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mercredi 16 septembre 2026

LE CERCLE DE KERN

              



    Le Cercle de Kern    

Alexis Laipsker


     Auteur :    Alexis LAIPSKER

Editions : Michel Lafon site 

Genre : Roman policier / Thriller

Date de parution :  10 septembre 2026

404 pages

ISBN :  978-2-7499-6009-8

Prix : 20 € 95




Quatrième de Couverture : 


Un père qui cherche sa fille.
Des villageois liés par un terrible secret.
Une enquêtrice qui porte malheur.
Un simple d’esprit qui dessine d’étranges symboles.
Une fugitive qui en sait trop.
Et un tueur en liberté.


SAUREZ-VOUS ECHAPPER AU CERCLE ?

C’est un réflexe chez moi ! Un roman d’Alexis Laipsker sort, je le lis aussitôt, c’est plus fort que moi.

Tout commence dans un petit village ! Une gamine disparaît ! Tout le village part à sa recherche dans une battue, sous les directives du brigadier-chef Gallibert, en attendant que la gendarmerie y mette tous les moyens.

8 ans après, Leonora Koka, une détenue, se fait la malle. Déjà sur une enquête concernant la disparition de petites filles de 12 ans, la commandante Cavalier est appelée sur l’affaire de l’évasion. En effet, dans la cellule de Leonora sont retrouvés des documents concernant les disparitions.

Au même moment, Philippe Kern part avec sa petite Chloé, à proximité d’un village. C’est l’accident…

Absolument tous les éléments sont réunis dans ce one-shot pour rendre le lecteur complètement dingue et angoissé ! 

Les deux époques se rejoignent, les enquêtes s’entremêlent, les flics pataugent dans la semoule, les personnages sont plus inquiétants les uns que les autres… Et ce village !!!!

Alexis Laipsker a fait en sorte que ce village devienne un personnage à part entière. Une sorte de pack, murs, forêt et habitants compris : le gendarme, le maire, l’idiot du village, l’homme à la barbe rousse, la vieille, la veuve, les éleveurs de chiens… Mais ne vous y fiez pas : si vous croyez pouvoir les cerner, c’est peine perdue.

"Ici, la nature n'avait jamais perdu ses droits et elle rappelait sa toute-puissance à chaque visiteur qui s'aventurait en son cœur."

Le roman se raconte en plusieurs voix, notamment celle de Philippe Kern, père célibataire, désespéré, aux abois, que ce village rend complètement paranoïaque… Les dialogues sont, eux, très réalistes ce qui donne plus de réalisme au roman.

Ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler plus... 

Forcément ! Maintenant, j’attends le prochain !

Au boulot, Monsieur Laipsker, un an, c’est trop long…


https://pasionlivres.blogspot.com
 



dimanche 30 août 2026

LES SAULES

     


        



    Les Saules    

Mathilde Beaussault


     Auteur :    Mathilde Beaussault

Editions : Seuil www.seuil.com

Genre : Roman policier / Roman littéraire

Date de parution :  10 janvier 2025

272 pages

ISBN :  978-2-02-157698-6 

Prix : 19 € 90




Quatrième de Couverture : 


Aussi âpre que bouleversante,
une histoire de liberté et de meurtre,
de silence et d'amitié,
au cœur d'un hameau breton.

Allongée au bord de la rivière, cachée par les saules pleureurs, Marie, dix-sept ans, semble paisible, endormie, ce que démentent les marques sombres sur son cou.
Sa mort brutale ébranle toute la communauté, et surtout Marguerite, une petite fille solitaire que tous croient simple d'esprit. Ses parents, peu enclins à manifester leur affection, travaillent leur terre du matin au soir. Livrée à elle-même, maltraitée à l'école, elle aime se réfugier au bord de la rivière, où elle se sent en sécurité sous les saules.
Cette nuit-là, elle a vu quelque chose. Elle voudrait bien aider Marie, la seule qui était gentille avec elle. Mais voilà, Marguerite ne parle pas, ou presque jamais. Mutique derrière sa chevelure sale et emmêlée, elle observe l'agitation des adultes qui, gendarmes ou habitants, mènent l'enquête. Mais comment discerner la vérité parmi les rumeurs, les rivalités familiales et les rancœurs tissées de longue date ?






C'est vrai que généralement, on commence par les premiers. Sauf que c'est le second roman de Mathilde Beaussault qui m'était tombé dans les mains au départ. Mais j'ai très vite rectifié le tir, car il a fallu absolument que je lise "Les Saules". C'est fait ! Et ce second avis de lecture confirme le premier : cette auteure est une valeur sûre de la littérature française, à n'en pas douter !

