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vendredi 17 avril 2026

LE CREUSET DES SORCIERS

           


    Le Creuset des Sorciers    

   Auteur :    Christophe Chabouté

Editions :  Gallimard https://www.gallimard.fr/

Genre : Roman Littéraire / Collection Blanche

Date de parution : 5  février 2026

176 pages

ISBN :  978-2-07-308500-9

Prix : 19 






Quatrième de couverture : 


La Louisiane vient d’être vendue aux États-Unis d’Amérique. Tout jeune esclave, Jean-Baptiste rejoint la plantation reculée des Beauregard. On y cultive la canne à sucre, le labeur est terrible, le climat très rude, mais l’esclave résiste. Il est fortifié par un secret sur le point d’être dévoilé : il connaît le sortilège de la musique.
Jean-Baptiste ignore que le langage qu’il est en train d’inventer va métisser le monde.
Au fil d’un récit écrit au rythme d’une musique entraînante et nerveuse, Paul Greveillac raconte la confrontation violente entre une caste de planteurs déclinante et des esclaves libres en puissance. Il imagine la plantation comme le berceau du jazz, offrant un aïeul de fiction au grand trompettiste Miles Davis.




Il y a parfois, dans la vie, des instants, des faits qui dépassent notre entendement. C'est ce qu'il s'est produit avec cet œuvre de Paul Greveillac. Ce roman s'est presque mis sur mon chemin, presque déposé dans mes mains et, tout en le lisant, j'avais le sentiment de connaître l'histoire, dans visualiser les scènes, comme un sentiment de déjà vue...

Ce roman n'est pas seulement une histoire, c'est une réflexion sur la manière dont on construit une vérité avec les bases de l'histoire elle-même. Une histoire inventée peut sembler plus vraie que l'Histoire elle-même. 

Nous sommes en Louisiane, que la France a vendu aux Etats-Unis en 1803. Sur le domaine des Beauregards, Une immense plantation, des esclaves, une dynastie.

"J'ai chaud. L'espace est gonflé. Veineux. Au bord de la rupture. Il me faut me défaire de la gaze d'ignorance. Me dépuceler dans le danger. C'est hypnotique et inquiétant. Maléfique et attirant. Je suis le jouet consentant du tellurique. Je progresse à tâtons vers l'épaisseur d'une révélation. Une épiphanie pure, qui n'est que sensation. Appelons cela, si nous le souhaitons, désignons cela comme du vaudou. Et je deviens la poupée qui aime les aiguilles, n'existe que par elles. Voilà. Un éclat jaillit au loin, répété, s'approche, parfois son écho comme une ombre même précède. Je revis. Je meurs. Touché au flanc par une griffe invisible. Transfiguré dans la nuit aux clartés aveuglantes. Je saigne d'extase. Sang ou larmes."

Au milieu de tout cela, un jeune esclave, dont Jacques Beauregard vient de faire l'acquisition. Un jeune enfant qui semble hagard et qui ressent l'envie de tapoter en tempo à longueur de temps. Il rêve d'approcher le piano de ses maîtres, d'effleurer les touches, de ressentir les notes vibrer dans tout son corps. Ce piano deviendra sa cage.

L'auteur nous transporte littéralement dans l'époque, nous fait revisiter la Louisiane en période coloniale. Alors que la terre porte encore les cicatrices de massacres des amérindiens, des hommes, des femmes et des enfants sont amenés d'Afrique pour être asservis comme des animaux afin de travailler dans les champs de coton par ci, de canne à sucre par là.

"Le Noir accueille le sacrement sans se défaire de son absence. Il découvre l'orgue, la mortifère musique d'église. Son regard toujours se cache derrière une sorte de taie. En vérité, il n'a attendu d'être catholique pour avoir la foi. La religion ne fait que mettre des mots - très imparfaits encore - sur ce qu'il peut parfois ressentir, sur l'élan intérieur qui l'habite et aussi les nuits opaques dont il est souvent la proie. Il n'est, lui semble-t-il, qu'une sorte de dépositaire invalide d'un mouvement de balancier précaire et incertain entre l'épiphanie et la désespérance. La foi aussi est révolte. C'est pour cela qu'il est musique. La religion au contraire sert à appartenir. À faire appartenir, et à justifier l'ordre établi. Dieu n'y a pas sa place ; ce n'est pas dans les églises qu'on le trouve le plus facilement. Mais nous ne pouvons pas prétendre être dans le secret de l'âme des maîtres."

