Stats

mercredi 16 septembre 2026

LE CERCLE DE KERN

              



    Le Cercle de Kern    

Alexis Laipsker


     Auteur :    Alexis LAIPSKER

Editions : Michel Lafon site 

Genre : Roman policier / Thriller

Date de parution :  10 septembre 2026

404 pages

ISBN :  978-2-7499-6009-8

Prix : 20 € 95




Quatrième de Couverture : 


Un père qui cherche sa fille.
Des villageois liés par un terrible secret.
Une enquêtrice qui porte malheur.
Un simple d’esprit qui dessine d’étranges symboles.
Une fugitive qui en sait trop.
Et un tueur en liberté.


SAUREZ-VOUS ECHAPPER AU CERCLE ?

C’est un réflexe chez moi ! Un roman d’Alexis Laipsker sort, je le lis aussitôt, c’est plus fort que moi.

Tout commence dans un petit village ! Une gamine disparaît ! Tout le village part à sa recherche dans une battue, sous les directives du brigadier-chef Gallibert, en attendant que la gendarmerie y mette tous les moyens.

8 ans après, Leonora Koka, une détenue, se fait la malle. Déjà sur une enquête concernant la disparition de petites filles de 12 ans, la commandante Cavalier est appelée sur l’affaire de l’évasion. En effet, dans la cellule de Leonora sont retrouvés des documents concernant les disparitions.

Au même moment, Philippe Kern part avec sa petite Chloé, à proximité d’un village. C’est l’accident…

Absolument tous les éléments sont réunis dans ce one-shot pour rendre le lecteur complètement dingue et angoissé ! 

Les deux époques se rejoignent, les enquêtes s’entremêlent, les flics pataugent dans la semoule, les personnages sont plus inquiétants les uns que les autres… Et ce village !!!!

Alexis Laipsker a fait en sorte que ce village devienne un personnage à part entière. Une sorte de pack, murs, forêt et habitants compris : le gendarme, le maire, l’idiot du village, l’homme à la barbe rousse, la vieille, la veuve, les éleveurs de chiens… Mais ne vous y fiez pas : si vous croyez pouvoir les cerner, c’est peine perdue.

"Ici, la nature n'avait jamais perdu ses droits et elle rappelait sa toute-puissance à chaque visiteur qui s'aventurait en son cœur."

Le roman se raconte en plusieurs voix, notamment celle de Philippe Kern, père célibataire, désespéré, aux abois, que ce village rend complètement paranoïaque… Les dialogues sont, eux, très réalistes ce qui donne plus de réalisme au roman.

Ne comptez pas sur moi pour vous en dévoiler plus... 

Forcément ! Maintenant, j’attends le prochain !

Au boulot, Monsieur Laipsker, un an, c’est trop long…


https://pasionlivres.blogspot.com
 



samedi 12 septembre 2026

LA SOLITUDE DES PROFESSEURS EST INFINIE

        


    La solitude des professeurs est infinie    

Yannick Haenel


     Auteur :    Yannick HAENEL

Editions : Gallimard  www.gallimard.fr

Genre : Roman littéraire

Date de parution :  20 août 2026

320 pages

ISBN :  978-2-07-316192-5

Prix : 21 € 50




Quatrième de Couverture : 


Jean Deichel, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. La nuit, il loge dans un club de tennis à Deuil-la-Barre ; le jour, il découvre les difficultés du métier en même temps que ses joies profondes, la violence de l’École en même temps que sa beauté.
Jean est aussi un poète ivre d’aventure, attentif à trouver la lumière de la « vraie vie » au cœur du quotidien le plus gris : dans des jardins réels ou rêvés, au bord d’un lac, lors d’évasions à Pompéi et à Tarquinia, mais surtout dans la grâce fragile d’un cours réussi.
Entre réalité politique et mystère existentiel, la vie des profs est un roman.





Je me demande si je ne suis pas passée à côté de ce roman.

On commence par suivre Jean Deichel, un jeune professeur passionné de littérature, de poésie et des mots, avec de grands idéaux sur ce que représente un enseignant. Il débarque dans un collège en croyant encore que transmettre quelque chose peut changer une vie.

Mais, petit à petit, il est rattrapé par la réalité.

