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jeudi 30 juillet 2026

ORPHELINES

      




        

    Orphelines    

Franck Bouysse


     Auteur :    Franck Bouysse

Editions : J'ai lu

Genre : Roman policier / Thriller

Date de parution :  (j'ai lu) 03-03-2021

224 pages

ISBN :  978-2-290-21948-5

Prix : 7,90 €



Quatrième de Couverture : 


Une ambiance pesante et morose s’est installée sur la ville.
Un criminel tapi dans l’ombre observe et s’amuse avec les deux flics qui le poursuivent. La noirceur de son âme ne fait aucun doute depuis qu’un corps de femme massacré a été découvert…
Crime après crime, Bélony et Dalençon voient ce meurtrier leur glisser entre les doigts. Le capitaine Jacques Bélony, « vieux flic de la Criminelle », vient de perdre sa femme et sa fille dans un accident de voiture, tandis que Marie Dalençon, sa jeune collègue, subit les tourments de relations amoureuses chaotiques. Mais ils doivent coûte que coûte arrêter ce meurtrier qui s’attaque à des femmes isolées…

Photo : gesteditions




J'étais impatiente de découvrir ce roman d'un auteur que j'ai plusieurs fois apprécié, c'est pourtant une lecture en deux teintes qui m'attendait. Le début était prometteur, une ambiance lourde, des personnages plutôt intéressants et attachants, un démarrage intrigant qui laissait présager un thriller tendu. 

Et puis... pas vraiment.

Très vite, j'ai eu cette sensation étrange de marcher sur un terrain déjà parcouru. L'intrigue avance, on se laisse embarqué et plutôt bien même sur plusieurs chapitres, puis j'ai commencé à ne plus y croire. Je voyais arriver beaucoup de choses avant qu'elles n'arrivent. Pas parce que le roman est mauvais. Parce qu'il emprunte des chemins trop familiers. 

C'est d'autant plus frustrant que la matière est là. Les personnages principaux ont quelque chose. Ils donnent envie qu'on s'attarde sur eux. L'histoire de départ est solide. On sent qu'il y avait de quoi construire un thriller beaucoup plus marquant.

À la place, le récit s'éparpille. On passe du temps avec des personnages secondaires dont je n'ai jamais vraiment compris l'utilité. Ces détours cassent le rythme plus qu'ils n'enrichissent l'ensemble. J'attendais que tout finisse par s'assembler, que chaque écart ait un sens. Ce moment n'est jamais vraiment venu.

La fin résume assez bien mon ressenti. Elle ne m'a pas surprise. Elle m'a surtout semblé manquer d'ambition. J'espérais un dernier mouvement capable de rehausser tout ce qui précédait, un retournement, une idée plus audacieuse, quelque chose qui reste en tête une fois le livre refermé. Au lieu de ça, j'ai eu l'impression que le roman choisissait la voie la plus attendue.

Au final, Orphelines m'a fait l'effet d'un soufflé qui retombe. Il gonfle au début, promet beaucoup, attire la curiosité... puis il perd peu à peu de sa force. C'est sans doute ce qui me laisse le plus de regrets. Non pas d'avoir passé un mauvais moment, mais d'avoir eu le sentiment qu'un bien meilleur roman était caché quelque part entre ces pages.



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dimanche 26 juillet 2026

LES DECES DE MONTAGNE

     


        

    Les décès de montagne    

Samuel Sutra


     Auteur :    Samuel SUTRA

Editions : Alter Real site Alter Real

Genre : Roman policier / polar

Date de parution :  22 août 2025

246 pages

ISBN :  978-2-38-575466-2

Prix : 17 € 90





Quatrième de Couverture : 


Une nouvelle enquête pour l’inspecteur Lambert, entre humour décalé et suspense déjanté.

Été 1982. Le 36 Quai des Orfèvres est sur les dents. Un gang sévit dans la capitale, et un important dispositif est déployé pour mettre fin à ses agissements. Il reste un dernier détail pour parfaire cette opération de grande envergure : éloigner le plus loin possible le légendaire inspecteur divisionnaire Lambert, seul flic de France capable de réduire à néant des mois de préparation. Le commissaire et le préfet se mettent d’accord : envoyer Lambert dans l’Ariège est une question de sécurité nationale. Et ça tombe bien, la police ariégeoise a besoin d’un coup de main. Apparemment, un ours semble en vouloir aux paisibles résidents d’un petit hôtel, à Auzat. Déjà deux morts… Suffisant pour que le procureur de Foix demande un peu d’aide à la police parisienne. Car est-ce vraiment l’œuvre d’un ours ? C’est à l’inspecteur Lambert de le découvrir. À ses risques et périls.



Quand j'ouvre un roman de Samuel Sutra, je sais à peu près ce qui m'attend. Enfin... je crois le savoir. Parce qu'à chaque fois, il arrive à me surprendre. Son humour, lui, est fidèle au poste. Décalé, irrévérencieux, parfois complètement burlesque. Il ne s'en cache pas, il est un héritier littéraire de Michel Audiard. Le même goût pour les dialogues qui claquent, des personnages hauts en couleurs et des répliques qu'on imagine presque prononcées avec la même gouaille que dans Les Tontons flingueurs. C'est un humour qui sent bon le cinéma français d'une autre époque, avec une bonne dose de dinguerie.

Les Décès de montagne en est le parfait exemple.

Ce qui m'amuse toujours autant chez Samuel Sutra, c'est sa façon d'écrire comme s'il était assis en face de nous autour d'un verre de jaune. Il s'adresse directement au lecteur. Normalement, ce genre de procédé peut sortir de l'histoire mais c'est tout l'inverse.  Ça créé une complicité.

