Jacaranda
Auteur : Gaël Faye
Editeur : Grasset
Genre : Roman Littéraire
Date de Sortie : 14 août 2024
Nombre de pages : 288
ISBN : 978-2-246-83145-7
Prix : 20€90
Quatrième de couverture :
L'Auteur :
Auteur compositeur interprète franco-Rwandais, Gaël Faye est l’auteur du premier roman phénomène Petit pays (Grasset 2016, prix Goncourt des lycéens) ainsi que de plusieurs albums, de Pili pili sur un croissant au beurre (2013), à Mauve Jacaranda (2022). Il était la Révélation scène de l’année des Victoires de la musique 2018.
Le plus important à retenir, c'est que c'est un artiste complet, qu'il a une belle écriture et beaucoup de talent
Source : https://www.grasset.fr/auteur/gael-faye/
Quelques uns de ses romans :
- Petit Pays, Grasset, 2016
- Jacaranda, Grasset, 2024
Mon avis :
Jacaranda est une histoire à la fois puissante et terrible. Une plongée bouleversante dans les séquelles du génocide rwandais, à travers le regard d'un jeune homme en quête de ses racines. Le jacaranda, arbre emblématique du Rwanda, joue un rôle central dans le roman, il symbolise à la fois la vie, la mort et la renaissance.
Il y a beaucoup de points abordés dans ce roman de Gaël Faye : La recherche identitaire, le génocide et ses conséquences, la transmission de la mémoire...
On n'y coupe pas, le récit nous confronte sans détour à l'horreur qu'a été ce génocide du Rwanda, par des témoignages, par la transmission de l'histoire de différents personnages hommes et femmes, par les sentiments qu'en garde ce peuple qui cohabite fragilement. L'implication de l'Europe est évoquée, surtout celle de la Belgique. La France n'est pas beaucoup évoquée, pourtant elle est loin d'être innocente dans ce carnage Peut-être est-ce une manière d'épargner ou de ne pas vouloir contrarier le lecteur français, je ne sais pas, mais l'auteur reste évasif, sans en dire trop sur ce sujet.
J'ai eu le sentiment en lisant ce roman, que Gaël Faye rendait les femmes toutes puissantes, par leur volonté de transmettre, par leur ténacité à vivre et même survivre. Bien sûr, il est question d'hommes aussi, mais les femmes ont une place plus importante et cela n'était pas pour me déplaire.
La question de la mémoire est donc très importante dans ce roman, mais celle de l'oubli y prend une grande place. Les personnages du passé ont besoin de garder vivaces leurs souvenirs, ils veulent à juste titre que ce qu'il leur est arrivé ne soit pas oublié. Ils ont soif de justice et de réparation, ce qui entre parenthèses est loin d'être gagné même de nos jours. Mais il y a la génération plus récente qui se sent oubliée et délaissée au nom de cette mémoire, une jeunesse qui veut avancer. Cette nouvelle génération aspire à une vie plus légère, tout en respectant la mémoire de leurs aînés.
La nature joue un rôle central dans "Jacaranda". Le jacaranda, arbre emblématique du Rwanda, symbolise à la fois la beauté et la fragilité de la vie. Ses fleurs violettes éphémères rappellent la beauté fragile de l'existence, tout comme la vie des personnages qui sont marqués à jamais par les événements du passé. La forêt, quant à elle, est un lieu de refuge et de mystère, où les esprits des ancêtres semblent veiller. Elle représente à la fois la mémoire collective et la force de la nature qui continue de vivre malgré les épreuves.
Gaël Faye est un artiste complet avec un talent indéniable, que ce soit dans sa carrière de musicien-auteur-compositeur ou dans sa carrière d'auteur de roman. Il possède une richesse naturelle qu'il puise certainement dans ses racines et dans son identité. Ses personnages sont attachants, étoffés, intéressants, et l'histoire nous prend aux tripes, écrite avec une plume poétique et sensible empreinte de réalisme.
https://pasionlivres.blogspot.com
Citations :
L’eau du lac, en cette fin de journée, était d’un bleu profond aux reflets argentés. Le vent du large ridait sa surface et soufflait agréablement dans mes cheveux. J’ai quitté le goudron pour m’engager sur un petit chemin de sable blanc constellé de cristaux de mica qui menait au bout de la presqu’île plantée d’arbres fruitiers, de palmiers, de ficus et de vieux grévilléas.(page 246)
Rosalie se mit en tête de continuer coûte que coûte à parler du Rwanda à ses petits-enfants. Elle voulait planter en eux la graine de la patrie, l'amour du pays perdu. Elle mettait un point d'honneur à leur transmettre les contes et légendes, l'histoire et les traditions de ce Rwanda qui s'éloignait chaque jour un peu plus. Quand elle remarquait de leur kinyawanda se teintait un peu trop de français, de swahili et de kirundi, elle les reprenait, corrigeait leur accent. Son seul espoir de rentrer un jour au pays de ses ancêtres se trouvait entre les mains de ses petits-enfants.

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