Les élèves ne sont pas tels qu’il se les imaginait, certes, mais il n’imaginait pas non plus les difficultés de ses relations avec les adultes, surtout. Jean Deichel rencontre des difficultés relationnelles avec ses collègues et sa hiérarchie. Il est, en effet, la cible de petites humiliations et de jalousies. Et, pour couronner le tout, il subit également des absurdités administratives qui donnent cette impression que, parfois, rien ne peut aller plus mal… jusqu’à ce qu’un nouvel événement lui donne tort.

"(...) Pour Vivale, dont les deux fils étaient profs, la condition d'enseignant relevait du scandale : elle me dit qu'à ses yeux il n'y avait pas de métier plus difficile actuellement. On abandonnait les jeunes professeurs à la violence sociale, et le ministère, avec ses réformes ineptes, aggravait les problèmes au lieu de les résoudre. Ses fils vivaient un calvaire ; elle avait peur pour eux ; selon elle, personne ne se rendait compte de ce qui se passait en ce moment dans les collèges et les lycées en France : c'était une catastrophe."
Ce jeune professeur pourrait être touchant. Il est d’une naïveté désarmante, trop à mon goût. Il ne semble pas vraiment armé pour ce qui l’attend. Il croit tout résoudre avec des poèmes, des livres et ses convictions. Mais quand je dis qu’il y croit, il en est même convaincu, avec une prétention qui frise l’insolence.

Il ne se remet pas en question, malgré tout ce qui semble lui prouver le contraire, et donne parfois l’impression de se complaire dans sa situation, de s’y enfoncer plus profondément, souvent même en sombrant dans l’alcool.

(...) au cœur de mon naufrage, la poésie m'ouvrait les yeux. Je sentais qu'elle ne me quitterait plus : j'étais fou, peut-être, mais il est bon de l'être quad tout vous abandonne, car une parole nous a été transmise, qui sera peut-être difficile à entendre, mais vers laquelle nous tendrons nos visages comme vers un baiser. Alors un peu somnolent, tandis que les gouttes de pluie commençaient à entrer dans la salle, j'ai prononcé ces mots : "Des baisers / oh des baisers de sa bouche."

On pourrait penser que cette naïveté, c’est aussi ce qui lui permet de tenir. Mais il semble plutôt se satisfaire de cette oisiveté, sans trop lutter, préférant se lamenter, allant même jusqu’à penser avoir été envoûté pour expliquer certaines situations.

Et il se retrouve dans des situations tellement absurdes qu’on ne sait plus s’il faut en rire ou avoir pitié de lui. Il y a quelque chose de lunaire chez lui. Il peut partir dans des délires insensés qui, souvent, l’enfoncent un peu plus dans le désarroi.

Mais ce roman parle aussi de violence.

Une violence très concrète, mais parfois sourde, qui s’installe dans les écoles, les couloirs, les classes et même les salles des profs. On y parle des relations qui peuvent être plus que difficiles avec les élèves, qui plus est des ados ! Avec les parents, même. Mais pas que.

"Laguille se planta au milieu de la salle, et proféra d'un air menaçant la phrase qu'on connaît tous : "Pas de vagues." Cette phrase transperce chaque année les salles de prof des collèges et des lycées en France ; elle continuera à les transpercer tant qu'un chef d'établissement étouffera sous le poids de la hiérarchie les problèmes qui affectent notre travail, qui le rendent impossible et finalement nous tuent. C'est ainsi, des dizaines d'années plus tard, que Samuel Paty est mort : personne n'a voulu réagir quand on l'a menacé." 

On peut également évoquer le système en lui-même et l’aspect social. En somme, une violence qui finit par épuiser…

"Selon Laguille, selon le rectorat, selon le ministère, selon les gens qui décident de ce qu'il en est de l'école, et surtout de ce qu'il doit en être, il est préférable qu'on reste discret lorsqu'un prof est mis à mal, sinon, vous comprenez, plus personne ne voudra enseigner : on peu laisser des profs se faire massacrer en classe, mais il ne faut surtout pas que ça se sache."