Et puis il y a ce rythme. Pas le temps de se poser, les situations improbables s'enchaînent. Les personnages sont souvent excessifs, mais c'est justement ce qui fonctionne. Samuel Sutra ne cherche pas le réalisme à tout prix. Les dialogues sont empreints d'argot parigots et de termes cocasses les situations qui basculent dans le burlesque sans jamais perdre le fil de l'intrigue. On n'est pas à l'abri de quelques fous rires.

Ce que j'apprécie surtout chez lui, c'est qu'on sent un auteur qui s'amuse en écrivant. Ça transparaît dans chaque page. Ce plaisir devient vite contagieux. On tourne les chapitres avec le sourire, curieux de découvrir quelle idée complètement improbable va surgir ensuite.

Samuel Sutra possède une voix bien à lui. Bien sûr, l'ombre de Michel Audiard plane parfois au-dessus de ses romans. On retrouve cette tendresse pour les marginaux, cette façon de faire naître une réplique brillante au beau milieu d'une situation invraisemblable. Sans vivre dans la nostalgie il s'en inspire pour construire son propre univers. 

Samuel Sutra écrit pour le plaisir et pour nous divertir, ou se divertir je ne vois pas bien la frontière entre les deux. C'est exactement ce dont on a envie en ouvrant un livre, que l'auteur nous attrape par le bras en lançant : « Viens, j'ai une histoire à te raconter. » Avec Samuel Sutra, je me laisse embarquer sans résistance. Et, jusqu'à présent, je ne l'ai jamais regretté. 




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(...)
- Pas un suicide ?
Le légiste finit par déposer ses notes sur le museau de Bodoni et vira ses lunettes pour planter des yeux glacés dans ceux du divisionnaire.
- C'est une obsession chez vous, le suicide ! Je veux bien que, parfois, la personne qui veut en finir dose mal, ou que la procédure lui échappe un peu, mais ce type s'est fait défoncer le front ! Il aurait fait comment ?
- Le rapport de police mentionne une chute...
- Ah, ben tout s'éclaire. Oui, il est tombé, mais comme il n'est pas mort sur le coup, ça a dû le contrarier, alors il s'est relevé et est retombé une dizaine de fois pour bien se finir. Je corrige mon rapport ?
(...)


Les six plombs furent tirés sans aucun tremblement, avec une précision étonnante et une assurance dans le geste qui trahissait une parfaite maîtrise de soi dont savait faire montre l'éminent divisionnaire.
Les pipes étaient toutes intactes et continuaient à tournoyer autour de leur disque. En revanche, deux peluches perdirent un oeil, la jeune fille esquiva de peu un tir en se jetant au sol, et un poisson rouge fut abattu de deux plombs dans la tête. Il flottait le ventre en l'air dans son pochon de plastique qui pissa l'eau jusqu'à se vider entièrement.


- Vous savez, quinze heures de perquisition ça vous fatigue un homme, monsieur le procureur.
- Quand on ne sait plus écrire son nom, commissaire, on n'est pas fatigué ! On est bombardé et on a sa carte VIP aux alcooliques anonymes. Réunions qui n'ont rien d'anonyme, puisque tous vos hommes s'y connaissent et s'y tapent dans le dos.


(...) Mais à Auzat, comme dans tous les villages de France, les rumeurs vous faisaient le tour du pays tandis que la vérité n'en n'était qu'à mettre ses chaussures.



















mercredi 8 juillet 2026

LA COLLINE

    


        

    La Colline    

Mathilde Beaussault


     Auteur :    Mathilde Beaussault

Editions : Seuil www.seuil.com

Genre : Roman policier / Roman littéraire

Date de parution :  06 mars 2026

336 pages

ISBN :  978-2-02-160230-2

Prix : 19 € 90




Quatrième de Couverture : 


Un roman choral et viscéral qui mêle brutalité et grâce,
par la lauréate du Grand Prix de littérature policière 2025

Un jour d’hiver, dans une cité de Rennes, un nouveau-né est découvert au fond d’un container à ordures. Vivant.
Quelques étages plus haut, une jeune fille se vide de son sang.
Elle s’appelle Monroe, elle a dix-sept ans.
Dans cette chambre où sa mère l’a enfermée, Monroe revit les mois passés sur la colline, chez sa grand-mère Madeleine. Là-haut, le vent, le labeur et le silence façonnent les corps. Auprès de cette vieille femme solitaire aux mains guérisseuses, Monroe, enceinte, a découvert une paix inespérée. Et puis tout s’est écroulé.

Monroe s’affaiblit, les policiers enquêtent, les soignants espèrent, les pompiers s’interrogent, la famille se désintègre : durant ces quelques heures d’une intensité foudroyante, chacun mesurera ce qu’il a perdu – ou sauvé – de son humanité.







Il y a des thrillers qui cherchent avant tout à tenir le lecteur en haleine. *La Colline* fait bien plus que ça. C'est un roman qui avance avec une tension permanente, oui, mais porté par une écriture d'une beauté assez rare. Une écriture qui prend son temps quand il le faut, qui s'attarde sur une sensation, un paysage, un silence. On se surprend parfois à ralentir sa lecture simplement parce que certaines phrases méritent qu'on les laisse résonner. C'est sombre. Souvent même très sombre. Et pourtant il y a quelque chose de profondément vivant dans ces pages.

Tout commence avec Monroe. Elle n'est pas encore tout à fait majeure. Elle est enceinte. Sa mère, incapable d'être une mère, préfère l'envoyer chez sa grand-mère, perdue dans les collines, à une centaine de kilomètres de Rennes. On sent immédiatement que ce départ ressemble davantage à un abandon qu'à une protection.