Le corps de Marie, une jeune fille de dix-sept ans, gît dans la rivière. Une enquête est menée dans ce village où tout le monde se connaît, faisant remonter à la surface d'anciennes histoires et querelles entre villageois et classes sociales. Marguerite, la petite qui ne pipe quasiment jamais mot, sait peut-être quelque chose...

Mathilde Beaussault ne s'est pas contentée de raconter une histoire, ni d'écrire un thriller haletant. Non. Elle a écrit un roman à plusieurs étiquettes. On est dans le thriller et le roman policier, dans le roman littéraire, en passant par le roman social qui respire. Vous me direz : « Mais qu'est-ce qu'elle raconte encore ? » Alors je m'explique...

Lorsqu'on lit ce roman, l'auteure nous fait tout ressentir, que ce soit écrit ou entre les lignes. Les sentiments des personnages, la tension, la dureté de la vie, le climat social, l'amour maternel et parental plus généralement... À cette lecture, on se sent réellement plongé dans le décor et dans l'histoire, tant elle semble réelle. Tellement réelle qu'on a envie d'ouvrir une porte et de récupérer Marguerite pour lui donner une meilleure vie, d'en ouvrir une autre pour secouer certains personnages, et ainsi de suite. Vivant, je vous dis, ce roman.

Ces impressions, on les doit à un talent indéniable. Que ce soit dans les descriptions, dans les dialogues ou dans la richesse du vocabulaire, l'auteure y met tout son cœur.

Je pense que vous l'avez compris : j'ai beaucoup aimé ce roman, autant que La Colline, tellement l'auteure puise en nous. J'ai trouvé beaucoup de puissance dans cette écriture et beaucoup d'humanité. L'histoire m'a transportée, aussi sombre puisse-t-elle être. Ce n'est finalement pas le meurtre qui reste le plus longtemps en tête, mais tout ce qu'il révèle autour de lui.



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 "Le dimanche n'est qu'un cafard qui se repaît du lundi"

"C ' est souvent dans la naïveté qu'on reconnait l'humanité."

" On ne croit pas vraiment en Dieu dans la famille mais on mettrait, s'il le fallait, un cierge à brûler les veilles de moissons pour que les machines ne lâchent pas les hommes."

"Victor, c'est un peu comme le soleil breton. Il n'est jamais là où on l'attend mais il réserve de belles surprises à qui sait le comprendre."

 

 














jeudi 30 juillet 2026

ORPHELINES

      




        

    Orphelines    

Franck Bouysse


     Auteur :    Franck Bouysse

Editions : J'ai lu

Genre : Roman policier / Thriller

Date de parution :  (j'ai lu) 03-03-2021

224 pages

ISBN :  978-2-290-21948-5

Prix : 7,90 €



Quatrième de Couverture : 


Une ambiance pesante et morose s’est installée sur la ville.
Un criminel tapi dans l’ombre observe et s’amuse avec les deux flics qui le poursuivent. La noirceur de son âme ne fait aucun doute depuis qu’un corps de femme massacré a été découvert…
Crime après crime, Bélony et Dalençon voient ce meurtrier leur glisser entre les doigts. Le capitaine Jacques Bélony, « vieux flic de la Criminelle », vient de perdre sa femme et sa fille dans un accident de voiture, tandis que Marie Dalençon, sa jeune collègue, subit les tourments de relations amoureuses chaotiques. Mais ils doivent coûte que coûte arrêter ce meurtrier qui s’attaque à des femmes isolées…

Photo : gesteditions




J'étais impatiente de découvrir ce roman d'un auteur que j'ai plusieurs fois apprécié, c'est pourtant une lecture en deux teintes qui m'attendait. Le début était prometteur, une ambiance lourde, des personnages plutôt intéressants et attachants, un démarrage intrigant qui laissait présager un thriller tendu. 

Et puis... pas vraiment.

Très vite, j'ai eu cette sensation étrange de marcher sur un terrain déjà parcouru. L'intrigue avance, on se laisse embarqué et plutôt bien même sur plusieurs chapitres, puis j'ai commencé à ne plus y croire. Je voyais arriver beaucoup de choses avant qu'elles n'arrivent. Pas parce que le roman est mauvais. Parce qu'il emprunte des chemins trop familiers. 

C'est d'autant plus frustrant que la matière est là. Les personnages principaux ont quelque chose. Ils donnent envie qu'on s'attarde sur eux. L'histoire de départ est solide. On sent qu'il y avait de quoi construire un thriller beaucoup plus marquant.

À la place, le récit s'éparpille. On passe du temps avec des personnages secondaires dont je n'ai jamais vraiment compris l'utilité. Ces détours cassent le rythme plus qu'ils n'enrichissent l'ensemble. J'attendais que tout finisse par s'assembler, que chaque écart ait un sens. Ce moment n'est jamais vraiment venu.