C’est là que le titre prend vraiment son sens. Cet aspect du roman est important tant il reflète une grande réalité de notre société et du ressenti des enseignants : le sentiment de ne pas être écoutés, d’être placés comme des pions ou encore d’être sur un fil suspendu, sans filet de sécurité.

La solitude n’est pas simplement celle du professeur face à ses élèves. C’est une solitude beaucoup plus profonde. Celle de quelqu’un qui donne énormément de lui-même et qui, en retour, peut avoir l’impression de disparaître.

Mais, heureusement, tout n’est pas désespéré.

Les professeurs ne manquent pas de créativité pour captiver les élèves. Il y a ces petits moments qui laissent l’espoir que tous ces efforts ne sont pas vains, que la transmission se fait. Toutes ces victoires, quand on sent que les élèves sont hameçonnés, qu’on voit à leurs sourires, à leurs yeux pétillants, qu’ils sont heureux d’avoir compris les enjeux de ce qu’ils viennent d’apprendre.

"Peu importe alors ce qu'on dit, et à qui on le dit : il y a des mots qui nous traversent sans même qu'on en ait conscience, et qui trouvent leur destination : on croit que tout est perdu, mais un murmure se faufile entre les tables des salles de classe, et qu'ils le veuillent ou non, qu'ils se ferment ou lèvent la tête, les enfants l'entendent ; parfois même, ils le reçoivent."

C’est peut-être ce qui m’a le plus touchée dans ce roman.

Pour Jean, enseigner n’est pas simplement un métier. C’est quelque chose qui touche à sa manière d’exister. Quand il parle de littérature, il devient presque un autre homme. Il retrouve de la lumière.

Même si je le trouve exagéré, se donnant parfois des airs de John Keating, le professeur du *Cercle des poètes disparus*.

Il y a aussi des passages où j’ai trouvé Haenel franchement excessif. Il pousse certaines situations très loin. Par moments, j’ai eu envie de lui dire : oui, j’ai compris. Pas besoin d’aller encore plus loin.

Cette écriture très agitée, trop lyrique à mon goût, pourra certainement agacer. Elle m’a même très souvent agacée, au point que j’ai failli plusieurs fois poser le livre.

Mais, curieusement, je me devais de le finir !

Sans doute par respect et par tendresse envers ces professeurs qui avancent malgré tout. Ils s’impliquent avec conviction, quoi qu’en pensent beaucoup. Pour beaucoup de ceux que je connais, ils ne mesurent même pas leur investissement envers les enfants qui leur sont confiés, avec leurs convictions, leurs fatigues, leur générosité et leurs fragilités aussi.

Ils continuent de transmettre, de tenir debout. Ils ajoutent souvent à leur tâche celle d’éducateur. Ils ne lâchent rien tant qu’ils y croient encore, malgré les obstacles, les conflits avec les élèves et souvent avec les parents…

Ils m’impressionnent.

"C'est la vie des profs, leur enfer quotidien, leur joie aussi quand ça marche, quand un visage s'éclaire furtivement, quand un élève manifeste sa compréhension, quand un cours est réussi, ou une copie excellente, quand vous sentez que malgré tout, quelque chose mystérieusement, s'est transmis."

Pourtant, pour en revenir au roman, je ne peux pas dire que je sois très enthousiaste. Je n’ai pas franchement aimé Jean Deichel. Son côté oisif et lunaire m’a fait passer à côté du reste.

Je sais qu’une fois cet avis délivré, ce roman se rangera dans un tiroir, au fond de ma mémoire, et qu’il n’en sortira probablement plus.


"Dans chaque classe, il y avait des éléments perturbateurs, comme on les nomme dans le jargon de l'inspection académique. Perturbateurs, le mot est faible ; je dirais plutôt saboteurs. Mais en réalité, ce sont des enfants qui en ont marre et qui cherchent le conflit, des enfants sans repères, déboussolés, agressifs, et livrés à eux-mêmes, que je voyais traîner après les cours autour de la gare, et se mêler à de petits trafics où leur solitude trouvait l'excitation qui manquait à leur vie. La plupart du temps, ils se font les dents sur les profs dont ils s'amusent, ou qu'ils méprisent."

