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samedi 27 juin 2026

TROUVER REFUGE

   


        

     Trouver refuge    

Christophe Ono-dit-Biot


     Auteur :    Christophe Ono-dit-Biot

Editions : Gallimard https://www.gallimard.fr

Genre : Roman littéraire et philosophique

Date de parution :  18 août 2022

416 pages

ISBN :  978-2-072885-69-3 

Prix : 20 




Quatrième de Couverture : 


Tout est allé très vite : d’abord des gestes d’intimidation, puis des menaces directes. Un soir, Sacha et Mina décident de fuir la France avec leur petite fille Irène. Ils laissent derrière eux un pays qui a plongé dans le nationalisme, l’ignorance et l’intolérance, dirigé par un nouveau président qui a lancé des hommes après eux. Quel secret explosif veut-il protéger ?
Pour se mettre à l’abri, ils ont le projet insensé de rejoindre le mont Athos, sanctuaire érigé de monastères fortifiés où l’on vit encore selon les règles byzantines. Il est interdit aux femmes depuis le XIᵉ siècle, mais il a toujours protégé ceux qui y cherchaient refuge.
Brutalement séparé de Mina, Sacha s’y retrouve avec sa fille, qui découvre, émerveillée, les rites et les récits de cet éden bordé par la Méditerranée ainsi que les joies prodiguées par une nature grandiose. Mais le danger les guette à tout instant.
Déterminée à tenter l’impossible, Mina parviendra-t-elle à sauver sa famille ?
Ode lumineuse à la transmission d’un père à sa fille, bouleversant portrait de femme, ce roman est une invitation à embrasser l’amour et les livres, la nature et la beauté. Il célèbre aussi magnifiquement l’Histoire et les histoires dont nous sommes faits.



Il y a des livres qui racontent une histoire. Et puis il y a ceux qui continuent de vous accompagner une fois la dernière page tournée. Trouver refuge fait partie de ceux-là. Et je remercie vivement Xavier "Aquilon62" de me l'avoir conseillé. 

Je ne savais pas vraiment où Christophe Ono-dit-Biot allait m'emmener. Je pensais partir vers le Mont Athos. En réalité, j'ai surtout eu l'impression de voyager à travers nos peurs, nos doutes et cette étrange époque dans laquelle nous vivons.

Le Mont Athos est décrit avec une telle beauté qu'on comprend immédiatement pourquoi tant d'hommes ont choisi de s'y retirer. Chaque monastère apparaît comme une révélation. Ils surgissent de la brume, immenses, silencieux, presque irréels. J'avais parfois l'impression d'être à la place de Sacha, sur la proue du bateau, incapable de détacher mon regard de ces forteresses suspendues entre la montagne et la mer.

Mais ce qui m'a le plus touchée, c'est que cette beauté n'est jamais présentée comme une fin en soi.

Le roman parle beaucoup de foi. Pas d'une foi qui cherche à convaincre ou à convertir. D'une foi qui interroge. Qui apaise parfois. Qui dérange aussi.

Christophe Ono-dit-Biot montre que la spiritualité peut être un refuge, mais il rappelle aussi qu'elle peut devenir dangereuse lorsqu'elle cesse d'être une quête pour devenir une certitude. À partir du moment où quelqu'un est persuadé de posséder la seule vérité, le risque apparaît. Ce n'est plus seulement valable pour la religion. Ça l'est aussi pour la politique, pour les idéologies, pour tous les discours qui refusent le doute.

Et c'est là que le roman m'a mise mal à l'aise. Parce que tout ce qu'il raconte paraît finalement très proche de nous.

La surveillance permanente. Les téléphones qui savent presque tout de nous. Les applications qui enregistrent nos déplacements, nos habitudes. Une intelligence artificielle capable d'analyser, de prévoir, de contrôler. Présenté comme un progrès. Comme quelque chose de pratique. Jusqu'au moment où l'on se demande qui possède réellement ces informations... et ce qu'il pourrait en faire.

... Et le quartier doit être parsemé de caméras de vidéosurveillance, rebaptisées "de vidéoprotection". 80 % de la population du pays est pour. C'est ce que dit le poste de télévision installé au-dessus du bar. ...

p 360

Le livre parle aussi du pouvoir des mots. Des discours politiques qui paraissent rassurants au premier abord, puis qui glissent doucement vers autre chose. La peur devient un argument. Les libertés semblent négociables. Certains responsables politiques désignent des ennemis, simplifient des problèmes complexes et proposent des réponses qui paraissent évidentes parce qu'elles jouent sur l'émotion plus que sur la réflexion. Impossible de ne pas penser à certains débats qui traversent aujourd'hui nos démocraties.