A l'origine, le creuset est un récipient où l'on fait fondre et calciné des matières, des substances. Ce roman fait fondre l'histoire, la malaxe entre vérités et fiction. L'histoire de Jean-Baptiste est palpable et si l'auteur ne précisait pas qu'il ne s'agissait là que d'une fiction, on pourrait croire qu'elle est réelle car elle est immergée dans l'Histoire avec un grand H, avec des faits réels.

Oscar Wilde a dit : Les choses sont parce que nous les voyons, et ce que nous voyons, et comment nous le voyons, dépend des arts qui nous ont influencés.

Ce roman en est l'exemple même. Ce que nous croyons vrai dépend souvent moins des faits… que de la manière dont ils nous sont racontés. Le tout dans une belle et riche écriture.

"Le jazz a la fébrilité de l'incantation. Il barrit rit il rugit. Il effleure seulement. Catalyseur. Magma aux éléments indissociables.

Loupe sous le soleil qu'on ajuste pour mettre le feu au monde."


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samedi 24 janvier 2026

LE VISAGE DE LA NUIT

   

  Le visage de la Nuit  







     Auteur :   Cécile Coulon

Editions: L'iconoclaste

Genre : Littérature française

Photo de la couverture : Laura Stevens

Date de parution : 08 janvier 2026

275 pages

ISBN :  978-2-37880-571-5

Prix : 21€90


Ce roman, que l’on peut qualifier, comme beaucoup l’ont déjà fait, de conte moderne, s’inscrit dans la continuité de La langue des choses cachées. On y retrouve la même verve, peut-être un peu moins ouvertement poétique, mais tout aussi captivante.

Un enfant qui guérit miraculeusement, mais qui paie très cher sa résurrection, notamment par l’abandon de son père. Une jeune fille dont la vie est mise entre parenthèses à cause de la beauté excessive de son frère. Une institutrice aveugle. Un prêtre.

C’est avec ces figures que Cécile Coulon compose son nouveau roman. Une fois encore, elle joue avec les sens, avec nos sens.

La vue, d’abord, dans son absence : celle de Madame, l’institutrice aveugle, qui a trouvé refuge et famille au sein de l’église du village. La vue encore, confrontée à la laideur et à la beauté de deux visages portés à un degré presque insoutenable de contraste. Et enfin, la vue du lecteur lui-même, sollicitée par des descriptions qui titillent l’imagination et réveillent une perception presque physique du récit.

Le regard occupe une place centrale dans ce roman, et plus particulièrement dans la nuit. Un nouveau contraste : ce qui pourrait faire de Le Visage de la nuit un roman sombre révèle au contraire une forme de lumière. Car c’est dans la nuit que cette lumière se fait la plus vive, notamment dans le cœur de l’enfant.

L’absence de noms et de repères géographiques renforce encore cette impression de conte intemporel. Il en ressort une histoire à la fois puissante et troublante, qui nous oblige à repenser nos conceptions de la beauté et de l’amour.
Une œuvre qui se lit les sens en alerte, longtemps après avoir tourné la dernière page.

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Citations : 

Ce que c'était, pour elle, d'ouvrir dans son existence une brèche de cette taille. Depuis la naissance de son frère, sa vie entière, dans ses moindres méandres, était remplie par son cadet, ses parents comptaient sur elle, à trois, ils formaient un rempart autour de cet enfant divin qui ne comprenait rien au monde, aux êtres, au ciel, à la nature. Elle l'avait compris avant eux, avant les adultes : son frère avait le visage d'un ange - si les anges montraient leur visage - et la pensée restreinte; elle vivait à ses côtés et jamais il n'avait prononcé un mot sans répéter celui de sa sœur, jamais il ne parlait de ce qu'il voyait, de ce qu'il imaginait, de ce à quoi il réfléchissait, il ne demandait rien, ne s'agaçait pas, il avait cessé, très tôt, de pleurer, il était beau et sec, superbe et vide, sa beauté prenait toute la place, elle le dévorait. Quand l'instituteur dispensait les leçons, il se contentait d'écouter sagement, le regard légèrement tremblant, la bouche entrouverte, même ainsi il rayonnait, mais sa sœur, habituée à sa splendeur, voyait derrière la lumière l'immensité du vide, du chagrin aussi. Quelque chose n'allait pas en lui mais ce quelque chose remuait si doucement sous un tas si lourd de majesté que personne ne s'en rendait compte. Elle avait essayé d'en parler à ses parents mais ses parents ne l'écoutaient pas; ils vivaient dans la peur, et la peur, comme la beauté, recouvre tout.

