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jeudi 27 novembre 2025

LE SILENCE DES PERES

                                 

     Le Silence des Pères    

Richard BENZINE






Auteur : Richard Benzine

Editeur : Seuil s

Genre :  Roman Littéraire 

Date de Sortie : 18 août 2023

Nombre de pages : 176 (broché) 144 (points)

ISBN : 978-2-02147-777-1 / 979-10-414-1406-2

Prix : 17€50 / 6€95


Suite aux avis de Yael81 et Fandol, et ayant déjà lu "Lettres à Nour",  j’ai remonté ce roman dans ma PAL… et je ne le regrette absolument pas. D'ailleurs, Aquilon62 m'a déjà lancé dans une autre lecture du même auteur...

« Le récit, celui de sa vie, mon père l’a conservé en secret. Il n’est jamais trop tard pour exhumer les souvenirs, leurs sens. Il nous faut rassembler ceux des autres, également, voilà ce que ces cassettes m’ont appris. Nos pères et nos mères vivent en chacun d’eux. Nos enfants survivent grâce à eux. » (p.140)

Amine apprend le décès de son père. En triant ses affaires, il découvre des cassettes audio des servaient de « courriers oraux » entre son père et le grand-père resté au Maroc.
C’est à travers ces enregistrements que le fils va entreprendre son deuil, non pas en refermant une blessure, mais en découvrant un homme qu’il n’avait finalement jamais vraiment connu.

En 144 pages seulement, Benzine parvient à déployer une émotion immense. Le deuil se mêle à la révélation : celle d’un père silencieux, pudique, maladroit peut-être, mais profondément humain. Le roman questionne cette distance qui s’installe parfois entre parents et enfants : les non-dits, les malentendus, les rancœurs qui forment des murs invisibles.

Nous croyons connaître nos parents, mais leurs silences parlent davantage que leurs mots. Et face à la mort, ces silences deviennent des questions brûlantes : Qu’avons-nous manqué ? Qu’avons-nous refusé de voir ?
Amine comprend peu à peu que ses propres reproches reflètent les mêmes manques, les mêmes maladresses que celles de son père. Le deuil devient alors miroir, transmission, réconciliation.

« Le silence est fait de paroles que l’on n’a pas dites. »
— Marguerite Yourcenar

À travers les cassettes, Amine ne découvre pas seulement l’homme : il découvre l’immigré. Son père a été un étranger en France, un travailleur parmi tant d’autres, confronté au racisme, à l’exploitation, à l’humiliation parfois.
Benzine rappelle avec une justesse bouleversante ce que fut, et demeure, la réalité des premières générations d’immigrés venues bâtir la France.

Mais là où d’autres écriraient un récit sombre, l’auteur révèle aussi la lumière :
l’amitié entre ouvriers, la solidarité, la dignité préservée malgré tout.
L’histoire intime devient alors mémoire collective, hommage aux anonymes qui ont traversé la vie avec courage malgré leur invisibilité sociale.

Rachid Benzine a ce talent rare : en quelques pages, il parvient à transmettre l’essentiel, l’émotion, la vérité, la fragilité des liens humains. À plusieurs reprises, j’ai senti ma gorge se serrer, mes yeux se remplir, tant chaque mot porte une charge affective immense.

« Avec ceux que nous aimons, nous cessons parfois de parler,
mais ce n’est pas vraiment le silence. »
— René Char

Le Silence des pères est un roman qui fait réfléchir, qui bouleverse et qui répare. Une ode à ceux qui se taisent, à ceux qui ont vécu loin de leurs racines, et à ceux qui tentent, après coup, de comprendre d’où ils viennent. Un roman court mais vibrant.



BABELIO



















mardi 2 juillet 2013

DES ECRITS POUR DES CRIS

Auteur : Antonio De Sousa

Editions : Mers du Sud


Résumé :

J’ai rencontré des êtres qui ont un besoin presque jouissif de livrer leurs émotions aux autres. J’en ai rencontré d’autres qui se morfondent, sans lutter, sur une simple souffrance. D’autre , enfin, m’ont stupéfait en exprimant leurs émotions par des cris.