 

"J'ai connu ce que tous les profs sentent à un moment ou un autre, et le plus souvent, dès leur première année : le découragement, lequel n'est pas qu'un simple état surmontable, mais un poison dont la lenteur est fatale. Les élèves ne sont pas seuls à se sentir piégés ; les profs aussi. Ce qui a lieu dans les collèges comme ceux où j'ai fait cours pendant neuf ans est inextricable, sans répit. Qui trouvera la solution ? Pas le temps de réagir à l'attitude déplacée d'un élève, que déjà un autre élève s'agite, et que le bavardage se propage : tout se met à dégénérer, et sera bientôt hors de contrôle si vous ne frappez pas un grand coup ; mais  l'éclat qui rétablira votre autorité rendra impossible de revenir au cours, car après avoir calmé les élèves, il faudra parvenir à vous calmer, vous, ce qui parfois se révèle plus difficile : la colère qui s'allume en classe ne s'éteint que le soir, lorsque, enfin seul, vos nerfs lâchent, et que vous hurlez sous la douche."


https://pasionlivres.blogspot.com




dimanche 30 août 2026

LES SAULES

     


        



    Les Saules    

Mathilde Beaussault


     Auteur :    Mathilde Beaussault

Editions : Seuil www.seuil.com

Genre : Roman policier / Roman littéraire

Date de parution :  10 janvier 2025

272 pages

ISBN :  978-2-02-157698-6 

Prix : 19 € 90




Quatrième de Couverture : 


Aussi âpre que bouleversante,
une histoire de liberté et de meurtre,
de silence et d'amitié,
au cœur d'un hameau breton.

Allongée au bord de la rivière, cachée par les saules pleureurs, Marie, dix-sept ans, semble paisible, endormie, ce que démentent les marques sombres sur son cou.
Sa mort brutale ébranle toute la communauté, et surtout Marguerite, une petite fille solitaire que tous croient simple d'esprit. Ses parents, peu enclins à manifester leur affection, travaillent leur terre du matin au soir. Livrée à elle-même, maltraitée à l'école, elle aime se réfugier au bord de la rivière, où elle se sent en sécurité sous les saules.
Cette nuit-là, elle a vu quelque chose. Elle voudrait bien aider Marie, la seule qui était gentille avec elle. Mais voilà, Marguerite ne parle pas, ou presque jamais. Mutique derrière sa chevelure sale et emmêlée, elle observe l'agitation des adultes qui, gendarmes ou habitants, mènent l'enquête. Mais comment discerner la vérité parmi les rumeurs, les rivalités familiales et les rancœurs tissées de longue date ?






C'est vrai que généralement, on commence par les premiers. Sauf que c'est le second roman de Mathilde Beaussault qui m'était tombé dans les mains au départ. Mais j'ai très vite rectifié le tir, car il a fallu absolument que je lise "Les Saules". C'est fait ! Et ce second avis de lecture confirme le premier : cette auteure est une valeur sûre de la littérature française, à n'en pas douter !

Le corps de Marie, une jeune fille de dix-sept ans, gît dans la rivière. Une enquête est menée dans ce village où tout le monde se connaît, faisant remonter à la surface d'anciennes histoires et querelles entre villageois et classes sociales. Marguerite, la petite qui ne pipe quasiment jamais mot, sait peut-être quelque chose...

Mathilde Beaussault ne s'est pas contentée de raconter une histoire, ni d'écrire un thriller haletant. Non. Elle a écrit un roman à plusieurs étiquettes. On est dans le thriller et le roman policier, dans le roman littéraire, en passant par le roman social qui respire. Vous me direz : « Mais qu'est-ce qu'elle raconte encore ? » Alors je m'explique...

Lorsqu'on lit ce roman, l'auteure nous fait tout ressentir, que ce soit écrit ou entre les lignes. Les sentiments des personnages, la tension, la dureté de la vie, le climat social, l'amour maternel et parental plus généralement... À cette lecture, on se sent réellement plongé dans le décor et dans l'histoire, tant elle semble réelle. Tellement réelle qu'on a envie d'ouvrir une porte et de récupérer Marguerite pour lui donner une meilleure vie, d'en ouvrir une autre pour secouer certains personnages, et ainsi de suite. Vivant, je vous dis, ce roman.

