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mardi 30 avril 2024

TERRASSES ou NOTRE LONG BAISER SI LONGTEMPS RETARDE

 

     Auteur :  Laurent Gaudé

Editions :  Actes Sud 

Genre : Littérature

Date de parution : avril 2024

144 pages

ISBN : 978-2-330-18914-3

Prix : 14€50



   Terrasses    

ou

     Le baiser si longtemps retardé    






Quatrième de couverture :

   Vendredi 13 novembre 2015, il fait exceptionnellement doux à Paris - on rêve alors à cette soirée qui pourrait avoir des airs de fête. Deux amoureuses savourent l'impatience de se retrouver ; des jumelles s'apprêtent à célébrer leur anniversaire ; une mère s'autorise à sortir sans sa fille ni son mari pour quelques heures de musique. Partout on va bavarder, rire, boire, danser, laisser le temps au temps. Rien n'annonce encore l'horreur imminente.

Laurent Gaudé signe, avec Terrasses, un chant polyphonique qui réinvente les gestes, restitue les regards échangés, les quelques mots partagés, essentiels - écrit l'humanité qui éclot au cœur d'une nuit déchirée par l'impensable. Et offre à tous un refuge, face à un impossible oubli.


L'Auteur : 

Laurent Gaudé poursuit des études de lettres modernes avant de s’orienter vers le département d’études théâtrales de Paris III Sorbonne Nouvelle. Parallèlement à ses études, il commence à écrire. En 1994, âgé de 22 ans, il envoie un premier texte intitulé Une fille et trois garçons à Du théâtre, la revue qui le publie. Ce même texte, ajouté à deux autres, sera publié par Claude Lanzmann dans la revue Les Temps modernes.

En 1996, à l’âge de 24 ans, il écrit sa première pièce de théâtre, Onysos le Furieux. Puis une deuxième pièce en 1998, Pluie de cendres qui sera montée au Studio de la Comédie-Française en 2001.

Sa troisième pièce, intitulée Combat de possédés, paraît en 1999. Elle est traduite en allemand et créée à la Schauspiel de Essen puis au Landes Theater de Linz et lue au Royal National Theatre de Londres.

En 2001, il écrit son premier roman Cris, un récit choral sur la guerre de 14-18 qui est publié par Actes Sud. S’ensuivent des années où Laurent Gaudé écrit aussi bien des pièces de théâtre que des romans.

En 2002, La Mort du roi Tsongor, son deuxième roman, lui vaut d’être reconnu à la fois par le monde littéraire et par le grand public. Cité pour le prix Goncourt, il est récompensé par le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires. Deux ans plus tard, il remporte le prix Goncourt ainsi que le prix du jury Jean-Giono avec son roman Le Soleil des Scorta qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l'attribution du prix Goncourt en 20041).

Dans les années qui suivent, tout en poursuivant l’écriture de romans (Eldorado, La Porte des Enfers, Ouragan, Écoutez nos défaites) Laurent Gaudé continue son travail pour le théâtre et développe de nouvelles collaborations avec d’autres formes d'art : photographie, musique, poésie, films…

À partir de 2013, Laurent Gaudé entreprend une série de voyages (à Port-au-Prince, au Kurdistan irakien, dans la jungle de Calais, au Bangladesh…) qui donnent lieu à des reportages dans la presse, mais également à des poèmes qu’il publiera en 2017 sous la forme d’un recueil intitulé De sang et de lumière. Il écrit la voix off du film documentaire Nulle part en France, de Yolande Moreau, sur la jungle de Calais.

En 2019, il publie un long poème Nous l'Europe, banquet des peuples qui remporte le prix du livre européen. La même année, le texte est créé au Festival In d'Avignon dans une mise en scène de Roland Auzet. En 2019 toujours, Salina, les trois exils, son dixième roman, remporte un triple prix à la Réunion : le grand prix du roman métis, le prix du roman métis des lecteurs et enfin le prix du roman métis des lycéens.

En 2023, il publie Même si le monde meurt ou le tout grand voyage, pièce de théâtre ayant pour thème la fin du monde.

