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lundi 10 août 2026

UNE TOUTE PETITE MINUTE

       

   

   source : www.calmann-levy

    Une toute petite minute    

Laurence Peyrin


     Auteur :    Laurence Peyrin

Editions : Calmann Levy / Pocket

Genre : Littérature française, roman

Date de parution :  21 avril 202a

432 pages

ISBN : 978-2-702-16620-8 (Calmann Levy)

Prix : 20 € 90 (9€ Pocket)







Quatrième de Couverture


Il a suffi d’une toute petite minute, et la vie de Madeline a basculé.

C’était une nuit de 1995, elle avait 17 ans et fêtait la nouvelle année. Que s’est-il passé dans cette salle de bains où elle s’était enfermée avec sa meilleure amie ? Vingt ans après, Madeline sort de prison. Personne n’a jamais su la vérité sur le drame de cette fameuse nuit. Elle a effectué sa peine jusqu’au dernier jour.

Comment reprendre le cours de cette vie interrompue ?
Parler à des gens qui ne savent pas de quoi on est coupable ?
Renouer avec une petite soeur qu’on n’a pas vue devenir adulte ?
Vivre et y trouver un sens ?

Mad va chercher le bon chemin, pas après pas, dans les dunes des Hamptons, dans les jardins des belles maisons qui l’embauchent, dans les précieux gestes d’entraide. Et grâce à sa mère, au-delà de ses mystères, grâce aussi à Ezra, le cuisinier qui ressemble à un pirate, peut-être Madeline acceptera-t-elle un jour  qu’on puisse l’aimer quand même…



Je ne vais pas mentir, ce roman ne m'a pas portée. J'ai trouvé le style plutôt plat et cette lecture m'a semblé longue. Mais il a le mérite de faire gamberger, et c'est ce qui m'a retenue, car "Une toute petite minute" est un roman qui pose beaucoup de questions essentielles auxquelles, pour ma part, je n'ai pas trouvé toutes les réponses.

Madeline a commis un meurtre, celui de sa meilleure amie, en 1995. Elle sort de prison après une très longue incarcération. Vingt ans plus tard, elle retrouve sa liberté. Elle va constater à quel point le monde a continué sans elle, car tout a changé. Les habitudes, les technologies, les rapports entre les gens... Elle va devoir réapprendre et s'adapter à cette nouvelle vie qui, quelque part, ne l'a pas attendue, et retrouver aussi sa famille.

Madeline a pris une vie. Et ce n'est pas seulement la vie de la victime qui a été détruite. Il y a toutes celles de son entourage, sa famille, celle de la victime, toutes ces existences bouleversées pour toujours. Elle le sait. Et c'est justement ce qui m'a plu chez elle : elle ne demande pas qu'on lui pardonne. Elle ne cherche pas à minimiser ce qu'elle a fait. Elle veut payer. Elle veut vivre avec...

"Malgré le bourdonnement habituel qui flottait sur le parloir, Mad s'était perdue dans ses pensées : combien de personnes avait-elle assassinées, d'un seul geste ?
Combien de destins contraires ?"

Pourtant, le roman semble parfois chercher des circonstances atténuantes à ce crime, des excuses, quelque chose qui permettrait de rendre son geste moins difficile à regarder.

Viennent alors les questions qui m'ont fait gamberger : qu'est-ce qui distingue vraiment un crime prémédité d'un crime commis dans un instant de bascule ? À quel moment une personne franchit-elle cette limite dont elle ne pourra jamais revenir ? Une minute peut suffire à faire basculer une existence. Une toute petite minute, justement.

"C'était donc ainsi, normalement, s'était dit Mad. Normalement, la criminelle haïssait sa victime jusqu'au bout - et même après. Normalement, la criminelle ne regrettait rien, comme Amy. Normalement, la criminelle se foutait du pardon. Comme Amy."

On découvre la vie des femmes en prison, les différentes catégories de détenues suivant la gravité de leur(s) crime(s), les rapports entre elles, les places qu'elles occupent. Il y a celles qui assument, celles qui regrettent, celles qui sont dans le déni. Et puis la prison n'est pas seulement un endroit où l'on enferme quelqu'un. Elle peut aussi être, dans certains cas, un endroit où l'on essaie de préparer le retour dehors. Elle propose des activités, de l'apprentissage, de l'accompagnement, pour gérer le stress ou se reconstruire.

L'auteure fait souvent référence à d'autres détenues célèbres pour leurs crimes. Est-ce pour montrer que Madeline n'est pas la seule femme à avoir franchi cette limite ? Ou peut-être pour rendre son crime moins lourd à porter ?

"C'est en passant par des moments comme celui-ci que Mad avait acquis la conviction qu'elle n'était pas une psychopathe incapable de gérer sa violence."

Pour ma part, je n'ai pas eu envie d'excuser Madeline, ni d'y voir une jolie histoire de rédemption. Mais justement ! Il n'appartient pas au lecteur de juger, d'excuser ou quoi que ce soit d'autre. Il peut plutôt se poser les questions suivantes : Et si ?

Et si c'était mon enfant qu'on avait tué ? Et si c'était mon enfant qui avait tué ?

Peut-on vraiment passer à autre chose après avoir pris une vie ? Peut-on construire quelque chose, aimer, rire, faire des projets ? Peut-on vivre sa vie tout en sachant qu'une autre personne n'a plus la possibilité de vivre la sienne ?

Autant de questions restées sans réponses.

Alors Madeline sort de prison, mais cela ne signifie pas forcément être libre. Il reste cet acte qu'elle a commis et qu'elle portera tout au long de sa vie, quelles que soient les circonstances qui l'y ont poussée.


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