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lundi 13 avril 2026

MUSEE

         


     Musée  
  


   Auteur :    Christophe Chabouté

Editions : www.glenat.com

Genre BD  

Date de parution : 19  avril 2023

192 pages

ISBN :  978-2-749-30977-4

Prix : 23




Quatrième de couverture


Mais pourquoi il nous arrive tout ça ?
Arrive quoi ?

Ben, bouger, marcher, parler...

On n'en sait strictement rien.
Et on ne se pose même pas la question...
En fait, on s'en fiche... royalement.

Est-ce si important de savoir pourquoi ? 

On en profite, on savoure.

On vit.



Cette fois, c’est à Éric et Erik que je dois ma récente découverte. Je reste dans le domaine artistique, et même deux fois plutôt qu’une, puisqu’il s’agit d’une BD qui parle d’un musée d’art.

Dès la onzième page, les connaisseurs reconnaîtront immédiatement le Musée d’Orsay à Paris. Bon, d’accord, c’était aussi indiqué sur la couverture… mais je ne l’avais pas vu.

Combien de fois m’est-il arrivé d’imaginer les œuvres prendre vie ? Chabouté l’a fait pour moi, et en mieux.

Nous sommes donc au musée d’Orsay. Les visiteurs passent, regardent, s’attardent pour certains ; pour d’autres, il est difficile de lâcher leur téléphone. Chacun y va de son commentaire, pertinent ou non, personnel, aléatoire, en rapport avec l’œuvre… ou pas. Ils s’approchent, contournent, frôlent…

Puis le musée ferme. La nuit arrive, et tout un monde endormi se réveille…

Ce ne sont plus les visiteurs qui regardent ni qui commentent. Les observations sur notre monde deviennent alors particulièrement pertinentes : les visiteurs pressés, les passionnés, les timides, les audacieux, les rêveurs, les curieux…

On lit cette BD comme on marche dans un musée. On reconnaît des œuvres, mais surtout des attitudes, des caractères. Presque en immersion, on ressent l’ambiance, les silences ; on entend presque les chuchotements.

J’ai trouvé cette œuvre percutante, intelligente, drôle et pleine de justesse. Tandis que dans son livre, Paul Veyne semble nous dire « apprends à voir », Christophe Chabouté nous dit « regarde comment les autres ne voient pas ». L’un est une invitation, l’autre est un miroir.






https://pasionlivres.blogspot.com


mardi 24 février 2026

L'EMBRASEMENT

     


       L'Embrasement       








Scénario, dessins et couleurs : Florent CALVEZ

D'après le livre du Colonel Michel GOYA

Editeur : Delcourt

Genre : BD roman graphique

Date de Sortie : 19 février 2026

Nombre de pages : 134

ISBN : 978-24-130-8906-3  

Prix : 22€50


Voilà ! J’emmène mon fils dans une librairie de BD… et qui en ressort avec un ouvrage ? Moi !
En même temps, difficile de résister dans une si belle boutique que DBLIB à Évreux

C’est sur une œuvre de Florent Calvez que je me suis penchée. L’Embrasement est avant tout un documentaire, adapté du livre du colonel Michel Goya, que j’ai découvert il y a déjà plus d’une dizaine d’années, à travers son blog La Voie de l’Épée. (https://lavoiedelepee.blogspot.com/)

Le but, vous vous en doutez, est d’essayer de mieux comprendre le conflit israélo-palestinien. Même si certains aspects s’éclaircissent au fil des pages, l’histoire demeure complexe. L’ennemi n’est pas toujours celui que l’on désigne d’emblée, et les réseaux sociaux comme les médias proposent des lectures si nombreuses et parfois si orientées qu’il devient difficile d’en saisir une vision véritablement neutre.

Florent Calvez a accompli un sacré travail. Certes, il s’appuie sur les analyses de Michel Goya, mais son propre travail de recherche est remarquable. Il parvient à exposer les tenants et les aboutissants avec rigueur et retenue.

Pour tenter d’expliquer l’inexplicable, le terrible massacre du 7 octobre 2023, l’auteur remonte aux prémices de l’histoire d’Israël, en 1897, lorsque Theodor Herzl, journaliste et écrivain, crée l’Organisation sioniste mondiale, à l’origine du futur État d’Israël proclamé le 14 mai 1948. S’ensuivent conflits, guerres, émergence de mouvements armés, attentats…

Dans son dernier mot au lecteur, Florent Calvez écrit :

« Je suis un homme de l’Atlantique, loin des côtes de l’autre mer. Si ma compréhension du “théâtre des opérations” est lacunaire, la sincérité de ma démarche a été totale. »

Cette phrase souligne deux choses :

  • la difficulté, pour ceux qui vivent loin de ce conflit, d’en comprendre toute la profondeur historique et humaine ;

  • le risque, aussi, qu’il y a à aborder un sujet aussi sensible.

https://pasionlivres.blogspot.com/







jeudi 29 janvier 2026

HUGO DECRYPTE EN RUSSIE

     

    HUGO DECRYPTE    

     En Russie     





Auteur : Hugo Travers alias  Hugo Décrypte 

Dessins : Kokopello

Scénario : Kris

Couleurs : Christian Lerolle

Editeur : ALLARY

Genre : BD roman graphique 

Date de Sortie : 4 novembre 2025

Nombre de pages : 208

ISBN : 978-2-37073-581-2

Prix : 26€




Pour celles et ceux qui fréquentent les réseaux sociaux, HugoDécrypte n’est plus vraiment à présenter. Média en ligne fondé par Hugo Travers, il s’est imposé comme une référence de l’information vulgarisée, rassemblant aujourd’hui plus de cinq millions d’abonnés, dont je fais partie. Une réussite qui tient autant à la pédagogie qu’à une image de sérieux et d’accessibilité.