Moi, j’ai besoin à la fois psychologique et physique de figer les émotions sur des écrits. J’écris des cris.

L’écriture est, pour moi, une addiction qui ne se soigne pas, car elle procure du bien être.



Mon avis :

L'auteur Antonio De Sousa a écrit ses cris avec une telle sincérité et une telle sensibilité qu’on ne peut pas resté insensible à cette lecture. Différents thèmes et donc moments de sa vie sont évoqués, la maladie, le deuil, l’immigration… Le Portugal ! J’avoue que j’ai savouré ce chapitre, car l’auteur décrit le Portugal tel que je le vois, comme si nous le voyons ensemble au même moment, avec les mêmes yeux !


Pour finir, je terminerai par un « cri» de l’auteur : « L’exil débute souvent par la haine et se termine par l’amour, l’amour de son pays de naissance, l’amour de son pays d’accueil. Il faudrait envoyer ceux qui portent la haine en exil, ce qui augmenterait l’amour dans le monde. »

 


Antonio De Sousa, est né à Leiria, au Portugal, sous le régime de dictature de Salazar. Il a immigré en France, à l'âge de neuf ans, après la révolution des oeillets, rejoignant sa famille étant partis pour raisons économique et politique. Il passa une année scolaire dans une classe pour étrangers, dite d'initiation, puis poursuivit ses études jusqu'à obtenir un diplôme d'enseignement supérieur en informatique. Sa passion pour l'écriture est née lors de ses années collège. Il a écrit plusieurs essais, dont le seul but fut d'exprimer ses sentiments sur papier. Il a publié son premier roman, "Excellence d'un immigré intégré" en 2011, aux éditions "Mers du Sud". En 2013, il publie le recueil "Des Écrits pour des Cris" et le livre d'autodérision "Portugaiche". Il a fait partie des cinquante écrivains lusophones invités d'honneur à la prestigieuse IV Rencontre des Écrivains Lusophones, en mai 2013, à Odivelas (Lisbonne-Portugal), dans le cadre de la IV Biennale de Cultures Lusophones.

Auteur, chroniqueur, habitué des débats et animations, Antonio De Sousa se rend facilement disponible, passionné par la rencontre avec les lecteurs en particulier et par les relations humaines en général. Il a été invité à de nombreux évènements littéraires, en France et à l'étranger, tels que : le Salon Saint-Maur en Poche, la semaine de la lusophonie à Strasbourg, la Rencontre des Écrivains et peintres portugais résidant en France, les Rencontres de la Culture de Paix de Villejuif. Il a été invité à plusieurs émissions culturelles sur différentes radios, et de nombreux articles lui ont été consacrés dans les journaux tels que Le Parisien, LusoJornal, Portugal Magazine. Antonio De Sousa est membre de la Société des Auteurs Lusophones de France.

La définition de ses écrits : "C'est un univers construit avec mes sentiments, humain, et que je veux partager pour laisser aux lecteurs un souvenir d'émotions".

L'explication de sa passion maladive à écrire : "L'écriture est, pour moi, une addiction qui ne se soigne pas car elle procure du bien être".







mercredi 12 décembre 2012

LE FADO POUR SEUL BAGAGE de Altina Ribeiro

  • Auteur : Altina Ribeiro
  • Editions : La voix du chat libre
Résumé :

"Altina Ribeiro partage avec nous le récit d'une aventure personnelle à travers une histoire collective, notre histoire, celle de la communauté portugaise. L'auteur raconte sa vie au Portugal dans les années 60, dans un petit village près de la frontière espagnole, et les difficultés qu'elle a rencontrées à son arrivée en France, le choc entre un Portugal rural et la métropole parisienne, la différence aussi entre l'éducation portugaise et la vie moderne française."

Mon Avis : Dans ce livre autobiographique, Altina nous décrit son parcours, mais aussi le parcours de nombreux immigrants portugais et des conditions de vie sous la dictature de Salazar. Toutes les difficultés dont on a pas idées quand on pense aux conditions de travail et de vie que les hommes ont du enduré en France avant de faire venir leur famille, du danger pour pouvoir accéder à la frontière française. De l'histoire à l'état pur que l'on ne trouve pas dans les livres d'histoire...






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