... Interrogé sur ce point, Papa réfute l'idée selon l'idée selon laquelle les femmes seraient mieux à la maison mais annonce des mesures financières pour aider celles qui voudraient le faire. "La charge mentale qui pèse sur nos concitoyennes qui doivent travailler et élever des enfants est considérable et je veux pouvoir l'alléger en leur donnant le choix de leurs priorités. Chacune de nos concitoyennes doit pouvoir décider de la façon dont elle souhaite s'épanouir, et toutes, je le sais, ne voient pas dans le travail un accomplissement." ...

p 350-351

Même les médias ne sont pas épargnés. Pas parce que tout serait faux. Ce serait trop simple. Mais parce qu'à force de choisir ce que l'on montre, ce que l'on répète ou ce que l'on tait, on finit par construire une manière de voir le monde.

Ce que j'ai aimé, c'est que l'auteur ne cherche jamais à imposer une réponse. Il fait confiance à son lecteur. Il ouvre des portes. Libre à chacun d'y entrer... ou de passer son chemin.

Au fond, je crois que Trouver refuge ne parle pas seulement d'un père et d'un enfant. Ni même du Mont Athos.

Il parle de cette question que nous devrions peut-être tous nous poser.

Comment rester libre dans un monde où tout semble vouloir orienter nos pensées, nos choix et même nos peurs ?

C'est un roman magnifique par ses paysages. Profond par ses réflexions. Et, par moments, franchement inquiétant. Pas parce qu'il imagine un futur impossible.

Parce qu'il donne parfois l'impression de parler du présent.




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... "Dans une époque de loups, il faut être un loup." Il leur parle de leurs professeurs, dont il a amélioré notablement les conditions de vie et de travail pour qu'ils puissent faire "le plus beau métier du monde". A condition qu'ils appliquent le programme, commente Mina. Le ministère de la Culture ? "Une dépense inutile. Un guichet à subventions. Avec vos impôts. Pour des pièces de théâtres sans public, des films qui n'intéressent personne, et qui montrent des êtres humains, parfois du même sexe - et je n'ai rien contre les gens du même sexe qui s'aiment, j'en ai connu -, en train de "copuler". le mot n'est pas une insulte , ça vient du latin, vérifiez donc."

p 407-408


Mina se sent salie par ces discours de haine dissimulée sous la bonne foi. Elle pourrait se lever, là, maintenant, et lui sortir dix affaires contrevenant à ses grands principes. Des foyers de migrants brûlés. Des professeurs destitués. Un journaliste disparu. Elle aimerait pouvoir se dresser et lire, à haute voix, quelques-unes de ses pages égyptiennes, pour faire savoir à tout le monde que celui qui plastronne sur la scène voulait se taper son mec sans oser se l'avouer...


p 408 


 











mardi 12 mai 2026

TRES BREVE THEORIE DE L'ENFER

  


        


     Très brève théorie de l'Enfer  
  

Jérôme FERRARI


     Auteur :    Jérôme FERRARI

Editions : Acte Sud

Photo de couverture : Karl Ndieli Shakur

Genre : Littérature française, roman, récits

Date de parution : 4 mars 2026

160 pages

ISBN :  978-2-330-21638-2

Prix : 16€90



Quatrième de Couverture : 


Après avoir quitté son île natale pour enseigner à Alger, un homme, mû par le désir d’un ailleurs où échapper à lui-même, prend un poste au lycée français d’Abu Dhabi et s’y installe avec femme et enfant. Bientôt, leur trajectoire effleure celle de leur employée, Kaveesha, partie du Sri Lanka trente ans plus tôt et voguant depuis de famille en famille pour subsister.
Expatrié, immigré – deux manières d’être étranger, deux mots pour dire deux mondes, séparés par un mur invisible que l’empathie ne saurait abattre.
Dans une langue acérée, ténébreuse, Jérôme Ferrari poursuit l’examen lucide de notre rapport à l’autre et livre un nouvel opus déchirant des “Contes de l’indigène et du voyageur”.

📖


Il m’était bien difficile de résister à l’avis de lecture de notre ami Xavier « Aquilon62 » sur Babelio, que je vous conseille vivement de lire tant il est complet, extrêmement bien rédigé, et riche en références à l’Enfer de Dante.

J’ai eu du mal, au départ, à me plonger dans ce roman, avant de comprendre que la forme même de l’écriture participe au malaise, à l’épuisement intérieur et à la vision du monde que développe l’auteur. Une fois cet aspect essentiel du roman identifié, j’ai pu trouver mes marques et en saisir toute l’essence littéraire.

Un homme quitte sa Corse natale à la recherche d’un idéal, ou peut-être simplement d’une manière d’échapper à lui-même. Pourtant, ni le mariage ni la naissance d’un enfant ne suffisent à l’apaiser ou à le rendre heureux. Son chemin croisera celui de Kaveesha, une employée sri-lankaise qui, elle aussi, a traversé une partie du monde entre sacrifices et quête de rédemption.