Ces impressions, on les doit à un talent indéniable. Que ce soit dans les descriptions, dans les dialogues ou dans la richesse du vocabulaire, l'auteure y met tout son cœur.

Je pense que vous l'avez compris : j'ai beaucoup aimé ce roman, autant que La Colline, tellement l'auteure puise en nous. J'ai trouvé beaucoup de puissance dans cette écriture et beaucoup d'humanité. L'histoire m'a transportée, aussi sombre puisse-t-elle être. Ce n'est finalement pas le meurtre qui reste le plus longtemps en tête, mais tout ce qu'il révèle autour de lui.



https://pasionlivres.blogspot.com

 "Le dimanche n'est qu'un cafard qui se repaît du lundi"

"C ' est souvent dans la naïveté qu'on reconnait l'humanité."

" On ne croit pas vraiment en Dieu dans la famille mais on mettrait, s'il le fallait, un cierge à brûler les veilles de moissons pour que les machines ne lâchent pas les hommes."

"Victor, c'est un peu comme le soleil breton. Il n'est jamais là où on l'attend mais il réserve de belles surprises à qui sait le comprendre."

 

 














mardi 25 août 2026

LE CLUB DES FEMMES MARIEES

            




    Le Club des femmes mariées    

Mubanga Kalimamukwento


     Auteur :    Mubanga KALIMAMUKWENTO

Editions : l'Aube https://editionsdelaube.fr/

Traduction de l'anglais (Zambie) :  Benoîte Dauvergne        

Genre : littérature, culture africaine, condition des femmes

Date de parution :  04 septembre 2026

392 pages

ISBN :  978-2-81-596731-0

Prix : 21 € 




Quatrième de Couverture : 

Sali est une jeune femme cultivée et indépendante. 
Pourtant, à vingt-huit ans, elle vit encore chez ses parents - pas par choix. Car dans son pays, la Zambie, surtout quand on est fille de pasteur, on ne vit pas sans un père ou un mari... Des années plus tard, Sali est accusée du meurtre de son époux. Au fil du procès, ce sont trois générations de femmes qui nous sont données à voir : Sali, donc, mais aussi sa mère et sa fille.
Qu'attend-on d'elles au juste ? Pourquoi leur statut marital compte-t-il tant ? La jeune fille a-t-elle le droit de rêver à l'amour ou est-ce que, comme sa mère et sa grand-mère, elle n'aura le choix qu'entre subir en silence ou être embarquée dans un tourbillon de violences ? Il y a ici quelque chose d'une Anatomie d'une chute, le sentiment que certains événements sont inéluctables. 




Tout d'abord, je remercie Alexandrine de Babelio et les éditions L'aube pour leur confiance.

On tient ici un roman qui pourrait bien marquer la littérature africaine contemporaine. Le premier pour l'auteure dont l'expérience d'avocate a été grandement mise à contribution, car il est question d'un procès. 

Sali est une zambienne libérée socialement et surtout sexuellement, un amant, homme marié qui plus est, qui se conclus par une grossesse. Cependant, la culture zambienne va vite reprendre le pas sur sa vie de femme dès lors qu'elle se marie. 

Ce roman est très intéressant car il est question de la condition des femmes en Afrique et ce qui me frappe avant tout, c'est leur profil : des femmes fortes, instruites, ambitieuses, prêtes à en découdre, du genre à ne pas se laisser mener par le bout du nez. Cependant, leur culture locale prend le dessus. 
Une jeune zambienne qui se marie devient une femme soumise, elle se plie aux traditions qui sont en grandes parties de devenir "une bonne épouse" avec tout ce que cela implique, notamment la perte de la précieuse liberté.

Là, on entre dans le vif du sujet ! Car le titre prend tout son sens, avec une ironie mordante : Le Club des femmes mariées. On y découvre le terme Shipikisha (« endure », « supporte »...), qui résume à lui seul la condition de ces femmes : « Bienvenue au club de celles qui doivent supporter. »

Ce n'est pas un club où on adhère avec plaisir pour partager des recettes ou autres, non ! C'est un club où on adhère par pression sociale, des parents, des autres femmes... L'institution du mariage devient un instrument de contrôle sur la femme, une violence sociale.