p155/156















mercredi 4 juin 2025

LES ENFANTS PERDUS

           

      

Les enfants perdus

François Sureau

 


Auteur : François Sureau

Editeur : Gallimard (sites) collection Blanche

Genre :  Littérature - Roman - Récit

Date de Sortie : 10 avril 2025

Nombre de pages : 160

ISBN : 978-2-07-308677-8

Prix : 19€








 Autres romans  


Romans depuis 2000

Les Alexandrins, Éd. Gallimard, 2003
L’Obéissance, Éd. Gallimard, 2007
Le Chemin des morts, Éd. Gallimard, 2013
Je ne pense plus voyager - La mort de Charles de Foucauld Éd. Gallimard 2016
Pour la liberté. Répondre au terrorisme par la raison, Éd. Tallandier, 2017
Sans la liberté, Éd. Gallimard, 2019
L'Or du tempsÉd. Gallimard, 2020
Ma vie avec Apollinaire, Éd. Gallimard, 2021
Un an dans la forêt, Éd. Gallimard, 2022
S'en aller, Éd. Gallimard, 2024
Les enfants perdus, Éd. Gallimard, 2025 (1er volet des Aventures de Thomas More)



Je vous dirai bien que je cherche encore ces enfants perdus ! Mais ce terme "enfants perdus" désigne des soldats envoyés en éclaireurs lors d'assauts périlleux, souvent avec peu de chance de survie. Et dans ce récit, nous sommes en pleine défaite de la guerre franco-prusse.

Nous sommes en 1870, à la suite de la défaite de Sedan durant la guerre franco-prussienne, Thomas More, commissaire impérial de la sûreté, est fait prisonnier et interné dans la presqu'île d'Iges avec des milliers de soldats français et un intendant de l'armée nommé Seligmann qui l'accompagnera durant cette aventure. Après un premier crime au camp des prisonniers, un second commis dans l'entourage du roi de Prusse pousse ce dernier à solliciter l'aide de More pour résoudre l'affaire.

S'il y a une déception dans cette lecture, ce serait de ne pas pouvoir suivre une enquête détaillée, avec des énigmes etc... Comme on s'y attend dans un roman policier, mais bien que Thomas More soit en quête de vérité et de justice, il est le seul à mener l'enquête, à recueillir tous les éléments. Seules les conclusions nous sont réservées comme épilogues. Mais le roman n'en perd pas pour autant d'intérêt.

François Sureau nous plonge dans l'histoire, qui a n'en pas douté, fait partie de ses passions.  Le roman explore les répercussions de la défaite française, tant sur le plan personnel que national, mettant en lumière les bouleversements sociaux et politiques de l'époque.

Les personnages sont bien dépeints, notamment ce commissaire More et l'intendant Seligmann avec un brin de fantaisie et une forte personnalité. Le style narratif est fluide, précis, mêlant habilement les éléments historiques  (personnages, décors et évènements, dates) et fictifs. Son écriture est rigoureuse et empreinte de sensibilité, offrant une immersion profonde dans l'époque troublée de la fin du Second Empire. Cette même écriture qui me poussera à poursuivre les enquêtes de Thomas More.

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mercredi 21 mai 2025

ARMURES

         

      

Armures

Stéphanie Hochet

 


Auteur : Stéphanie Hochet

Editeur : Rivages (sites)

Genre : Littérature

Date de Sortie : mars 2025

Nombre de pages : 224

ISBN : 978-2-743-66626-2

Prix : 20€











 Autres romans  


William, Rivages, 2023

PacifiqueRivages, 2020

Eloge voluptueux du chatPhillipe Rey, 2018

L'Animal et son Biographe, Rivages, 2017

Un roman anglaisRivages, 2015

Sang d'encre, Busclats, 2013

Les EphéméridesRivages, 2012


Armures, de Stéphanie Hochet, est un roman à la fois érudit, intimiste et dérangeant où l'histoire de Jeanne d'Arc et de Gilles de Rais devient un peu le miroir des cicatrices personnelles de l'autrice.

