En l'absence du Capitaine
Auteur : Cécile Coulon
Editions: Le Castor Astral
Genre : Recueil de poèmes
Photo de la couverture : Pierre Emile Havette
Date de parution : mars 2022
152 pages
ISBN : 979-1-02780-314-9
Prix : 15€
Je souhaitais prolonger ma lecture de la plume de Cécile Coulon et, quitte à retrouver son écriture au souffle poétique, autant me tourner vers un recueil de ses poèmes.
La préface de Mathias Malzieu est, à elle seule, engageante. Elle donne envie, d’une part, de poursuivre la lecture et, d’autre part, de découvrir, prochainement peut-être, l’œuvre de cet auteur.
En l’absence du capitaine est un recueil profondément intime. De la plume de Cécile Coulon naissent des vers venus du cœur, un cœur écorché vif par la mort de l’être qui comptait le plus pour elle : sa grand-mère. La poétesse parvient à poser des mots d’une intensité rare sur son deuil.
Je t’ai toujours aimée
d’une manière particulière
et vivante. Les livres
ne m’ont pas donné,
à ce sujet, le réconfort
des géants silencieux.
Tu étais ma géante silencieuse :
tu n’es plus là depuis longtemps
et ce soir je me demande
ce que signifie
aimer, maintenant.
(extrait de Aimer maintenant, p. 19)
Le recueil suit les différentes étapes de ce deuil : le choc, le déni, une forme de colère, puis une résignation. Non pas une acceptation à proprement parler, mais plutôt une manière de prolonger la vie, de faire vivre la mémoire de son capitaine. Un amour qui s’étire, se transforme, évolue avec le temps.
Puis apparaît un autre amour. D’un autre ordre. Plus intimiste. Un amour pour une compagne, comme une résurrection. Il ne s’agit pas d’un amour qui remplace, mais d’un amour qui apaise, qui soigne, dans cette volonté profonde de continuer à avancer, à vivre.
Un poème de rien du tout
pour le bleu de la mer
et le vent frais du soir
dans un grand verre de bière
ton rire éclabousse ma journée
voilà ta main retroussée dans la mienne
comme un animal sauvage
dans le creux d’une forêt
(extrait de Un poème de rien du tout, p. 51)
Chez Mélissa Da Costa, dans Les Lendemains, la perte du mari et de l’enfant à naître ouvre un chemin de reconstruction progressive, ancré dans le geste et le travail manuel. José Luís Peixoto, auteur portugais, explore quant à lui le deuil à travers la mémoire, dans une quête intérieure, avec La mort du père.
Cécile Coulon, elle, choisit la poésie. Une poésie qui donne chair au manque, qui fait affleurer les émotions les plus profondes et permet au lecteur de s’y reconnaître, dans les mots, les vers, les silences entre les strophes.
https://pasionlivres.blogspot.com