D'une écriture polyphonique, l'auteure mêle trois voix : Ntashé (17ans), sa mère Sali qui est au banc des accusés pour meurtre de son époux (qui est sa propre voix) et Peggy la grand mère. Trois générations, trois regards sur une même société et trois manières de résister ou d'endurer.

Dans ce roman la violence sociale est analysée avec une grande lucidité. C'est une œuvre profondément humaine, qui invite plus à comprendre qu'à juger. Il montre surtout comment certaines normes sociales peuvent enfermer les individus, et comment le courage consiste parfois simplement à dire : «Je n'endurerai plus.» 

Le personnage qui m'a le plus marquée est sans doute Ntashé. Sa place dans l'histoire, son innocence et la manière dont le procès va progressivement transformer son regard sur les adultes et sur la condition des femmes en font un personnage particulièrement touchant.

Ce roman montre également la précarité des droits et des conditions de la femme...


https://pasionlivres.blogspot.com

 


dimanche 23 août 2026

FABLES ET LEGENDES DE PRINCESSES JAPONAISES

        


   source : YNNIS

    Fables et légendes 

de princesses japonaises    

Ippei Otsuka - Mimei Ogawa

Masao Kusuyama - Kyûsaki Yumeno

     Auteur :   Ippei Otsuka, Mimei Ogawa, Masao Kusuyama,Kyûsaku Yumeno

Editions : YNNIS

Illustration de couverture :  Sébastien Rost

traduit de l'italien par Mathilde Tajana

traduit du japonais par Nina Le Flohic

Genre : Fables et légendes du Japon

Date de parution : 12 février 2025

224 pages

ISBN : 978-2-37697-547-2

Prix : 12 € 90 





Quatrième de Couverture


Qu’elles viennent de la Lune ou sortent d’un melon, ces princesses vont vous fasciner.

Aventures féériques, contes moraux ou simples histoires amusantes, les princesses du Japon n’ont que peu de choses à avoir avec celles du panthéon de Walt Disney. Elles sauront pourtant vous distraire, vous faire frémir ou vous émouvoir avec ces cinq récits hauts en couleur. Et si ceux-ci font partie du patrimoine culturel du Japon depuis des siècles, voire des millénaires, les péripéties qu’ils nous narrent n’en restent pas moins modernes. Et continuent d’inspirer les mangas, animés, jeux vidéo et films d’aujourd’hui.




Les éditions Ynnis sont pleines de bonnes surprises. Au cours de ma petite visite dans cette jolie librairie de Rouen, à l'ambiance si particulière et dont je vous ai parlé précédemment, j'ai trouvé cet autre petit bijou.

Ce livre réunit cinq fables et légendes de quatre auteurs, de la fin du XIXᵉ siècle jusqu'au milieu du XXᵉ siècle : Ippei Otsuka, Mimei Ogawa, Masao Kusuyama et Kyûsaku Yumeno. Ce dernier est d'ailleurs l'auteur du Tambour d'Ayakashi, dont je vous ai déjà parlé il y a peu.

J'ai pu découvrir Le Conte de la princesse Kaguya, connu également sous le titre de Conte du coupeur de bambous, qui est considéré comme l'un des plus anciens récits folkloriques du Japon. Ses origines ne sont d'ailleurs pas encore tout à fait définies. On situerait son apparition aux alentours de 794, au début de la période Heian, et son auteur serait anonyme. Mais certains soupçonnent que le récit soit bien plus ancien encore... Cela reste un mystère.

Cette lecture m'a également permis de me rendre compte que les contes japonais sont différents des contes occidentaux, notamment dans leur construction.

Les contes occidentaux suivent souvent un schéma relativement précis et, même lorsque la fin est terrible, elle signifie généralement quelque chose. Elle peut servir d'avertissement, de mise en garde ou, plus généralement, de leçon morale. Ces contes sont donc souvent construits autour d'une idée assez forte : le monde a été déséquilibré, puis quelque chose vient rétablir ou définitivement détruire l'ordre.

Les contes japonais, eux, ne l'entendent pas forcément de cette manière.

Dans beaucoup de récits japonais, notamment ceux que Lafcadio Hearn, alias Yakumo Koizumi, a recueillis, l'histoire peut commencer de manière presque banale. Puis quelque chose survient. Mais pas forcément pour lancer une grande aventure. Il n'y a pas toujours de victoire, d'explication ou même de retour à la normale.