L’enfer du narrateur n’a rien de surnaturel ; bien au contraire, et comme le souligne Xavier dans sa chronique, il est profondément humain. Il se compose de solitude, d’échecs, de lassitude et d’illusions perdues.

L’écriture de Jérôme Ferrari reflète ce chaos intérieur à travers une alternance entre une langue soutenue, cultivée, et des passages plus crus, plus familiers, parfois à la limite de la vulgarité. Ce contraste oppose sans cesse la pensée intellectuelle à la brutalité du réel.
Ce sentiment naît notamment de ces longues phrases étirées, presque sans respiration, traversées de pensées successives, provoquant à la fois une sensation d’étouffement et une immersion mentale dans l’esprit du narrateur, dans son intimité la plus profonde. L’écriture devient alors plus introspective, vulnérable, presque confessionnelle.

La plupart des professeurs algériens détachés auprès du lycée français pour un salaire vingts fois inférieur à celui des expatriés étaient des femmes d'une cinquantaine d'années, incroyablement chaleureuses et souriantes, dont il était difficile de croire qu'elles venaient de passer une décennie à craindre une mort atroce — une décennie entière à guetter le fracas des bombes, à porter des amis en terre et à se réveiller dans le même cauchemar où les rayons du soleil levant illuminent sur les trottoirs de Blida un alignement de têtes coupées. (p 80)


Le roman est également une réflexion sur l’échec des idéaux, les rêves abandonnés et les existences à la dérive, laissant entendre que l’enfer n’a rien d’exceptionnel : il est banal, quotidien, progressif même, s’installant lentement dans les êtres.

Le personnage de Kaveesha apporte une autre dimension au récit, plus humaine encore. À travers elle émergent les sacrifices, les trahisons, mais aussi une forme de résilience silencieuse. Elle endure beaucoup tout en cherchant malgré tout à donner le meilleur d’elle-même.

Mais elle a passé sa vie entourée d'enfants qu'elle n'a pas portés et qu'elle devait, l'un après l'autre, abandonner eux aussi. Elle se souvient de leurs visages et de leurs prénoms. Sa mémoire est comme un monde pétrifié dans lequel tous les enfants sont devenus des fantômes dont le temps n'altère pas l'apparence et qui, eux, ne grandiront jamais. (100)


C’est un roman presque philosophique, sans pour autant chercher à apporter des réponses. Un roman où l’enfer semble résider dans le poids d’exister, de penser, et de ne jamais parvenir totalement à rejoindre les autres.

Je n'ai pas été profondément touchée par le narrateur et son histoire, lui préférant des figures plus humaines et vulnérables comme Nardjess 'sa femme), Afsaneh (sa fille) ou surtout Kaveesha qui apportent quelque chose de plus immédiatement humain et vulnérable. Pourtant, malgré cette distance émotionnelle, l’écriture de Jérôme Ferrari demeure éblouissante et enrichissante à bien des égards.

Car, comme Wilfred Thesiger, je n'ai moi-même jamais vu dans le monde autre chose qu'un terrain d'expérimentations morales dont la plus décisive consistait précisément à tenter de devenir quelqu'un d'autre, bien que ce fût à l'évidence impossible, quels que soient les efforts consentis pour y parvenir. (p 77)

 

Tout en haut, inaccessible dans sa splendeur, se trouve celui des émirs et des princesses ; tout en bas, dans les tréfonds d'un enfer invisible, inaccessible lui aussi — mais dans son abjection —, celui des ouvriers du bâtiment dont la sueur et le sang sont comme l'engrais nourricier où la ville insatiable puise l'énergie nécessaire à sa croissance frénétique... (p 34)


Ils ignoraient bien sûr, comme la plupart des Européens du Nord, que le soleil du golfe d'Arabie n'est pas l'astre amical des printemps fertiles mais une étoile meurtrière, accablante, si dangereusement proche qu'elle fait bouillir le sang dans les veines, s'évaporer l'écume suspendue comme une brume à la surface des flots et tomber en poussières les bourgeons calcinés. Et même quand elle semble avoir cédé la place à l'obscurité, son incandescence continue d'embraser les profondeurs de la nuit. (p 101)


Mais tu sais, Kaveesha, nos enfants ne nous aiment pas comme nous les aimons. Nous devons bien accepter l'ordre des choses mais c'est une leçon bien douloureuse à recevoir. (p 104)


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lundi 4 mai 2026

LE COUVENT DES PASCALINES

              



    Le couvent des Pascalines    


   Auteur :    Alex SOL


Editions :  Belladone

Genre : Thriller/Horreur

Date de parution : 19  mars 2026

228 pages

ISBN :  978-2-488853-01-9

Prix : 8,90 



Quatrième de couverture : 

Elles étaient censées les sauver…

France, 1871. Depuis quatre mois, Louise est enfermée au couvent des Pascalines, loin des salons parisiens qu’elle aime tant. Tombée enceinte hors mariage à l’âge de 17 ans, elle a été envoyée ici, comme tant d’autres jeunes filles, pour dissimuler sa grossesse. Si ses journées sont tristes et monotones, ses nuits sont perturbées par des cris déchirants qui – elle en est persuadée – ne résultent pas que des douleurs de l’accouchement. Il arrive même que certaines pensionnaires disparaissent après avoir mis au monde leur enfant. Alors, quand surviennent ses premières contractions, Louise n’a plus qu’une idée en tête : s’enfuir. Mais lorsqu’elle découvre ce que cache la congrégation, elle comprend que les sœurs seront prêtes à tout pour la réduire au silence.



