Editions : Flamant Noir
Nombre de pages : 248
ISBN : 979-10-93363-08-0
Prix : 16,65 euros
(La Parenthèse)
Dédicace personnelle : A un "Corse charmeur", qui n'est pas Corse, mais un charmeur qui s'ignore. (sourire)
Résumé :
Sarah Davis, chanteuse internationalement connue, est assassinée dans les sous-sols du Night Tavern, temple du jazz de la rue Saint-Benoît. Le pianiste virtuose avec lequel devait se produire la diva rencontre alors le plus inattendu mais le plus fervents de ces admirateurs : le flic chargé de l'enquête. Entre ce que l'un sait et ce que l'autre cherche à savoir, ce récit leur rappellera que si le jazz est une musique improvisée, certaines fins sont parfois écrites à l'avance.
Kind of Black a remporté le prix du Balai d'or 2014
Mon Avis :
C'est homme est fou ! Je le sais maintenant ! il manie l'écriture comme seul un fou peu le faire ! Un fou dans le sens noble du mot s'il pouvait y en avoir un ! "Mais n'est elle pas folle elle-même pour traiter cet homme de fou ?" vous diriez-vous ! Oui peut-être répondrai-je, mais sans doute parce que j'aime cette folie ! Bon j'arrête cette histoire de fou et je m'explique !
Cette homme sait passer du polar, qu'il a créé à son style qui plus est ! Un polar drôle du genre à vous provoquer des secousses répétitives de rires retenus d'un poing fermé sur la bouche, durant la lecture d'un crime, avec des personnages hauts en couleur ! Donc sait passer de ce genre de polar disais-je, à celui de la trempe de "Kind of Black"... et là !... On rentre dans un tout autre domaine ! Toujours ce même talent, mais en passant par une écriture tout à fait différente !
Comment peut-on expliquer un talent pareil sans parler de folie douce !
"Kind of Black" est de ces romans qui vous laisse un souvenir impérissable de votre lecture ! Que vous soyez ou non amateur de jazz, vous y plongerez à coups sûr, et vous ne remontrez à la surface que quand votre souffle vous le permettra, la noyade est possible ! Samuel Sutra, et ça je le savais, a un don ! Une magie dans sa manière d'écrire qui vous permet de lire comme vous vivriez son histoire, comme si la musique vous transportait tout le long de la lecture ! Une telle énergie, un tel amour pour la musique qu'il vous en livre des secrets qui s'ignoraient ! Un peu comme si les touches de son clavier d'ordinateur au moment de rédiger ces pages, devenaient les touches du piano !
Ce livre vous transperce ! Les personnages sont profonds doté d'une âme qui les font vivre par delà le livre ! L'histoire vous retient jusqu'au bout où la fin vous libère sans toute fois vous laisser. La mélodie vous trotte dans la tête !... J'ai eu le sentiment que le son du piano ne quittait pas ma lecture... J'ai eu le sentiment que ce livre ne quittera jamais ma bibliothèque intérieur... J'ai eu le sentiment... qu'il fallait absolument partager ce livre même si on a envie de se le garder jalousement, mais ce serait pur égoïsme...
Merci Samuel Sutra...
Quelques phrases prises dans le livre :
"Deux ans de solfège au forceps, et du classique dans la foulée. Pour le jazz, faut attendre. Deux ans de solfège avant de toucher un instrument ! ça a suffi à dégoûter des générations entières de gamins, qui auraient pu être des virtuoses si on les avait laissés tripoter un instrument. On dit « jouer » de la musique, mais en France, on ne l’a pas compris. On torture avant. C’est un peu comme si, dès la maternelle, on obligeait les gamins à apprendre la grammaire avant de les autoriser à parler."
"Je ne suis pas trop porté sur le vouvoiement. Je n'y vois pas nécessairement la politesse qu'il est supposé apporter. Il y a parfois davantage de respect dans un "tu" confident et sincère que dans un "vous" dissimulateur et mensonger."
"Le jazz. C’est une musique peuplée de morts. On vit à une époque où le plus gros vendeur de disques est un DJ, où ceux qui font les plus grosses carrières chantent en play-back des titres qu’ils n’ont pas écrits et dont ils ne comprennent même pas le sens. Moi, mon univers, il est peuplé de gars qui ont vécu dans la misère et dont on n’a découvert le nom souvent qu’après leur mort. C’est presqu’un univers posthume."
"Je me perds dans cette voix, l'esprit soudain triste. Je me dis que la vie n'est pas le contraire de la mort. Le contraire de la naissance, à la rigueur. Mais rien n'est le contraire de la vie. La vie est, ou n'est plus lorsque la mort la prend."
( La Parenthèse )
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire