c'est entrer dans une géométrie du sacré où le temps semble suspendu. »

Je ne peux pas tous les citer tant ce livre regorge de trésors… Un véritable cadeau que nous a légué Paul Veyne.


Autres citations de Paul Veyne : 

« L'histoire est un récit d'événements vrais qui ont l'homme pour acteur ; c'est un roman vrai, mais un roman dont on n'aurait pas inventé l'intrigue. »

« L'histoire ne va nulle part. Elle est un chaos de trajectoires qui s'entrecroisent sans but finaliste. Enseigner l'histoire, c'est apprendre à voir la contingence du monde. »

« L’historien est un dépayseur. Sa fonction est de nous montrer que ce qui nous semble naturel aujourd'hui était impensable hier, et que ce que nous trouvons étrange était autrefois l'évidence même. »

« On ne possède jamais la vérité, on n'en possède que des versions plus ou moins documentées, plus ou moins honnêtes. »

« Il n'y a pas de petits sujets. Une fresque de Pompéi nous en dit autant sur l'âme humaine que les grandes réformes politiques. »





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dimanche 5 avril 2026

LA SOURCE BLEUE

   






        

     La Source bleue    

Bruno Carpentier


     Auteur :    Bruno CARPENTIER

Editions : MELMAC 

Genre : Roman policier / Sorcellerie

Date de parution : 24 août 2023

368 pages

ISBN :  978-24-927-5938-3

Prix : 12€50




Tout d’abord, un grand merci à Babelio et à Nicolas pour la Masse Critique, qui m’a permis de découvrir ce roman, véritable belle surprise. Merci également aux éditions Melmac.

C’est le premier roman de Bruno Carpentier que je lis, et ce n’est sans aucun doute pas le dernier…

L’histoire est construite autour de la commandante de gendarmerie Ana Boyer, en Provence, près de Marseille. Tout commence par la découverte du corps nu, torturé et mutilé d’une femme dans un charnier datant de deux mille ans. Ana entame alors un retour aux sources, épaulée par le lieutenant Zidane, futur père. L’enquête la mènera dans le milieu de la sorcellerie et la renverra à son propre passé.

L’intrigue se construit autour de croyances anciennes, de rituels, de transmission de pouvoirs et de la famille au féminin, mêlant notre époque à un temps ancestral où la sorcellerie était passible de mort…

Outre le sujet que j’affectionne, ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est le travail abouti de l’auteur, qui rend l’ensemble parfaitement crédible. Il y a d’abord tout ce qui touche à la gendarmerie : le respect des procédures, le déroulement et la progression de l’enquête.

Ensuite, l’auteur nous transporte littéralement dans le mystique, et ce sans difficulté, car là aussi, tout est solidement documenté, au point que l’histoire pourrait convaincre les plus sceptiques. Des rites celtiques aux images symboliques laissées par des scènes décrites avec précision.

_ Et on peut effacer une langue comme ça ?
_ Mais... nous venons de le voir, mon lieutenant. Les Romains s'emparent de toute la région méridionale de la Gaule, la Provincia romana, autrement dit, ici. Ils importent leurs élites, créent des écoles, accordent des privilèges à ceux qui parlent leur langue et obligent les autres à la pratiquer dans les actes administratifs et commerciaux.

 

_ Exact, commandante. Car malheureusement pour eux, les Celtes privilégiaient la tradition orale. Ils considéraient l'écriture comme une chose morte, en ce sens qu'elle fige pour l'éternité ce qu'elle exprime. Elle ne permet pas de se tromper, de pouvoir changer d'avis, surtout quand on grave dans la pierre. L'imprimerie n'existe pas encore en Europe, et encore moins le papier. Si la langue celte avait été fixée par une littérature, cette pénétration du latin n'aurait pas été si décisive. Le corona-latin, au prix d'une compétition faussée, l'a emporté sur le gaulois, car ce dernier n'avait pas de vaccin pour se défendre...

p. 148

Bruno Carpentier propose également une introspection psychologique tout aussi convaincante, car rigoureusement construite. Le profil des suspects, ainsi que le rapport de la population locale aux rites ancestraux, sont particulièrement bien développés.