Après un premier déplacement en 2023 en Ukraine pour la réalisation d’un documentaire, puis un second en 2024 afin d’interviewer le président Volodymyr Zelensky, Hugo Travers poursuit son travail de décryptage en changeant de support : la bande dessinée.

Aux côtés de son assistante fictive Ève, Hugo nous entraîne à travers plus de 1 100 ans d’histoire russe, depuis ses origines médiévales jusqu’à l’époque contemporaine. L’ambition est claire : offrir au grand public des clés de compréhension pour saisir la politique actuelle de la Russie et le contexte de la guerre en Ukraine. Le lecteur croise ainsi Riourik, chef viking en 862, Ivan le Terrible, Catherine II, et bien d’autres figures qui ont façonné le pays. La BD retrace la construction progressive d’une grande puissance, entre dynasties, expansion territoriale, autoritarisme récurrent et bouleversements idéologiques.

Pour ce projet, HugoDécrypte s’entoure de Kokopello au dessin et de Kris au scénario, et s’appuie sur le regard de plusieurs experts de l’histoire russe, ce qui confère à l’ensemble une base solide et sérieuse. Le dessin, clair et efficace, sert avant tout la lisibilité du propos, sans chercher l’esbroufe graphique.

Cependant, cette volonté de rendre l’histoire accessible a aussi ses limites. Le récit procède par grands raccourcis, simplifie certains épisodes complexes et laisse parfois peu de place aux zones grises, pourtant essentielles pour appréhender toute la richesse — et les contradictions — de l’histoire russe. Le choix assumé d’un ton pédagogique prime sur l’analyse critique approfondie, ce qui peut frustrer les lecteurs déjà familiers du sujet, mais reste cohérent avec la cible visée.

Cette BD s’adresse avant tout aux jeunes lecteurs ou à ceux qui souhaitent une première approche de la géopolitique russe. De ce point de vue, le pari est largement tenu : l’ouvrage est clair, fluide, didactique, et rend compréhensible un sujet souvent perçu comme opaque ou intimidant.

Fait notable et presque révélateur, la bande dessinée n’a pas laissé indifférent du côté de la Russie. Sans réaction directe de Vladimir Poutine, plusieurs médias et figures proches du Kremlin ont vivement critiqué l’ouvrage, l’accusant d’être biaisé, antirusse et destiné à influencer la jeunesse occidentale. Une réaction qui, paradoxalement, confirme l’enjeu même de cette BD : le poids du récit historique dans la compréhension du présent. Qu’on adhère ou non à son angle, HugoDécrypte en Russie rappelle que l’histoire n’est jamais neutre, et que la manière de la raconter peut, à elle seule, devenir un acte politique.

https://pasionlivres.blogspot.com/














mercredi 21 janvier 2026

CES JOURS QUI DISPARAISSENT

    

  Ces jours qui disparaissent  





Auteur : Timothé LE BOUCHER

Editeur : Glénat

Genre : BD roman graphique / Thriller / Fantastique

Date de Sortie : 13 septembre 2017

Nombre de pages : 192

ISBN : 978-23-440-1332-8  

Prix : 22€50


  • 2018 - Prix des libraires de bande dessinée
  • 2018 - BDGest'Arts - Prix du meilleur récit 
  • 2018 - Lire à  Limoges - Prix BD


Ce n’est pas dans mes habitudes de lire des romans graphiques. Mais lorsque notre Erik, babelionaute que je considère comme un véritable spécialiste du genre, me conseille une lecture de ce type… eh bien, ma foi, je me lance.

Et aucun regret, bien au contraire.

Ces jours qui disparaissent, de Timothé Le Boucher, est un petit bijou de bande dessinée, je le confirme ! Même si mon avis reste celui d’une novice en la matière.

Comment le vivriez-vous, vous, si un matin vous vous leviez en vous demandant : « Mais où est passé mon hier ? »
Si vos amis, eux, se souvenaient parfaitement vous avoir vu (pas forcément sous votre meilleur jour) tandis que votre petite amie vous en voudrait pour un comportement dont vous n’avez absolument aucun souvenir ?

C’est précisément ce que vit Lubin Maréchal.
Et pire encore : le phénomène se reproduit… un jour sur deux.

Je n’en dirai pas davantage afin de ne pas dévoiler l’intrigue, mais l’originalité du récit en fait une lecture passionnante, tenue de bout en bout. Le suspense ne faiblit jamais, jusqu’à la dernière page.

Les émotions, elles, sont profondément contrastées. J’ai d’abord cru entrer dans une histoire purement fantastique (c’est d’ailleurs la catégorie retenue par l’éditeur), mais que nenni. Timothé Le Boucher nous entraîne sur un terrain bien plus concret, presque intime, résolument psychologique. Et c’est là que l’auteur se distingue avec force.

Dans ce type de récit, le “double” est souvent présenté comme une figure néfaste, voire psychopathe, entraînant l’autre dans ses échecs ou ses dérives. Ici, une fois encore, le lecteur est pris à contre-pied.

Ces jours qui disparaissent est une œuvre sur la dépossession de soi, mais pas uniquement. L’émotion qui s’en dégage est intense. Une véritable empathie naît pour le personnage, sans que l’on ressente nécessairement de haine ou de rejet pour “l’autre”.
La dualité se vit avant tout sur le plan émotionnel, dans une zone trouble où aucun jugement ne s’impose vraiment.


Merci Erik_



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