Auteur : Laurent Gaudé
Editions : Babel / Actes Sud (Babel n°613)
Genre : Littérature
Date de parution : 2001
128 pages
ISBN : 978-2-7427-45999-9
Prix : 7€10
CRIS
Quatrième de couverture :
Ils se nomment Marius, Boris, Ripoli, Rénier, Barboni ou M'Bossolo. Dans les tranchées où ils se terrent, dans les boyaux d'où ils s'élancent selon le flux et le reflux des assauts, ils partagent l'insoutenable fraternité de la guerre de 1914. Loin devant eux, un gazé agonise. Plus loin encore retentit l'horrible cri de ce soldat fou qu'ils imaginent perdu entre les deux lignes du front : "l'homme-cochon". A l'arrière, Jules, le permissionnaire, s'éloigne vers la vie normale, mais les voix des compagnons d'armes le poursuivent avec acharnement. Elles s'élèvent comme un chant, comme un mémorial de douleur et de tragique solidarité, prenant en charge collectivement une narration incantatoire, qui nous plonge, nous aussi, dans l'immédiate instantanéité des combats, avec une densité sonore et une véracité saisissantes.
L'Auteur :
Laurent Gaudé poursuit des études de lettres modernes avant de s’orienter vers le département d’études théâtrales de Paris III Sorbonne Nouvelle. Parallèlement à ses études, il commence à écrire. En 1994, âgé de 22 ans, il envoie un premier texte intitulé Une fille et trois garçons à Du théâtre, la revue qui le publie. Ce même texte, ajouté à deux autres, sera publié par Claude Lanzmann dans la revue Les Temps modernes.
En 1996, à l’âge de 24 ans, il écrit sa première pièce de théâtre, Onysos le Furieux. Puis une deuxième pièce en 1998, Pluie de cendres qui sera montée au Studio de la Comédie-Française en 2001.
Sa troisième pièce, intitulée Combat de possédés, paraît en 1999. Elle est traduite en allemand et créée à la Schauspiel de Essen puis au Landes Theater de Linz et lue au Royal National Theatre de Londres.
En 2001, il écrit son premier roman Cris, un récit choral sur la guerre de 14-18 qui est publié par Actes Sud. S’ensuivent des années où Laurent Gaudé écrit aussi bien des pièces de théâtre que des romans.
En 2002, La Mort du roi Tsongor, son deuxième roman, lui vaut d’être reconnu à la fois par le monde littéraire et par le grand public. Cité pour le prix Goncourt, il est récompensé par le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires. Deux ans plus tard, il remporte le prix Goncourt ainsi que le prix du jury Jean-Giono avec son roman Le Soleil des Scorta qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l'attribution du prix Goncourt en 20041).
Dans les années qui suivent, tout en poursuivant l’écriture de romans (Eldorado, La Porte des Enfers, Ouragan, Écoutez nos défaites) Laurent Gaudé continue son travail pour le théâtre et développe de nouvelles collaborations avec d’autres formes d'art : photographie, musique, poésie, films…
À partir de 2013, Laurent Gaudé entreprend une série de voyages (à Port-au-Prince, au Kurdistan irakien, dans la jungle de Calais, au Bangladesh…) qui donnent lieu à des reportages dans la presse, mais également à des poèmes qu’il publiera en 2017 sous la forme d’un recueil intitulé De sang et de lumière. Il écrit la voix off du film documentaire Nulle part en France, de Yolande Moreau, sur la jungle de Calais.
En 2019, il publie un long poème Nous l'Europe, banquet des peuples qui remporte le prix du livre européen. La même année, le texte est créé au Festival In d'Avignon dans une mise en scène de Roland Auzet. En 2019 toujours, Salina, les trois exils, son dixième roman, remporte un triple prix à la Réunion : le grand prix du roman métis, le prix du roman métis des lecteurs et enfin le prix du roman métis des lycéens.
