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vendredi 22 mai 2026

L'HOMME SANS SOMMEIL

               



    L'homme sans sommeil    


   Auteur :    Antonio LANZETTA


Editions :  Mera https://mera-editions.com/

Genre : Thriller/Horreur

Date de parution : 16  janvier 2024

410 pages

ISBN :  978-2-9571694-9-8

Prix : 19,90 





Quatrième de couverture

Un vieux manoir à l’atmosphère oppressante. Deux jeunes garçons sortis d’un orphelinat. Un secret enfoui, prêt à ressurgir du passé. Un tueur qui se nourrit de vos peurs.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Bruno, treize ans, vit dans un orphelinat près de Salerne, et est soumis au harcèlement constant de ses camarades. Seule son amitié avec Nino, le petit nouveau qui prend sa défense, parvient à rendre son séjour dans l’institution supportable. L’été apporte un vent de liberté et Bruno et Nino sont choisis pour travailler chez les Aloïa, une riche famille des environs. C’est là que Bruno rencontre Caterina, une étrange petite fille qui vit au dernier étage de la maison et qui lui fait découvrir les recoins de l’imposante bâtisse. Mais le jeu prend vite une tournure sinistre : Bruno commence à être tourmenté par d’inexplicables cauchemars, qui le laissent exténué à son réveil. La mise au jour, dans la propriété d’Aloïa, de plusieurs cadavres en état de décomposition avancée jette un voile inquiétant sur la villa et ses habitants. À qui appartiennent ces corps ? Et pourquoi tout le monde semble savoir quelque chose que personne ne veut révéler ?
Cette histoire est celle d’une amitié, de souvenirs brisés et d’un tueur brutal qui se nourrit de la peur de ses victimes. C’est l’histoire de Bruno, et de l’été où il est devenu l’Homme sans Sommeil.




                                         


Petite découverte faite au festival du livre à Paris en avril dernier. A croire que l'Italie me fait de l'œil ces temps-ci.

La plus grande partie de l'histoire se passe en 1948, dans le beau décor de Cilento, près de Salerne en Italie. Deux jeunes orphelins de 13 ans sont envoyés sur un grand domaine pour travailler. Outre le personnel, et l'étrangeté des lieux, il s'y passent des choses plutôt inquiétantes...



Il s'agit d'un thriller particulièrement immersif, porté avant tout par sa puissance atmosphérique. Antonio Lanzetta construit un univers où les lieux semblent presque vivants : les villages accrochés à la montagne, les routes isolées, les demeures anciennes ou les caves obscures reflètent exactement l’angoisse qui traverse le récit. Les descriptions sont précises, visuelles, presque cinématographiques, ce qui permet au lecteur de ressentir la chaleur, l’enfermement ou le malaise avec beaucoup d’intensité, notamment les lieux humides souvent cités.

(...)le père Mario l’avait envoyé, avec deux autres garçons, travailler aux pompes funèbres. « La guerre est finie, avait dit le prêtre, tout le monde doit aider à la reconstruction, vous y compris. » Bruno s’en était moqué, il avait aimé cet endroit. Le parfum des fleurs, le marbre froid, un silence comme il n’y en avait pas à l’orphelinat. Là-bas, personne ne l’avait insulté ni battu. Il n’avait eu qu’à s’appliquer à polir des cercueils toute la journée.

L’un des grands points forts du roman réside également dans ses dialogues, très naturels et crédibles. Ils donnent l’impression d’assister à un scénario de film plus qu’à une simple narration littéraire. Les personnages apparaissent alors profondément humains, avec leurs fragilités, leurs silences et leurs contradictions, ce qui renforce l’authenticité du récit.

Je pense que le traducteur a particulièrement réussi à préserver cette fluidité visuelle et émotionnelle. Toute la tension, la noirceur méditerranéenne et le réalisme des échanges semblent avoir été retranscrits avec soin, sans donner l’impression d’une œuvre “traduite”.

Il avait ce regard qui donnait toujours à Bruno le sentiment d’être à nu, vulnérable, comme si sa vie en dehors de la cave n’avait aucun sens, et que le froid, la douleur, et le goût du sang étaient tout ce qu’il représentait.

L'auteur joue avec nos nerfs en nous désorientant, car on peut avoir le sentiment d’être perdu, de ne pas saisir immédiatement tous les liens entre les événements ou les personnages. Pourtant, c’est précisément ce procédé qui nourrit la force de l’intrigue : les éléments s’assemblent progressivement comme un puzzle inquiétant, donnant de plus en plus de profondeur au mystère et poussant à continuer la lecture pour comprendre enfin l’ensemble.

On peut toutefois ressentir quelques longueurs par moments. L’auteur entretient volontairement le flou ou multiplie les détours atmosphériques et les intrigues. Mais ces lenteurs participent aussi à l’identité du roman : elles installent une tension diffuse, presque oppressante, qui ne disparaît jamais totalement jusqu’à la dernière page.

La solitude était devenue le seul moyen de se sentir en sécurité. Le silence ne vous jugeait pas, mais vous réconfortait, comme une caresse sur la joue.

J'ai vraiment apprécié la lecture de ce roman, autant par son ambiance au style ésotérique que par son intrigue. C'est un thriller sombre, voir horrifique qui se distingue par son côté cinématographique et profondément sensoriel, où la beauté des paysages méditerranéens contraste constamment avec l’inquiétude qui ronge les personnages.


https://pasionlivres.blogspot.com







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