                                         


Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir un roman de Alex Sol ; voilà qui est chose faite, et sans aucun doute, une expérience à renouveler.

Nous sommes en 1871. Louise, jeune fille de 17 ans, intelligente et passionnée de médecine, est promise à un brillant avenir. Fiancée à un beau parti de la haute société, tout semble tracé pour elle… jusqu’au moment où elle tombe enceinte hors mariage. Pour éviter le scandale et préserver l’honneur de sa famille, elle est envoyée dans un couvent afin de mener sa grossesse à terme, avant que l’enfant ne soit confié à l’adoption.

Hautaine, capricieuse, habituée à une certaine liberté intellectuelle, Louise va devoir apprendre à composer avec un monde fermé, régi par des règles strictes, où sa volonté ne fait plus loi.

Celle que je pensais être la plus pauvre de nous deux était en réalité la plus riche. Eugénie possédait quelque chose que je n’avais fait qu’effleurer. Quelqu’un qui l’aimait plus que tout.

Louise bénéficie d’une éducation, d’un statut social élevé, d’un mariage d’amour (fait déjà rare à l’époque). Et pourtant, cela ne suffit pas à la protéger. Dès qu’elle transgresse une norme (la grossesse hors mariage) elle est immédiatement rappelée à l’ordre social.

Ce roman souligne ainsi un contraste fort : le poids de la réputation, le contrôle du corps des femmes et l’absence de véritable autonomie. Alors que Louise souhaite devenir médecin et soigner les corps, elle n’a même pas le droit de disposer du sien.

La religion est également très bien abordée à travers le couvent des Pascalines, qui occupe une place centrale dans le roman. Le couvent apparaît d’abord comme un lieu de refuge et de protection, proposant une solution « honorable » en toute discrétion… Mais c’est précisément là que naît l’ambiguïté : s’agit-il réellement d’un lieu de protection, ou plutôt d’un espace d’effacement ? En exerçant une autorité morale sur des femmes, pour la plupart brisées, la religion ne devient-elle pas, ici, un instrument de contrôle ?

Les soeurs, dans un acte de charité hypocrite, nous ont placées côte à côte. Ce que nous avons vécu cette nuit toutes les deux nous a liées à jamais. Il nous a abandonnées, Il nous a méprisées. Son ancien rival, Lucifer, lui, ne semble pas nous avoir oubliées.

Le mode narratif apporte beaucoup au roman. Le choix de faire de Louise la narratrice renforce l’impact du récit : on est au plus près de ses pensées, de ses contradictions et de ses émotions.

Le Couvent des Pascalines est un roman à la fois historique, social et profondément humain, qui interroge la place des femmes ainsi que celle de la religion dans la société.


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mercredi 18 mars 2026

MON VRAI NOM EST ELISABETH

 

        

     Mon vrai nom est Elisabeth    

Adèle YON


     Auteur :    Adèle YON

Editions : du Sous-Sol

Couverture illustrée par : Elené Shatberashvili

Genre : Littérature française

Date de parution : 6 février 2025

400 pages

ISBN :  978-2-364-68957-2

Prix : 22







Ce roman pourrait figurer dans plusieurs catégories dans une bibliothèque : sur les étagères de la littérature française, bien sûr, mais aussi dans celles consacrées à l’histoire, pourquoi pas une histoire au féminin, dans le domaine médical, et enfin dans la catégorie familiale ou autobiographique, puisque l’autrice écrit à partir de sa propre histoire.

La narratrice ressent un malaise dans sa vie, notamment dans ses relations avec les hommes, et éprouve le besoin d’en rechercher les origines. S’ensuit alors un long processus de recherches, minutieux et approfondi. C’est d’abord auprès des femmes de sa famille qu’elle va chercher des réponses, et ses questions la mènent à son arrière-grand-mère Betsy (Élisabeth). De fil en aiguille, sans mauvais jeu de mots, ses investigations la conduisent à interroger la responsabilité des asiles, de certains médecins et chirurgiens, sans oublier celle du mari et de la famille.

