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samedi 27 juin 2026

TROUVER REFUGE

   


        

     Trouver refuge    

Christophe Ono-dit-Biot


     Auteur :    Christophe Ono-dit-Biot

Editions : Gallimard https://www.gallimard.fr

Genre : Roman littéraire et philosophique

Date de parution :  18 août 2022

416 pages

ISBN :  978-2-072885-69-3 

Prix : 20 




Quatrième de Couverture : 


Tout est allé très vite : d’abord des gestes d’intimidation, puis des menaces directes. Un soir, Sacha et Mina décident de fuir la France avec leur petite fille Irène. Ils laissent derrière eux un pays qui a plongé dans le nationalisme, l’ignorance et l’intolérance, dirigé par un nouveau président qui a lancé des hommes après eux. Quel secret explosif veut-il protéger ?
Pour se mettre à l’abri, ils ont le projet insensé de rejoindre le mont Athos, sanctuaire érigé de monastères fortifiés où l’on vit encore selon les règles byzantines. Il est interdit aux femmes depuis le XIᵉ siècle, mais il a toujours protégé ceux qui y cherchaient refuge.
Brutalement séparé de Mina, Sacha s’y retrouve avec sa fille, qui découvre, émerveillée, les rites et les récits de cet éden bordé par la Méditerranée ainsi que les joies prodiguées par une nature grandiose. Mais le danger les guette à tout instant.
Déterminée à tenter l’impossible, Mina parviendra-t-elle à sauver sa famille ?
Ode lumineuse à la transmission d’un père à sa fille, bouleversant portrait de femme, ce roman est une invitation à embrasser l’amour et les livres, la nature et la beauté. Il célèbre aussi magnifiquement l’Histoire et les histoires dont nous sommes faits.



Il y a des livres qui racontent une histoire. Et puis il y a ceux qui continuent de vous accompagner une fois la dernière page tournée. Trouver refuge fait partie de ceux-là. Et je remercie vivement Xavier "Aquilon62" de me l'avoir conseillé. 

Je ne savais pas vraiment où Christophe Ono-dit-Biot allait m'emmener. Je pensais partir vers le Mont Athos. En réalité, j'ai surtout eu l'impression de voyager à travers nos peurs, nos doutes et cette étrange époque dans laquelle nous vivons.

Le Mont Athos est décrit avec une telle beauté qu'on comprend immédiatement pourquoi tant d'hommes ont choisi de s'y retirer. Chaque monastère apparaît comme une révélation. Ils surgissent de la brume, immenses, silencieux, presque irréels. J'avais parfois l'impression d'être à la place de Sacha, sur la proue du bateau, incapable de détacher mon regard de ces forteresses suspendues entre la montagne et la mer.

Mais ce qui m'a le plus touchée, c'est que cette beauté n'est jamais présentée comme une fin en soi.

Le roman parle beaucoup de foi. Pas d'une foi qui cherche à convaincre ou à convertir. D'une foi qui interroge. Qui apaise parfois. Qui dérange aussi.

Christophe Ono-dit-Biot montre que la spiritualité peut être un refuge, mais il rappelle aussi qu'elle peut devenir dangereuse lorsqu'elle cesse d'être une quête pour devenir une certitude. À partir du moment où quelqu'un est persuadé de posséder la seule vérité, le risque apparaît. Ce n'est plus seulement valable pour la religion. Ça l'est aussi pour la politique, pour les idéologies, pour tous les discours qui refusent le doute.

Et c'est là que le roman m'a mise mal à l'aise. Parce que tout ce qu'il raconte paraît finalement très proche de nous.

La surveillance permanente. Les téléphones qui savent presque tout de nous. Les applications qui enregistrent nos déplacements, nos habitudes. Une intelligence artificielle capable d'analyser, de prévoir, de contrôler. Présenté comme un progrès. Comme quelque chose de pratique. Jusqu'au moment où l'on se demande qui possède réellement ces informations... et ce qu'il pourrait en faire.

... Et le quartier doit être parsemé de caméras de vidéosurveillance, rebaptisées "de vidéoprotection". 80 % de la population du pays est pour. C'est ce que dit le poste de télévision installé au-dessus du bar. ...

p 360

Le livre parle aussi du pouvoir des mots. Des discours politiques qui paraissent rassurants au premier abord, puis qui glissent doucement vers autre chose. La peur devient un argument. Les libertés semblent négociables. Certains responsables politiques désignent des ennemis, simplifient des problèmes complexes et proposent des réponses qui paraissent évidentes parce qu'elles jouent sur l'émotion plus que sur la réflexion. Impossible de ne pas penser à certains débats qui traversent aujourd'hui nos démocraties.

... Interrogé sur ce point, Papa réfute l'idée selon l'idée selon laquelle les femmes seraient mieux à la maison mais annonce des mesures financières pour aider celles qui voudraient le faire. "La charge mentale qui pèse sur nos concitoyennes qui doivent travailler et élever des enfants est considérable et je veux pouvoir l'alléger en leur donnant le choix de leurs priorités. Chacune de nos concitoyennes doit pouvoir décider de la façon dont elle souhaite s'épanouir, et toutes, je le sais, ne voient pas dans le travail un accomplissement." ...

p 350-351

Même les médias ne sont pas épargnés. Pas parce que tout serait faux. Ce serait trop simple. Mais parce qu'à force de choisir ce que l'on montre, ce que l'on répète ou ce que l'on tait, on finit par construire une manière de voir le monde.

Ce que j'ai aimé, c'est que l'auteur ne cherche jamais à imposer une réponse. Il fait confiance à son lecteur. Il ouvre des portes. Libre à chacun d'y entrer... ou de passer son chemin.

Au fond, je crois que Trouver refuge ne parle pas seulement d'un père et d'un enfant. Ni même du Mont Athos.

Il parle de cette question que nous devrions peut-être tous nous poser.

Comment rester libre dans un monde où tout semble vouloir orienter nos pensées, nos choix et même nos peurs ?

C'est un roman magnifique par ses paysages. Profond par ses réflexions. Et, par moments, franchement inquiétant. Pas parce qu'il imagine un futur impossible.

Parce qu'il donne parfois l'impression de parler du présent.




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... "Dans une époque de loups, il faut être un loup." Il leur parle de leurs professeurs, dont il a amélioré notablement les conditions de vie et de travail pour qu'ils puissent faire "le plus beau métier du monde". A condition qu'ils appliquent le programme, commente Mina. Le ministère de la Culture ? "Une dépense inutile. Un guichet à subventions. Avec vos impôts. Pour des pièces de théâtres sans public, des films qui n'intéressent personne, et qui montrent des êtres humains, parfois du même sexe - et je n'ai rien contre les gens du même sexe qui s'aiment, j'en ai connu -, en train de "copuler". le mot n'est pas une insulte , ça vient du latin, vérifiez donc."

p 407-408


Mina se sent salie par ces discours de haine dissimulée sous la bonne foi. Elle pourrait se lever, là, maintenant, et lui sortir dix affaires contrevenant à ses grands principes. Des foyers de migrants brûlés. Des professeurs destitués. Un journaliste disparu. Elle aimerait pouvoir se dresser et lire, à haute voix, quelques-unes de ses pages égyptiennes, pour faire savoir à tout le monde que celui qui plastronne sur la scène voulait se taper son mec sans oser se l'avouer...


p 408 


 











vendredi 17 avril 2026

LE CREUSET DES SORCIERS

           


    Le Creuset des Sorciers    

   Auteur :    Christophe Chabouté

Editions :  Gallimard https://www.gallimard.fr/

Genre : Roman Littéraire / Collection Blanche

Date de parution : 5  février 2026

176 pages

ISBN :  978-2-07-308500-9

Prix : 19 






Quatrième de couverture : 


La Louisiane vient d’être vendue aux États-Unis d’Amérique. Tout jeune esclave, Jean-Baptiste rejoint la plantation reculée des Beauregard. On y cultive la canne à sucre, le labeur est terrible, le climat très rude, mais l’esclave résiste. Il est fortifié par un secret sur le point d’être dévoilé : il connaît le sortilège de la musique.
Jean-Baptiste ignore que le langage qu’il est en train d’inventer va métisser le monde.
Au fil d’un récit écrit au rythme d’une musique entraînante et nerveuse, Paul Greveillac raconte la confrontation violente entre une caste de planteurs déclinante et des esclaves libres en puissance. Il imagine la plantation comme le berceau du jazz, offrant un aïeul de fiction au grand trompettiste Miles Davis.




Il y a parfois, dans la vie, des instants, des faits qui dépassent notre entendement. C'est ce qu'il s'est produit avec cet œuvre de Paul Greveillac. Ce roman s'est presque mis sur mon chemin, presque déposé dans mes mains et, tout en le lisant, j'avais le sentiment de connaître l'histoire, dans visualiser les scènes, comme un sentiment de déjà vue...

