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samedi 28 mars 2026

NI EVE NI ADAM

  


        

     Ni Eve ni Adam    

Bernard Glietsch


     Auteur :    Bernard Glietsch

Editions : Le Lys Bleu

Genre : Dystopie

Date de parution : 13 janvier 2026

212 pages

ISBN :  979-10-422-9876-0

Prix : 21€50





Au hasard d’une dédicace, j’ai rencontré Bernard Glietsch. Charmant et disponible, il m’a convaincue de lire Ni Ève ni Adam, son roman d’anticipation, où il est question d’enfants qui luttent pour leur survie dans un décor sauvage, seuls rescapés dans un monde dominé par l’intelligence artificielle. Mais qui est vraiment à l’origine de la destruction du monde ?…

Plus d’adultes. Jugés trop néfastes pour la planète, ils ont été supprimés par l’intelligence artificielle. Dès lors, fini : les usines, la pollution, les pesticides, la disparition des espèces animales… Il faut l’avouer, l’humain est destructeur…

Le monde était vide et propre. Enfin ! On respirait à nouveau. Plus de fumées noires et toxiques, plus d'eaux polluées, plus de terres empoisonnées aux pesticides, plus de pollution sonore et lumineuse, plus d'algues vertes sur les plages, d'océans de plastiques où venaient s'échouer les poissons. Oui, le calme était revenu, comme avant, quand la Terre était vierge. Que seuls les animaux la traversaient, venaient s'abreuver aux rivières et repartaient vers d'autres horizons. Avant quand la Terre était un jardin, où l'on pouvait cueillir toutes sortes de fruits. Au début, avant Adam et Eve, lorsque la Terre était le paradis. p.140

Mais il reste un petit groupe de rescapés : des enfants dont la plus âgée a treize ans. Des déracinés, privés de famille, de société, de mémoire collective. Mais qu’est-ce qu’être humain quand tout a disparu ? Un besoin naturel de se sociabiliser ? Il faut un chef, une figure maternelle, et chacun doit trouver sa place…

Le roman repose sur un paradoxe fort : ici, l’intelligence artificielle prend le pas sur l’humanité. L’homme devient le maillon faible, celui qui a détruit la nature, celui qu’il faut contrôler au nom de sa protection. Le roi de la domination… dominé à son tour. Mais alors : ces enfants sauront-ils rester humbles face à la nature ? Auront-ils tiré les leçons du passé ?

Une autre question surgit, car le roman explore aussi une amitié : celle qui naît entre l’un des enfants et un humanoïde. Les enfants, encore malléables et vulnérables, sauront-ils composer avec l’intelligence artificielle ? Les humanoïdes, censés être dépourvus d’émotion, peuvent-ils développer une forme d’humanité ? L’émotion est-elle ce qui définit l’homme ? Une entité froide, logique, sans affect… face à des humains pleins de contradictions : forcément, cela crée des tensions.

Je lis peu de romans dystopiques, car je suis exigeante. Il faut que j’y croie, que je puisse m’y projeter. L’histoire proposée par Bernard Glietsch est intéressante, sans aucun doute. Mais… car il y a un mais : ça coince.

Lorsque des enfants parlent comme des adultes très cultivés, utilisent un vocabulaire abstrait et soutenu, et développent des réflexions philosophiques complexes, l’illusion se brise. Ce n’est plus une histoire vécue, mais une histoire écrite, et le lecteur sort du récit. Les personnages deviennent artificiels. Dans un monde post-apocalyptique, on attendrait au contraire un langage plus simple, plus instinctif.

L’auteur a sans doute voulu donner une portée philosophique forte, faire des enfants les porte-paroles de ses idées et accélérer la réflexion du lecteur. Mais ici, le message prend le pas sur les personnages. Pour ma part, j’ai besoin de plus de crédibilité pour y croire : moins de maîtrise, et plus de vie.


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