L’enquête se déroule ainsi au fil de lettres anciennes, de correspondances, de photographies retrouvées, d’archives médicales et de témoignages, mais aussi à travers un important travail de recherches historiques dans le domaine médical. Peu à peu, le projet devient clair : réhabiliter cette arrière-grand-mère internée injustement.

Le titre aurait presque pu être La fabrication d’une folle. Car au fil de ses découvertes, la narratrice comprend que ce qui a conduit son arrière-grand-mère à l’internement tient moins à une hypothétique schizophrénie qu’à son désir d’être une femme libre. On en revient alors très vite à la question des droits des femmes dans notre société, en pointant du doigt le pouvoir marital et patriarcal. On retrouve d’ailleurs des échos du roman de Victoria Mas, Le Bal des folles, à un siècle d’écart, autour de l’internement de femmes refusant de se conformer à l’autorité.

Les photographies pré- et postopératoires publiées par Freeman pour illustrer le succès de sa procédure traduisent en images ce que ces comptes-rendus expriment en mots. Sur ces photographies, une immense majorité de femmes, dont les clichés pris après l'opération montrent les visages assagis, dociles. De bonnes épouses. De bonnes mères.

p 217

Ce roman pose des questions essentielles : qui a le pouvoir d’affirmer qu’une femme est folle ? Qui décide qu’il faut l’interner, voire la lobotomiser, sous prétexte qu’elle est trop rebelle, trop sensible, trop indépendante, ou simplement épuisée par la maternité et la pression sociale ?

La question qui se pose est alors la suivante : qui décide que le comportement d'un individu porte préjudice au bon fonctionnement du groupe ? Qui évalue la réalité des symptômes ? Le médecin qui ne fréquente pas la patiente ? Le tribunal ? La famille ? Le patient lui-même ? Sur quels critères ? Et surtout : de quel droit ?
Bien que les critères d'évaluation des médecins soient évidemment loin d'être exempts de Paris pris idéologiques ou moraux, les biais sont encore plus nets lorsque le récit de la maladie mentale provient d'un organe extérieur au monde psychiatrique. Comment être certain des facteurs qui motivent ces agents à faire pratiquer l'opération ? La lobotomie se situe dans une zone grise entre la réparation et la punition de comportements qui, dans tous les cas, incommodent une société patriarcale et traditionnelle. Car il n'est pas rare, en effet, que la lobotomie fasse figure de châtiment.

p. 225

Et comme si l’enfermement ne suffisait pas, certaines ont également subi des lobotomies, censées les rendre dociles et obéissantes. Cette pratique a d’ailleurs connu un véritable engouement aux États-Unis à l’époque, et, même si elle a été plus encadrée en France, elle n’en reste pas moins profondément troublante.

Bien que je ne trouve aucune étude globale sur la question, les sources accessibles m'invitent à penser que la lobotomie a en immense majorité été pratiquée sur des femmes. Trois études ont été consacrées à l'inégale répartition des sexes dans l'usage de la lobotomie. En 1999, un psychiatre américain, Joel Braslow, publie dans la revue scientifique The Western Journal of Medicine un article basé sur les archives du Stockton State Hospital en Californie : sur les 241 patients lobotomisés dont les dossiers lui ont permis d'identifier le sexe, 85 % étaient des femmes, alors que la population asilaire était alors majoritairement masculine. En 2007, le psychiatre et chercheur suédois Kenneth Ögren publie à son tour une étude d'ampleur sur la pratique de la psychochirurgie en Suède. Il mène une étude statistique au sein du Umedalen State Mental Hospital où a été pratiquée la majorité des lobotomies suédoises, soit 771 opérations entre 1947 et 1958. Sur l'intégralité de la période, 61,2 % des patients opérés étaient des patientes. En considérant seulement la période 1947-1952, le pourcentage atteint 83 % de femmes. Enfin, trois neurochirurgiens français, Aymeric Amelot, Marc Lévêque et Louis-Marie Terrier, publient en 2017, dans la revue britannique Nature, une étude faisant état de 84 % de femmes lobotomisées sur une population de 1 340 sujets dont les cas, en France, en Suisse et Belgique, ont fait l'objet d'un article ou dune publication scientifique.

p 214

Ce roman met en lumière de nombreux aspects. Il évoque ces femmes internées à la moindre déviance, que l’on cherchait à modeler en épouses dociles. Il aborde aussi la dimension médicale, en questionnant l’implication des médecins dans les internements et les interventions. Mais il traite également de l’aspect social et humain : ces femmes, souvent mères, disparaissaient peu à peu de la mémoire familiale, effacées car devenues trop honteuses à évoquer.

Se pose enfin la question de l’héritage, ou plutôt de la transmission. D’une part, celle de l’histoire et de la maladie : une inquiétude s’installe chez les femmes de la lignée, portent elles en elles « le gène de la folie » ? Une question vécue comme une épée de Damoclès. D’autre part, celle du traumatisme transmis de génération en génération, un sujet aujourd’hui largement étudié.