La fin résume assez bien mon ressenti. Elle ne m'a pas surprise. Elle m'a surtout semblé manquer d'ambition. J'espérais un dernier mouvement capable de rehausser tout ce qui précédait, un retournement, une idée plus audacieuse, quelque chose qui reste en tête une fois le livre refermé. Au lieu de ça, j'ai eu l'impression que le roman choisissait la voie la plus attendue.

Au final, Orphelines m'a fait l'effet d'un soufflé qui retombe. Il gonfle au début, promet beaucoup, attire la curiosité... puis il perd peu à peu de sa force. C'est sans doute ce qui me laisse le plus de regrets. Non pas d'avoir passé un mauvais moment, mais d'avoir eu le sentiment qu'un bien meilleur roman était caché quelque part entre ces pages.



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mercredi 8 juillet 2026

LA COLLINE

    


        

    La Colline    

Mathilde Beaussault


     Auteur :    Mathilde Beaussault

Editions : Seuil www.seuil.com

Genre : Roman policier / Roman littéraire

Date de parution :  06 mars 2026

336 pages

ISBN :  978-2-02-160230-2

Prix : 19 € 90




Quatrième de Couverture : 


Un roman choral et viscéral qui mêle brutalité et grâce,
par la lauréate du Grand Prix de littérature policière 2025

Un jour d’hiver, dans une cité de Rennes, un nouveau-né est découvert au fond d’un container à ordures. Vivant.
Quelques étages plus haut, une jeune fille se vide de son sang.
Elle s’appelle Monroe, elle a dix-sept ans.
Dans cette chambre où sa mère l’a enfermée, Monroe revit les mois passés sur la colline, chez sa grand-mère Madeleine. Là-haut, le vent, le labeur et le silence façonnent les corps. Auprès de cette vieille femme solitaire aux mains guérisseuses, Monroe, enceinte, a découvert une paix inespérée. Et puis tout s’est écroulé.

Monroe s’affaiblit, les policiers enquêtent, les soignants espèrent, les pompiers s’interrogent, la famille se désintègre : durant ces quelques heures d’une intensité foudroyante, chacun mesurera ce qu’il a perdu – ou sauvé – de son humanité.







Il y a des thrillers qui cherchent avant tout à tenir le lecteur en haleine. *La Colline* fait bien plus que ça. C'est un roman qui avance avec une tension permanente, oui, mais porté par une écriture d'une beauté assez rare. Une écriture qui prend son temps quand il le faut, qui s'attarde sur une sensation, un paysage, un silence. On se surprend parfois à ralentir sa lecture simplement parce que certaines phrases méritent qu'on les laisse résonner. C'est sombre. Souvent même très sombre. Et pourtant il y a quelque chose de profondément vivant dans ces pages.

Tout commence avec Monroe. Elle n'est pas encore tout à fait majeure. Elle est enceinte. Sa mère, incapable d'être une mère, préfère l'envoyer chez sa grand-mère, perdue dans les collines, à une centaine de kilomètres de Rennes. On sent immédiatement que ce départ ressemble davantage à un abandon qu'à une protection.

Et puis il y a cette grand-mère.

Sans faire de bruit, elle offre à Monroe ce qu'elle n'a jamais vraiment connu : une présence, une tendresse, une forme d'amour qui ne demande rien en échange. Leur relation m'a profondément touché. Elle grandit sans effets spectaculaires. Juste avec des gestes, des regards, une confiance qui s'installe. C'est probablement ce qui m'a le plus ému dans tout le roman.

Autour d'elles flotte quelque chose d'ancien. De presque oublié. La grand-mère est guérisseuse. Pour certains, c'est un don. Pour d'autres, c'est de la sorcellerie. Dans ce village où chacun sait tout sur tout le monde, où les rumeurs circulent plus vite que la vérité, cela suffit à faire naître la méfiance. J'ai beaucoup aimé cette dimension presque mystique qui ne tombe jamais dans le spectaculaire. Elle reste profondément enracinée dans la terre, dans les plantes, dans les saisons. On sent l'humidité des chemins, l'odeur des feuilles, le poids des traditions. La nature n'est pas un décor. Elle fait partie du récit. Elle respire avec les personnages.

Et quels personnages...

Ils sont nombreux, mais jamais de trop. Chacun arrive avec son histoire, ses blessures, ses contradictions. Des pompiers, des policiers, le personnel de la maternité, les patients, les voisins... Au départ, on se demande comment tous ces destins vont pouvoir se rejoindre. Puis, presque sans qu'on s'en rende compte, tout s'emboîte. Les rencontres paraissent naturelles. Chacun trouve sa place. Aucun personnage ne donne l'impression d'être là uniquement pour servir l'intrigue.