Quelques uns de ses romans : 

Recueils, Nouvelles

  • Dans la nuit Mozambique, Actes Sud, 2007 – recueil de quatre nouvelles.
  • Voyages en terres inconnues. Deux récits sidérants, Magnard, 2008 – recueil de deux nouvelles, issues du précédent recueil. Publication scolaire qui reprend deux nouvelles du recueil Dans la nuit Mozambique : la nouvelle au titre homonyme et Sang négrier
  • Les Oliviers du Négus, Actes Sud, 2011 – recueil de quatre nouvelle

Romans

Cris, Actes Sud, 2001
La Mort du roi Tsongor, Actes Sud, 2002
Le Soleil des Scorta, Actes Sud, 2004
Eldorado, Actes Sud, 2006
La Porte des Enfers, Actes Sud, 2008
Ouragan, Actes Sud, 2010
Pour seul cortège, Actes Sud, 2012
Danser les ombres, Actes sud, 2015
Écoutez nos défaites, Actes Sud, 2016
Salina : les trois exils, Actes Sud, 2018
Paris, mille vies, Actes Sud, 2020
Chien 51, Actes Sud, 2022


Poésie

De sang et de lumièreActes Sud, 2017
Nous, l'Europe banquet des peuples
Actes Sud, 2018


Mon avis : 

Laurent Gaudé a cette faculté de vous faire vivre des émotions au delà des mots. Il sait nous faire ressentir la détresse, la tristesse et tous ces sentiments qui étaient palpables lors de cette nuit du 13 novembre 2015. L'auteur n'a pas la prétention de savoir ce qu'ont ressenti les victimes, les secours, les représentants de l'ordre, mais il peut se targuer de nous faire vivre des émotions au delà des mots.

J'ai retrouvé cette écriture qui m'avait tant bouleversé dans "Danser les ombres" 

Pour la plupart des personnages, ils n'ont pas de noms, ou alors ils ont tout les noms. Ils n'ont pas de nom mais ils représentent des personnes : des jumelles qui se retrouvent après une longue séparation, un mère qui s'octroi une soirée après une dispute avec son compagnon, un couple qui se découvre... C'est aussi des représentants de l'ordre qui arrivent dans l'horreur indescriptible, des ambulanciers, des pompiers qui n'imagine même pas ce qui les attendre. C'est aussi le GIGN qui doit avancer en ignorant des appels déchirants, un médecin perdu au milieu de corps... Et puis les amis, la famille qui attend de savoir qui a survécu ou non...

Et dans toute cette horreur ! Le plus important protagoniste ! Celui qui décide, celui qui désigne... Le Hasard. 

130 morts, plus de 400 victimes, 6 attaques...  Bientôt 10 ans, un traumatisme toujours présent...


Citations : 


Je voudrais avoir le temps de dire adieu à ce que je suis, mais je ne l'ai pas. Je voudrais avoir le temps de penser à ceux que j'aime et que je laisse mais tout ce qui me vient à l'esprit, c'est la longue liste de ce que je ne ferai plus... Je ne danserai plus. Je ne rirai plus. Je ne serai plus jamais en sueur, en retard, en forme. Je n'aurai plus jamais envie de courir, de manger, de dormir. Je ne regarderai plus les garçons dans le métro, imaginant le goût de leur baiser ou la sensation de leurs bras autour de ma taille. Je ne boirai plus jamais d'eau, de champagne, de bière. Je n'aurai plus jamais envie de faire l'amour. Je ne me blesserai plus jamais. Je n'aurai plus peur. Je ne t'aimerai plus. Tu ne me caresseras plus. Je ne connaîtrai pas de nouvel été. Je n'aurai pas d'enfant. Je ne dépenserai jamais l'argent que j'ai économisé. Je ne verrai plus mes parents. Cette mouche qui se colle sur ma joue vivra plus longtemps que moi. Je ne parlerai plus, ne penserai plus, ne serai plus jamais traversée par un souvenir. Je ne vieillirai pas. Je ne mourrai pas de toutes ces morts que j'ai parfois imaginées et qui toutes me terrifiaient. Je ne me demanderai plus jamais si je suis vraiment heureuse. Je ne m'assiérai plus jamais à une terrasse. Je ne serai plus jamais terrassée... Je ne serai plus... Plus jamais elle que je fus... Jamais... Je ne deviendrai jamais... Plus rien d'autre... Que ce que je fus.








 

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