De l'histoire de Jeanne d'Arc, on passe à celle de Gilles de Rais et de ses terribles crimes qui mènent de façon inattendue à sa famille, car en effet l'autrice fait référence à des similitudes et des concomitances entre sa famille et l'histoire de Gilles de Rais.

Quand je parle de cicatrices de l'autrice, je devrais plutôt parler de traumatisme. Un traumatisme qui ressemble à une plaie ancienne, tue, qui a besoin d' être libéré par l'écriture. Stéphanie Hochet ne se contente pas  de raconter, elle exhume ! 

 Ce qui ne devait être que des coïncidences devient des preuves en quelque sorte. Son attirance pour l'histoire de Gilles de Rais, car il s'agit surtout de lui, se transforme en exécutoire à ses propres maux. L'inceste, le viol, les démembrements, la violence inouïe, l'humiliation, le déracinement affectif... Tant de maux qu'elle ne nomme pas frontalement mais qu'elle fait résonner à travers l'histoire de Jeanne d'Arc et de Gilles Rais et ses souvenirs semés comme des petits cailloux pour retrouver un chemin.

"La littérature devient un moyen de plonger dans les eaux profondes. La main tâtonne, rencontre des silhouettes dont elle doit deviner la forme. Encore faut-il avoir l'envie, ou le courage, de découvrir ces histoires du passé. De dépasser la peur. D'invoquer la magie. De laisser venir à soi les évocations."

Cette lecture a été pour le moins étonnante. Je m'attendais à un cours d'histoire sur Jeanne d'Arc et en parallèle sur Gilles de Rais, mais c'est une toute autre lecture que j'ai faite. Ce roman s'est réparti en trois sections qui tantôt distinctes, tantôt se mêlaient. Et cette histoire d'Armures avec un "s" qui pourrait signifier non seulement l'armure que l'on revêt pour se protéger physiquement et celle qui nous protège intérieurement, celle qui ne se voit pas...

On ressort de cette lecture avec un sentiment étrange, car ce n'est pas un cri que lance l'autrice, c'est une vibration continue - celle d'une enfant qui a appris à parler dans un monde qui voulait l'éteindre. Il y a beaucoup de profondeur dans cette écriture.


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samedi 26 avril 2025

L'ORPHELINE DU TEMPLE

        

      

  L'Orpheline du Temple 

Victoria MAS 

 


Auteur : Victoria Mas

Editeur : Albin Michel (Site)

Genre : Littérature

Date de Sortie : 26 mars 2025

Nombre de pages : 176

ISBN : 978-2-226-49383-5

Prix : 19€90










 Autres romans  


Le Bal des FollesAlbin Michel, 2019

MiracleAlbin Michel, 2022

L'Orpheline du TempleRécamier, 2023


 Ce roman de Victoria MAS est poignant et immersif en abordant un moment profondément tragique de l'Histoire, mais elle choisit de le traiter avec une infinie délicatesse en se plaçant du point de vue de "l'intime".

L'originalité de ce récit tient dans le choix du narrateur et la manière du récit en question.  Marie Herbelin se retrouve en possession d'une correspondance entre son père et la tante de celui-ci qui l'a élevé. C'est par le biais de ces lettres que l'auteure Marie Herbelin fait connaître l'histoire de son père, geôlier de Marie-Thérèse, fille du Roi Louis XVI et de Marie-Antoinette, dans la tour du Temple.

A travers les yeux de Joseph Herbelin, Victoria MAS décrit la jeune Marie-Thérèse comme une enfant marquée par la douleur mais qui tente de survivre avec dignité, malgré son isolement et les conditions effroyables de sa détention. Le silence et l'immobilité sont presque des personnages eux-même. 

Le récit est rythmé par la teneur oppressante des jours au Temple. Cette stagnation, cette impression que le monde extérieur continue sans eux, rend le récit mélancolique. L'auteur nous fait découvrir, en ce qui me concerne en tout cas, des faits de notre histoire.

Le style de Victoria MAS est sobre, limpide et même, presque effacé par moments. Les dialogues sont rares, souvent lourds de non-dits car la surveillance et les suspicions sont telles qu'un regard ou une parole peuvent être un danger perpétuel.