Cela donne l'impression que le surnaturel fait tout simplement partie de ce monde. Il est comme inclus dans la culture et peut survenir à n'importe quel moment, dans n'importe quel endroit.

Il en est de même pour les morts dans le recueil consacré aux fantômes. Ils ne représentent pas toujours quelque chose d'horrible ou d'effrayant. Ils sont là, comme s'ils avaient encore quelque chose à dire, à communiquer. Une âme peut revenir parce qu'elle accomplit une promesse, parce qu'elle aime encore... ou, effectivement, parce qu'elle réclame vengeance.

Les contes japonais sont également souvent beaucoup plus ambigus. Ils ne cherchent pas toujours à apporter une réponse ou à désigner celui qui a raison ou tort.

Occidentaux, nous avons souvent été habitués à attendre d'une histoire qu'elle nous apporte quelque chose à la fin : une réponse, une morale, une explication ou une conclusion.

Or, certains récits japonais peuvent nous laisser simplement avec :

« C'est arrivé. Voilà. »

Comme si l'histoire devait ensuite se poursuivre dans notre imagination, tout en restant profondément attachée à la culture et aux traditions japonaises.

Autre point de différence : dans les contes occidentaux, la nature est souvent un décor ou un obstacle. La forêt est l'endroit où l'on se perd, la montagne celle qu'il faut franchir, la mer celle qu'il faut traverser.

Dans les contes japonais, la nature est habitée. Elle peut devenir un personnage à part entière.

_ Oh, bien sûr, je connais très bien ce poème, intervient le dignitaire le plus âgé. Je ne me souviens plus des mots exacts, mais il raconte qu'il existe entre les terres de Suruga et de Kai une très haute montagne. Sa base touche les vagues, tandis que son sommet est si éloigné de terre que même les oiseaux ne réussissent pas à l'atteindre. Il semble même que les nuages s'en approchent avec respect, mais qu'ils n'osent pas l'effleurer. Le poète dit aussi que les mots peuvent difficilement décrire une telle majesté et qu'il n'existe pas de nom digne d'elle : ce n'est pas une simple montagne, mais une divinité endormie. 

C'est là que les influences du shintō, avec son rapport aux kami, croisent les croyances populaires et les influences bouddhistes.

Finalement, le conte occidental raconte souvent l'histoire d'un personnage qui entre dans le merveilleux avant d'en ressortir transformé ; le conte japonais, lui, nous donne parfois l'impression que le merveilleux était là depuis le début et que c'est nous qui ne l'avions simplement pas vu.

L'histoire du coupeur de bambous m'a particulièrement touché tant par l'histoire en elle-même que par sa propre histoire, ses origines. C'est absolument extraordinaire de lire un récit qui a sans doute plus de 2000 ans où l'on évoque le Mont Fuji... Ajoutez à cela la culture du Japon et il devient difficile de ne pas aimer.



//pasionlivres.blogspot.com/













mercredi 19 août 2026

HISTOIRE DU PORTUGAL EN 101 DATES

        

   



   source : éditions Mas Rouge

    Histoire du Portugal en 101 dates    

Antonio Manuel Da Silva Cosme


     Auteur :    Antonio Manuel Da Silva Cosme

Editions : Mas Rouge instagram

Genre : Littérature française, roman

Date de parution :  21 juillet 2026

160 pages

ISBN : 979-10-98531-60-6

Prix : 21 € 50 




Quatrième de Couverture


Comment un petit royaume situé à l'extrémité occidentale de l'Europe est-il devenu l'un des plus grands empires maritimes de l'histoire ? 

Des montagnes de la Lusitanie aux quais de Lisbonne, des champs de bataille d'Ourique et d'Aljubarrota aux routes des épices de l'océan Indien, du Brésil aux rivages de l'Afrique, l'histoire du Portugal est celle d'un peuple qui n'a jamais cessé de regarder au-delà de l'horizon.

A travers 101 dates essentielles, cet ouvrage vous invite à découvrir plus de deux mille ans d'aventures humaines, de conquêtes, de découvertes, de tragédies et de renaissances.