C'est aussi un roman profondément social. Il parle de transmission, de solitude, de maternité, de violence familiale, du regard des autres. Sans discours. Les situations parlent d'elles-mêmes.

Et puis Monroe...

Impossible de rester à distance. On tremble pour elle. On espère. On a parfois envie de lui dire de fuir, de ne pas faire confiance, de s'accrocher. Son histoire devient presque physique. Il y a des moments où le cœur accélère vraiment. D'autres où les larmes montent sans prévenir. Je me suis surpris à tourner les pages de plus en plus vite alors que, quelques chapitres plus tôt, je savourais chaque phrase.

C'est sans doute ce qui m'a le plus marqué. Mathilde Beaussault réussit à écrire un véritable thriller tout en conservant une écriture profondément littéraire. Les deux ne s'opposent jamais. Au contraire, ils se nourrissent l'un l'autre. La tension est là, constante, mais elle ne prend jamais le dessus sur l'émotion ou sur la beauté du texte.

*La Colline* raconte un drame familial. Une histoire de secrets, de blessures, de transmission. Mais c'est aussi un roman qui parle d'amour, de celui qui répare un peu ce que d'autres ont détruit. Un livre dont on tourne la dernière page avec le sentiment d'avoir quitté un lieu qui a réellement existé... et des personnages qui continueront encore longtemps à nous accompagner.



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Quand on arrive aux urgences avec un petit vieux, il vaut mieux qu'il soit mort ou sur le point de mourir. Sinon ça gueule "où voulez-vous qu'on le mette ?" C'est simple, il n'y a plus d'endroit où mettre les vieux dans notre société.

p 30
 

(...) Il faut toujours que ce soit la mère qui soit désignée coupable quand on ne sait rien. Et si c'et elle, on pourrait peut-être se demander comment c'est possible de se retrouver, toute seule, en plein centre-ville, un samedi matin, au XXIè siècle, en France, à accoucher puis à balancer le fruit de ses entrailles dans un bac à ordures sur un boulevard ? On croit toujours que les mères sont des louves qui sortent les griffes quand on approche de leur progéniture, qu'elles se font téter la mamelle sans problème et qu'elles lèchent leurs petites qu'elles reconnaissent tout de suite. Foutaises ! J'inviterais bien les flics à faire un tour dans le service pendant 24 heures, L'instinct maternel, c'est des conneries. Quand ça fonctionne, c'est merveilleux. Mais c'est pas toujours gagné. Y en a plus d'une à laisser le môme dans le berceau en le regardant comme si c'était un extraterrestre. Ca prend du temps parfois d'aimer ce qu'on ne connaît pas. Il faut les aider. C'est tout. Si on fabriquait des parents au même rythme que des enfants, il y aurait nettement moins d'emmerdes sur Terre. Je ne dis pas que les mères sont toures prêtes à balancer leur môme dans une poubelle, évidemment, je me dis juste qu'il faut essayer de se taire avant de se mettre à huiler la clé de prison qui les enfermera.

p 89

 

(...) J'ai mis presque quarante ans à pouvoir raconter ça. Tu te rends compte ? (Elle pose une main froide sur la cuisse de sa petite-fille.) Prends ton temps, Monroe. Tu raconteras ton histoire, toi aussi, un jour. Quand tu pourras. Tu as les mêmes yeux que moi. Mais tu es trop jeune pour avoir des paupières aussi lourdes. Alors il faudra raconter ton histoire pour y voir plus clair. Ça fait du bien. Faudra juste pas mettre autant de temps que moi.

p 139 

 

 La chambre 102 est occupée par une prof qui croit avoir un bout de cerveau dans chaque nichon. Résultat des courses, elle intellectualise chaque tétée comme si elle avait pondu non pas un affamé de 3 kilos mais une thèse pour défier Freud.


p 169

— Faut pas te laisser faire ! Je suis sûre que sa mère lui a même pas cisaillé la teub quand il pissait au lit. Il a pas d'excuses. Le mec doit se mirer dans sa pisse tellement il s'aime. Il pense que sa merde pourrait se vendre au marché noir ou quoi ? (Louvier est prostrée et c'est étrange de la voir mutique avec un visage sur lequel ruissellent les paroles de Samantha.) J'ai une pote, son mec, il la frappait. Elle s'est cassée sans laisser de post-it. Faut pas rester avec ce genre de type. Tu peux avoir tout le pognon du monde, si t'as pas le respect, c'est comme si t'étais assise sur des lingots d'or mais qu'on te les bourrait de force dans le cul.

