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mardi 25 août 2026

LE CLUB DES FEMMES MARIEES

            




    Le Club des femmes mariées    

Mubanga Kalimamukwento


     Auteur :    Mubanga KALIMAMUKWENTO

Editions : l'Aube https://editionsdelaube.fr/

Traduction de l'anglais (Zambie) :  Benoîte Dauvergne        

Genre : littérature, culture africaine, condition des femmes

Date de parution :  04 septembre 2026

392 pages

ISBN :  978-2-81-596731-0

Prix : 21 € 




Quatrième de Couverture : 

Sali est une jeune femme cultivée et indépendante. 
Pourtant, à vingt-huit ans, elle vit encore chez ses parents - pas par choix. Car dans son pays, la Zambie, surtout quand on est fille de pasteur, on ne vit pas sans un père ou un mari... Des années plus tard, Sali est accusée du meurtre de son époux. Au fil du procès, ce sont trois générations de femmes qui nous sont données à voir : Sali, donc, mais aussi sa mère et sa fille.
Qu'attend-on d'elles au juste ? Pourquoi leur statut marital compte-t-il tant ? La jeune fille a-t-elle le droit de rêver à l'amour ou est-ce que, comme sa mère et sa grand-mère, elle n'aura le choix qu'entre subir en silence ou être embarquée dans un tourbillon de violences ? Il y a ici quelque chose d'une Anatomie d'une chute, le sentiment que certains événements sont inéluctables. 




Tout d'abord, je remercie Alexandrine de Babelio et les éditions L'aube pour leur confiance.

On tient ici un roman qui pourrait bien marquer la littérature africaine contemporaine. Le premier pour l'auteure dont l'expérience d'avocate a été grandement mise à contribution, car il est question d'un procès. 

Sali est une zambienne libérée socialement et surtout sexuellement, un amant, homme marié qui plus est, qui se conclus par une grossesse. Cependant, la culture zambienne va vite reprendre le pas sur sa vie de femme dès lors qu'elle se marie. 

Ce roman est très intéressant car il est question de la condition des femmes en Afrique et ce qui me frappe avant tout, c'est leur profil : des femmes fortes, instruites, ambitieuses, prêtes à en découdre, du genre à ne pas se laisser mener par le bout du nez. Cependant, leur culture locale prend le dessus. 
Une jeune zambienne qui se marie devient une femme soumise, elle se plie aux traditions qui sont en grandes parties de devenir "une bonne épouse" avec tout ce que cela implique, notamment la perte de la précieuse liberté.

Là, on entre dans le vif du sujet ! Car le titre prend tout son sens, avec une ironie mordante : Le Club des femmes mariées. On y découvre le terme Shipikisha (« endure », « supporte »...), qui résume à lui seul la condition de ces femmes : « Bienvenue au club de celles qui doivent supporter. »

Ce n'est pas un club où on adhère avec plaisir pour partager des recettes ou autres, non ! C'est un club où on adhère par pression sociale, des parents, des autres femmes... L'institution du mariage devient un instrument de contrôle sur la femme, une violence sociale.

D'une écriture polyphonique, l'auteure mêle trois voix : Ntashé (17ans), sa mère Sali qui est au banc des accusés pour meurtre de son époux (qui est sa propre voix) et Peggy la grand mère. Trois générations, trois regards sur une même société et trois manières de résister ou d'endurer.

Dans ce roman la violence sociale est analysée avec une grande lucidité. C'est une œuvre profondément humaine, qui invite plus à comprendre qu'à juger. Il montre surtout comment certaines normes sociales peuvent enfermer les individus, et comment le courage consiste parfois simplement à dire : «Je n'endurerai plus.» 

Le personnage qui m'a le plus marquée est sans doute Ntashé. Sa place dans l'histoire, son innocence et la manière dont le procès va progressivement transformer son regard sur les adultes et sur la condition des femmes en font un personnage particulièrement touchant.

Ce roman montre également la précarité des droits et des conditions de la femme...


https://pasionlivres.blogspot.com

 


vendredi 1 mai 2026

YOU DON'T KNOW ME

             


    YOU DON'T KNOW ME    

   Auteur :    Imran MAHMOOD

Traduit de l'anglais par : Iris le Guinio

Editions :  Mera

Genre : Thriller

Date de parution : 13  mars 2026

380 pages

ISBN :  978-2-487149-35-9

Prix : 19,99 €



Quatrième de couverture : 

Et si l’amour vous poussait à franchir toutes les limites ? Quand elle a disparu, il a tout risqué pour la retrouver. Aujourd’hui, il se retrouve accusé de meurtre…