Et puis il y a cette grand-mère.

Sans faire de bruit, elle offre à Monroe ce qu'elle n'a jamais vraiment connu : une présence, une tendresse, une forme d'amour qui ne demande rien en échange. Leur relation m'a profondément touché. Elle grandit sans effets spectaculaires. Juste avec des gestes, des regards, une confiance qui s'installe. C'est probablement ce qui m'a le plus ému dans tout le roman.

Autour d'elles flotte quelque chose d'ancien. De presque oublié. La grand-mère est guérisseuse. Pour certains, c'est un don. Pour d'autres, c'est de la sorcellerie. Dans ce village où chacun sait tout sur tout le monde, où les rumeurs circulent plus vite que la vérité, cela suffit à faire naître la méfiance. J'ai beaucoup aimé cette dimension presque mystique qui ne tombe jamais dans le spectaculaire. Elle reste profondément enracinée dans la terre, dans les plantes, dans les saisons. On sent l'humidité des chemins, l'odeur des feuilles, le poids des traditions. La nature n'est pas un décor. Elle fait partie du récit. Elle respire avec les personnages.

Et quels personnages...

Ils sont nombreux, mais jamais de trop. Chacun arrive avec son histoire, ses blessures, ses contradictions. Des pompiers, des policiers, le personnel de la maternité, les patients, les voisins... Au départ, on se demande comment tous ces destins vont pouvoir se rejoindre. Puis, presque sans qu'on s'en rende compte, tout s'emboîte. Les rencontres paraissent naturelles. Chacun trouve sa place. Aucun personnage ne donne l'impression d'être là uniquement pour servir l'intrigue.

C'est aussi un roman profondément social. Il parle de transmission, de solitude, de maternité, de violence familiale, du regard des autres. Sans discours. Les situations parlent d'elles-mêmes.

Et puis Monroe...

Impossible de rester à distance. On tremble pour elle. On espère. On a parfois envie de lui dire de fuir, de ne pas faire confiance, de s'accrocher. Son histoire devient presque physique. Il y a des moments où le cœur accélère vraiment. D'autres où les larmes montent sans prévenir. Je me suis surpris à tourner les pages de plus en plus vite alors que, quelques chapitres plus tôt, je savourais chaque phrase.

C'est sans doute ce qui m'a le plus marqué. Mathilde Beaussault réussit à écrire un véritable thriller tout en conservant une écriture profondément littéraire. Les deux ne s'opposent jamais. Au contraire, ils se nourrissent l'un l'autre. La tension est là, constante, mais elle ne prend jamais le dessus sur l'émotion ou sur la beauté du texte.

*La Colline* raconte un drame familial. Une histoire de secrets, de blessures, de transmission. Mais c'est aussi un roman qui parle d'amour, de celui qui répare un peu ce que d'autres ont détruit. Un livre dont on tourne la dernière page avec le sentiment d'avoir quitté un lieu qui a réellement existé... et des personnages qui continueront encore longtemps à nous accompagner.



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Quand on arrive aux urgences avec un petit vieux, il vaut mieux qu'il soit mort ou sur le point de mourir. Sinon ça gueule "où voulez-vous qu'on le mette ?" C'est simple, il n'y a plus d'endroit où mettre les vieux dans notre société.

p 30
 

(...) Il faut toujours que ce soit la mère qui soit désignée coupable quand on ne sait rien. Et si c'et elle, on pourrait peut-être se demander comment c'est possible de se retrouver, toute seule, en plein centre-ville, un samedi matin, au XXIè siècle, en France, à accoucher puis à balancer le fruit de ses entrailles dans un bac à ordures sur un boulevard ? On croit toujours que les mères sont des louves qui sortent les griffes quand on approche de leur progéniture, qu'elles se font téter la mamelle sans problème et qu'elles lèchent leurs petites qu'elles reconnaissent tout de suite. Foutaises ! J'inviterais bien les flics à faire un tour dans le service pendant 24 heures, L'instinct maternel, c'est des conneries. Quand ça fonctionne, c'est merveilleux. Mais c'est pas toujours gagné. Y en a plus d'une à laisser le môme dans le berceau en le regardant comme si c'était un extraterrestre. Ca prend du temps parfois d'aimer ce qu'on ne connaît pas. Il faut les aider. C'est tout. Si on fabriquait des parents au même rythme que des enfants, il y aurait nettement moins d'emmerdes sur Terre. Je ne dis pas que les mères sont toures prêtes à balancer leur môme dans une poubelle, évidemment, je me dis juste qu'il faut essayer de se taire avant de se mettre à huiler la clé de prison qui les enfermera.

p 89

 

(...) J'ai mis presque quarante ans à pouvoir raconter ça. Tu te rends compte ? (Elle pose une main froide sur la cuisse de sa petite-fille.) Prends ton temps, Monroe. Tu raconteras ton histoire, toi aussi, un jour. Quand tu pourras. Tu as les mêmes yeux que moi. Mais tu es trop jeune pour avoir des paupières aussi lourdes. Alors il faudra raconter ton histoire pour y voir plus clair. Ça fait du bien. Faudra juste pas mettre autant de temps que moi.

p 139 

 

 La chambre 102 est occupée par une prof qui croit avoir un bout de cerveau dans chaque nichon. Résultat des courses, elle intellectualise chaque tétée comme si elle avait pondu non pas un affamé de 3 kilos mais une thèse pour défier Freud.