Malgré l'austérité du contexte, l'écriture empreinte de la sensibilité et de la fragilité de l'auteure, fait ressentir une lumière tenue, des frémissement d'espoir dans un geste de compassion, un regard fugace... La lumière, même fugitive, est porteuse d'un espoir fragile mais vital. 

Ce roman avance par petites touches émotionnelles, comme une peinture impressionniste de la douleur et de la résistance.

"Chaque pas résonnait sous la pierre, et dans le silence qu'elle habitait depuis tant de mois, elle avait appris à écouter le moindre souffle. La lumière ne pénétrait plus son cœur, mais parfois, elle surprenait un éclat de ciel entre deux murs, et cela suffisait à la maintenir debout."



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dimanche 2 février 2025

APRES DIEU

    

      

     Après Dieu     

     Ma nuit au musée     

 


Auteur : Richard Malka

Editeur : Stock

Genre : Roman Littéraire

Date de Sortie : 8 janvier 2025

Nombre de pages : 208

ISBN : 978-2-234-09723-0

Prix : 19€50







   Quatrième de couverture   

Une nuit. Le Panthéon pour enceinte d’un dialogue entre Richard Malka, incroyant bien décidé à rire encore de Dieu, en guerre contre le « respect » nouvellement dû aux religions, et Voltaire, le plus irrévérencieux philosophe des Lumières, défenseur de Calas et du Chevalier de la Barre. Sont-ils d’accord sur tout ? Pas tout à fait. Disciple de Robert Badinter et Georges Kiejman, l’avocat évoque les attentats, les morts, son histoire familiale, sa répulsion envers le prosélytisme et les enfermements communautaires. Surtout, il pose à Voltaire la question qui l’a mené au Panthéon. Par quoi remplacer Dieu ?


  L'Auteur  

Richard Malka est né en 1968. Il est avocat au barreau de Paris et scénariste de bandes dessinées.

Richard Malka est un spécialiste du droit de la presse formé au sein de « l'écurie » de l'avocat Georges Kiejman.

Avocat à 23 ans il est actuellement indépendant.

Il est avocat du journal Charlie Hebdo depuis 1992 et très proche des membres de sa rédaction, des groupes radiophoniques NRJ et Beur FM, de la maison d'édition l'Association, des éditions du cherche midi et de nombreux journalistes (dont Philippe Cohen).

Il est également un des avocats de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream dans les affaires de diffamation reprochées au journaliste Denis Robert.

Proche du milieu depuis longtemps (via Charlie Hebdo ou l'Association) il franchit le pas en scénarisant dessiné par Paul Gillon l'Ordre de Cicéron. Une série remarquée se déroulant dans le milieu des avocats.

Ainsi lancé Malka a lancé une autre série, Section financière, avec Andrea Mutti.

En 2006, il est co-auteur d'un sulfureux succès de librairie, La face karchée de Sarkozy, avec le journaliste Philippe Cohen et le dessinateur Riss.

En 2011, il a repris le scénario des Pieds Nickelés avec Ptiluc et Luz, et a publié une saga de science-fiction avec Juan Giménez.

En 2016, avec Saïd Mahrane (co scénariste) et Riss (dessinateur), il publie "La Face crashée de Marine Le Pen".

En 2018, sort Tyrannie son premier roman.


Source : babelio : https://www.babelio.com/auteur/Richard-Malka/6847


  Quelques œuvres de l'auteur  


Roman

Tyrannie, Grasset, 17/01/2018

Le voleur d'amour,Grasset, 03/02/2021

Essais

La gratuité, c'est le vol, 2015 La fin du droit d'auteur ? Syndicat National de l'Edition, 2015

Eloge d l'irrévérence, Grasset, 27/03/2019

Le droit d'emmerder dieu, Grasset, 22/09/2021

Traité sur l'intolérance, Grasset, 04/01/2023

          Après Dieu, Stock 08/01/2025


...Ainsi que des albums de bandes dessinées



  Mon avis  

C'est indiscutable, Richard Malka est un auteur engagé ! Engagé pour la liberté d'expression, pour la tolérance, pour la laïcité et bien plus encore. Comme il est certain qu'il est encore très profondément marqué par le sort de ses amis du Charlie Hebdo. Une plaie  qui restera ouverte à jamais certainement. Et pour son "plaidoyer", il en appelle à Voltaire...