p 209


(...) T'es enceinte, tu crois que c'est la fin du monde. Mais tu vas de toute façon tout torcher toute seule, toi aussi. Tu fais juste semblant de pas le savoir encore. Lui, il prendra la pose sur les photos que tu accrocheras en cascade le long de ton escalier en chêne massif, comme dans les séries américaines. Jérémy, il fout rien mais il est gentil avec moi et il aime ses gosses. J'attends pas qu'il mouille la serpillière. Il pourrait vivre dans une auge que ça le dérangerait pas. Mais au moins, quand il me passe une main dans les cheveux, il tire pas sur les nœuds. Il dit pardon s'il croit qu'il m'a fait mal. T'as enquillé les études et moi les bières mais c'est moi qui vois clair.


p 211

 

(...) On s'arrête à un feu rouge. La pluie chassée siffle sur le pare-brise. Une famille traverse devant les phares. Le gamin saute dans une flaque et sa mère râle, le père s'en fout, il a le nez dans le portable. Je leur dirais bien de profiter, de batifoler dans la flotte avec leur gosse, qu'il y aura que les chaussettes à changer. Qu'il n'y a que les souvenirs des petits moments, qui restent à la toute fin. Comme l'odeur de leurs cheveux qu'on renifle au réveil. Comme leurs grands yeux quand ils vous cherchent parce qu'ils croient vous avoir perdu dans la rue. Mais le feu passe au vert. Il faut avancer.

p 305 

 















vendredi 22 mai 2026

L'HOMME SANS SOMMEIL

               



    L'homme sans sommeil    


   Auteur :    Antonio LANZETTA


Editions :  Mera https://mera-editions.com/

Genre : Thriller/Horreur

Date de parution : 16  janvier 2024

410 pages

ISBN :  978-2-9571694-9-8

Prix : 19,90 €





Quatrième de couverture : 

Un vieux manoir à l’atmosphère oppressante. Deux jeunes garçons sortis d’un orphelinat. Un secret enfoui, prêt à ressurgir du passé. Un tueur qui se nourrit de vos peurs.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Bruno, treize ans, vit dans un orphelinat près de Salerne, et est soumis au harcèlement constant de ses camarades. Seule son amitié avec Nino, le petit nouveau qui prend sa défense, parvient à rendre son séjour dans l’institution supportable. L’été apporte un vent de liberté et Bruno et Nino sont choisis pour travailler chez les Aloïa, une riche famille des environs. C’est là que Bruno rencontre Caterina, une étrange petite fille qui vit au dernier étage de la maison et qui lui fait découvrir les recoins de l’imposante bâtisse. Mais le jeu prend vite une tournure sinistre : Bruno commence à être tourmenté par d’inexplicables cauchemars, qui le laissent exténué à son réveil. La mise au jour, dans la propriété d’Aloïa, de plusieurs cadavres en état de décomposition avancée jette un voile inquiétant sur la villa et ses habitants. À qui appartiennent ces corps ? Et pourquoi tout le monde semble savoir quelque chose que personne ne veut révéler ?
Cette histoire est celle d’une amitié, de souvenirs brisés et d’un tueur brutal qui se nourrit de la peur de ses victimes. C’est l’histoire de Bruno, et de l’été où il est devenu l’Homme sans Sommeil.




                                         


Petite découverte faite au festival du livre à Paris en avril dernier. A croire que l'Italie me fait de l'œil ces temps-ci.

La plus grande partie de l'histoire se passe en 1948, dans le beau décor de Cilento, près de Salerne en Italie. Deux jeunes orphelins de 13 ans sont envoyés sur un grand domaine pour travailler. Outre le personnel, et l'étrangeté des lieux, il s'y passent des choses plutôt inquiétantes...



Il s'agit d'un thriller particulièrement immersif, porté avant tout par sa puissance atmosphérique. Antonio Lanzetta construit un univers où les lieux semblent presque vivants : les villages accrochés à la montagne, les routes isolées, les demeures anciennes ou les caves obscures reflètent exactement l’angoisse qui traverse le récit. Les descriptions sont précises, visuelles, presque cinématographiques, ce qui permet au lecteur de ressentir la chaleur, l’enfermement ou le malaise avec beaucoup d’intensité, notamment les lieux humides souvent cités.

(...)le père Mario l’avait envoyé, avec deux autres garçons, travailler aux pompes funèbres. « La guerre est finie, avait dit le prêtre, tout le monde doit aider à la reconstruction, vous y compris. » Bruno s’en était moqué, il avait aimé cet endroit. Le parfum des fleurs, le marbre froid, un silence comme il n’y en avait pas à l’orphelinat. Là-bas, personne ne l’avait insulté ni battu. Il n’avait eu qu’à s’appliquer à polir des cercueils toute la journée.