Il n’a pas de nom. Il pourrait être n’importe qui. Accusé de meurtre, il risque la prison à vie. Son avocat veut plaider la stratégie habituelle, mais lui veut qu’on entende sa vérité. Pendant des jours, il raconte son histoire au jury. Il parle d’un système qui ne comprend pas les hommes comme lui. Il parle de ce qu’on est prêt à faire par amour. Il parle de cette ligne floue entre coupable et innocent, entre héros et criminel. Vendeur de voitures, intelligent et sans passé criminel, il mène une vie modeste mais honnête dans un quartier ravagé par la drogue et la violence. Tout bascule lorsque Kira, sa petite amie, disparaît sans laisser de trace. Lorsqu’il découvre qu’elle est retenue prisonnière par un gang, il refuse de rester spectateur. Alors, il s’embarque dans une quête qui le dépasse. Il ment, il trahit, il prend des risques insensés. Et il demande l’aide de Curt, son meilleur ami et membre du gang des Glockz. Mais chaque pas qu’il fait pour sauver Kira l’entraîne un peu plus vers l’enfer…




Honnêtement, ce genre de roman n’est pas vraiment ma cam, mais la rencontre avec Imran Mahmood au festival du livre, ainsi que le concept de l’histoire, m’ont incitée à me lancer dans cette lecture.

Nous suivons un jeune homme noir, vendeur de voitures, vivant dans un quartier défavorisé où l’on côtoie des trafiquants de drogue au pied des immeubles… Un cadre qui pourrait sembler cliché si l’on parlait des États-Unis. Mais ici, nous sommes au Royaume-Uni. Accusé de meurtre, il renvoie son avocat et assure lui-même sa défense…

Voilà le concept dont je parlais plus haut. Il s’agit d’un roman basé sur un monologue unique, dans lequel l’accusé s’adresse directement au jury — et donc au lecteur — plaçant ce dernier dans une position à la fois de juge et de juré.

« J'ai alors commencé à me questionner sur le déroulement d'un procès où les personnes accusées de crimes seraient jugées par des personnes comme elles. Et si cela devait se produire, à quoi ressemblerait le discours d'une telle personne. Même si j'ai parfois été ému par les récits des accusés sur leur vie et par ce qui me semblait être l'inéluctabilité de leur situation, je n'étais pas capable de l'exprimer comme ils l'avaient fait. J'étais confronté à un dilemme : comment émouvoir la cour de la même manière qu'un accusé m'avait ému ? » Imran Mahmood

L’autre facette de ce dispositif, sans doute la plus intéressante, est de donner la parole à l’accusé en lui laissant l’opportunité de se défendre et de s’exprimer à sa manière, et non dans un langage d’avocat dans lequel il ne se reconnaît pas. Qui, de l’avocat ou de l’accusé, est le mieux placé pour défendre une cause ? Se pose alors la question essentielle de la crédibilité du témoignage : la vérité peut-elle passer par des mensonges ?

« Peu de temps après, l’idée d’un roman dans lequel un accusé prononce sa propre plaidoirie finale a germé dans mon esprit. Le véritable avantage était qu’en faisant cela, il pouvait être jugé non seulement par un jury de douze personnes présentes dans le tribunal, mais aussi par un jury de lecteurs. » — Imran Mahmood

L’avocat pénaliste qu’est l’auteur soulève de nombreuses questions sur la construction des dossiers, notamment autour de la notion de « preuve ». Malgré des éléments accablants, l’accusé les démonte un à un avec une certaine aisance, laissant entendre que la justice ne cherche pas toujours la vérité, mais parfois une version cohérente des faits.

«Dans You Don't Know Me, il était important pour moi d'aborder les problèmes réels auxquels font face ceux qui se retrouvent confrontés au système pénal. D'après mon expérience, un nombre disproportionné de jeunes hommes issus de milieux défavorisés et appartenant à des minorités ethniques se retrouvent pris dans les rouages de ce système. Je sais que certains se plaindront des stéréotypes présents dans le livre, mais la vie de gang est malheureusement une réalité vécue par certains jeunes hommes dans certaines régions du pays. Souvent, ceux qui ne bénéficient pas du soutien social généralement apporté par l'école et la famille sont attirés par la culture des gangs dès leur plus jeune âge. Le gang offre à beaucoup d'entre eux un système parallèle d'ordre, de pouvoir, de sécurité et de statut social, là où il y aurait autrement souvent un vide. Une fois qu'on a créé les conditions propices à l'émergence de sous-cultures, et qu'on a exclu toute possibilité de progresser grâce à l'éducation, le gang criminel finit par s'imposer comme un moyen d'atteindre ses objectifs.» Imran Mahmood

Dans ce roman, l’auteur fait converger amour, société et justice dans un climat de tension, de méfiance, mais aussi de loyauté.

J’ai évidemment été curieuse de découvrir l’adaptation en série de You Don't Know Me, et, sans surprise, j’ai préféré la version papier. J’ai trouvé que la série prenait trop de libertés avec le scénario et je n’y ai pas retrouvé la même intensité, malgré de bons acteurs.

https://pasionlivres.blogspot.com




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