Alors oui, le roman peut sembler long par moments, notamment dans ses développements médicaux. Mais c’est sans doute un passage nécessaire : Adèle Yon a accompli un travail de recherche considérable. Il faut prendre le temps de le lire, de comprendre, et parfois de digérer ce qu’il révèle.

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lundi 28 juillet 2014

LA COUR DES INNOCENTS


Auteur : Fabien Pesty
Editions : Paul & Mike
Genre : Nouvelles
190 pages
ISBN : 978-2-36651-035-5
Prix : 12€00



Quatrième de couverture :
Innocent, e (adjectif et nom commun) :
Qui ne fait pas de mal.
Qui n'est pas coupable.
Qui ignore le mal.
Naïf, simple d'esprit.

Non coupables, fous, irresponsables, ingénus, ils ont tous un alibi valable : ils étaient victimes d'eux-mêmes au moment des faits. Ce sont des choses qui arrivent et dont on parle à travers ces quinze instantanés d'histoires, parfois sombres, souvent cyniques, mais toujours à l'humour ravageur.
On y croise des enfants, des vieux qui jouent, un clochard et un requin-marteau. Mais aussi des guest stars telles que Thierry Rolland, Dieu ou la maman de Jacky du Club Dorothée. A noter que le policier des Villages People a décliné l'invitation.



L'Auteur et mon avis : car les deux sont indissociable en ce qui me concerne.

Fabien Pesty est né dans le Loiret en 1976. Ce n'est qu'en 2008 qu'il redécouvre, après un souvenir traumatisant dans son enfance avec sa lettre au Père Noël et arnaqué par celui-ci (rires). En effet, il participe à de nombreux défis littéraires dans lesquels il doit rédiger des histoires à partir de situations et de locutions imposées. La "Cour des innocents" est certes son premier recueils de nouvelles, mais ses écrits ont déjà connu beaucoup de succès sur son blog.

Il a également gagné de nombreux prix tels que :
1er prix "Jugon-Les-Lacs 2010" pour "les valises"
1er prix "Fontaine-Française 2011" pour "La caissière du péage de Chatuzange-le-Goubet"
Prix Spécial du Jury "Prix Don Quichotte", concours francophone de la nouvelle 2012 pour "Passage à tabac"

Pourquoi l'auteur est indissociable de mon avis ? Parce que j'ai eu la chance de le rencontrer et de pouvoir me faire un avis sur le personnage... Il a fallu de la persuasion de plusieurs bons auteurs pour que Mr Fabien Pesty nous fasse l'honneur de poser ses textes dans un recueil ! J'aime ce qu'en dit Alain Emery "Joyeusement féroce" ! Les textes contiennent leurs doses de cynismes mais aussi beaucoup d'humanité qui caractérise l'auteur... C'est assurément un auteur à suivre de près car ils nous réserve des surprises, il est comme du bon vin en vieillissant en matière littéraire !













mardi 11 mars 2014

LA CHAMBRE D'HANNAH

Auteur : Stéphane Bellat
Editions : MA
Genre : Roman Historique
256 pages
ISBN : 978-2822402972
Prix : 17€90

Sortie Officielle le 18 mars 2014




Résumé :

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d'un frère ou d'une sœur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l'espace confiné de son appartement, mise à l'écart parce que juive.
Leurs routes n'auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c'est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes.
Si La Chambre d'Hannah plonge ses racines dans l'Histoire la plus sombre, c'est aussi le roman sensible et lumineux d'une amitié entre deux enfants qui n'ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu'où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l'impossible ?


Mon avis :

Le thème de la condition juive pendant la deuxième guerre mondiale a déjà été plusieurs fois abordé dans le milieu littéraire ! On pourrait citer bien entendu "le journal d'Anne Franck" ou encore "Elle s'appelait Sarah"... Mais cette fois, l'histoire est teintée d'originalité, tout autant instructive mais d'une manière plus subtile ! Je suis même à penser que ce roman devrait être utilisé dans les milieux scolaires ! J'ai eu un mal fou à lâcher ce livre lorsque je devais retourner à mes occupations. Ce livre ne me quittait pas car on ne peut que l'avoir en tête jusqu'à avoir le livre jusqu'au bout ! Et encore que ! Même lu ! C'est un roman qui marque les esprits ! 

D'ailleurs une conversation avec l'auteur et on finit par se poser la question, même si on a les pieds sur terre : "Pourquoi pas ?" "Cette histoire pourrait-elle être un fait réel ?" 

Stéphane Bellat est d'ailleurs très attaché à ce roman, et cela se comprend, même si l'idée que ce roman puisse être classé dans la rubrique "fourre tout" du Fantastique, car comme il le dit, il y a différent paramètre du genre !