L’un des grands points forts du roman réside également dans ses dialogues, très naturels et crédibles. Ils donnent l’impression d’assister à un scénario de film plus qu’à une simple narration littéraire. Les personnages apparaissent alors profondément humains, avec leurs fragilités, leurs silences et leurs contradictions, ce qui renforce l’authenticité du récit.

Je pense que le traducteur a particulièrement réussi à préserver cette fluidité visuelle et émotionnelle. Toute la tension, la noirceur méditerranéenne et le réalisme des échanges semblent avoir été retranscrits avec soin, sans donner l’impression d’une œuvre “traduite”.

Il avait ce regard qui donnait toujours à Bruno le sentiment d’être à nu, vulnérable, comme si sa vie en dehors de la cave n’avait aucun sens, et que le froid, la douleur, et le goût du sang étaient tout ce qu’il représentait.

L'auteur joue avec nos nerfs en nous désorientant, car on peut avoir le sentiment d’être perdu, de ne pas saisir immédiatement tous les liens entre les événements ou les personnages. Pourtant, c’est précisément ce procédé qui nourrit la force de l’intrigue : les éléments s’assemblent progressivement comme un puzzle inquiétant, donnant de plus en plus de profondeur au mystère et poussant à continuer la lecture pour comprendre enfin l’ensemble.

On peut toutefois ressentir quelques longueurs par moments. L’auteur entretient volontairement le flou ou multiplie les détours atmosphériques et les intrigues. Mais ces lenteurs participent aussi à l’identité du roman : elles installent une tension diffuse, presque oppressante, qui ne disparaît jamais totalement jusqu’à la dernière page.

La solitude était devenue le seul moyen de se sentir en sécurité. Le silence ne vous jugeait pas, mais vous réconfortait, comme une caresse sur la joue.

J'ai vraiment apprécié la lecture de ce roman, autant par son ambiance au style ésotérique que par son intrigue. C'est un thriller sombre, voir horrifique qui se distingue par son côté cinématographique et profondément sensoriel, où la beauté des paysages méditerranéens contraste constamment avec l’inquiétude qui ronge les personnages.


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lundi 4 mai 2026

LE COUVENT DES PASCALINES

              



    Le couvent des Pascalines    


   Auteur :    Alex SOL


Editions :  Belladone

Genre : Thriller/Horreur

Date de parution : 19  mars 2026

228 pages

ISBN :  978-2-488853-01-9

Prix : 8,90 €



Quatrième de couverture : 

Elles étaient censées les sauver…

France, 1871. Depuis quatre mois, Louise est enfermée au couvent des Pascalines, loin des salons parisiens qu’elle aime tant. Tombée enceinte hors mariage à l’âge de 17 ans, elle a été envoyée ici, comme tant d’autres jeunes filles, pour dissimuler sa grossesse. Si ses journées sont tristes et monotones, ses nuits sont perturbées par des cris déchirants qui – elle en est persuadée – ne résultent pas que des douleurs de l’accouchement. Il arrive même que certaines pensionnaires disparaissent après avoir mis au monde leur enfant. Alors, quand surviennent ses premières contractions, Louise n’a plus qu’une idée en tête : s’enfuir. Mais lorsqu’elle découvre ce que cache la congrégation, elle comprend que les sœurs seront prêtes à tout pour la réduire au silence.



                                         


Cela faisait un moment que je souhaitais découvrir un roman de Alex Sol ; voilà qui est chose faite, et sans aucun doute, une expérience à renouveler.

Nous sommes en 1871. Louise, jeune fille de 17 ans, intelligente et passionnée de médecine, est promise à un brillant avenir. Fiancée à un beau parti de la haute société, tout semble tracé pour elle… jusqu’au moment où elle tombe enceinte hors mariage. Pour éviter le scandale et préserver l’honneur de sa famille, elle est envoyée dans un couvent afin de mener sa grossesse à terme, avant que l’enfant ne soit confié à l’adoption.

Hautaine, capricieuse, habituée à une certaine liberté intellectuelle, Louise va devoir apprendre à composer avec un monde fermé, régi par des règles strictes, où sa volonté ne fait plus loi.

Celle que je pensais être la plus pauvre de nous deux était en réalité la plus riche. Eugénie possédait quelque chose que je n’avais fait qu’effleurer. Quelqu’un qui l’aimait plus que tout.

Louise bénéficie d’une éducation, d’un statut social élevé, d’un mariage d’amour (fait déjà rare à l’époque). Et pourtant, cela ne suffit pas à la protéger. Dès qu’elle transgresse une norme (la grossesse hors mariage) elle est immédiatement rappelée à l’ordre social.

