Trois petits chats
Elisa Routa
Auteur : Elisa Routa site Elisa Routa
Editions : Bayard site Bayard
Genre : Littérature intérieure
Date de parution : 25 août 2026 à paraître
240 pages
ISBN : 978-2-227-50349-6
Prix : 17 €
Quatrième de Couverture :
Voilà
Nous sommes cinq à la maison
Trois plus un chien plus quelqu’un d’autre
Dans une bastide provençale où le vent souffle sans discontinuer, une petite fille grandit. L’homme qui est arrivé dans la maison observe. Il sait tout manier avec habileté – les outils, les mots, les couteaux de cuisine, les gens. Grâce à lui, les volets sont repeints, les portes ferment, un mur entoure désormais la maison.
À l’intérieur, gare à qui désobéit. Gare aux rires entre la mère et ses enfants.
Pour la grande sœur, il faudra tenter de protéger un frère. Il faudra, pour sortir du huis clos, toute la rage de l’enfance.
Un premier roman saturé de tension qu’on traverse le souffle coupé.
Aux premiers mots, j'ai ressenti comme un malaise, une petite boule au fond de l'estomac. Puis une douceur s'est installé dans ce récit poétique. Pas un bonheur avec un grand B, mais plutôt une douce normalité. L'histoire glisse sur le deuil, la reconstruction, la vie de famille.
Mais mon pressentiment me rattrape, la petite boule s'est épaissie et a remonté doucement puis elle a laissé place à l'angoisse. J'ai résisté contre l'envie d'arrêter ma lecture sincèrement, parce que les maux viennent sous une forme poétique et ce n'est pas l'idée que je me fais d'un poème. J'écris de la poésie, et pour moi, contrairement à Baudelaire et autres "mélancolancieux" (un petit mélange de mots à ma sauce), la poésie doit porter vers la lumière, doit amener le sourire, j'essaie toujours à ce que mes poèmes finissent sur une note d'espoir.
Mais ici on doit entrevoir entre les mots. Ensuite la lecture devient une douleur sourde et constante.
Je pensais avoir toucher le fond du puits mais il y avait comme un double fond. Puis vient cette petite étincelle, cette lumière qui cherche à percer l'obscurité du puits. Une force qui née de l'amour et je me met à espérer mais l'entrée du puis est très très haut et le malheur a la dent dure.
L'auteur a laissé la place à toutes les étapes, même celle de donner un prénom au bourreau, la difficulté de sortir du cercle vicieux de la violence morale et physique qui vise justement à réduire tellement que l'on ne se sent pas capable de s'en sortir sans lui.
Le passage sur sa vision de la colère et sa manière de la dompter m'a marqué également :
..."Je puise dansma colèreje la connais bienune amie chèreà qui souventje me confieje lui donne l’os demon orgueil à rongersous la tempêtej’ai appris à la dompterseule elle ne se calme pasil faut l’y aidermais ce jour-làelle se fraye un cheminhors de ma gorgeelle saute à la sienne commeune antilope"...
Ainsi que...
"Moma est mère elle estma mèremère de mon frère età cet instantface età l’intérieurdu grand carnageelle est aussimère des jumelleselle ne vole ce rôle àpersonneelle a ce rôle sousle cuir chevelu sousles ongles dansle bide (...)"
Et que ces mots sont forts...
"je hais son abject désespoirje préfère quandle grand méchant resteméchant"
Ce n'est pas du tout une œuvre vers laquelle je me serai tournée, c'est trop dure et trop fort pour moi, mais je ne peux que reconnaître que c'est très bien écrit et dans un style qui donne toute l'authenticité à l'histoire. Les mots, les tournures sont puissants et poignants.




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