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mardi 11 novembre 2025

LE CREPUSCULE DE LA VEUVE BLANCHE

                               

     Le Crépuscule de la Veuve Blanche    

Cyril CARRERE




Auteur : Cyril Carrère

Editeur : Denoël

Genre : Policier thriller japonais

Date de Sortie : 8 octobre 2025

Nombre de pages : 400

ISBN : 978-2-207-18655-8

Prix : 22€ 


J’ai découvert Cyril Carrère avec son roman Avant de sombrer, puis j’ai compris que j’allais guetter la sortie de chacun de ses livres après avoir lu La colère d’Izanagi. Et je viens à peine de refermer Le Crépuscule de la Veuve blanche que j’espère déjà une suite !

L’auteur donne le ton dès la citation de Jean Baudrillard : « Rien ne sert de mourir, il faut savoir disparaître. »
Car il s’agit bien de cela : du jōhatsu, ce phénomène japonais désignant les personnes qui choisissent de disparaître volontairement.

L’histoire met en scène « la Veuve blanche », une tueuse en quête de rédemption qui décide de s’effacer avec sa fille. Près de quinze ans plus tard, Junichi Kudo, patron d’une agence de détectives privés, découvre une vidéo virale d’un célèbre youtubeur relançant l’affaire… avant de s’« évaporer » à son tour. Ses associés font alors appel à la cellule Sakura pour le retrouver.

On retrouve avec plaisir cette équipe attachante.
Hayato Ishida reste pour moi un mystère : j’ai du mal à me le représenter, mais sans que cela soit frustrant ; au contraire, son style lui confère une aura singulière et en fait un personnage fascinant.
De son côté, Noémie Legrand n’est pas en reste : sa situation familiale apporte une dimension plus intime et humaine à l’enquête, donnant à la cellule un véritable esprit de famille.

L’auteur aborde ici un thème profondément ancré dans la société japonaise : le jōhatsu, ou le phénomène des « évaporés ».
Ceux qui disparaissent délibérément — ou contraints par les circonstances — pour fuir un échec, une dette, un conflit familial, un licenciement, ou même un gang.
Des réseaux existent pour permettre ces disparitions. Mais est-ce réellement possible de s’effacer sans laisser de trace ?

La force de Cyril Carrère, selon moi, réside dans ses personnages.
Je parlais plus haut d’Hayato Ishida et de Noémie Legrand ; il a l’art de les rendre à la fois atypiques et profondément humains.
Mais il sait aussi insuffler de la nuance à ses personnages les plus sombres : il parvient à humaniser un tueur ou une tueuse au point de le (ou la) rendre presque attachant.
Il insuffle une réelle authenticité, une vie palpable à chacun de ses protagonistes.

Cyril Carrère vit au Japon, et cela se ressent à chaque page.
Il nous fait traverser le pays à travers les drames qui l’ont marqué : le séisme, la catastrophe de Fukushima Daiichi, la pandémie de Covid…
Autant d’événements qui renforcent la crédibilité et la profondeur du récit.

Et s’il fallait encore un point fort, ce serait son style.
Entre les allers-retours temporels et une narration maîtrisée de bout en bout, l’écriture de Cyril Carrère nous captive sans jamais nous perdre.
Un vrai sans-faute !

BABELIO




















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