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dimanche 7 décembre 2025

L'HOMME QUI LISAIT DES LIVRES

                                  

     L'Homme qui lisait des livres    

Richard BENZINE



Auteur : Richard Benzine

Editeur : Julliard

Genre :  Roman Littéraire 

Date de Sortie : 21 août 2025

Nombre de pages : 128

ISBN : 978-2-26005-686-7

Prix : 18€









Comme mes Babelioamis Aquilon62, Tarendol66, Yaël81 et Mareteint, je vais vous parler de ce roman de quelques pages qui remue les tripes…

C’est le troisième roman de Rachid BENZINE que je lis, et je n’en démords pas : il possède ce talent rare de transmettre l’essentiel en peu de mots, de vous remuer le sang, de vous laisser dans un état de silence vibrant.

Le journaliste Julien Desmanges se rend à Gaza. Au cours d’une « balade » au milieu des ruines, il rencontre Nabil Al Jaber, un libraire. Ce dernier accepte que le journaliste prenne son portrait à une seule condition : qu’il écoute son histoire. Julien va alors découvrir un homme que la vie n’a pas épargné.

À la lecture, on ressent une impression étrange, comme si le temps devenait une matière fragile : chaque seconde semble à la fois précieuse et suspendue. Tout peut s’effondrer à tout moment, au propre comme au figuré, même lorsqu’un semblant de quotidien persiste, porté par un acharnement à vivre.

Le grand talent de Rachid BENZINE est de donner une force inouïe aux mots. Il les choisit avec minutie et les place là où ils seront les plus percutants, les plus justes. Ce n’est pas un hasard si le personnage principal est libraire et s’il défend le pouvoir des livres. Dans ce roman, la lecture devient à la fois un acte de survie et une forme de résistance.

L’auteur veut également montrer que les religions peuvent coexister harmonieusement : Nabil est né d’un père chrétien et d’une mère musulmane, et il porte en lui cette double appartenance comme une richesse.

« Les poètes, m’a dit un jour Abu Khalil, capturent ce que nous ressentons mais que nous ne pouvons pas dire. »

C’est exactement cela ! Rachid BENZINE est l’un de ces poètes. Son écriture dépouillée, sobre, mais traversée de lyrisme et d’humanité, offre une réflexion lumineuse sur la transmission, la lecture et la résilience. Ce roman est un hommage à la force des mots.


BABELIO









jeudi 27 novembre 2025

LE SILENCE DES PERES

                                 

     Le Silence des Pères    

Richard BENZINE






Auteur : Richard Benzine

Editeur : Seuil s

Genre :  Roman Littéraire 

Date de Sortie : 18 août 2023

Nombre de pages : 176 (broché) 144 (points)

ISBN : 978-2-02147-777-1 / 979-10-414-1406-2

Prix : 17€50 / 6€95


Suite aux avis de Yael81 et Fandol, et ayant déjà lu "Lettres à Nour",  j’ai remonté ce roman dans ma PAL… et je ne le regrette absolument pas. D'ailleurs, Aquilon62 m'a déjà lancé dans une autre lecture du même auteur...

« Le récit, celui de sa vie, mon père l’a conservé en secret. Il n’est jamais trop tard pour exhumer les souvenirs, leurs sens. Il nous faut rassembler ceux des autres, également, voilà ce que ces cassettes m’ont appris. Nos pères et nos mères vivent en chacun d’eux. Nos enfants survivent grâce à eux. » (p.140)

Amine apprend le décès de son père. En triant ses affaires, il découvre des cassettes audio des servaient de « courriers oraux » entre son père et le grand-père resté au Maroc.
C’est à travers ces enregistrements que le fils va entreprendre son deuil, non pas en refermant une blessure, mais en découvrant un homme qu’il n’avait finalement jamais vraiment connu.

En 144 pages seulement, Benzine parvient à déployer une émotion immense. Le deuil se mêle à la révélation : celle d’un père silencieux, pudique, maladroit peut-être, mais profondément humain. Le roman questionne cette distance qui s’installe parfois entre parents et enfants : les non-dits, les malentendus, les rancœurs qui forment des murs invisibles.

Nous croyons connaître nos parents, mais leurs silences parlent davantage que leurs mots. Et face à la mort, ces silences deviennent des questions brûlantes : Qu’avons-nous manqué ? Qu’avons-nous refusé de voir ?
Amine comprend peu à peu que ses propres reproches reflètent les mêmes manques, les mêmes maladresses que celles de son père. Le deuil devient alors miroir, transmission, réconciliation.

« Le silence est fait de paroles que l’on n’a pas dites. »
— Marguerite Yourcenar

À travers les cassettes, Amine ne découvre pas seulement l’homme : il découvre l’immigré. Son père a été un étranger en France, un travailleur parmi tant d’autres, confronté au racisme, à l’exploitation, à l’humiliation parfois.
Benzine rappelle avec une justesse bouleversante ce que fut, et demeure, la réalité des premières générations d’immigrés venues bâtir la France.

Mais là où d’autres écriraient un récit sombre, l’auteur révèle aussi la lumière :
l’amitié entre ouvriers, la solidarité, la dignité préservée malgré tout.
L’histoire intime devient alors mémoire collective, hommage aux anonymes qui ont traversé la vie avec courage malgré leur invisibilité sociale.

Rachid Benzine a ce talent rare : en quelques pages, il parvient à transmettre l’essentiel, l’émotion, la vérité, la fragilité des liens humains. À plusieurs reprises, j’ai senti ma gorge se serrer, mes yeux se remplir, tant chaque mot porte une charge affective immense.

« Avec ceux que nous aimons, nous cessons parfois de parler,
mais ce n’est pas vraiment le silence. »
— René Char

Le Silence des pères est un roman qui fait réfléchir, qui bouleverse et qui répare. Une ode à ceux qui se taisent, à ceux qui ont vécu loin de leurs racines, et à ceux qui tentent, après coup, de comprendre d’où ils viennent. Un roman court mais vibrant.



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