En 2023, il publie Même si le monde meurt ou le tout grand voyage, pièce de théâtre ayant pour thème la fin du monde.
Quelques uns de ses romans :
- Dans la nuit Mozambique, Actes Sud, 2007 – recueil de quatre nouvelles.
- Voyages en terres inconnues. Deux récits sidérants, Magnard, 2008 – recueil de deux nouvelles, issues du précédent recueil. Publication scolaire qui reprend deux nouvelles du recueil Dans la nuit Mozambique : la nouvelle au titre homonyme et Sang négrier
- Les Oliviers du Négus, Actes Sud, 2011 – recueil de quatre nouvelle
Romans
Cris, Actes Sud, 2001
La Mort du roi Tsongor, Actes Sud, 2002
Le Soleil des Scorta, Actes Sud, 2004
Eldorado, Actes Sud, 2006
La Porte des Enfers, Actes Sud, 2008
Ouragan, Actes Sud, 2010
Pour seul cortège, Actes Sud, 2012
Danser les ombres, Actes sud, 2015
Écoutez nos défaites, Actes Sud, 2016
Salina : les trois exils, Actes Sud, 2018
Paris, mille vies, Actes Sud, 2020
Chien 51, Actes Sud, 2022
Poésie
Cris, Actes Sud, 2001
La Mort du roi Tsongor, Actes Sud, 2002
Le Soleil des Scorta, Actes Sud, 2004
Eldorado, Actes Sud, 2006
La Porte des Enfers, Actes Sud, 2008
Ouragan, Actes Sud, 2010
Pour seul cortège, Actes Sud, 2012
Danser les ombres, Actes sud, 2015
Écoutez nos défaites, Actes Sud, 2016
Salina : les trois exils, Actes Sud, 2018
Paris, mille vies, Actes Sud, 2020
Chien 51, Actes Sud, 2022
De sang et de lumière, Actes Sud, 2017
Nous, l'Europe banquet des peuples, Actes Sud, 2018
Mon avis :
Cris est le premier roman de Laurent Gaudé, et pourtant, déjà son style est avéré.
Laurent Gaudé a cette forme d'empathie dans ses textes, cette façon de se mettre à la place de ses personnages et de faire ressortir leurs sentiments comme s'il vivait ou avait vécu lui même leur vie, un atout pour écrire des pièces de théâtre ou des scénarios sans aucun doute.
Dans ce roman, l'auteur nous plonge dans la première guerre mondiale, au cœur des combats et dans les tranchées. Il retranscrit toute l'horreur de cette guerre, de ces hommes qui ont été extirpés de leur vie quotidienne pour être jetés dans des trous de boues pour se protéger des ennemis d'en face, mais qui ne les protégera pas des visions d'horreur, des dangers, de la mort et de la folie.
Le roman est court, à peine 128 pages, mais les sentiments qui en ressortent sont très forts.
Chaque personnage a la parole et nous mène en immersion dans leurs tranchées boueuses jonchées de cadavres et noyées dans l'horreur, et par là même, l'auteur retransmet leur humanité. Pas de soldats héroïques, pas de Rambo, pas de super-héros... juste des hommes confrontés à la guerre et tout ce qu'elle représente d'inhumain justement. Laurent Gaudé remet les choses à leur place en quelques sortes.
Danser les ombres reste pour le moment mon roman préféré de cet auteur, s'il en faut un.
Citations :
Je me demande bien quel visage a le monstre qui est là-haut qui se fait appeler Dieu, et combien de doigts il a à chaque main pour pouvoir compter autant de morts.
Ouvrir les chairs. Creuser les viscères. Pas un seul d'entre nous n'est prêt à faire cela. Pas un seul d'entres nous ne sait quelle bête il faut être pour saisir à bras-le-corps un ennemi et plonger entre ses côtes une lame épaisse. Il faudra faire face à la charge. Je voudrais hurler que l'on ne peut pas nous demander cela.

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