p 169

— Faut pas te laisser faire ! Je suis sûre que sa mère lui a même pas cisaillé la teub quand il pissait au lit. Il a pas d'excuses. Le mec doit se mirer dans sa pisse tellement il s'aime. Il pense que sa merde pourrait se vendre au marché noir ou quoi ? (Louvier est prostrée et c'est étrange de la voir mutique avec un visage sur lequel ruissellent les paroles de Samantha.) J'ai une pote, son mec, il la frappait. Elle s'est cassée sans laisser de post-it. Faut pas rester avec ce genre de type. Tu peux avoir tout le pognon du monde, si t'as pas le respect, c'est comme si t'étais assise sur des lingots d'or mais qu'on te les bourrait de force dans le cul.

p 209


(...) T'es enceinte, tu crois que c'est la fin du monde. Mais tu vas de toute façon tout torcher toute seule, toi aussi. Tu fais juste semblant de pas le savoir encore. Lui, il prendra la pose sur les photos que tu accrocheras en cascade le long de ton escalier en chêne massif, comme dans les séries américaines. Jérémy, il fout rien mais il est gentil avec moi et il aime ses gosses. J'attends pas qu'il mouille la serpillière. Il pourrait vivre dans une auge que ça le dérangerait pas. Mais au moins, quand il me passe une main dans les cheveux, il tire pas sur les nœuds. Il dit pardon s'il croit qu'il m'a fait mal. T'as enquillé les études et moi les bières mais c'est moi qui vois clair.


p 211

 

(...) On s'arrête à un feu rouge. La pluie chassée siffle sur le pare-brise. Une famille traverse devant les phares. Le gamin saute dans une flaque et sa mère râle, le père s'en fout, il a le nez dans le portable. Je leur dirais bien de profiter, de batifoler dans la flotte avec leur gosse, qu'il y aura que les chaussettes à changer. Qu'il n'y a que les souvenirs des petits moments, qui restent à la toute fin. Comme l'odeur de leurs cheveux qu'on renifle au réveil. Comme leurs grands yeux quand ils vous cherchent parce qu'ils croient vous avoir perdu dans la rue. Mais le feu passe au vert. Il faut avancer.

p 305 

 















dimanche 5 avril 2026

LA SOURCE BLEUE

   






        

     La Source bleue    

Bruno Carpentier


     Auteur :    Bruno CARPENTIER

Editions : MELMAC 

Genre : Roman policier / Sorcellerie

Date de parution : 24 août 2023

368 pages

ISBN :  978-24-927-5938-3

Prix : 12€50




Tout d’abord, un grand merci à Babelio et à Nicolas pour la Masse Critique, qui m’a permis de découvrir ce roman, véritable belle surprise. Merci également aux éditions Melmac.

C’est le premier roman de Bruno Carpentier que je lis, et ce n’est sans aucun doute pas le dernier…

L’histoire est construite autour de la commandante de gendarmerie Ana Boyer, en Provence, près de Marseille. Tout commence par la découverte du corps nu, torturé et mutilé d’une femme dans un charnier datant de deux mille ans. Ana entame alors un retour aux sources, épaulée par le lieutenant Zidane, futur père. L’enquête la mènera dans le milieu de la sorcellerie et la renverra à son propre passé.

L’intrigue se construit autour de croyances anciennes, de rituels, de transmission de pouvoirs et de la famille au féminin, mêlant notre époque à un temps ancestral où la sorcellerie était passible de mort…

Outre le sujet que j’affectionne, ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est le travail abouti de l’auteur, qui rend l’ensemble parfaitement crédible. Il y a d’abord tout ce qui touche à la gendarmerie : le respect des procédures, le déroulement et la progression de l’enquête.

Ensuite, l’auteur nous transporte littéralement dans le mystique, et ce sans difficulté, car là aussi, tout est solidement documenté, au point que l’histoire pourrait convaincre les plus sceptiques. Des rites celtiques aux images symboliques laissées par des scènes décrites avec précision.

_ Et on peut effacer une langue comme ça ?
_ Mais... nous venons de le voir, mon lieutenant. Les Romains s'emparent de toute la région méridionale de la Gaule, la Provincia romana, autrement dit, ici. Ils importent leurs élites, créent des écoles, accordent des privilèges à ceux qui parlent leur langue et obligent les autres à la pratiquer dans les actes administratifs et commerciaux.

 

_ Exact, commandante. Car malheureusement pour eux, les Celtes privilégiaient la tradition orale. Ils considéraient l'écriture comme une chose morte, en ce sens qu'elle fige pour l'éternité ce qu'elle exprime. Elle ne permet pas de se tromper, de pouvoir changer d'avis, surtout quand on grave dans la pierre. L'imprimerie n'existe pas encore en Europe, et encore moins le papier. Si la langue celte avait été fixée par une littérature, cette pénétration du latin n'aurait pas été si décisive. Le corona-latin, au prix d'une compétition faussée, l'a emporté sur le gaulois, car ce dernier n'avait pas de vaccin pour se défendre...

p. 148

Bruno Carpentier propose également une introspection psychologique tout aussi convaincante, car rigoureusement construite. Le profil des suspects, ainsi que le rapport de la population locale aux rites ancestraux, sont particulièrement bien développés.

Enfin, la féminité occupe une place centrale dans ce roman : à travers la commandante, bien sûr, mais aussi dans les figures de « sorcières » et dans ce savoir ancien, presque matriarcal.

Pour conclure, l’écriture de Bruno Carpentier est efficace et réaliste, avec un ancrage très concret qui donne au mystique une véritable consistance. Un excellent roman qui m’a complètement embarquée.