Dans ce roman, en effet, deux époques se retrouvent connectés par le lien qu'entretiennent deux enfants. Bien qu'il s'agit d'un roman fiction (je préfère ce terme) on sent que Stéphane Bellat y a mis de son cœur et de ses sentiments  car pour pouvoir décrire les sentiments de ses personnages, il faut forcément les ressentir tellement ils sont intenses et époustouflant  de réalité ! Ça ne s'invente pas. Les personnages sont attachants, émouvants, créés avec beaucoup de réalisme et de sincérité. Par ailleurs, historien et spécialiste depuis plus de 10 ans de la seconde guerre mondiale, l'auteur a su étoffer son livre par son expérience dans le domaine en se documentant et en donnant un "cours" d'histoire tout en rendant son histoire un style captivant.

Conclusion : Ce roman m'a ému, m'a bouleversé et il ne fait aucun doute que je le partagerai avec mes enfants. J'avoue être friande de de ces histoires qui font vivre les esprits du passé tout en ayant une influance sur l'avenir ! 




Stéphane Bellat sera à Limoges, au salon du livre, du 4 au 6 avril. A Mondeville / Caen le samedi 19 avril  au  "Cultura Mondevillage" en dédicaces de 14h à 19h. Le samedi 27 juin 2014 à Douai au salon de la culture de Carrefour

L'auteur présentera également son roman aux radios suivantes :
RGC le jeudi 13 mars 2014 en direct de 11h30 à 11h50 dans "les matinales" avec Sandrine Sebbane.
Mona FM Lille  du 20 au 21 mars et du 24 au 28 mars dans "un livre, une nouveauté" avec Mona FM avec Frédérique Laquet.
Vallée FM 98.4 dimanche 23 mars en direct dans "Beth El-Vallée" avec  Nathalie Zylberman
France Bleu Vaucluse le lundi 31 mars (11h45) et le dimanche 6 avril (10H00) dans la chronique de Gilles Paris dans l'émission "France Bleu Vaucluse tourne les pages" de Nathalie Mazet








Interview de Stéphane Bellat pour son roman "Les passagers perdus" en 2013 par Carmen Gimeno...


samedi 22 février 2014

PLONGER

Auteur : Christophe Ono-Dit-Biot
Editions : Gallimard
Collection : Blanche
Genre : Roman
448 pages
ISBN : 978-2070134274
Prix : 21€00



Résumé :

« Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau. »
Un homme enquête sur la femme qu’il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon.
Elle était artiste, elle s’appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe.
Pour son fils, a qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour _ leur rencontre, les débuts puis l’ascension de Paz dans le monde de l’art, la naissance de l’enfant _ et essaie d’élucider les raisons qui ont précipité sa fin.

Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l’on se lave de tout, Plonger est l’histoire d’un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d’une époque où il devient de plus en plus difficile d’aimer.


Mon avis

Houlà ! Au départ ce n'était pas gagné pour que j'achète ce livre ! Un histoire d'amour ect... Bof, pas tentée ! Et une amie m'a "bassiné" avec cet auteur et ce roman ! Bon ! C'est une éditrice, qui donc connait très bien le monde du livre et qui plus est elle a un goût excellent en matière de lecture... Et donc voilà ! A force de passer devant et d'entendre chaque fois la petite voix de mon amie dans ma tête, je n'ai pas résisté ! 
Certes c'est bien une histoire d'amour, à n'en pas douter ! Un amour par excellence ! Dans tout les sens du terme !
L'auteur Christophe Ono-Dit-Biot nous a tout livré ou presque de l'amour ! L'amour entre deux être, l'amour paternel, l'amour dans toute sa splendeur avec ses dons et ses sacrifices ! Une belle histoire qui laisse des questions, des pensées qui nous torturent : Jusqu'où peut-on ou est-on capable d'aller par amour ? Qu'est-on capable de supporter ? Quelles souffrances et quels sacrifices sommes nous capables d'endurer... 
L'amour attent-il au tournant de la rue, dans une épicerie... ? Doit-on forcer le destin ?

Me vient une autre question ! L'enfant qu'a engendré cet amour, quel distance, quel rapport retiendra-t-il de cette histoire ? Quel place lui donnera-t-il dans sa vie d'homme ?







dimanche 10 novembre 2013

UN PERE EN COLERE

Auteur : Jean-Sébastien Hongre
Editions : Max Milo
Genre : Roman
Couverture : Linda Ayres
222 pages
ISBN : 978-31500-388-4
Prix : 18€



Résumé :

Et si c'était au tour des parents de se rebeller ?

"Un père en colère" : la révolte d'un homme dépassé par le comportement de ses enfants. Sa lutte  pour reconstruire sa famille et renouer avec sa femme. Son cri pour raviver la tendresse dans le coeur de ses deux adolescents en dérive.

Une fiction à l'intrigue implacable, qui ne triche pas avec la réalité et qui creuse au fond de notre époque pour en extraire la voie de l'espérance.