 Durant une nuit au Panthéon, l'auteur pose de grandes questions existentielles sur notre société et sur notre monde. C'est auprès des plus grands personnages français locataires de ce lieu qu'il cherche les réponses et plus précisément auprès de Voltaire à qui il vous une profonde admiration et à qui il s'adresse tout le long de son œuvre.

Dieu est au centre de ses réflexions. L'auteur met en garde contre les dérives de l'obscurantisme et du fanatisme religieux, tout en appelant à une laïcité respectueuse des croyances de chacun. Il souligne l'importance de la liberté de conscience, tout en insistant sur la nécessité de séparer le religieux du politique.

Quel autre personnage que Voltaire pouvait-il évoquer ? Voltaire, le déiste, qui considérait l'Eglise catholique comme intolérante et d'abus de pouvoir "Ecrasez l'infâme !". Ce même homme qui signe le Traité sur l'intolérance, et plaide pour la coexistence pacifique des religions, qui a défendu la liberté de culte en s'opposant aux persécutions religieuses tout en soulignant la nécessité de respecter les croyances des autres pour garantir une société juste et harmonieuse. N'a t-il pas lui-même défendu ardemment, il y a 250 ans, la liberté d'expression ? 

C'est dans la Laïcité que Richard Malka trouve des réponses et ses idées ne manquent pas d'intérêt bien au contraire. Traiter le mal à la racine, faire complètement disparaître l'obscurantisme, le prendre à son fondement pour ne lui laisser aucune chance : "avoir en horreur le prosélytisme qui corrompt la véritable foi, qui salit et créé le malheur de tous."

J'aurai envie d'y croire, mais cette défense de la laïcité n'est-elle pas elle-même poussée à l'extrême au risque de ne pas prendre en compte toute la complexité des enjeux religieux ? 

 

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      Citations     

"La croyance transforme un mythe en réalité par l'effet de la foi. À partir de là, tout est possible. Certains croyants feront l'effort de douter et de discuter de leur foi. D'autres, nombreux, vraiment nombreux, n'auront pas cette force et pourront aussi bien tenir pour absolument vraies les histoires les plus invraisemblables que pour faux ce qui est scientifiquement établi. Commence alors la déconnexion avec le réel qui les conduira à s'en remettre non pas aux lois des hommes, faites pour la réalité, mais à des commandements fixés par ceux qui partagent leurs hallucinations."

"Invariablement, les athées sont plus nombreux à être opposés à la peine de mort et favorables à l'égalité entre hommes et femmes. Il faut dire que, sur ce dernier point, les textes religieux appelant à la lapidation des femmes adultères ou déviantes sont pléthoriques, la déviance ayant une définition assez extensive. Cette base biblique constitue autant de justifications, conscientes ou pas, des violences conjugales. Ainsi, les religions vouent les femmes adultères à être tuées, brûlées, torturées, empoisonnées. De même peuvent-elles être légitimement battues si elles se montrent indisciplinées selon le verset 34 de la sourate des femmes. L'obligation de se couvrir, afin de ne pas susciter le désir d'hommes relégués au rang de bonobos, ne participe pas davantage à une vision égalitaire des sexes."

"La violence faite aux femmes par la religion est plus systématique qu'aucune autre et pourtant ce n'est pas celle qui est le plus souvent dénoncée, loin de là. Prenons le droit à l'avortement. L'archevêque de Recife, au Brésil, a trouvé le moyen, en 2009, d'excommunier une petite fille de neuf ans violée, tombée enceinte et ayant avorté, de même que sa mère et le personnel médical impliqué... mais pas le violeur. C'est aussi au nom de la religion que des Etats américains reviennent sur ce droit à l'avortement."





samedi 3 août 2024

L'INCONNUE DU PORTRAIT

    

  L'Inconnue du Portrait  




Auteur : Camille de Peretti

Editeur : Calmann Levy

Genre : Roman Littérature

Date de Sortie : 03 janvier 2024

Nombre de pages : 350

ISBN : 978-2-7021-8517-9

Prix : 21 € 50





Quatrième de couverture : 

«  La toile vibrait de beauté. Elle en avait le souffle coupé et se noyait dans l’œil bleu ciel piqueté de vert. Est-ce qu’elle était réellement le sosie de cette inconnue ?  »
 
Peint à Vienne en 1910, le tableau de Gustav Klimt Portrait d’une dame est acheté par un collectionneur anonyme en 1916, retouché par le maître un an plus tard, puis volé en 1997, avant de réapparaître en 2019 dans les jardins d’un musée d’art moderne en Italie.
Aucun expert en art, aucun conservateur de musée, aucun enquêteur de police ne sait qui était la jeune femme représentée sur le tableau, ni quels mystères entourent l’histoire mouvementée de son portrait.
 