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mardi 10 février 2026

LE GARCON ETERNEL

     

     Le garçon éternel     






     Auteur :   Jérôme LOUBRY

Editions :  Calmann Levy

Genre : Thriller

Date de parution : 2 janvier 2026

486 pages

ISBN :  978-2-7021-9075-3

Prix : 21€90


Le Garçon éternel est un thriller psychologique construit comme une mécanique de la mémoire, où le traumatisme occupe une place centrale.

Le policier municipal d’un petit patelin est tiré de son sommeil par deux garnements apeurés. Lors d’une visite d’urbex dans une ancienne scierie désaffectée, un corps est en train de se décomposer… Manon et Salim seront les deux inspecteurs chargés de l’enquête.
Parallèlement, Cédric, journaliste de la sphère web, est sollicité pour écrire la biographie d’un riche industriel qui lui confie avoir commis un meurtre dans le passé…

Trois fils narratifs s’enchevêtrent tout au long du roman. Un tiers nous plonge dans l’après-guerre, au début des années cinquante, une période difficile et incertaine. Le deuxième plan se déroule durant les trois semaines précédant la macabre découverte dans la scierie. Quant au troisième, il se consacre à l’enquête menée par les inspecteurs et amis Salim et Manon.
À cela s’ajoutent, plus rarement, les pensées du tueur : des fragments glaçants qui surgissent sans prévenir, comme des éclats de verre dans le récit.

Je dois dire que, même si j’ai senti le vent venir, j’ai apprécié la structure de ce roman. Cette répartition temporelle permet au lecteur à la fois de souffler entre les chapitres et de maintenir une attention constante.

Le passé est documenté sans jamais être pesant, toujours au service de l’immersion. Chaque détail agit comme une brique narrative appelée à prendre son sens plus tard. Le lecteur est happé par cette époque, comme par un souvenir qui ne lui appartient pas mais qui insiste pour être revécu.

Jérôme Loubry privilégie la tension psychologique à l’action. L’angoisse naît de la confusion qu’il instille volontairement dans ces allers-retours entre présent et passé — ce passé, véritable moteur du crime — mais aussi du décor et du climat oppressant qu’il fait régner tout au long du roman.


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mercredi 31 juillet 2024

LA COLERE D'ISANAGI

    

   La colère d'IZANAGI   

"Un piège infernal au cœur d'un Japon 

obscur et émouvant."


Auteur : Cyril Carrère

Editeur : Denoël Sueurs froides

Genre : Roman Policier

Date de Sortie : 21 février 2024

Nombre de pages : 320

ISBN : 978-2-207-17949-9

Prix : 20 € 90



Quatrième de couverture : 

Tokyo,

Un incendie criminel ravage le cœur de l'un des plus grands quartiers d'affaires au monde.

L'enquête est confiée à Hayato Ishida, flic prodigue mais solitaire qui tente de se reconstruire en marge de la Crim. Il est rejoint par Noémie Legrand, Franco-Japonaise décidée à briser les chaînes d'un quotidien frustrant.

Sur leur chemin, un couple d'étudiants dans le besoin, à la merci d'une communauté où solidarité rime avec danger.

Et, tapi dans l'ombre, celui qui se fait appeler Isanagi, bien décidé à mettre son plan destructeur à exécution.

Avec un art consommé du suspense et uns construction d'orfèvre, Cyril Carrère tisse une intrigue captivante dans un Japon sombre et contemporain.

Que sait-on sur l'auteur ? 

Cyril Carrère est un écrivain et scénariste français.

Pharmacologue de formation, il a travaillé dans l'industrie pharmaceutique pendant 7 ans, avant de devenir chef de projet de développement d'applications dans le secteur scientifique et auto-entrepreneur.

Passionné de littérature, de culture et de voyages, il est l'auteur du "Glas de l'innocence" (2018) dont l'intrigue se déroule au Japon et du très remarqué "Grand froid" (2020), inspiré de faits réels, finaliste prix VSD-RTL.

Il s’est imposé dès ses premiers romans comme un expert en rebondissements littéraires.

Et c’est effectivement au voyage que nous invite son troisième roman, "Le quatrième rassemblement" (Cosmopolis, 2020).

"Erin" (2021), le préquel du "Quatrième rassemblement", paraît quant à lui sous forme de nouvelle en mai 2021.

Cyril Carrère partage sa vie entre la France et le Japon, où il vit depuis 2018.


Romans de l'auteur : 

La Colère d'IzanagiDenoël, 2024

Avant de sombrerDenoël, 2023

Le Quatrième Rassemblement, Chambre Noire, 2022

Manifesto, Ska, 2022

Erin, Auto-édition, 2021

Grand FroidLa Mécanique Générale, 2018

Le Glas de l'innocence, 2017


Mon ressenti :

Nous sommes au Japon, à Tokyo, la Velvet Tower est en feu, un incendie criminel de l'un des plus importants quartiers d'affaires, occasionnant de nombreuses victimes, dont un homme qui sera retrouvé assis à son bureau...

C'est Hayato Ishida qui sera en charge de l'affaire, il est probablement l'un des meilleurs flics du pays, mais son caractère difficile en font un homme très solitaire. Avec cette affaire, il inaugure une nouvelle section anti criminelle, et il sera assisté de Noémie Legrand, une jeune lieutenant pleine de ressources et à la carrière prometteuse. 

Parallèlement, Suzuka et Kenta, un jeune couple d'étudiant à la fac de l'art, victimes collatérales d'un incendie qui leur prive de leur travail, se retrouvent au centre d'une intrigue...

Enfin il y a Isanagi ! A la base, Isanagi est une divinité du Shintoïsme dans la mythologie japonaise, il est le créateur du monde et du Japon... mais représente aussi le feu et les enfers... 