Mon Avis :

Le sujet est intéressant c'est indéniable, bien poussé, ça sent la recherche et le côté social réaliste ! Cependant, il manque plus de réalisme dans l'histoire elle même bien que si ce que je reproche à l'histoire ne s'était pas produit, ce roman n'aurait aucune raison d'être. La quatrième de couverture parle de lutte, mais je n'y retrouve pas beaucoup cette lutte !
En revanche, je peux très bien concevoir qu'en tant que parents on peut vite se laisser dépasser ! Déjà dans une vie que je qualifierai de "normale" c'est difficile, donc dans les lieux tels que les cités, ça doit en effet être un cauchemar, j'en conviens et j'en suis sûre, car ce fléau gagne du terrain ! Je regrette que certains sujets n'est pas été plus appuyé, que l'auteur ne montre que les gens qui ont baissé les bras ! Que le personnage principal n'est pas été mieux utilisé pour donner plus de profondeur à l'histoire ! Cependant il nous fait réaliser les "gros" points faibles et les raisons de ce fléau en autre "l'argent facile".
L'auteur en effet ne triche pas avec la réalité certes, mais il ne creuse pas assez le sujet qu'il soit familiale ou social ! Ou peut-être qu'en temps que lectrice, je n'accepte pas le déroulement de l'histoire, l'injustice et l'impunité de notre société ! J'en ai pas moins aimé lire ce livre !
Je recommande ce livre car bien entendu, chacun peut en avoir son rapprochement, un avis différent ! L'écriture de l'auteur n'en reste pas moins claire, fluide et agréable à lire;


vendredi 30 août 2013

MADAME VEUVE EMILIE

Auteur : Joseph Farnel
Edition : Pascal Galodé

Prix : 8 €
ISBN : 978-2-35593-224-3
200 pages





Résumé :

Madame veuve Emilie, c’est Emilie Dumarais, la patronne du café-tabac. Quand elle a quitté son Auvergne pour monter à Paris, en 1936, elle a commencé une de ces vies obscures dont on parle rarement. On entre dans le milieu des « bougnats » des petits quartiers de Paris. Un mariage urgent avec le fils de la patronne, trois filles, dont l’une est de Monsieur Georges le client si distingué. Le veuvage quand son mari meurt à la Seconde Guerre mondiale, un enfant juif qu’on soustrait aux rafles ; et les trois filles qui grandissent, avec les amours vrais et les mauvais mariages. Quand Emilie, remariée, sur le tard, regagne l’Auvergne, elle passe le flambeau à Jeannine, la plus jeune, et c’est comme si tout allait recommencer.

Un roman où les destins se croisent et rencontrent l’histoire : la Deuxième Guerre mondiale, la déportation, la résistance, la naissance d’Israël, l’Algérie…

Un roman pourtant sans fioriture dont les pôles sont Paris et l’Auvergne, et les héros, des gens « ordinaires ». Une belle histoire qui nous touche droit au cœur. Une œuvre originale aux allures de saga, mais une saga des justes.


Mon avis :

On pourrait croire, et c’est ce qui avait retardé ma lecture, que ce roman relate une histoire à l’eau de rose quelconque ! Mais j’ai été agréablement surprise en fait !
En effet, au travers de l’histoire d’une famille somme toute banale, on refait un bon dans le passé en traversant les deux guerres mondiales à Paris, les rafles des juifs, la création d’Israël. L’auteur nous fait voyager en d’Auvergne à Dauville…
Les personnages sont captivants chacun à leur manière, on entre dans leur monde, dans leur vie, leur intimité, leurs pensées… Un livre que j’avais mis de côté et que finalement je ne regrette pas d’avoir lu…



Qui est Joseph Farnel :

Joseph Farnel est né à Nancy mais a vécu à Paris depuis son enfance. Dans les années 60 il a dirigé une maison de couture à la renommée internationale (Renoma), puis par la force de sa passion de la littérature, il est devenu l’auteur d’une vingtaine de livres. C’est un auteur qui aime à rappeler ce qu’est la tolérance, que ce soit entre les peuples et les religions, c’est un écrivain impliqué et passioné. Il a à son actif plus de 15 livres dont « Un Jour pour aimer » (éd. Laurens)qui a reçu la mention spéciale au prix du Livre romantique de Cabourg et « La Ballade du petit Joseph » des éditions Cheminements qui a été salué en 2007 par le Prix Lucien Dufils (Académie des Belles-Lettres du pays de Caux), « Le butin du Vatican » prix 2011 du Lion Club…

Et j’ajouterai pour lui avoir acheter son livre en main propre lors d’un salon du livre, que c’est un homme tout ce qui a de plus charmant, haut en couleur, souriant, la plaisanterie facile…

JOSEPH FARNEL SITE
 
Petit clin d'oeil au livre...

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