Ce roman souligne ainsi un contraste fort : le poids de la réputation, le contrôle du corps des femmes et l’absence de véritable autonomie. Alors que Louise souhaite devenir médecin et soigner les corps, elle n’a même pas le droit de disposer du sien.

La religion est également très bien abordée à travers le couvent des Pascalines, qui occupe une place centrale dans le roman. Le couvent apparaît d’abord comme un lieu de refuge et de protection, proposant une solution « honorable » en toute discrétion… Mais c’est précisément là que naît l’ambiguïté : s’agit-il réellement d’un lieu de protection, ou plutôt d’un espace d’effacement ? En exerçant une autorité morale sur des femmes, pour la plupart brisées, la religion ne devient-elle pas, ici, un instrument de contrôle ?

Les soeurs, dans un acte de charité hypocrite, nous ont placées côte à côte. Ce que nous avons vécu cette nuit toutes les deux nous a liées à jamais. Il nous a abandonnées, Il nous a méprisées. Son ancien rival, Lucifer, lui, ne semble pas nous avoir oubliées.

Le mode narratif apporte beaucoup au roman. Le choix de faire de Louise la narratrice renforce l’impact du récit : on est au plus près de ses pensées, de ses contradictions et de ses émotions.

Le Couvent des Pascalines est un roman à la fois historique, social et profondément humain, qui interroge la place des femmes ainsi que celle de la religion dans la société.


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vendredi 1 mai 2026

YOU DON'T KNOW ME

             


    YOU DON'T KNOW ME    

   Auteur :    Imran MAHMOOD

Traduit de l'anglais par : Iris le Guinio

Editions :  Mera

Genre : Thriller

Date de parution : 13  mars 2026

380 pages

ISBN :  978-2-487149-35-9

Prix : 19,99 €



Quatrième de couverture : 

Et si l’amour vous poussait à franchir toutes les limites ? Quand elle a disparu, il a tout risqué pour la retrouver. Aujourd’hui, il se retrouve accusé de meurtre…

Il n’a pas de nom. Il pourrait être n’importe qui. Accusé de meurtre, il risque la prison à vie. Son avocat veut plaider la stratégie habituelle, mais lui veut qu’on entende sa vérité. Pendant des jours, il raconte son histoire au jury. Il parle d’un système qui ne comprend pas les hommes comme lui. Il parle de ce qu’on est prêt à faire par amour. Il parle de cette ligne floue entre coupable et innocent, entre héros et criminel. Vendeur de voitures, intelligent et sans passé criminel, il mène une vie modeste mais honnête dans un quartier ravagé par la drogue et la violence. Tout bascule lorsque Kira, sa petite amie, disparaît sans laisser de trace. Lorsqu’il découvre qu’elle est retenue prisonnière par un gang, il refuse de rester spectateur. Alors, il s’embarque dans une quête qui le dépasse. Il ment, il trahit, il prend des risques insensés. Et il demande l’aide de Curt, son meilleur ami et membre du gang des Glockz. Mais chaque pas qu’il fait pour sauver Kira l’entraîne un peu plus vers l’enfer…




Honnêtement, ce genre de roman n’est pas vraiment ma cam, mais la rencontre avec Imran Mahmood au festival du livre, ainsi que le concept de l’histoire, m’ont incitée à me lancer dans cette lecture.

Nous suivons un jeune homme noir, vendeur de voitures, vivant dans un quartier défavorisé où l’on côtoie des trafiquants de drogue au pied des immeubles… Un cadre qui pourrait sembler cliché si l’on parlait des États-Unis. Mais ici, nous sommes au Royaume-Uni. Accusé de meurtre, il renvoie son avocat et assure lui-même sa défense…

Voilà le concept dont je parlais plus haut. Il s’agit d’un roman basé sur un monologue unique, dans lequel l’accusé s’adresse directement au jury — et donc au lecteur — plaçant ce dernier dans une position à la fois de juge et de juré.

« J'ai alors commencé à me questionner sur le déroulement d'un procès où les personnes accusées de crimes seraient jugées par des personnes comme elles. Et si cela devait se produire, à quoi ressemblerait le discours d'une telle personne. Même si j'ai parfois été ému par les récits des accusés sur leur vie et par ce qui me semblait être l'inéluctabilité de leur situation, je n'étais pas capable de l'exprimer comme ils l'avaient fait. J'étais confronté à un dilemme : comment émouvoir la cour de la même manière qu'un accusé m'avait ému ? » Imran Mahmood

L’autre facette de ce dispositif, sans doute la plus intéressante, est de donner la parole à l’accusé en lui laissant l’opportunité de se défendre et de s’exprimer à sa manière, et non dans un langage d’avocat dans lequel il ne se reconnaît pas. Qui, de l’avocat ou de l’accusé, est le mieux placé pour défendre une cause ? Se pose alors la question essentielle de la crédibilité du témoignage : la vérité peut-elle passer par des mensonges ?