Et tout ce petit monde va faire partie d'une combinaison de la mythologie japonaise et de l'intrigue contemporaine, créant ainsi une histoire unique et immersive. Cyril Carrère utilise un style d'écriture fluide et descriptif, avec une attention particulière aux détails et aux atmosphères, dans un langage souvent évocateur, avec des descriptions qui immergent le lecteur dans l'univers du roman.

Par ce style, l'auteur veut également casser une vision souvent erronée du Japon, lui donner un portrait plus réaliste.

Arrivée à une partie du dénouement j'ai fait "whaouuuuu ! Grandiose !!! Je ne m'y attendais pas à celle-là" et ça c'est plutôt un bon signe que ce roman est une petite pépite ! C'est même une très bonne surprise que je classerai dans mes meilleures lectures de cette année !!


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jeudi 18 septembre 2014

L'EMBAUMEUR - "NA ZDROWIE" - LES RAISONS DE LA COLÈRE

Auteur : Didier Fossey
Éditeur et créateur du héros : Sébastien Mousse
Préface : Laurent Guillaume
Editions : L'Atelier Mosésu 
Genre : Policier
231 pages
ISBN : 979-10-92100-20-4
Prix : 9€45





Quatrième de couverture :

Un braquage qui tourne mal, des souvenirs de Sarajavo, 1996, la mission IFOR, le deuxième régiment étranger parachutiste et voilà Mandoline en vadrouille dans les Balkans pour voler au secours d’Élisa. Certains apprendront à leurs dépens que seules les montagnes ne se croisent pas, et qu'il ne vaut mieux pas mettre l'Embaumeur en colère.

Didier Fossey nous emmène dans un road-movie paramilitaire, où la musique n'est pas d'Alfred Newman, mais de MikhaÏl TimogeÏevitch Kalachnikov. 




L'Auteur : 

Faut-il encore présenter Didier Fossey ? Auteur de "Tr@que sur le Web" (livre qui m'a rendu accro aux thrillers...) puis de "Ad-Unum" avec la même équipe que le roman précédant... L'homme ? Ah vous voulez savoir qui est l'auteur ? Et bien c'est un jeune homme de 59 ans, qui a qui connaît bien le métier, que ce soit celui d'auteur ou de flic, car fils de Policier, Didier est d'abord policier lui-même avant d'être auteur, ce qui entre parenthèse ne va pas être simple car lequel des deux métiers va prendre le dessus... 
D'ailleurs il fit ses armes dans l'anti-criminalité de nuit en groupe d'investigation de 1986 à 2000 à Paris, avant prendre place dans dans les bureaux administratifs ! 
Aucun doute son premier métier et un atout dans son métier d'auteur, car il y a des scènes, des anecdotes, des informations administratives ou fonctionnelles que seul un policier peut si bien connaître et qui font que ses récits soient si authentiques ! 
Voilà pour le policier et l'auteur... pour ce qui est de l'homme, c'est une personne présente, sincère, toujours près à rendre service. Je ne crois pas m'avancer en disant également qu'il aime les défis, surtout littéraires, les collaborations avec d'autres auteurs, et avec ce roman il a dû se régaler...


Mon avis :

J'ai l'impression avec ce roman d'avoir affaire à trois fous furieux... Non pas dans le roman quoi, si aussi, mais déjà à la création même... On peut dire que ces trois là sont fait pour s'entendre ! Sébastien Mousse auteur "créateur du personnage principal qu'il "prête à d'autres auteurs" et éditeur et... thanatopracteur polyvalent (comme son héros), le "préfaceur" (j'aime bien ce mot inventé car ça préface elle tue" je nomme Laurent Guillaume  (qui n'a rien a envier aux deux métiers de l'auteur Didier) et bien sûr Didier Fossey ! A ce sujet-là inutile d'en dire plus ! Déjà deux romans à son actifs (pour le moment) et il n'a pas fini de me faire lire... 

Bref !  Déjà ça part bien ! Une belle collaboration ! Un exercice très difficile pour l'auteur qui doit respecter les personnages, notamment son caractère, son style, ses relations... tout en gardant sa propre nature et en mettant son premier métier au service de son second. Le pari est gagné ! Je me suis régalée ! Didier Fossey m'a semblé très à l'aise dans l'histoire, il a parfaitement jouer le jeu, et accroche le lecteur jusqu'à la fin ! Il arrive comme à son habitude à manier l'intrigue, non seulement sur l'affaire mais sur la vie du héros ! Il joue avec nos nerfs ! En bref ! Il n'a plus rien à prouver sur son talent ! J'attends impatiemment son prochain roman personnel cette fois.







Un petit clin d’œil à Luc Mandoline...



jeudi 1 mai 2014

NE SOUS LES COUPS


Auteur : Martin Waites
Editions : Rivages/Thriller
Genre : Thriller
464 pages
ISBN : 978-2743625917
Prix : 22€00
Traduit par Alexis Nolent



Résumé :

Margaret Thatcher est au pouvoir, les mineurs sont en grève. « Deux tribus partent en guerre », pour reprendre un tube célèbre. À Coldwell, cité minière du Nord, les mineurs ont lutté quasiment jusqu’à la mort, mais ça n’a pas suffi : manipulant l’opinion, recourant à la violence policière, les Tories avaient, à l’époque, méthodiquement cassé les reins du mouvement ouvrier. Pour les vaincus, le prix de la défaite sera exorbitant : vingt ans plus tard, Coldwell est une ville sinistrée, gangrenée par tous les fléaux sociaux. Histoire d’un affrontement impitoyable aux conséquences dévastatrices, histoire de criminels qui prospèrent sur la misère, histoires d’amour contrariées, tragiques, mais aussi poignantes, Né sous les coups est la fresque de tout un monde mis à terre qui lutte pour survivre, sur deux générations, baignant dans la musique anglaise des années 70 et 80. Martyn Waites, originaire du nord de l’Angleterre, s?est passionné pour le théâtre, puis pour le roman noir sur les pas d’Ellroy, Burke, Crumley et Robin Cook. Né sous les coups est son premier roman.