Ce roman n'est pas seulement une histoire, c'est une réflexion sur la manière dont on construit une vérité avec les bases de l'histoire elle-même. Une histoire inventée peut sembler plus vraie que l'Histoire elle-même. 

Nous sommes en Louisiane, que la France a vendu aux Etats-Unis en 1803. Sur le domaine des Beauregards, Une immense plantation, des esclaves, une dynastie.

"J'ai chaud. L'espace est gonflé. Veineux. Au bord de la rupture. Il me faut me défaire de la gaze d'ignorance. Me dépuceler dans le danger. C'est hypnotique et inquiétant. Maléfique et attirant. Je suis le jouet consentant du tellurique. Je progresse à tâtons vers l'épaisseur d'une révélation. Une épiphanie pure, qui n'est que sensation. Appelons cela, si nous le souhaitons, désignons cela comme du vaudou. Et je deviens la poupée qui aime les aiguilles, n'existe que par elles. Voilà. Un éclat jaillit au loin, répété, s'approche, parfois son écho comme une ombre même précède. Je revis. Je meurs. Touché au flanc par une griffe invisible. Transfiguré dans la nuit aux clartés aveuglantes. Je saigne d'extase. Sang ou larmes."

Au milieu de tout cela, un jeune esclave, dont Jacques Beauregard vient de faire l'acquisition. Un jeune enfant qui semble hagard et qui ressent l'envie de tapoter en tempo à longueur de temps. Il rêve d'approcher le piano de ses maîtres, d'effleurer les touches, de ressentir les notes vibrer dans tout son corps. Ce piano deviendra sa cage.

L'auteur nous transporte littéralement dans l'époque, nous fait revisiter la Louisiane en période coloniale. Alors que la terre porte encore les cicatrices de massacres des amérindiens, des hommes, des femmes et des enfants sont amenés d'Afrique pour être asservis comme des animaux afin de travailler dans les champs de coton par ci, de canne à sucre par là.

"Le Noir accueille le sacrement sans se défaire de son absence. Il découvre l'orgue, la mortifère musique d'église. Son regard toujours se cache derrière une sorte de taie. En vérité, il n'a attendu d'être catholique pour avoir la foi. La religion ne fait que mettre des mots - très imparfaits encore - sur ce qu'il peut parfois ressentir, sur l'élan intérieur qui l'habite et aussi les nuits opaques dont il est souvent la proie. Il n'est, lui semble-t-il, qu'une sorte de dépositaire invalide d'un mouvement de balancier précaire et incertain entre l'épiphanie et la désespérance. La foi aussi est révolte. C'est pour cela qu'il est musique. La religion au contraire sert à appartenir. À faire appartenir, et à justifier l'ordre établi. Dieu n'y a pas sa place ; ce n'est pas dans les églises qu'on le trouve le plus facilement. Mais nous ne pouvons pas prétendre être dans le secret de l'âme des maîtres."

A l'origine, le creuset est un récipient où l'on fait fondre et calciné des matières, des substances. Ce roman fait fondre l'histoire, la malaxe entre vérités et fiction. L'histoire de Jean-Baptiste est palpable et si l'auteur ne précisait pas qu'il ne s'agissait là que d'une fiction, on pourrait croire qu'elle est réelle car elle est immergée dans l'Histoire avec un grand H, avec des faits réels.

Oscar Wilde a dit : Les choses sont parce que nous les voyons, et ce que nous voyons, et comment nous le voyons, dépend des arts qui nous ont influencés.

Ce roman en est l'exemple même. Ce que nous croyons vrai dépend souvent moins des faits… que de la manière dont ils nous sont racontés. Le tout dans une belle et riche écriture.

"Le jazz a la fébrilité de l'incantation. Il barrit rit il rugit. Il effleure seulement. Catalyseur. Magma aux éléments indissociables.

Loupe sous le soleil qu'on ajuste pour mettre le feu au monde."