Vous croiserez : 

  • Viriato, le héros de la résistance lusitanienne ;
  • D. Afonso Henriques, fondateur du royaume ;
  • Inês de Castro, la reine couronnée après sa mort ; 
  • Vasco da Gama et les navigateurs des grandes découvertes ; 
  • Les bâtisseurs de l'empire portugais ; 
  • Les révolutionnaires du 25 avril 1974.
Richement documenté et accessible à tous, ce livre offre un voyage passionnant au cœur d'une nation dont l'influence a manqué les cinq continents. 

De la Lusitanie antique à l'Europe contemporaine, découvrez l'histoire du Portugal comme vous ne l'avez jamais lue.




Ecrit par un passionné, ce livre se lit sans que l'on ait vraiment envie de s'arrêter. Là où d'autres auraient consacré plusieurs pages à un événement, Antonio Manuel Da Silva Cosme va à l'essentiel. Quelques paragraphes, une date, un événement… et nous voilà déjà quelques années voir quelques siècles plus loin.


C'est justement ce qui m'a plu dans cette manière de raconter l'Histoire. On ne se perd pas dans d'encombrants détails, mais on ne reste pas non sur sa faim. Chaque date devient une petite porte ouverte sur une époque, un personnage, une conquête, une tragédie ou un bouleversement.


Et quelle histoire que celle d'un petit pays situé à l'extrémité occidentale de l'Europe, dont les terres ont pourtant été traversées par les Phéniciens, les Romains, les Wisigoths et les Maures, avant de devenir le berceau d'un royaume qui allait, quelques siècles plus tard, partir à la conquête des océans grâce aux navigateurs des plus connus.


Des premières traces de ces présences anciennes jusqu'à l'entrée du Portugal dans la Communauté économique européenne, le 1er janvier 1986, l'auteur nous fait parcourir plus de deux millénaires d'histoire.


D'invasions en conquêtes, de royaumes en changements de dynastie, de l'expansion maritime aux territoires lointains, des grandes découvertes aux périodes les plus sombres, de la religion aux drames politiques, de la monarchie à la dictature de Salazar, jusqu'à la Révolution des Œillets, l'auteur exhume tout. Il raconte, il transmet, il remet en lumière.


Et derrière les dates, ce sont finalement les Portugais que l'on rencontre.
Des hommes et des femmes qui ont construit, agrandi, défendu, parfois déchiré leur pays. Des souverains, des navigateurs, des religieux, des militaires, des anonymes aussi. Une histoire faite de grandeur et de violence, d'expansion et de pertes, de gloire mais aussi de tragédies.


J'ai beaucoup aimé cette façon de ne pas réduire le Portugal à l'image d'un petit pays tranquille posé au bord de l'Atlantique. Car son histoire est tout sauf tranquille.
Il y a les grandes heures des navigateurs et des découvertes, bien sûr. Mais il y a aussi les guerres, les séismes, les persécutions, les crises, les drames politiques et les années de dictature. Et puis il y a cette Révolution des Œillets, l'une des pages les plus étonnantes de son histoire contemporaine, qui vient refermer cette longue traversée sur une note presque incroyable : celle d'une révolution qui, malgré les violences qui l'ont précédée, est restée profondément marquée par son caractère pacifique.


En 101 dates, sans prétendre tout raconter, Antonio Manuel Da Silva Cosme se fait plutôt passeur.


Passeur d'une histoire riche, mouvementée, parfois glorieuse, parfois terrible, mais toujours fascinante. Une histoire qui permet de mieux comprendre ce pays que l'on croit parfois connaître à travers ses paysages, ses azulejos, ses villes, ses plages ou ses fameux navigateurs.


Pour ma part, j'ai refermé ce livre avec l'envie d'en savoir davantage. Et c'est peut-être finalement le meilleur compliment que l'on puisse faire à un ouvrage historique : donner envie de continuer à chercher, à comprendre et à découvrir.


101 dates pour raconter le Portugal.


101 portes ouvertes sur un pays dont l'Histoire est infiniment plus grande que sa taille sur une carte.




https://pasionlivres.blogspot.com/




BABELIO

Mon profil sur Babelio.com