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mercredi 23 novembre 2022

SAUDADE

       Auteur : Cristina de Amorim

Editions : KAplume

Couverture : Brian Merrant
Genre : Roman

date de parution : 06 octobre 2022

368 pages
ISBN : 
978-2-4940970-0-1

Prix : 19€50


Saudade






Quatrième de couverture :

Ana est enceinte quand elle doit fuir le Portugal des années 70, sous la dictature de Salazar. En France, elle est recueillie par Mademoiselle Claudine, mannequin libertine aux idéaux féministes. 

Trente ans plus tard, sa fille Gorete est devenue une jeune femme libre et indépendante. Mais plusieurs drames vont subitement frapper son existence, obligeant Gorete à faire à un passé méconnu.

Découvrant la signification  du mot Saudade, "épine amère et douce", la jeune femme se lance dans une quête de ses origines et un devoir de mémoire. De Buenos Aires à Porto, du tango au fado, elle parvient peu à peu à lever le voile sur les secrets de sa famille.

Une nouvelle histoire s'écrit. Celle d'hommes et de femmes aux destins croisés, miroirs de plusieurs générations et de la mélancolie joyeuse de tout un peuple.
 

L'Auteur : 

Fille d'immigrés portugais, Cristina De Amorim est une amoureuse des mots et une dévoreuse de livres.

Après avoir longtemps écrit en secret, elle décide d'ouvrir le "Blog de la Cristina sans h" en 2014, dans lequel elle aborde notamment le grand dilemme de ses contemporaines : être femme ou mère.

Elle y raconte également ses coups de cœur, les joies de la famille recomposée et la manière dont elle a retrouvé le chemin du bonheur.

En 2018, elle publie son premier récit, "Une carte postale du bonheur", tiré d'une histoire vraie.







Ses romans :
  • Une carte postale du bonheur, Séramis, 2018
  • Le jeu de l'ombre, KAplume , 2022

Mon avis : 

"SAUDADE"... Ce mot à lui seul évoque le Portugal, ce mot appartient au Portugal, n'appartient qu'à ce pays... C'est un mot qui désigne un état d'être, un sentiment mélancolique que peuvent éprouver, par exemple, les portugais qui pensent à leur pays lorsqu'ils en sont loin, un manque... Un mot qui n'a pas de traduction.

Cristina de Amorim n'a pas seulement écrit sur le Portugal ! Elle a transmit son essence, son âme, son histoire. Elle y transmet ses valeurs, ses senteurs et ses saveurs...

Le roman est un aller-retour entre passé des années 70, époque de la dictature de Salazar cicatrice encore douloureuse de ce magnifique pays, et le présent, 2001 pour le personnage principal Gorete.

Petit bonus de l'auteur, elle nous partage sa passion littéraire, on trouve dans ce roman de nombreuses références à des auteurs et des œuvres. Bonus +, c'est la playlist  ! Un titre par chapitre.


Extraits et citations

"L'avantage de la mort, c'est qu'elle vous offre l'éternité, et l'on se souvient de demain comme si c'était hier." Cristina de Amorim - Saudade (page 163) 

"Il semblait si fragile et vulnérable, difficile de croire que cet homme avait été au cœur de nombreuses arrestations, tortures et autres persécutions à l'encontre de ses semblables. Oubliés les silences, les cris des victimes, les disparitions. Seules, subsistaient la honte et la conscience, fatalement indissociables, sur le précipice de l'oubli." Cristina de Amorim - Saudade (page 111)

"Une odeur inconnue venait chatouiller les narines d'Ana. Elle conservait de sa ville natale une atmosphère lourde et pesante, où la méfiance faisait la loi. Comme la ville avait changé, depuis ! le noir n'était plus de rigueur. Celle nation avait déjà passé bien trop de temps endeuillée. Les bras était nus, les talons de sortie. Les coupes de cheveux étaient modernes, on portait de larges lunettes de soleil qui mangeaient la moitié du visage. Les couples se donnaient la main dans la rue, légers et imperturbables, cigarette au coin des lèvres, à la James Dean. Cette odeur qu'Ana n'avait pas connu dans son pays était celle de la liberté ! " Cristina de Amortim - Saudade (page 69)

"Pendant quelques minutes, elle était celle qu'on servait et non celle qui servait. Une illusion qui berçait tout les émigrés de retour au pays, le temps d'un été volé à l'éternité. Le mois d'août était celui où l'on quittait son bleu de travail pour le bleu du ciel de son enfance. On cessait de nettoyer, de mettre de l'ordre, de vider les poubelles des autres, de récurer leurs toilettes, de s'occuper de leurs enfants, de monter des murs, de conduire des grues, de distribuer le courrier, de passer l'aspirateur. Le temps de quelques nuits chaudes et d'autant de journées passées dans la cadence des fêtes de saison, on retrouvait une dignité, on ne courbait plus l'échine, on parlait sans avoir peur que l'on se moque de son accent. On regardait dans les yeux les gens que l'on croisait. Ici, pas de sentiment d'infériorité. Ici, on se sentait presque puissant, les francs en poche, gagnés au labeur d'un quotidien peu enchanteur. L'été était la saison de tous les rêves, d'une identité retrouvée, la raison de tous leurs sacrifices." Cristina de Amorim - Saudade (page 109)






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