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mercredi 4 juin 2025

LES ENFANTS PERDUS

           

      

Les enfants perdus

François Sureau

 


Auteur : François Sureau

Editeur : Gallimard (sites) collection Blanche

Genre :  Littérature - Roman - Récit

Date de Sortie : 10 avril 2025

Nombre de pages : 160

ISBN : 978-2-07-308677-8

Prix : 19€








 Autres romans  


Romans depuis 2000

Les Alexandrins, Éd. Gallimard, 2003
L’Obéissance, Éd. Gallimard, 2007
Le Chemin des morts, Éd. Gallimard, 2013
Je ne pense plus voyager - La mort de Charles de Foucauld Éd. Gallimard 2016
Pour la liberté. Répondre au terrorisme par la raison, Éd. Tallandier, 2017
Sans la liberté, Éd. Gallimard, 2019
L'Or du tempsÉd. Gallimard, 2020
Ma vie avec Apollinaire, Éd. Gallimard, 2021
Un an dans la forêt, Éd. Gallimard, 2022
S'en aller, Éd. Gallimard, 2024
Les enfants perdus, Éd. Gallimard, 2025 (1er volet des Aventures de Thomas More)



Je vous dirai bien que je cherche encore ces enfants perdus ! Mais ce terme "enfants perdus" désigne des soldats envoyés en éclaireurs lors d'assauts périlleux, souvent avec peu de chance de survie. Et dans ce récit, nous sommes en pleine défaite de la guerre franco-prusse.

Nous sommes en 1870, à la suite de la défaite de Sedan durant la guerre franco-prussienne, Thomas More, commissaire impérial de la sûreté, est fait prisonnier et interné dans la presqu'île d'Iges avec des milliers de soldats français et un intendant de l'armée nommé Seligmann qui l'accompagnera durant cette aventure. Après un premier crime au camp des prisonniers, un second commis dans l'entourage du roi de Prusse pousse ce dernier à solliciter l'aide de More pour résoudre l'affaire.

S'il y a une déception dans cette lecture, ce serait de ne pas pouvoir suivre une enquête détaillée, avec des énigmes etc... Comme on s'y attend dans un roman policier, mais bien que Thomas More soit en quête de vérité et de justice, il est le seul à mener l'enquête, à recueillir tous les éléments. Seules les conclusions nous sont réservées comme épilogues. Mais le roman n'en perd pas pour autant d'intérêt.

François Sureau nous plonge dans l'histoire, qui a n'en pas douté, fait partie de ses passions.  Le roman explore les répercussions de la défaite française, tant sur le plan personnel que national, mettant en lumière les bouleversements sociaux et politiques de l'époque.

Les personnages sont bien dépeints, notamment ce commissaire More et l'intendant Seligmann avec un brin de fantaisie et une forte personnalité. Le style narratif est fluide, précis, mêlant habilement les éléments historiques  (personnages, décors et évènements, dates) et fictifs. Son écriture est rigoureuse et empreinte de sensibilité, offrant une immersion profonde dans l'époque troublée de la fin du Second Empire. Cette même écriture qui me poussera à poursuivre les enquêtes de Thomas More.

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samedi 31 mai 2025

Grindadráp

          

      

Grindadráp

Caryl Férey

 


Auteur : Caryl Férey

Editeur : Gallimard (sites)

Genre : Policier - SF - Roman - Récit

Date de Sortie : 3 avril 2025

Nombre de pages : 384

ISBN : 978-2-07-303732-9

Prix : 20€






 Autres romans  


Romans principaux

  • Avec un ange sur les yeux, Éd. Balle d'Argent, mai 1994

  • Delicta Mortalia : péché mortel, Éd. Balle d'Argent, décembre 1994

  • Haka, Éd. Baleine, 1998

  • Les Mystères de l’oued, Éd. Hachette Tourisme, novembre 1999

  • Les Causes du Larzac, Éd. Lignes noires, 2000

  • Plutôt crever, Éd. Gallimard, 2002

  • Utu, Éd. Gallimard, 2004

  • L’Âge de pierre, Éd. Après la lune, 2006

  • Raclée de verts, Éd. La Branche, 2007

  • La Jambe gauche de Joe Strummer, Éd. Gallimard, 2007

  • Zulu, Éd. Gallimard, 2008

  • D’amour et dope fraîche, Éd. Baleine, février 2009

  • Mapuche, Éd. Gallimard, 2012

  • Les Nuits de San Francisco, Éd. Arthaud, 2014

  • Paz, Éd. Gallimard, 2019

  • Lëd, Éd. Les Arènes, 2021

  • Okavango, Éd. Gallimard, 2023

  • Magali, Éd. Robert Laffont, 2024

  • Grindadráp, Éd. Gallimard, 2025


Pour commencer, le Grindadráp est une tradition de chasse aux cétacés pratiquée aux îles Féroé, au cours de laquelle des groupes de globicéphales (ou dauphins-pilotes) sont rabattus vers le rivage à l’aide de bateaux, puis abattus sur la plage. Cette pratique, transmise depuis plusieurs siècles, fait partie du patrimoine culturel féroïen, bien qu’elle suscite des débats sur les plans écologique et éthique.