Des rues de Vienne en 1900 au Texas des années 1980, du Manhattan de la Grande Dépression à l’Italie contemporaine, Camille de Peretti imagine la destinée de cette jeune femme, ainsi que celles de ses descendants. Une fresque magistrale où se mêlent secrets de familles, succès éclatants, amours contrariées, disparitions et drames retentissants.

L'Inconnue du portrait de Camille de Peretti a été récompensée du Prix des romancières 2024, du Prix du roman Marie Claire 2024 et du Prix Maison de la Presse 2024. 


Que sait-on sur l'auteur ? 

Camille de Peretti est née en 1980 à Paris. Elle a effectué sa scolarité à l'École active bilingue Jeannine-Manuel. Après une hypokhâgne et une khâgne, elle intègre l’ESSEC. Apprentie analyste financière dans une banque d’affaires singapourienne, professeur de cuisine française à la télévision japonaise dans une émission intitulée « La Cuisine de Camille », une fois son diplôme en poche elle s'inscrit aux cours Florent et crée une entreprise d’événementiel.
Passionnée de peinture et de littérature, depuis 2005, elle se consacre à l’écriture.

Sources : site Calmann Levy : https://www.calmann-levy.fr/


Romans de l'auteur : 

ThornytorinxBelfond, 2005

Nous sommes cruelsStock, 2006

Nous vieillirons ensemble, Stock, 2008

La Casati, Stock, 2011

Petits arrangements avec nos coeursStock, 2014

Blonde à forte poitrineKero, 2016

Le Sang des MirabellesCalmann Levy, 2019

Les Rêveurs définitifs, Calmann Levy, 2021

L'inconnue du Portrait, Calmann Levy, 2024


Mon ressenti :

"L'inconnue du portrait" explore les thèmes de l'art, de l'identité et de la mémoire à travers l'histoire d'un riche industriel et d'un tableau célèbre. L'auteur retrace leur histoire à partir du début du XXème siècle jusqu'à nos jours. 

*****  

"Le Baiser" est sans doute la plus connue des œuvres de Gustav Klimt, célèbre peintre autrichien. En revanche, "Portrait d'une Dame" est beaucoup plus méconnu, pourtant cette peinture a une longue histoire : volée, repeinte, revolée... Et c'est à travers ce roman que Camille de Peretti retrace l'histoire de l'un de ses personnages principaux. 

Cette histoire nous immerge dans la société autrichienne des années 1900 dans l'ombre de la première guerre mondiale, puis peu à peu remontera jusqu'en 2019 date où le tableau retrouvera sa place en quelque sorte en passant par l'ambiance des orphelinats en temps de guerre et les quartiers riches d'Autriche, ainsi que l'année des krachs boursiers... Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue de cette histoire, mais cette alternance entre les époques, reliant des découvertes de fragments de vie, crée une tension narrative et engage le lecteur dans une double enquête, car l'intrigue est construite autour de la révélation progressive du mystère du portrait. Chaque découverte apporte de nouveaux éclairages sur le passé, maintenant l'intérêt et le suspense soulignant l'importance de la mémoire dans la compréhension de l'histoire. Cela montre aussi comment les histoires personnelles sont souvent effacées ou méconnues dans le grand récit historique.

La recherche du passé et la reconstruction de la vie de la femme du tableau soulignent l'importance de la mémoire dans la compréhension de l'histoire. Cela montre aussi comment les histoires personnelles sont souvent effacées ou méconnues dans le grand récit historique.

En conclusion, Camille de Peretti utilise une langue riche et évocatrice et plonge le lecteur dans une ambiance à la fois élégante et nostalgique. Le tableau en lui-même devient presque un personnage, avec sa propre histoire en enrichissant le thème de l'art comme témoin silencieux du passé, car il incarne le mystère de l'identité et la lutte contre l'oubli. Il symbolise aussi la manière dont l'art peut immortaliser des vies autrement perdues dans l'anonymat. En passant d'une époque à l'autre, le roman explore comment les vies individuelles sont façonnées par leur contexte historique et comment le passé continue d'influencer le présent.


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