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samedi 24 janvier 2026

LE VISAGE DE LA NUIT

   

  Le visage de la Nuit  







     Auteur :   Cécile Coulon

Editions: L'iconoclaste

Genre : Littérature française

Photo de la couverture : Laura Stevens

Date de parution : 08 janvier 2026

275 pages

ISBN :  978-2-37880-571-5

Prix : 21€90


Ce roman, que l’on peut qualifier, comme beaucoup l’ont déjà fait, de conte moderne, s’inscrit dans la continuité de La langue des choses cachées. On y retrouve la même verve, peut-être un peu moins ouvertement poétique, mais tout aussi captivante.

Un enfant qui guérit miraculeusement, mais qui paie très cher sa résurrection, notamment par l’abandon de son père. Une jeune fille dont la vie est mise entre parenthèses à cause de la beauté excessive de son frère. Une institutrice aveugle. Un prêtre.

C’est avec ces figures que Cécile Coulon compose son nouveau roman. Une fois encore, elle joue avec les sens, avec nos sens.

La vue, d’abord, dans son absence : celle de Madame, l’institutrice aveugle, qui a trouvé refuge et famille au sein de l’église du village. La vue encore, confrontée à la laideur et à la beauté de deux visages portés à un degré presque insoutenable de contraste. Et enfin, la vue du lecteur lui-même, sollicitée par des descriptions qui titillent l’imagination et réveillent une perception presque physique du récit.

Le regard occupe une place centrale dans ce roman, et plus particulièrement dans la nuit. Un nouveau contraste : ce qui pourrait faire de Le Visage de la nuit un roman sombre révèle au contraire une forme de lumière. Car c’est dans la nuit que cette lumière se fait la plus vive, notamment dans le cœur de l’enfant.

L’absence de noms et de repères géographiques renforce encore cette impression de conte intemporel. Il en ressort une histoire à la fois puissante et troublante, qui nous oblige à repenser nos conceptions de la beauté et de l’amour.
Une œuvre qui se lit les sens en alerte, longtemps après avoir tourné la dernière page.

https://pasionlivres.blogspot.com


Citations : 

Ce que c'était, pour elle, d'ouvrir dans son existence une brèche de cette taille. Depuis la naissance de son frère, sa vie entière, dans ses moindres méandres, était remplie par son cadet, ses parents comptaient sur elle, à trois, ils formaient un rempart autour de cet enfant divin qui ne comprenait rien au monde, aux êtres, au ciel, à la nature. Elle l'avait compris avant eux, avant les adultes : son frère avait le visage d'un ange - si les anges montraient leur visage - et la pensée restreinte; elle vivait à ses côtés et jamais il n'avait prononcé un mot sans répéter celui de sa sœur, jamais il ne parlait de ce qu'il voyait, de ce qu'il imaginait, de ce à quoi il réfléchissait, il ne demandait rien, ne s'agaçait pas, il avait cessé, très tôt, de pleurer, il était beau et sec, superbe et vide, sa beauté prenait toute la place, elle le dévorait. Quand l'instituteur dispensait les leçons, il se contentait d'écouter sagement, le regard légèrement tremblant, la bouche entrouverte, même ainsi il rayonnait, mais sa sœur, habituée à sa splendeur, voyait derrière la lumière l'immensité du vide, du chagrin aussi. Quelque chose n'allait pas en lui mais ce quelque chose remuait si doucement sous un tas si lourd de majesté que personne ne s'en rendait compte. Elle avait essayé d'en parler à ses parents mais ses parents ne l'écoutaient pas; ils vivaient dans la peur, et la peur, comme la beauté, recouvre tout.

p155/156















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