Pour ceux qui ne connaisse pas Caryl Férey, il faut savoir qu'il s'est imposé dans le thriller géopolitique, et les romans noirs engagés. Ses romans sont généralement emprunts d'une atmosphère sombre, d'une écriture nerveuse dans une réalité politique, et surtout sociale, bien ancrée et extrêmement bien documenté.

En effet, on ne se contente pas de LIRE Caryl Férey, on VIT l'histoire, grâce à ses descriptions, sa documentation et son style d'écriture. Il a le don de nous transporter dans ses paysages, de nous propulser au centre de ses scènes... Ici, vous vous prenez une tempête en pleine mer, et quand vous relevez la tête de la lecture, vous avez l'impression de sentir le sel sur vos lèvres et d'avoir besoin d'aller chercher un ciré pour continuer la lecture... J'abuse à peine !

Pour ce qui est de notre histoire, elle est narrée par Gab qui a intégrée l'ONG de Sea Shepherd. Avec son équipe il traque le Skeid, un chalutier en pleine pêche illégale. Mais il se retrouve en pleine tempête qui décime l'équipage. Gad et sa capitaine Ayleen, seuls survivants échouent sur les îles Féroés au beau milieu d'une Grindadráp interrompue, elle aussi par la tempête. Au beau milieu de ce désastre, s'ajoute un corp humain parmi les cadavres de cétacés. Le capitaine de police Soren et sa voisine Ereika, journaliste, aidés des deux naufragés, vont affronter les éléments pour tenter d'élucider le crime.

Ce roman permet au lecteur de réfléchir, d'une part, sur la surpêche et ses conséquences, il expose l'aspect économique et sociale, les activités qui permettent de faire vivre une île, les embauches... Et sur l'activisme qui n'est pas sans conséquence non plus. 

Les personnages sont marqués et marquants, souvent cabossés, hantés par leur passé, ce qui les rend profondément humains. Le style de l'auteur est direct, presque cinématographique, ce qui donne un rythme soutenu à la lecture et tient le lecteur en haleine avec une montée progressive de la tension. 

Mais ! J'ai perdu le cours ! Tout a dérapé ! l’intrigue semble s’enliser dans des descriptions ou des digressions qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire principale. Cela casse parfois le rythme, en contradiction avec le ton tendu du reste du récit. Enfin,  certaines scènes violentes ou sexuelles paraissent plus démonstratives qu’essentielles à l'intrigue, ce qui peut déranger ou sembler complaisant. Elles donnent une impression de surenchère qui affaiblit la force du propos. 

Pour conclure, Caryl Férey nous livre un roman énergique, où tout va à cent à l'heure, abordant des sujets intéressants, menant une intrigue qui captive. Mais, certains passages finissent par essouffler la lecture...


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samedi 22 février 2014

PLONGER

Auteur : Christophe Ono-Dit-Biot
Editions : Gallimard
Collection : Blanche
Genre : Roman
448 pages
ISBN : 978-2070134274
Prix : 21€00



Résumé :

« Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau. »
Un homme enquête sur la femme qu’il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon.
Elle était artiste, elle s’appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe.
Pour son fils, a qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour _ leur rencontre, les débuts puis l’ascension de Paz dans le monde de l’art, la naissance de l’enfant _ et essaie d’élucider les raisons qui ont précipité sa fin.

Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l’on se lave de tout, Plonger est l’histoire d’un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d’une époque où il devient de plus en plus difficile d’aimer.


Mon avis

Houlà ! Au départ ce n'était pas gagné pour que j'achète ce livre ! Un histoire d'amour ect... Bof, pas tentée ! Et une amie m'a "bassiné" avec cet auteur et ce roman ! Bon ! C'est une éditrice, qui donc connait très bien le monde du livre et qui plus est elle a un goût excellent en matière de lecture... Et donc voilà ! A force de passer devant et d'entendre chaque fois la petite voix de mon amie dans ma tête, je n'ai pas résisté ! 
Certes c'est bien une histoire d'amour, à n'en pas douter ! Un amour par excellence ! Dans tout les sens du terme !
L'auteur Christophe Ono-Dit-Biot nous a tout livré ou presque de l'amour ! L'amour entre deux être, l'amour paternel, l'amour dans toute sa splendeur avec ses dons et ses sacrifices ! Une belle histoire qui laisse des questions, des pensées qui nous torturent : Jusqu'où peut-on ou est-on capable d'aller par amour ? Qu'est-on capable de supporter ? Quelles souffrances et quels sacrifices sommes nous capables d'endurer... 
L'amour attent-il au tournant de la rue, dans une épicerie... ? Doit-on forcer le destin ?

Me vient une autre question ! L'enfant qu'a engendré cet amour, quel distance, quel rapport retiendra-t-il de cette histoire ? Quel place lui donnera-t-il dans sa vie d'homme ?







lundi 25 février 2013

NOTRE-DAME DU NIL

  • Auteur : Scholastique Mukasonga
  • Editions : Gallimard

Résumé :

Au Rwanda, un lycée de jeunes filles perché sur la crête Congo-Nil, à 2 500 mètres d'altitude, près des sources du grand fleuve égyptien. Les familles espèrent que dans ce havre religieusement baptisé Notre-Dame du Nil, isolé, d'accès difficile, loin des tentations de la capitale, leurs filles parviendront vierges au mariage négocié pour elles dans l'intérêt du lignage. Les transgressions menacent au cœur de cette puissante et belle nature où par ailleurs un rigoureux quota «ethnique» limite à 10 % le nombre des élèves tutsi.
Sur le même sommet montagneux, dans une plantation à demi abandonnée, un «vieux Blanc», peintre et anthropologue excentrique, assure que les Tutsi descendent des pharaons noirs de Méroé. Avec passion, il peint à fresque les lycéennes dont les traits rappellent ceux de la déesse Isis et d'insoumises reines Candace sculptées sur les stèles, au bord du Nil, il y a trois millénaires. Non sans risques pour sa jeune vie, et pour bien d'autres filles du lycée, la déesse est intronisée dans le temple qu'il a bâti pour elle.
Le huis clos où doivent vivre ces lycéennes bientôt encerclées par les nervis du pouvoir hutu, les amitiés, les désirs et les haines qui traversent ces vies en fleur, les luttes politiques, les complots, les incitations aux meurtres raciaux, les persécutions sournoises puis ouvertes, les rêves et les désillusions, les espoirs de survie, c'est, dans ce microcosme existentiel, un prélude exemplaire au génocide rwandais, fascinant de vérité, d'une écriture directe et sans faille.
Mon avis : C'est avec l'innocence qu'elle devait avoir à cet âge de la tragédie que l'auteure écrit son témoignage ! Dans un pays déchiré par ces fossés invisibles, son histoire, son désire d'identité... Un pays que j'admire par sa force mais que je n'arrive toujours pas à comprendre sa déchirance. Je pense en même temps que les européens n'ont fait que plus de mal en y apportant le catholicisme (mon avis personnel) comme en Amérique avec les Amérindiens durant les colonisations ! Mais je m'écarte du sujet ! Il n'a pas fallu beaucoup pour laisser une traînée de poudre et faire tout exploser, juste une étudiante ! Mais on y trouve aussi l'amitié qu'il peut encore exister malgrè les divergences culturelles. l'Afrique, le pays des sorciers, des guérisseurs, des sorts... Scholastique Mukasonga a écrit ce livre avec son coeur, avec son âme, ses souvenirs d'enfants, avec beaucoup de simplicité, humble... Une nouvelle histoire de femmes d'une autre partie de l'Afrique bouleversante que je lis en découvrant une partie d'un pays dans sa douleur...

vendredi 28 décembre 2012

LA DELICATESSE

  • Auteur : David Foenkinos
  • Editions Folio

Résumé :

Il passait par là, elle l'avait embrassé sans réfléchir.
Maintenant, elle se demande si elle a bien fait.
C'est l'histoire d'une femme qui va être surprise par un homme.
Réellement surprise.

L'auteur
David Foenkinos est l'auteur de huit romans dont Le potentiel érotique de ma femme, Nos séparations et La délicatesse. Ses romans sont traduits dans plus d’une vingtaine de pays.


Mon Avis : C'est bien de cela qu'il s'agit, de délicatesse... David Foenkinos aborde les sentiments avec une telle et délicieuse délicatesse. On s'attache à l'histoire, aux personnages. On s'attache tout simplement tant c'est écrit avec une grande sensibilité...


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