LAKOTA
Caryl Férey
AUTEUR : Caryl Férey
EDITEUR : Gallimard (site)
GENRE : Thriller
Date de parution : 13 août 2026
EAN/ISBN : 978-2-07-314999-2
NBRE DE PAGES : 432
Quatrième de couverture :
Le cadavre de Jake Crow Dog est repêché dans le Mississippi. La police de Minneapolis, qui ne fait pas grand cas de la mort d’un Indien, classe le dossier. Mais pour ses enfants, Winona et Duane, il ne fait aucun doute qu’il n’est pas tombé à l’eau tout seul.
En remontant la piste de leur père jusque dans les réserves lakota, où ils n'ont jamais mis les pieds, c’est leur histoire et celle des Indiens des plaines qu’ils vont découvrir. Et leur enquête va prendre des proportions insoupçonnées.
S’ils savent que l’Histoire se répète, cette fois-ci Winona et Duane vont tout faire pour la changer. Quitte à demander de l’aide à un allié de choix : Wakan Tanka…
Avis :
Si l'on reproche souvent à Caryl Férey ses scènes de violence excessives, son style trop appuyé, ses personnages parfois caricaturaux, ses engagements politiques et sociaux ou encore une sensualité maladroite, eh bien, dans ce roman, tout prend son sens ! Car, sans nul doute, ce roman n'aurait pas la même portée sans toutes ces « qualités » qui lui sont parfois reprochées...
Une sœur et son frère apprennent le décès de leur père, un homme qu'ils ont toujours redouté pour sa violence et ses beuveries. Mais des doutes sur les circonstances de sa mort vont les conduire à enquêter sur les terres de leurs ancêtres… Une quête qui va leur permettre de retrouver leurs racines et de découvrir des réponses bien plus profondes que celles qu'ils recherchaient…
Des scènes de violence ? Oui, forcément, puisque l'auteur parle d'un génocide, de la destruction d'un peuple et de son éviction de ses terres, pour permettre à un autre de s'approprier ses richesses.
Un style trop appuyé ? Comment pourrait-il en être autrement ? Les peuples autochtones sont porteurs d'histoires et de légendes transmises au fil des générations. La nature et les animaux occupent une place essentielle dans leur rapport au monde.
Des personnages trop caricaturaux ? Ma foi, peut-être est-ce inévitable lorsqu'on évoque de grands chefs sioux, des nations amérindiennes, et plus encore lorsqu'on met en scène des suprémacistes. Les uns incarnent une histoire, une culture et une résistance ; les autres, une idéologie fondée sur la domination et le sentiment de supériorité.
Les engagements politiques, Caryl Férey en fait son cheval de bataille ! Là encore, un roman sans cause à défendre semble difficilement envisageable pour cet auteur, encore moins lorsqu'il s'agit de dénoncer des injustices d'une telle ampleur. Il ne peut pas, et surtout ne veut pas, fermer les yeux. Il s'emploie au contraire à ouvrir ceux du monde. N'est-ce pas là une forme de noblesse plutôt qu'un défaut ? D'autant qu'il s'appuie sur une documentation approfondie, jusque dans les détails, ainsi que sur des témoignages.
Pour ce qui est d'une sensualité maladroite, je dirais qu'à l'heure actuelle, il devient très difficile pour un auteur, qui plus est un homme, de décrire des gestes ou des pensées liés à l'amour, à ses pulsions et à ses élans sans risquer de susciter des critiques : trop viril ou pas assez, machiste ou féministe, trop érotique ou trop pudique… L'Homme n'est-il pas, de surcroît, un éternel insatisfait ?
Ce que j'ai lu, ce n'est pas un simple thriller. C'est un roman qui s'empare d'un sujet qui ne relève pas d'une simple histoire à raconter, mais de faits historiques et de blessures encore vives. C'est un hommage à un peuple qu'une société convaincue de sa propre supériorité s'est employée à exterminer, dans le but de s'approprier les terres sur lesquelles il vivait et d'imposer sa domination.
L'auteur écrit avec une véritable puissance émotionnelle et une volonté farouche de dénoncer les injustices faites à ce peuple. Le lecteur ne peut y rester indifférent. J'ai particulièrement apprécié la sensibilité des personnages, tout autant que leur force.
Citations :
p. 118
p. 105

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