Mon Avis :

Un roman assez noir, mais je ne l'aurai pas forcément pour autant classé dans la section "Thriller". En revanche, une bonne leçon d'histoire ! Malheureusement l'histoire ne m'a pas emballé. Je n'ai pas gardé un souvenir impénétrable de cette histoire ! Et ce n'est pas un livre qui m'aura marqué outre certains passages de l'histoire faisant référence aux manifestations et altercations entre manifestant et policiers manipulant les médias ! Les faits réels en quelques sortes ! 
Je ne resterai néanmoins pas sur cette impression et relirai à l'avenir un autre roman de cet auteur !





mercredi 19 février 2014

LES MORTS PERDENT TOUJOURS LEURS CHAUSSURES

Auteur : Raoul Argémi
Pays : Argentine
Editions : Rivages
Collection : Rivages/Noir
Genre : Thriller
330 pages
ISBN : 978-2743616618
Prix : 9€15



Résumé :

Juan travaille pour le Comahue, un journal de Patagonie argentine. L'un de ses collègues, Sebastiàn Murillo, décide d'enquêter après avoir assisté à une course-poursuite meurtrière entre la police et des truands. Mais il se tue au volant de sa voiture. Juan et le plus proche ami de Sebastiàn, Alejandro, sont persuadés qu'il ne s'agit pas d'un accident. Déterminés a prouver que Murillo a été assassiné, ils se lancent dans des investigations qui semblent mettre en cause le gouverneur de la province et son chef de cabinet... On avait déjà pu constater l'attachement d'Argemi au roman noir politique dans Le gros, le français et la souris, qui lui avait valu d'être comparé à Manchette. Avec ses rebondissements, sa folie baroque, son humour grinçant et sa chute inattendue, ce roman confirme de manière éclatante l'arrivée d'un grand auteur latino-américain.


Mon Avis

Un roman dépaysant, on entre en Argentine dès les premières phrases, tout une atmosphère et le tempérament chaud de ce pays.
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans ma lecture au début, à enchaîner les personnages, puis tout s'est mis peu à peu en place et j'ai savouré ma lecture. Raul Argémi dépeint des sentiments au travers de héros anti-héros auxquels on ne eut que s'attacher, on ne peut s'empêcher de verser sa petite larme aux dernières pages, mais ce roman ne manque pas d'humour non plus. L'auteur dépeint aussi la corruption légendaire de ce pays. je garde un bon souvenir de ce livre, de son histoire et de ses "trois vieux fous" et ce "jeune gamin" qui mûrit dans cette histoire ! 




mercredi 20 novembre 2013

DES PAS SOUS LA CENDRE

Auteur : Laurent Scalèse
Editions : Pygmalion
Genre : Policier
311 pages
ISBN978-2756402710
Prix : 20€40

Infos et photos empruntés au site de l'auteur




Résumé :

Depuis plusieurs mois, la Brigade de répression du banditisme traque les auteurs d'une série de hold-up dirigés de main de maître dans Paris par une femme mystérieuse. Les exploits des malfaiteurs qui ne font pas verser de sang partagent l'opinion publique. 
Chargé de l'enquête, le capitaine Sage Gardella se prend d'admiration pour l'ingénieux chef de la bande. Mais un jour, la bavure se produit : deux convoyeurs sont froidement tués pendant l'attaque d'un fourgon blindé. La « Casseuse du siècle » acquiert une réputation de monstre. 
Profitant de ce revirement, le commissaire en chef met en jeu les grands moyens pour l'appréhender. Cependant, Gardella pense avoir découvert la véritable identité de la voleuse, dont il est tombé amoureux. Voulant la démasquer avant les autres, il décide de mener seul son enquête. L'amour et le devoir resteront-ils inconciliables ? 

Passage choisi :

   Gardella leva les bras, vira d'un demi-tour et recula. Durant dix minutes, il effectua les mêmes pas. Soudain, le temps s'arrêta, la plaine s'obscurcit. Atteint de catalepsie, Sage s'immobilisa, le corps figé dans une attitude penchée. Cette phase précédait toujours l'apparition des fantômes. Leurs silhouettes rayonnants se détachèrent sur le fond noir du paysage. Ils se tinrent par la main, tournèrent en rond en sautillant. La mère de Sage était parmi eux. Vêtue d'une robe ornée de perles de lumière, elle dansait joyeusement. Un sourire se posa sur ses lèvres quand elle aperçut son fils. Elle se sépara des autres pour le rejoindre, l'embrassa sur la joue et lui glissa à l'oreille : 

  - Elle n'est pas ici, mon fils. Tu dois repartir.

   Déjà, elle s'éloignait, suivie des spectres. De nouveau libre de ses mouvements, Sage leur courut après, cherchant Isabelle du regard et criant son nom. Alors qu'il rattrapait sa mère, il heurta un mur invisible et chuta sur le sol. Il se releva, cogna à la paroi. Les morts demeurèrent sourds à ses appels. Bientôt, ils ne furent plus que des points à l'horizon.




Mon avis :

Difficile de ne pas se laisser transporter par le roman de Laurent Scalèse. Le récit est rythmé, soutenu... Comment en levé le nez une fois qu'on y est plongé, ça c'est encore une autre question ! D'ailleurs, certainement que son expérience de scénariste y est pour quelque chose. On pense voir un dénouement à l'histoire, mais sans cesse un retournement de situation vient nous perturber, d'ailleurs, ne vous attendez pas à deviner la suite car l'auteur prend un malin plaisir à vous contrer et vous casser la baraque ! Aoust ! l'idée de résoudre l'histoire car jusqu'au bout l'auteur vous le refusera ! La touche personnel et original, ce personnage amérindien qui nous fait découvrir une culture encore trop méconnue et que personnellement j'aime beaucoup ce qui rend mon avis très personnel. La conception de la vie et de la mort est très différente et surtout très intéressante. Ce livre est donc à lire absolument et je sais déjà qu'il va plaire et que je vais le partager avec beaucoup d'engouement en attendant le prochain avec impatience ! D'ici là, je vais certainement bientôt me choisir un des romans plus bas du même auteur !

L'originalité du sujet apporte aussi beaucoup à ce roman,



Quelques questions à Laurent Scalèse :

Comment vous présenteriez-vous, plus auteur, plus scénariste... ?
"Je suis venu à l'écriture en tant qu'écrivain. Mon premier roman, "Le Samouraï qui pleure", a été publié en 2000 aux éditions Pygmalion. D'autres livres ont suivi, et je me voyais très bien poursuivre dans cette voie car la littérature a toujours été la grande passion de ma vie. Une vie passée à lire et à écrire, ça m’allait très bien. À aucun moment, contrairement à certains confrères qui ont commencé par écrire des livres dans l’espoir d’écrire un jour des scénarios, je n’ai rêvé d’écrire pour la télé ou le cinéma. Je ne fantasmais pas sur l’image. Voir les films des autres me suffisait amplement. Et puis un jour, le directeur de la fiction de TF1 a contacté mon éditeur. Il venait de lire un de mes romans, « Le baiser de Jason », il avait aimé et souhaitait me rencontrer. Voilà comment un beau matin de février 2006 j’ai atterri dans la fameuse tour de TF1, quai du Point du Jour. Au terme de notre entretien, le directeur de la fiction m’a parlé d’un scénario qu’il trouvait mauvais. Il m’a demandé d’en réécrire quelques séquences, sans me donner la moindre indication ni le moindre conseil. Il m’a dit : « Soit tu sais faire et on traite ensemble, soit tu ne sais pas et on en reste là ». J’ai réécrit une quinzaine de séquences, je lui ai renvoyé le script. Le lendemain soir, il m’a appelé chez moi et m’a dit qu’il était satisfait de mon travail, qu’on allait pouvoir faire affaire ensemble. C’était le scénario de « La taupe », que j’ai fini par réécrire de A à Z. Voilà comment ma carrière de scénariste a commencé, sans que je le cherche vraiment. Les hasards et les rencontres de la vie vous conduisent parfois là où vous ne seriez jamais allé de votre propre chef. Et l'aventure continue de belle manière puisque la série "Cherif", que j'ai co-créée, est un franc succès sur France 2."
Les personnages amérindiens sont plutôt plus présent dans les ouvrages (films, séries ou livres) américains, qu'est ce qui vous a donné envie de créer ce personnage "Sage" ? N'aviez-vous pas peur que ça ne fasse moins crédible ?
"J’ai toujours été attiré et fasciné par les Indiens d’Amérique. Choqué par la façon dont on les a dépossédés de leurs terres. Attristé par ce qu’ils sont devenus aujourd’hui, dans les réserves. Beaucoup sont au chômage et ont sombré dans l’alcool. Je voulais parler d’eux, leur rendre hommage, d’une façon ou d’une autre. Sage Gardella, le héros de mon roman « Des pas sous la cendre », policier français d’origine indienne, est né de cette envie, il est venu si naturellement que je ne me suis pas posé la question de savoir s’il aurait sa place ou pas dans un roman policier écrit par un auteur français. J’avais la certitude de tenir un personnage profond, touchant, singulier, je savais comment le faire vivre et évoluer au sein de l’intrigue que j’avais bâtie. D’une manière générale, si l’écrivain maîtrise bien son histoire et ses personnages, tout est possible, il peut rendre vraisemblable ce qui est a priori invraisemblable. Un peu comme un magicien. Si le tour est bien exécuté, le public marche à coup sûr."
Au vue de vos dédicaces, la famille est très présente pour vous, vous êtes bien entouré, est-ce un élément essentiel dans votre carrière ? 
"La famille est le ciment de l’existence. Sans elle, nous ne sommes rien, nous ne pouvons pas nous construire, apprendre, progresser. La famille nourrit l’artiste, l’inspire, le porte, l’amène à se transcender."
Des projets officiels, ou des projet mais Chhhht ?
 "Concernant mes projets, j’en ai plusieurs en cours, côté audiovisuel et côté édition. Mon prochain roman est bientôt terminé, et je peux vous dire que j’y ai mis mon cœur et mes tripes. Je suis tombé amoureux de cette histoire, et j’espère que les lecteurs l’aimeront autant que je l’aime. Ce livre est différent des autres car je déteste l’idée de me répéter, de stagner, ça m’angoisse."

Merci Laurent Scalèse d'avoir répondu à ces quelques questions avec autant de gentillesse, je sais que vous donnez beaucoup de vous dans ce que vous faites, j'attends donc ce roman avec impatience !  







Laurent Scalèse est également scénariste, 
notamment pour la récente série "CHERIF"





        

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