Greta et Marguerite
Laurence Peyrin
Auteur : Kalindi Ramphul
Editions : JC LATTES
Genre : Littérature française, roman
Date de parution : 30 avril 2025
360 pages
ISBN : 978-2-709-67573-4
Prix : 20 € 90
Quatrième de Couverture :
Quand Greta rencontre Romuald lors d’un vol Bombay-Paris, l’hôtesse de l’air aviophobe et l’ophtalmo perpétuellement catastrophé chavirent. Seul bémol, Romuald est marié à Marguerite, architecte bretonne au brushing impeccable, et père de Sally, joyeuse enfant qui trouve tout le monde « moche ».
Romuald quitte tout pour Greta, mais, à peine leur idylle consommée, une tragédie les frappe… Et une découverte sidérante qui va réunir Greta et Marguerite dans une odyssée échevelée au coeur de la forêt finlandaise !
Je remercie mon Babeliotami Berbertgaillard pour cette découverte.
Une fois encore, je suis sortie de ma zone de confort. Les romans à l’eau de rose, ce n’est pas ma tasse de thé...
Sauf que, contrairement à ce que j’imaginais au début de ma lecture, il ne s’agit pas d’un roman à l’eau de rose ! C’est un vrai roman littéraire, rempli de sentiments, certes, mais surtout de ressentis humains, racontés à travers plusieurs points de vue.
On y croise l’amour, je ne peux pas le nier, car il est beaucoup question de cela. Mais de l’amour sous toutes ses formes : celui qui fait du bien, celui qui fait mal, celui qui démolit et celui qui reconstruit. L’amour maternel, l’amour de l’autre et l’amour de soi...
"Ça n'amuse personne de voir une quarantenaire célibataire au bord du gouffre. Ça casse l'ambiance, ça fiche le cafard. Le monde veut assister à la renaissance d'une femme qui boit des green smoothies à la salle de sport, pour être en forme, mais juste pour elle, pas pour un homme. Seulement, pour moi, la réalité fut tout autre. Ce n'est pas tant le vide laissé par Romuald qui me plongea dans un état dépressif à long terme, ni même de l'imaginer avec une femme de vingt ans ma cadette, c'était surtout de devoir affronter, en lieu et place d'un canapé inoccupé, le mensonge d'une décennie de relation unilatérale."
Il s’agit de femmes également.
Greta : La maîtresse ! Jeune femme de 25 ans qui me ferait presque penser à Peter Pan, tant elle semble être restée une enfant, mais qui va grandir tout au long du roman. Une personnalité haute en couleur, qui donne envie de la connaître. Elle m’a également fait penser au personnage de la série *HPI*, Morgane Alvaro. On pourrait imaginer qu’elle n’est pas très cultivée, mais malgré son vocabulaire fleuri, elle n’en a pas moins un lexique érudit.
Marguerite : L’épouse. Tout l’inverse de Greta. Marguerite est sobre, distinguée, guindée, cultivée, instruite. Elle a la classe de la bourgeoise parisienne, blonde aux cheveux lissés en chignon strict, quand Greta est brune et bouclée.
Puis il y a Sally, la gamine du couple, solaire et étonnamment mature pour son âge. La mère, la belle-mère, et j’en passe...
'Tout est dangereux pour une femme, tu sais.Quand on va se séparer tout à l'heure, je vais faire un tas de choses dangereuses : prendre le métro en mini-jupe car on aura largement trop bu pour conduire, marcher dix minutes jusqu'à mon appart, passer devant des groupes d'hommes qui n'auront que moi à dévisager à cette heure-ci de la nuit. Même boire un verre avec toi, là, sans te connaître, c'est dangereux. Notre existence même est un risque perpétuel."
Greta et Marguerite n’est pas un simple récit de femmes non plus. C’est un questionnement permanent. Des interrogations sur l’amour, évidemment, mais aussi sur soi ! Se construire avec ou sans amour, selon son histoire familiale aussi. Puis le deuil, la trahison, la culpabilité...
"(...) Greta et Marguerite se sont détestées. Greta et Marguerite se sont tolérées. Greta et Marguerite se sont aimées à leur manière. Greta et Marguerite ont vécu, en accéléré, des mondes dans le monde. (...)"
L’autrice aborde également l’amour maternel à travers Sally. Entre la maîtresse qui devient belle-mère, la mère qui ressent à la fois de la jalousie dans les relations mère-fille et belle-mère-fille, et de la culpabilité de ne pas passer assez de temps avec son enfant, de ne pas faire suffisamment d’activités avec elle... en oubliant que le métier de mère peut être frustrant et usant.
Il est aussi question de cet amour maternel dans l’abandon, dans le ressentiment de ne pas être la mère que l’on aurait voulu être. Chacun a son histoire...
Je me suis attachée à Greta et à son côté naturel et spontané qui lui colle à la peau, à sa fraîcheur. Mais au fil des pages, je me suis également attachée à Marguerite, pour qui j’ai ressenti beaucoup de compassion, et je me suis réjouie de la voir évoluer en dépit de tout.
En revanche, je n’ai pas réussi à trouver cette même compassion pour Romuald. J’ai compris sa détresse, mais je n’ai pas éprouvé davantage d’empathie envers lui.
"(...) Ce qu'il reste après l'amour, c'est de l'espoir ou du cynisme, un début ou une fin, c'est notre supplice ou notre salut, notre incapacité à agir sur le destin."
Kalindi Ramphul signe un roman addictif, porté par une plume fluide et pleine de fraîcheur, tout en abordant des sujets plus ou moins graves, sans jamais s’enliser dans la mélancolie.
https://pasionlivres.blogspot.com/




.jpeg)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire