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dimanche 26 juillet 2026

LES DECES DE MONTAGNE

     


        

    Les décès de montagne    

Samuel Sutra


     Auteur :    Samuel SUTRA

Editions : Alter Real site Alter Real

Genre : Roman policier / polar

Date de parution :  22 août 2025

246 pages

ISBN :  978-2-38-575466-2

Prix : 17 € 90





Quatrième de Couverture : 


Une nouvelle enquête pour l’inspecteur Lambert, entre humour décalé et suspense déjanté.

Été 1982. Le 36 Quai des Orfèvres est sur les dents. Un gang sévit dans la capitale, et un important dispositif est déployé pour mettre fin à ses agissements. Il reste un dernier détail pour parfaire cette opération de grande envergure : éloigner le plus loin possible le légendaire inspecteur divisionnaire Lambert, seul flic de France capable de réduire à néant des mois de préparation. Le commissaire et le préfet se mettent d’accord : envoyer Lambert dans l’Ariège est une question de sécurité nationale. Et ça tombe bien, la police ariégeoise a besoin d’un coup de main. Apparemment, un ours semble en vouloir aux paisibles résidents d’un petit hôtel, à Auzat. Déjà deux morts… Suffisant pour que le procureur de Foix demande un peu d’aide à la police parisienne. Car est-ce vraiment l’œuvre d’un ours ? C’est à l’inspecteur Lambert de le découvrir. À ses risques et périls.



Quand j'ouvre un roman de Samuel Sutra, je sais à peu près ce qui m'attend. Enfin... je crois le savoir. Parce qu'à chaque fois, il arrive à me surprendre. Son humour, lui, est fidèle au poste. Décalé, irrévérencieux, parfois complètement burlesque. Il ne s'en cache pas, il est un héritier littéraire de Michel Audiard. Le même goût pour les dialogues qui claquent, des personnages hauts en couleurs et des répliques qu'on imagine presque prononcées avec la même gouaille que dans Les Tontons flingueurs. C'est un humour qui sent bon le cinéma français d'une autre époque, avec une bonne dose de dinguerie.

Les Décès de montagne en est le parfait exemple.

Ce qui m'amuse toujours autant chez Samuel Sutra, c'est sa façon d'écrire comme s'il était assis en face de nous autour d'un verre de jaune. Il s'adresse directement au lecteur. Normalement, ce genre de procédé peut sortir de l'histoire mais c'est tout l'inverse.  Ça créé une complicité.

Et puis il y a ce rythme. Pas le temps de se poser, les situations improbables s'enchaînent. Les personnages sont souvent excessifs, mais c'est justement ce qui fonctionne. Samuel Sutra ne cherche pas le réalisme à tout prix. Les dialogues sont empreints d'argot parigots et de termes cocasses les situations qui basculent dans le burlesque sans jamais perdre le fil de l'intrigue. On n'est pas à l'abri de quelques fous rires.

Ce que j'apprécie surtout chez lui, c'est qu'on sent un auteur qui s'amuse en écrivant. Ça transparaît dans chaque page. Ce plaisir devient vite contagieux. On tourne les chapitres avec le sourire, curieux de découvrir quelle idée complètement improbable va surgir ensuite.

Samuel Sutra possède une voix bien à lui. Bien sûr, l'ombre de Michel Audiard plane parfois au-dessus de ses romans. On retrouve cette tendresse pour les marginaux, cette façon de faire naître une réplique brillante au beau milieu d'une situation invraisemblable. Sans vivre dans la nostalgie il s'en inspire pour construire son propre univers. 

Samuel Sutra écrit pour le plaisir et pour nous divertir, ou se divertir je ne vois pas bien la frontière entre les deux. C'est exactement ce dont on a envie en ouvrant un livre, que l'auteur nous attrape par le bras en lançant : « Viens, j'ai une histoire à te raconter. » Avec Samuel Sutra, je me laisse embarquer sans résistance. Et, jusqu'à présent, je ne l'ai jamais regretté. 




https://pasionlivres.blogspot.com


(...)
- Pas un suicide ?
Le légiste finit par déposer ses notes sur le museau de Bodoni et vira ses lunettes pour planter des yeux glacés dans ceux du divisionnaire.
- C'est une obsession chez vous, le suicide ! Je veux bien que, parfois, la personne qui veut en finir dose mal, ou que la procédure lui échappe un peu, mais ce type s'est fait défoncer le front ! Il aurait fait comment ?
- Le rapport de police mentionne une chute...
- Ah, ben tout s'éclaire. Oui, il est tombé, mais comme il n'est pas mort sur le coup, ça a dû le contrarier, alors il s'est relevé et est retombé une dizaine de fois pour bien se finir. Je corrige mon rapport ?
(...)


Les six plombs furent tirés sans aucun tremblement, avec une précision étonnante et une assurance dans le geste qui trahissait une parfaite maîtrise de soi dont savait faire montre l'éminent divisionnaire.
Les pipes étaient toutes intactes et continuaient à tournoyer autour de leur disque. En revanche, deux peluches perdirent un oeil, la jeune fille esquiva de peu un tir en se jetant au sol, et un poisson rouge fut abattu de deux plombs dans la tête. Il flottait le ventre en l'air dans son pochon de plastique qui pissa l'eau jusqu'à se vider entièrement.


- Vous savez, quinze heures de perquisition ça vous fatigue un homme, monsieur le procureur.
- Quand on ne sait plus écrire son nom, commissaire, on n'est pas fatigué ! On est bombardé et on a sa carte VIP aux alcooliques anonymes. Réunions qui n'ont rien d'anonyme, puisque tous vos hommes s'y connaissent et s'y tapent dans le dos.


(...) Mais à Auzat, comme dans tous les villages de France, les rumeurs vous faisaient le tour du pays tandis que la vérité n'en n'était qu'à mettre ses chaussures.



















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