source : Calmann Levy
LE DERNIER SANCTUAIRE
Josiane Balasko
AUTEUR : JOSIANE BALASKO
EDITEUR : Calmann Levy (site)
DATE DE PARUTION : 03 juin 2026
GENRE : roman dystopique
EAN/ISBN : 978-2-7021-9542-0
NBRE DE PAGES : 370
Quatrième de couverture :
Avis :
Le roman de Josiane Balasko est une belle surprise pour moi.
Je ne connaissais pas du tout son talent d'auteure, mais appréciant déjà ses talents d'actrices, autant dans ses rôles comiques que dans les drames et films sombres comme "Cette femme-là", je me devais de découvrir son roman.
Le roman "Le dernier sanctuaire" est une histoire profondément humaine et de résistance de bien des façons.
Une place importante est dédiée aux femmes. Des battantes. De redoutables femmes prêtes à tout pour sauver ceux auxquels elles tiennent.
Celle qui marque le plus est sans aucun doute Tomassa, une vieille amérindienne aveugle très surprenante. Son handicap devient presque une force, tant elle fait preuve de courage et de détermination. Ensuite il y a Lucie une jeune fille qui découvre l'envers du décor, Lavinia ancienne prostituée, Dora une dominatrice... Toutes sont prêtes à tout donner...
L'auteure met également en lumière le cœur d'une mère. Jusqu'où est-elle capable d'aller par amour pour son enfant et par vengeance de ce qu'on lui a retiré de force.
Bien sûr, l'histoire compte quelques hommes également ! Des hommes de caractère, qui luttent pour sauvegarder la nature et leurs valeurs. Et puis il y a les autres, ceux qui détruisent tous tant qu'il y a du fric à se faire et du pouvoir à prendre... (pas si dystopique que ça en vrai).
L'autre visage féminin fort de ce roman est sans aucun doute LA NATURE.
Elle est partout ! Un personnage, si ce n'est le personnage le plus important de ce roman. Mis en valeur, non pas comme un simple décor, mais comme un objet de lutte et de convoitise avec d'un côté ceux qui consacrent leur vie à la protéger, qui sauvent les graines saines et naturelles, les animaux, l'environnement, la présence de tribus amérindiennes faisant foi : qui mieux qu'elles connaissent la préciosité de notre mère la Terre ?
Et de l'autre côté ceux qui la détruiraient pour s'enrichir toujours plus (Et là encore, difficile de ne pas se dire que cette dystopie n'est finalement pas si éloignée de certaines dérives bien réelles… Oui, je me répète !) à coups de décisions imposées, de décrets, d'arrestations arbitraires, de suppression de tout ce qui pourrait échapper à leur système. L’agroalimentaire devient lui aussi un moyen de domination puisqu’il ne s’agit plus simplement de produire : il faut empêcher les autres formes de culture d’exister.
Parce que les milliardaires de cette histoire ne veulent pas seulement être riches. Ils veulent contrôler. Tout contrôler : territoires, humains, animaux, alimentation, cultures...
C'est là un message clair qui montre aussi l'attachement de Josiane Balasko aux valeurs du monde vivant. La présence d'amérindiens, d'une poignée d'hommes et de femmes dévoués à la cause de la nature montre bien que, quelle que soit le niveau de technologie, le pouvoir, la politique, la richesse etc... Sans la nature, sans la terre, l'eau... Nous ne sommes rien...
Les dialogues rendent le récit tout à fait crédible, chose que j'apprécie toujours dans un bon roman : la crédibilité. Ils m'ont semblé naturels et m'ont permis d'entrer sans difficulté dans l'histoire dès le début. L'auteure n'a jamais cherché à compliquer son récit, ce qui le rend accessible au plus grand nombre.. Je pense même qu'il serait un très bon roman jeunesse.
Je pense que Josiane Balasko s'est fait plaisir ! Elle dit ce qu'elle a sur le cœur en mettant en avant ce qui lui est cher, à savoir, la nature, une certaine culture qui encense cette nature, la faune, la force des femmes, le pouvoir de la résilience pour ce que l'on aime et ce qui nous tient en vie... L'union fait la force contre une poignée de nantis qui pense pouvoir décider de ce qui doit vivre, disparaître et de la manière de vivre de ceux qui ne sont pas de leur condition.
Dystopique mais pas désespéré, ce roman montre un chemin, en expliquant : qu'un homme qui a tué peut-être aussi un homme qui sauve des vies (un repenti). Qu'on peut sauver ce qui peut l'être encore (l'espoir). Qu'ensemble on est plus fort (la solidarité). Que même quand le monde semble appartenir aux puissants, il reste toujours quelques personnes pour dire NON ! (la Résistance).




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