Enfin, la féminité occupe une place centrale dans ce roman : à travers la commandante, bien sûr, mais aussi dans les figures de « sorcières » et dans ce savoir ancien, presque matriarcal.

Pour conclure, l’écriture de Bruno Carpentier est efficace et réaliste, avec un ancrage très concret qui donne au mystique une véritable consistance. Un excellent roman qui m’a complètement embarquée.

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samedi 28 mars 2026

NI EVE NI ADAM

  


        

     Ni Eve ni Adam    

Bernard Glietsch


     Auteur :    Bernard Glietsch

Editions : Le Lys Bleu

Genre : Dystopie

Date de parution : 13 janvier 2026

212 pages

ISBN :  979-10-422-9876-0

Prix : 21€50





Au hasard d’une dédicace, j’ai rencontré Bernard Glietsch. Charmant et disponible, il m’a convaincue de lire Ni Ève ni Adam, son roman d’anticipation, où il est question d’enfants qui luttent pour leur survie dans un décor sauvage, seuls rescapés dans un monde dominé par l’intelligence artificielle. Mais qui est vraiment à l’origine de la destruction du monde ?…

Plus d’adultes. Jugés trop néfastes pour la planète, ils ont été supprimés par l’intelligence artificielle. Dès lors, fini : les usines, la pollution, les pesticides, la disparition des espèces animales… Il faut l’avouer, l’humain est destructeur…

Le monde était vide et propre. Enfin ! On respirait à nouveau. Plus de fumées noires et toxiques, plus d'eaux polluées, plus de terres empoisonnées aux pesticides, plus de pollution sonore et lumineuse, plus d'algues vertes sur les plages, d'océans de plastiques où venaient s'échouer les poissons. Oui, le calme était revenu, comme avant, quand la Terre était vierge. Que seuls les animaux la traversaient, venaient s'abreuver aux rivières et repartaient vers d'autres horizons. Avant quand la Terre était un jardin, où l'on pouvait cueillir toutes sortes de fruits. Au début, avant Adam et Eve, lorsque la Terre était le paradis. p.140

Mais il reste un petit groupe de rescapés : des enfants dont la plus âgée a treize ans. Des déracinés, privés de famille, de société, de mémoire collective. Mais qu’est-ce qu’être humain quand tout a disparu ? Un besoin naturel de se sociabiliser ? Il faut un chef, une figure maternelle, et chacun doit trouver sa place…

Le roman repose sur un paradoxe fort : ici, l’intelligence artificielle prend le pas sur l’humanité. L’homme devient le maillon faible, celui qui a détruit la nature, celui qu’il faut contrôler au nom de sa protection. Le roi de la domination… dominé à son tour. Mais alors : ces enfants sauront-ils rester humbles face à la nature ? Auront-ils tiré les leçons du passé ?

Une autre question surgit, car le roman explore aussi une amitié : celle qui naît entre l’un des enfants et un humanoïde. Les enfants, encore malléables et vulnérables, sauront-ils composer avec l’intelligence artificielle ? Les humanoïdes, censés être dépourvus d’émotion, peuvent-ils développer une forme d’humanité ? L’émotion est-elle ce qui définit l’homme ? Une entité froide, logique, sans affect… face à des humains pleins de contradictions : forcément, cela crée des tensions.

Je lis peu de romans dystopiques, car je suis exigeante. Il faut que j’y croie, que je puisse m’y projeter. L’histoire proposée par Bernard Glietsch est intéressante, sans aucun doute. Mais… car il y a un mais : ça coince.

Lorsque des enfants parlent comme des adultes très cultivés, utilisent un vocabulaire abstrait et soutenu, et développent des réflexions philosophiques complexes, l’illusion se brise. Ce n’est plus une histoire vécue, mais une histoire écrite, et le lecteur sort du récit. Les personnages deviennent artificiels. Dans un monde post-apocalyptique, on attendrait au contraire un langage plus simple, plus instinctif.

L’auteur a sans doute voulu donner une portée philosophique forte, faire des enfants les porte-paroles de ses idées et accélérer la réflexion du lecteur. Mais ici, le message prend le pas sur les personnages. Pour ma part, j’ai besoin de plus de crédibilité pour y croire : moins de maîtrise, et plus de vie.


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