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vendredi 6 décembre 2024

CHIEN 51

      

  Chien 51  

 


Auteur : Laurent Gaudé

Editeur : Acte Sud

Genre : Littérature française

Date de Sortie : août 2022

Nombre de pages : 304

ISBN : 978-2-330-16833-9

Prix : 22€







Quatrième de couverture : 

C’est dans une salle sombre, au troisième étage d’une boîte de nuit fréquentée du quartier RedQ, que Zem Sparak passe la plupart de ses nuits. Là, grâce aux visions que lui procure la technologie Okios, aussi addictive que l’opium, il peut enfin retrouver l’Athènes de sa jeunesse. Mais il y a bien longtemps que son pays n’existe plus. Désormais expatrié, Zem n’est plus qu’un vulgaire “chien”, un policier déclassé fouillant la zone 3 de Magnapole sous les pluies acides et la chaleur écrasante.

Un matin, dans ce quartier abandonné à sa misère, un corps retrouvé ouvert le long du sternum va rompre le renoncement dans lequel Zem s’est depuis longtemps retranché. Placé sous la tutelle d’une ambitieuse inspectrice de la zone 2, il se lance dans une longue investi­gation. Quelque part, il le sait, une vérité subsiste. Mais partout, chez GoldTex, puissant consortium qui assujettit les pays en faillite, règnent le cynisme et la violence. Pourtant, bien avant que tout ne meure, Zem a connu en Grèce l’urgence de la révolte et l’espérance d’un avenir sans compromis. Il a aimé. Et trahi.

Sous les ciels en furie d’une mégalopole privatisée, “Chien 51” se fait l’écho de notre monde inquiétant, à la fois menaçant et menacé. Mais ce roman abrite aussi le souvenir ardent de ce qui fut, à transmettre pour demain, comme un dernier rempart à notre postmodernité.

L'Auteur : 

Laurent Gaudé poursuit des études de lettres modernes avant de s’orienter vers le département d’études théâtrales de Paris III Sorbonne Nouvelle. Parallèlement à ses études, il commence à écrire. En 1994, âgé de 22 ans, il envoie un premier texte intitulé Une fille et trois garçons à Du théâtre, la revue qui le publie. Ce même texte, ajouté à deux autres, sera publié par Claude Lanzmann dans la revue Les Temps modernes.

En 1996, à l’âge de 24 ans, il écrit sa première pièce de théâtre, Onysos le Furieux. Puis une deuxième pièce en 1998, Pluie de cendres qui sera montée au Studio de la Comédie-Française en 2001.

Sa troisième pièce, intitulée Combat de possédés, paraît en 1999. Elle est traduite en allemand et créée à la Schauspiel de Essen puis au Landes Theater de Linz et lue au Royal National Theatre de Londres.

En 2001, il écrit son premier roman Cris, un récit choral sur la guerre de 14-18 qui est publié par Actes Sud. S’ensuivent des années où Laurent Gaudé écrit aussi bien des pièces de théâtre que des romans.

En 2002, La Mort du roi Tsongor, son deuxième roman, lui vaut d’être reconnu à la fois par le monde littéraire et par le grand public. Cité pour le prix Goncourt, il est récompensé par le prix Goncourt des lycéens et le prix des libraires. Deux ans plus tard, il remporte le prix Goncourt ainsi que le prix du jury Jean-Giono avec son roman Le Soleil des Scorta qui sera également un succès de librairie (80 000 exemplaires vendus entre la parution du roman et l'attribution du prix Goncourt en 20041).

Dans les années qui suivent, tout en poursuivant l’écriture de romans (Eldorado, La Porte des Enfers, Ouragan, Écoutez nos défaites) Laurent Gaudé continue son travail pour le théâtre et développe de nouvelles collaborations avec d’autres formes d'art : photographie, musique, poésie, films…

À partir de 2013, Laurent Gaudé entreprend une série de voyages (à Port-au-Prince, au Kurdistan irakien, dans la jungle de Calais, au Bangladesh…) qui donnent lieu à des reportages dans la presse, mais également à des poèmes qu’il publiera en 2017 sous la forme d’un recueil intitulé De sang et de lumière. Il écrit la voix off du film documentaire Nulle part en France, de Yolande Moreau, sur la jungle de Calais.

En 2019, il publie un long poème Nous l'Europe, banquet des peuples qui remporte le prix du livre européen. La même année, le texte est créé au Festival In d'Avignon dans une mise en scène de Roland Auzet. En 2019 toujours, Salina, les trois exils, son dixième roman, remporte un triple prix à la Réunion : le grand prix du roman métis, le prix du roman métis des lecteurs et enfin le prix du roman métis des lycéens.

En 2023, il publie Même si le monde meurt ou le tout grand voyage, pièce de théâtre ayant pour thème la fin du monde.


Quelques uns de ses romans : 

Recueils, Nouvelles

  • Dans la nuit Mozambique, Actes Sud, 2007 – recueil de quatre nouvelles.
  • Voyages en terres inconnues. Deux récits sidérants, Magnard, 2008 – recueil de deux nouvelles, issues du précédent recueil. Publication scolaire qui reprend deux nouvelles du recueil Dans la nuit Mozambique : la nouvelle au titre homonyme et Sang négrier
  • Les Oliviers du Négus, Actes Sud, 2011 – recueil de quatre nouvelle

Romans

Cris, Actes Sud, 2001
La Mort du roi Tsongor, Actes Sud, 2002
Le Soleil des Scorta, Actes Sud, 2004
Eldorado, Actes Sud, 2006
La Porte des Enfers, Actes Sud, 2008
Ouragan, Actes Sud, 2010
Pour seul cortège, Actes Sud, 2012
Danser les ombres, Actes sud, 2015
Écoutez nos défaites, Actes Sud, 2016
Salina : les trois exils, Actes Sud, 2018
Paris, mille vies, Actes Sud, 2020
Chien 51, Actes Sud, 2022


Poésie

De sang et de lumièreActes Sud, 2017
Nous, l'Europe banquet des peuples
Actes Sud, 2018



Mon ressenti :

Un roman dystopique inattendu...


Laurent Gaudé nous dépeint un univers futuriste assez sombre, mais curieusement, l'accent n'est pas spécialement mis sur la robotisation comme on pourrait le voir dans beaucoup de romans ou films de ce genre.

En effet, l'auteur met l'accent sur le côté humain, économique, climatique, identitaire, sociétal...

Tout d'abord, on fait la connaissance de Zem. Il est grecque à l'origine, mais la Grèce n'existe plus, elle a disparu comme disparaîtrait une société en faillite, elle est "rachetée" et devient une privatisation de l'Etat. S'ensuit une exode de la population qui se retrouve rattachée à d'autres pays dans la même situation. La société est divisée en trois zones, chacune avec ses propres règles et ses propres habitants. Cette ségrégation est basée sur le statut social et économique, créant des inégalités extrêmes. Les citoyens sont surveillés en permanence, leurs mouvements sont tracés, et leur liberté est fortement restreinte. La technologie joue un rôle central dans ce système de surveillance. La violence est omniprésente, tant dans les rues que dans les institutions. La répression est utilisée pour maintenir l'ordre et intimider les opposants.  La technologie médicale permet des modifications corporelles, comme les transplantations d'organes modifiés. Cela soulève des questions sur l'identité et la nature humaine. Et bien sûr La justice est au service des puissants et ne protège pas les plus faibles.

Sur ce dernier point, on peut ressentir ce climat que l'on connaît, de magouilles politico-sociales où l'argent et le pouvoir corrompent les institutions et où la morale et la conscience n'ont plus ni sens ni valeur, un peu comme un "effet miroir" de notre société actuelle.

Je ne suis habituellement pas attirée par les romans dystopiques, mais il s'agit ici d'un roman d'un auteur que j'apprécie particulièrement depuis quelques années déjà, et de plus d'un cadeau de ma fille, je ne pouvais pas passer à côté. Mais je dois dire qu'il a su captiver mon attention, j'y ai retrouvé le profond esprit d'humanité de l'auteur.






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