« Peu de temps après, l’idée d’un roman dans lequel un accusé prononce sa propre plaidoirie finale a germé dans mon esprit. Le véritable avantage était qu’en faisant cela, il pouvait être jugé non seulement par un jury de douze personnes présentes dans le tribunal, mais aussi par un jury de lecteurs. » — Imran Mahmood

L’avocat pénaliste qu’est l’auteur soulève de nombreuses questions sur la construction des dossiers, notamment autour de la notion de « preuve ». Malgré des éléments accablants, l’accusé les démonte un à un avec une certaine aisance, laissant entendre que la justice ne cherche pas toujours la vérité, mais parfois une version cohérente des faits.

«Dans You Don't Know Me, il était important pour moi d'aborder les problèmes réels auxquels font face ceux qui se retrouvent confrontés au système pénal. D'après mon expérience, un nombre disproportionné de jeunes hommes issus de milieux défavorisés et appartenant à des minorités ethniques se retrouvent pris dans les rouages de ce système. Je sais que certains se plaindront des stéréotypes présents dans le livre, mais la vie de gang est malheureusement une réalité vécue par certains jeunes hommes dans certaines régions du pays. Souvent, ceux qui ne bénéficient pas du soutien social généralement apporté par l'école et la famille sont attirés par la culture des gangs dès leur plus jeune âge. Le gang offre à beaucoup d'entre eux un système parallèle d'ordre, de pouvoir, de sécurité et de statut social, là où il y aurait autrement souvent un vide. Une fois qu'on a créé les conditions propices à l'émergence de sous-cultures, et qu'on a exclu toute possibilité de progresser grâce à l'éducation, le gang criminel finit par s'imposer comme un moyen d'atteindre ses objectifs.» Imran Mahmood

Dans ce roman, l’auteur fait converger amour, société et justice dans un climat de tension, de méfiance, mais aussi de loyauté.

J’ai évidemment été curieuse de découvrir l’adaptation en série de You Don't Know Me, et, sans surprise, j’ai préféré la version papier. J’ai trouvé que la série prenait trop de libertés avec le scénario et je n’y ai pas retrouvé la même intensité, malgré de bons acteurs.

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lundi 16 février 2026

ÂNKH

      

     ÂNKH     











     Auteur :   Erick DAY

Editions :  Panthéon

Genre : Thriller

Date de parution : 28 février2023

344 pages

ISBN :  978-2-7547-6316-5

Prix : 24€90


ANKH est un roman d’aventure scientifique ambitieux, haletant qui ne laisse que peu de répit au lecteur. Ce récit dense, où l’action et la réflexion se succèdent, maintient une tension constante tout en nourrissant une curiosité intellectuelle.

L’un des grands atouts du roman réside dans le lien qui unit les trois personnages principaux. Leur complémentarité donne de la cohérence à l’intrigue : ils avancent ensemble, se soutiennent, débattent, doutent parfois, mais restent unis face aux découvertes vertigineuses qu’ils affrontent. Leur dynamique crée une énergie collective qui porte le récit et renforce l’aspect aventurier du roman.

Cependant, si leur solidarité est convaincante, l’auteur semble parfois plus à l’aise avec les idées qu’avec les émotions. Certaines réactions ou décisions manquent de naturel ou de profondeur psychologique, ce qui peut créer une légère distance affective avec eux. Les sentiments sont évoqués, mais pas toujours pleinement incarnés.

Le roman séduit par son puissant sentiment de dépaysement. Les paysages, les fouilles, les sites archéologiques et les environnements naturels participent pleinement à l’immersion. On voyage autant géographiquement qu’intellectuellement.

Erick Day nous plonge dans les multiples disciplines de l’archéologie : géologie, paléontologie, stratigraphie, paléobotanisme, palynologie... qui nourrissent l'intrigue et crédibilisent l'histoire. Il en est de même pour l'approche scientifique : Radiogénétique, ADN, ARN, isotopes radioactifs, manipulation génétique… qui sont intégrés dans l' intrigue remettant en question les fondements mêmes du génome humain.

Malgré quelques maladresses dans le traitement des sentiments et des décisions des personnages, parfois un peu abruptes ou insuffisamment justifiées, le roman reste une expérience très positive avec un rythme soutenu, un souffle aventurier, un dépaysement constant et une richesse scientifique et historique qui en font une lecture stimulante et immersive. On en ressort avec le sentiment d’avoir voyagé, appris et réfléchi : tout ce que j'aime... 

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